ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 30 AVRIL 2026
rique sérieuse ne peut se faire sans protection des données, confiance juridique et méca- nismes de contrôle. Mais la vraie question n’est pas seulement celle du texte; c’est celle de l’effectivité. La Banque mondiale souligne que le Maroc doit encore accélérer sur l’inte- ropérabilité, la qualité des ser- vices en ligne, la transparence des données et la cohérence
cadre juridique au cadre de per- formance : gouvernance unifiée, standards communs, indicateurs de résultat, pilotage interminis- tériel, culture de la donnée, et évaluation continue des usages réels. En matière de digital, un bon décret sans bon usage, c’est un PDF de plus. Or l’économie numé- rique, elle, ne lit pas les PDF : elle mesure les délais, les coûts, les interfaces et les résultats. ◆
trois fondamentaux techniques: la connectivité, les talents et le cloud. Ce n’est pas un hasard si la stratégie Digital Morocco 2030 les présente comme des accélé- rateurs, avec l’IA et l’usage inclusif comme dimensions transversales. Le premier capital du Maroc, ce n’est pas seulement son réseau, c’est sa capacité à transformer ce réseau en productivité et en solutions. Le deuxième capital, c’est le talent. Sans compétences numériques, le pays consommera les technologies des autres au lieu de produire les siennes. Le troi- sième capital, c’est la confiance: protection des données, cyber- sécurité, identité numérique, inte- ropérabilité et qualité de service. Sans confiance, le citoyen hésite, l’entreprise attend, et l’investisse- ment ralentit. Il faut aussi capitaliser sur des secteurs à fort effet d’entraîne- ment. Le digital marocain sera crédible s’il produit vite des gains mesurables dans l’administration, les paiements, la santé, l’éduca- tion, l’agriculture intelligente, les services exportables, l’industrie 4.0 et la logistique. Autrement dit, il faut sortir d’une vision horizon- tale trop générale et entrer dans une logique de filières numériques. Le Maroc a une fenêtre straté- gique : devenir non seulement un marché de consommation digitale, mais un hub de production de services, d’externalisation à plus forte valeur, de solutions govtech, fintech, agritech, healthtech et de services numériques exportables vers l’Afrique et l’Europe. Là se trouve la vraie bataille de valeur. F. N. H. : Le cadre régissant ce domaine est-il adéquat pour atteindre les objectifs escomptés ? A. S. : Le cadre existe, mais il n’est pas encore suffisant dans sa profondeur opérationnelle. Le Maroc dispose d’une base régle- mentaire importante, notamment avec la loi 09-08 sur la protec- tion des données personnelles, l’action de la CNDP et l’enca- drement rappelé récemment pour les usages de l’intelligence artificielle impliquant des don- nées personnelles. C’est un socle utile, car aucune transition numé-
Le Maroc peut réussir sa transition numérique, mais à une condition de passer d’une logique d’équipement à une logique d’exécution.
d’exécution. Je dirais donc que le cadre est «nécessaire mais pas encore pleinement adéquat» . Il faut maintenant un passage du
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