Magazine Daniel Féau

Découvrez notre magazine Automne-Hiver 2026/27.

Univers parisiens

French : français

Lounge. Canapé modulable, design Hans Hopfer. Ovalia. Fauteuil et pouf, design Henrik Thor-Larsen. Pepa. Tables basses, design Maurizio Manzoni.

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French Art de Vivre

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L’édito

CHARLES‑MARIE JOTTRAS PRÉSIDENT

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luxe, légèrement supérieur à 25 000 euros en 2026, est en augmentation de 8,7 % par rapport à la même période de l’an dernier. Nous avons même vendu très récemment quelques biens exceptionnels au-delà de 34 000 euros et même pour l’un d’entre eux à 45 000 euros le mètre carré. Ici encore, la sélectivité semble de mise. Concernant ces appartements et hôtels particuliers luxueux, la proportion d’étrangers dans nos ventes est restée stable à 35 %, la clientèle américaine comptant toujours pour un tiers de ces acquéreurs internationaux. En conclusion, les biens familiaux subissent ce contexte de marché dont la fluidité est en deçà de la normale. Il en résulte une course au produit sans défaut et présentant des qualités majeures (étage élevé, vue agréable, hauteur sous plafond, bon état...). De son côté, le marché du grand luxe et de l’exceptionnel, destiné à une clientèle française et internationale très fortunée, se porte pour sa part plutôt bien. average price per square metre for luxury properties, slightly above 25000€ in 2026, has increased by 8.7% year‑on-year. We in fact very recently sold some truly exceptional properties with prices in excess of 34000€/sqm, and one of which sold with a price of 45000€/sqm. Here, too, selectivity appears nonetheless to be the order of the day. Regarding these luxury apartments and private mansions, the proportion of foreign buyers has remained stable at 35%, with American clients continuing to account for one-third of this international group. In conclusion, family properties are feeling the impact of a market in which flow is below normal levels. As a result, buyers are fighting over faultless assets in mint condition, on high floors, enjoying open views and boasting high ceilings. And as for the market for ultra-luxury and exceptional properties, aimed at the wealthiest French and international clients, this is in fact faring rather well.

Des guerres aux portes de l’Europe qui n’en finissent pas, des postures politiciennes qui se multiplient dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027… En cette fin d’automne, l’atmosphère n’est guère favorable à la bonne santé du marché immobilier. Sur le marché des appartements familiaux « classiques », il en résulte des acquéreurs souvent plus exigeants, bénéficiant parfois de ce contexte, ce qui peut se traduire par des négociations plus longues voire plus âpres. Il s’ensuit une augmentation du stock d’appartements familiaux à vendre, et le maître mot est « la sélectivité », les acquéreurs privilégiant notamment ceux qui ne nécessitent aucuns travaux. Le marché des biens destinés à une clientèle française ou internationale fortunée est pour sa part plus résilient. En effet, le nombre de ventes de nos agences Daniel Féau et Belles demeures de France concernant cette clientèle est en augmentation par rapport à 2025. Et le prix moyen au mètre carré des biens de Seemingly endless wars on Europe’s doorstep, a proliferation of political posturing ahead of the 2027 presidential election… It would be fair to say that the atmosphere this late autumn is hardly conducive to a healthy real estate market. In the market for “classic” family apartments, the result is that buyers, some of whom are trying to turn the current climate to their advantage, are increasingly demanding, leading to longer and often tougher negotiations. This has led to an increase in the stock of family apartments on the market, with “selectivity” becoming the watchword; buyers are prioritizing properties that require no renovation work. Meanwhile, the market for properties catering to wealthier French and international clients has proven more resilient. Sales in this sector across our Daniel Féau and Belles demeures de France agencies have in fact risen compared to 2025. Furthermore, the

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En quelques mots LE GROUPE DANIEL FÉAU

d’euros d’appartements et d’hôtels particuliers, confortant ainsi sa position de leader du marché du luxe immobilier, à Paris et dans les communes de l’ouest parisien. Les liens étroits que nous entretenons avec la clientèle internationale et les relations anciennes qui nous lient aux gestionnaires de fortune et aux banques privées internationales expliquent la forte proportion d’étrangers qui acquièrent les biens que nous vendons. Les clients vendeurs de Daniel Féau bénéficient en exclusivité de notre réseau immobilier international, Christie’s International Real Estate*, leader mondial sur les segments du haut de gamme. Ce réseau a réalisé 500 milliards de dollars de ventes immobilières résidentielles au cours des cinq dernières années. Implanté dans plus de cinquante pays, des États‑Unis à la Chine, notre réseau international domine le marché des biens résidentiels de luxe dans le monde.

Première agence immobilière parisienne de dimension internationale, nous sommes implantés dans les beaux quartiers de Paris, dans les communes de l’ouest parisien, en Provence, sur la Côte d’Azur, en Normandie, à Nantes et sur son littoral proche. Comme toute maison familiale qui existe depuis longtemps, Daniel Féau est une société fondée sur des valeurs auxquelles nos collaborateurs répartis en 31 agences sont tous très attachés, notamment l’efficacité, le service à la clientèle, la confidentialité et l’éthique dans les ventes immobilières. Nous attachons la plus grande importance aux relations de personne à personne. Chaque propriétaire est suivi par un collaborateur dédié qui coordonne au sein de son agence, ainsi qu’avec nos autres équipes parisiennes et nos réseaux internationaux, l’ensemble des actions qui assurent le succès de chaque vente.

Au cours des deux dernières années, le groupe Daniel Féau a vendu plus de 2,5 milliards

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Plaine Monceau

Ternes

9ème & Butte Montmartre

St-Germain-en-Laye

Saint-Honoré

Victor Hugo

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Neuilly

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Turenne

Passy & La Muette

Saint-Cloud

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Rue du Bac

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Paris

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Saint-Dominique

Boulogne

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Saint-Germain

Auteuil

Deauville

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Versailles

Saint-Paul

Invalides

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Luxembourg

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5ème

Ouest-Parisien

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Nantes

Provence & Côte d’Azur

Lourmarin

Marseille Aix-en-Provence

Saint-Tropez

Turenne

Implantation des agences Daniel Féau & Belles demeures de France

Establishment of the Daniel Féau & Belles demeures de France agencies

over 2.5 billion euro, confirming its position as market leader in the luxury real estate sector both in Paris and in its desirable western suburbs. The close links we maintain with our international clientele, associated with long‑standing relationships with international wealth managers and private banks, explain the strong proportion of foreign purchasers acquiring properties that we market. Clients entrusting the sale of their property to Daniel Féau benefit from access to our international real estate network: the global luxury real estate market leader Christie’s International Real Estate* which, over the past five years, achieved sales totalling 500 billion dollars. Established in over 50 countries from the USA to China, this exceptional network dominates the global residential luxury real estate market.

Established in the most prestigious neighbourhoods in Paris, its desirable western suburbs, in Provence, in the French Riviera, in Normandy, in Nantes and its nearby coastline, Daniel Féau is the capital’s luxury real estate market leader with an international dimension. Like all long established family‑founded businesses, Daniel Féau is a company with clearly defined core values unwaveringly shared by our team members in our 31 agencies: efficacy, customer service, confidentiality and business ethics. One to one business relationships are essential to Daniel Féau. Each owner is personally accompanied by a dedicated team member who, within his or her agency and in permanent contact with our other teams both in the capital and in our international network, co‑ordinates all of the necessary actions in order to ensure a successful sale.

Over the past two years, the Daniel Féau group has sold apartments and private mansions with a value totalling

*Daniel Féau and Belles demeures de France are exclusive affiliates of Christie’s International Real Estate for the regions of Paris and Île‑de‑France, Normandy, Burgundy, Centre‑Val de Loire, and the northeastern part of the Pays de la Loire region.

*Daniel Féau et Belles demeures de France sont affiliés exclusifs Christie’s International Real Estate pour les régions de Paris et Île‑de‑France, Normandie, Bourgogne, Centre‑Val de Loire et le nord‑est de la région Pays de la Loire.

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Certains pensent à l’argent, d’autres y réfléchissent vraiment.

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1 Le Groupe Daniel Féau EN QUELQUES MOTS 10

2 ROGER THÉROND, IMAGES ICONIQUES KARRY BERREBY,

Rendez‑vous

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LE BIJOU COMME ŒUVRE D’ART

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JEAN-LOUIS DENIOT, AMBASSADEUR DU SAVOIR-FAIRE FRANÇAIS

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BELA SILVA, FANTAISIE COLORÉE

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5 Nos équipes spécialisées BELLES DEMEURES DE FRANCE BELLES DEMEURES DE FRANCE CHÂTEAUX 134 138

NOTRE RÉSEAU INTERNATIONAL : CHRISTIE’S INTERNATIONAL REAL ESTATE

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DANIEL FÉAU IMMEUBLES

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VENTE CHRISTIE’S

2 l Hôtel de Ville et pont d’Arcole, Paris, Édouard Baldus, vers 1855.

Images iconiques Il a été pendant des années l’œil de Paris Match. Roger Thérond était plus que le directeur de la rédaction du magazine, il a incarné son identité grâce à sa sélection des photos. Un talent qui lui a aussi permis de réunir une très importante collection de clichés historiques. Christie’s les disperse aujourd’hui. Par Éric Jansen

Le poids des mots, le choc des photos… Tout le monde connaît le célèbre slogan qui a accompagné le magazine Paris Match pendant des années. Il résumait d’une formule l’importance que le directeur de la rédaction Roger Thérond accordait à un bon cliché. Le succès des ventes lui donnait raison et ce n’est pas un hasard si dans la profession, on l’avait baptisé « L’œil » ! Mais curieusement, alors que les photos choisies étaient saisissantes, parfois dures à regarder, souvent liées à des drames, dans l’intimité l’homme se constituait une collection des plus sereines… Passionné par ce médium et son histoire, il commença par s’intéresser aux balbutiements de la photographie et se passionna pour les clichés du XIX e siècle et du début du XX e siècle. Quand il se met à leur recherche dans les brocantes, les ventes aux enchères, ils ne sont pas encore considérés comme des pièces muséales et Roger Thérond acquiert des merveilles à un prix modique : les monuments parisiens par Édouard Baldus, l’Égypte encore enfouie dans les sables par Félix Teynard, l’autoportrait de Nadar en famille, des marines de Gustave Le Gray, les fameuses filles publiques immortalisées en 1920 par Eugène Atget, le Baiser de Man Ray, les premiers instantanés de Jacques‑Henri Lartigue, sans oublier les femmes photographes de cette époque, Florence Henri, Germaine Krull, Dora Maar... Autant dire la quintessence

1 l Roger Thérond dans son bureau de Paris Match.

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VENTE CHRISTIE’S

3 l Bateaux quittant le port du Havre, Gustave Le Gray, 1858.

“The weight of words, the impact of photos...” The famous slogan that accompanied Paris Match for years reflects editorial director Roger Thérond’s unwavering commitment to finding “the” shot that no‑one else had. Soaring sales proved him right, and it is no coincidence that his peers nicknamed him “The Eye.” Yet, curiously, while the photos he selected for the magazine were striking, sometimes harrowing to look at, and often linked to tragedy, in his private life, the man himself was building up a collection in which serenity was the key word. Passionate about the medium and its history, he began by exploring photography’s early days, developing a profound interest in images from the 19 th and early 20 th centuries. When he started hunting for them at flea markets and auctions, they were not yet considered museum‑worthy, and so Roger Thérond was able to acquire little gems at modest prices. Parisian monuments by Édouard Baldus, Egypt still buried in the sands and captured by Félix Teynard, a family self‑portrait by Nadar, seascapes by Gustave Le Gray, the famous streetwalkers immortalized in 1920 Iconic Images For years, he was the eye of Paris Match. More than just the magazine’s editorial director, Roger Thérond embodied its identity through his choice of photographs. A talent which allowed him to assemble a vast collection of historic images, which Christie’s is now auctioning off. By Éric Jansen

des débuts de la photographie, dont on célèbre aujourd’hui le bicentenaire. Au fil des années et des amitiés qu’il avait nouées, Roger Thérond élargit son champ d’investigation et des photos signées Henri Cartier‑Bresson, Helmut Newton, Guy Bourdin vinrent s’ajouter aux clichés historiques. Lorsqu’il ferma les yeux en 2001, sa collection comptait 3 000 photos ! Longtemps restée secrète, elle fit sensation en 1999 à la Maison Européenne de la Photographie à Paris, où seulement une sélection de 240 œuvres fut dévoilée sous le titre Une passion française . C’est ce même titre que Christie’s a choisi pour la vente qu’elle organise aujourd’hui. Précieusement conservée par la famille, la collection n’a rien perdu de son aura. Cette fois, ce sont 369 clichés qui seront proposés aux enchères. La maison de ventes estime l’ensemble entre 6 et 9 millions d’euros, c’est dire l’importance de l’événement. Comme le résume Élodie Morel‑Bazin, directrice du département Photographie Europe chez Christie’s : « Jamais une collection de cette qualité n’a été présentée à Paris. Elle s’adresse à tous les collectionneurs, bien au‑delà du seul monde de la photographie. Elle révèle les pionniers d’une époque, les premières images, les gestes fondateurs. Et elle nous rappelle combien une collection peut incarner une vision. » Vente les 13 et 14 novembre et en ligne du 6 au 17 novembre. www.christies.com

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VENTE CHRISTIE’S

preserved by the family, the collection has lost none of its allure and, this time, 369 prints will go under the hammer. The auction house estimates the total value at between 6 and 9 million euro, a testament to the event’s significance. As Élodie Morel‑Bazin, Director of Christie’s Photographs Department Europe, sums up: “Never before has a collection of this quality been presented in Paris. It appeals to collectors across the board, reaching far beyond the world of photography alone. It reveals the pioneers of an era, the earliest images, and the seminal moments that shaped the medium. And it reminds us just how powerfully a collection can embody a vision.”

by Eugène Atget, Man Ray’s The Kiss, early snapshots by Jacques‑Henri Lartigue and, of course, photos shot by female photographers of the era such as Florence Henri, Germaine Krull and Dora Maar... In short, the very quintessence of the dawn of photography, the bicentenary of which is being celebrated today. Over the years and thanks to friendships he developed, Roger Thérond expanded the scope of his collection to include photos by the likes of Henri Cartier‑Bresson, Helmut Newton and Guy Bourdin. At the time of his death in 2001, his collection numbered some 3,000 photographs. Long kept private, part of the collection caused a sensation in 1999 at the Maison Européenne de la Photographie in Paris when a selection of 240 works was unveiled under the title “Une passion française”. Christie’s has chosen this same title for the sale it is now organizing. Carefully

Auction on November 13 th and 14 th – online sale from November 6 th to 17 th . www.christies.com

6 l Le Baiser, Man Ray, vers 1930.

4 l Rue Asselin, Paris, Eugène Atget, 1921.

5 l Album Égypte et Nubie,

7 l Guitty, Biarritz, Jacques‑Henri Lartigue, 1905.

Félix Teynard (1817‑1892).

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COUETTE MILLÉSIME ASKJA

Maison Dumas, créatrice des Nuits Idéales des Grandes Maisons depuis 1910

COUETTES

SURMATELAS

OREILLERS

KARRY BERREBY

Le bijou comme œuvre d’art

Présente dès la première édition de Design Miami Paris, cette spécialiste du bijou, qu’il soit vintage ou contemporain, revient cette année avec des pièces rares, souvent originales, toujours à forte personnalité, pour des clientes qui n’en ont pas moins. Par Éric Jansen Sa présence à la quatrième édition du salon Design Miami Paris pourrait surprendre un visiteur novice, étonné de découvrir de la joaillerie à quelques mètres d’une console de Ronan Bouroullec ou d’un fauteuil de Jean Royère, mais c’est qu’il ignorerait le positionnement de Karry Berreby. Déjà familière du PAD depuis une quinzaine d’années, elle a toujours aimé présenter ses bijoux au milieu d’antiquaires et de galeries de design. « Je pense que les amateurs de beaux meubles, d’objets décoratifs rares et précieux, sont aussi sensibles à la joaillerie, du moins aux pièces que je présente… » Car cette spécialiste du bijou vintage a un œil et sa sélection est pointue. Pas question de trouver chez elle des rivières de diamants, des colliers de rubis et d’émeraudes, Karry Berreby aime l’originalité d’un bijou, sa personnalité, l’histoire et l’émotion qu’il dégage, plutôt que son poids en carats. « Des bijoux forts, qui ont de la personnalité et qui donnent de l’allure. » Démonstration sur son stand à

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KARRY BERREBY

Design Miami Paris, avec un pendentif en forme de tête de bélier signé Boivin, une paire de boucles d’oreilles Cage aux oiseaux de Line Vautrin, une Compression de César qu’on porte autour du cou ou encore le collier Naturalia de Bulgari. « Une merveille ! Tout en or ! On dirait une sculpture. » Mais ces pièces anciennes, signées, véritables œuvres d’art, ne constituent pas tout le trésor de Karry Berreby. Si elle est incollable sur les belles années de la joaillerie – on lui doit entre autres la redécouverte des montres Serpenti Tubogas de Bulgari –, elle a toujours suivi du coin de l’œil la création contemporaine. D’ailleurs n’a‑t‑elle pas elle‑même commencé par là ? « C’est vrai que je suis passée par le Studio Berçot pour faire de la mode, mais j’ai très vite pris la direction de la joaillerie. Pendant de nombreuses années, j’ai eu ma marque : Karry’O ! Je faisais des bijoux à base de pierres dures, de grands sautoirs en turquoise, améthyste et pierre de lune, et je travaillais pour les maisons de couture de l’époque : Christian Lacroix, Dior, Givenchy, Oscar de la Renta… » Aujourd’hui, Karry ne dessine plus de bijoux, « sauf demande spéciale », mais s’enthousiasme pour des créateurs actuels : « Dans ma galerie de la rue de Lille, je présente le travail d’Hanut Singh, d’Inesa Kovalova ou encore de Rebecca Rau, et depuis cette année, les créations d’Antonia Miletto, une Vénitienne qui fait de ravissants bijoux à base de bois serti d’or et de pierres précieuses. À Design Miami Paris, je présente ses pendentifs en forme de poisson, fins et stylisés, d’un chic fou ! » Le genre d’accessoire qu’on peut porter aujourd’hui avec une chemise blanche et un jean. « L’époque a changé, les femmes ne s’habillent plus comme avant, mais ce genre de bijou donne tout de suite de la personnalité à la tenue la plus simple, il est la petite touche qui vous distingue des autres. »

1 l Le collier Naturalia de Bulgari, en or, 1990.?

A participant since the very first edition of Design Miami Paris, this specialist in both vintage and contemporary jewellery returns this year with rare, often unique pieces. Each with a strong personality, for clients with just as much character. By Éric Jansen Jewellery as a Work of Art

Her presence at the fourth edition of Design Miami Paris might disarm a first‑time visitor, surprised to find fine jewellery rubbing shoulders with a Ronan Bouroullec console or a Jean Royère armchair, but such a reaction would be due to a lack of familiarity with Karry Berreby’s unique positioning. A regular at the PAD fair for some fifteen years, she has always loved showcasing her jewellery alongside antique

2 l Compression de César, en or et perle, vers 1990.?

www.designmiami.com et www.karryberreby.com

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KARRY BERREBY

dealers and design galleries. “I firmly believe that lovers of fine furniture and rare, precious decorative objects will also be receptive to jewellery, or at least, I hope, to the pieces I present...” A vintage jewellery specialist, Karry is demanding and her selection is meticulously curated. You won’t find standard diamond rivières or ruby‑and‑emerald necklaces here; Karry Berreby values ​a piece’s originality, personality, history, and emotional resonance over its carat weight. “Bold jewellery that has personality and adds a touch of flair.” A choice amply demonstrated on her Design Miami Paris stand: a ram’s‑head pendant by Boivin, a pair of “Birdcage” earrings by Line Vautrin, a “Compression” piece by César, and Bulgari’s “Naturalia” necklace. “A marvel! Entirely in gold! It looks just like a sculpture.” Yet these signed vintage pieces, true works of art, do not make up the entirety of Karry Berreby’s treasure trove. While she is an expert on the golden age of jewellery (credited, amongst others, with “rediscovering” Bulgari’s Serpenti Tubogas watches), she has always kept a close eye on contemporary design. After all, isn’t that where she started? “It’s true that I went to Studio Berçot to study fashion, but I very quickly gravitated toward jewellery. For a number of years, I had my own brand: Karry’O! I created jewellery using hardstones – long necklaces featuring turquoise, amethyst, and moonstone, and worked for Christian Lacroix, Dior, Givenchy and Oscar de la Renta...” Today, Karry no longer designs jewellery – “except for special requests” – but retains her enthusiasm for contemporary designers: “At my gallery in the capital’s Rue de Lille, I showcase the work of Hanut Singh, Inesa Kovalova and Rebecca Rau. And as of this year, I’m featuring creations by Antonia Miletto, a Venetian designer who makes exquisite jewellery combining wood with gold and precious stones. At Design Miami Paris, I’m presenting her fish‑shaped pendants – sleek, stylized, and incredibly chic!” They are the kind of accessories that can be worn with a white shirt and jeans. “Times have changed; women don’t dress the way they used to. But this type of jewellery instantly adds character to even the simplest outfit – it’s the special little touch that sets you apart.”

3 l Boucles d’oreilles Cage aux oiseaux de Line Vautrin, vers 1940.

4 l Pendentif Poisson d’Antonia Miletto, en bois de bocote, or, diamant et émeraude.?

5 l Le collier Protectrice de Rebecca Rau, boucle de ceinture espagnole du XIII e siècle en bronze doré, tourmaline rose, perles baroques de Tahiti, chaîne victorienne en or.?

www.designmiami.com and www.karryberreby.com

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La maison ROUSSEL est une entreprise familiale bicentenaire, située au cœur de Paris et spécialisée dans la conception, la fabrication et la pose de stores à l’ancienne, haut de gamme, et sur mesure. La famille Roussel se transmet un savoir-faire artisanal de génération en génération, fondé sur la passion du métier, l’amour du Beau et la qualité du service. Ce savoir-faire s’étend à l’ensemble de l’équipement et l’habillage des ouvrants du bâtiment : stores intérieurs et extérieurs, vélums, fenêtres, volets roulants ; mais aussi structures extérieures type pergolas, tentes de toiles , etc. L’intégration de compétences dans le domaine de la domotique leur permet d’allier aux techniques traditionnelles les technologies les plus avancées. En 2013, la marque BELZACQ rejoint le giron de ROUSSEL STORES, un rapprochement qui permet la continuation de cette autre marque patrimoniale du store sur mesure. ROUSSEL STORES & BELZACQ interviennent sur tout type de chantier, du plus simple au plus extraordinaire. Showroom : 177 boulevard Haussmann 75008 Paris - Tél : 01 43 59 33 14 www.rousselstores.fr

JEAN‑LOUIS DENIOT

Ambassadeur du savoir‑faire français Il lance une marque pour éditer meubles, luminaires et objets décoratifs. Son nom ? Quai d’Orsay. Un parfum très parisien pour cet architecte d’intérieur, qui sait si bien marier élégance à la française, audace américaine et fantaisie personnelle. Par Éric Jansen

1 l La galerie se trouve dans la très discrète rue de Verneuil, à Paris.

Il vient de livrer le Waldorf Astoria Residences, à New York, une tour à Miami, une autre à Palm Beach, un penthouse à Hong Kong, une grande maison privée à Bangkok et à la fin de l’année, il inaugurera l’hôtel Cambridge House à Londres… C’est dire si Jean‑Louis Deniot est un architecte d’intérieur international. Cette notoriété aurait pu l’inciter à quitter Paris pour New York, mais pas question de couper ses racines. Lorsqu’il se lance en

2000, son agence se trouve dans la petite rue de Verneuil. Vingt ans plus tard, fort de son succès, il déménage ses bureaux, qui ont doublé de volume, dans un immeuble à l’angle du quai d’Orsay et de l’esplanade des Invalides, avec vue sur le pont Alexandre III. Inutile de dire que ses clients étrangers sont sous le charme quand ils lui rendent visite. Jean‑Louis Deniot a toujours incarné avec superbe la French Touch.

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JEAN‑LOUIS DENIOT

Diplômé de l’école Camondo, il a été nourri par l’histoire des styles, le grand goût français et les maîtres des arts décoratifs du XX e siècle : Jean‑Michel Frank, André Arbus, Marc du Plantier… « et Gilbert Poillerat pour la touche lyrique ! » Ses nombreux chantiers aux États‑Unis lui ont ouvert d’autres horizons, d’autres références, Vladimir Kagan, Paul Evans ou Robsjohn‑Gibbings l’enthousiasmant tout autant. La taille des résidences l’a aussi poussé à dessiner lui‑même canapés, consoles, tables basses, lampes, pour des pièces qui imposent le sur‑mesure… Cette influence américaine a transformé ses intérieurs, leur donnant une plus grande modernité, « mais que je continue à passer dans mon tamis français. » Son aisance à dessiner meubles et luminaires l’a naturellement conduit à collaborer avec des éditeurs, comme Baker ou Pouenat et, aujourd’hui, à oser lancer sa propre maison d’édition. « En fait, cette décision est née d’un constat, d’un manque. Il y a tellement à faire : des bouts de canapés, des chevets, des centres de table, de jolis photophores… Je commence avec une trentaine de pièces, mais cela va s’étoffer au fur et à mesure, d’autant plus que si j’ai conçu cette première collection, les prochaines le seront par d’autres. L’idée est d’inviter designers et artistes à collaborer. C’est pour cela que j’ai baptisé cette maison Quai d’Orsay, elle est indépendante de l’agence. » Quai d’Orsay… Un nom on ne peut plus adapté à cet ambassadeur du savoir‑faire français. L’allusion est subtile : sans doute peu de clients étrangers savent que le Quai d’Orsay désigne en France le ministère des Affaires étrangères, mais Jean‑Louis Deniot n’est pas mécontent du clin d’œil. En revanche, si c’est aussi l’adresse de ses bureaux, ce n’est pas là qu’on peut découvrir ses créations : il les expose dans l’espace qu’il a gardé rue de Verneuil. Un ancrage parisien revendiqué. « Et vous avez remarqué dans le logo, la queue du Q qui traverse le O, comme la Seine qui traverse Paris ? »

He has just completed New York’s Waldorf Astoria Residences, a tower in Miami, another in Palm Beach, a penthouse in Hong Kong, and a grand private residence in Bangkok. Later this year, he will unveil the Cambridge House Hotel in London... Interior designer Jean‑Louis Deniot is a truly global reference. Although his renown may have tempted He is launching a brand to produce furniture, lighting, and decorative objects. Its name? Quai d’Orsay. A distinctly Parisian signature for this interior designer who skillfully blends French elegance, American audaciousness, and personal whimsy. By Éric Jansen An Ambassador of French Craftsmanship

www.quaidorsay.com

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JEAN‑LOUIS DENIOT

2 l Bureau Orgues laqué à la main.

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3 l Lampe Oculus tout en rigueur formelle.

4 l Le fauteuil Orillon très pratique, car pivotant.

5 l La méridienne Odessa, d’inspiration brutaliste.

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lighting naturally led him to collaborate with manufacturers like Baker and Pouenat and, today, to take the bold step of launching his own design company. “In fact, the decision was spurred by a simple observation – there was a gap in the market. There is so much potential: side tables, nightstands, centerpieces, lovely decorative candle holders... I’m starting with about thirty pieces, but the range will expand over time as, while I design this first collection, future ones will be created by others. The idea is to invite designers and artists to collaborate.” Hence the name Quai d’Orsay, as the brand operates independently of the design agency. Quai d’Orsay... A name perfectly suited to this ambassador of French craftsmanship. The allusion is subtle, as probably few international clients realize that, in France, “Quai d’Orsay” refers to the Ministry of Foreign Affairs – but Jean‑Louis Deniot nonetheless likes the reference. However, although his offices are now on Quai d’Orsay, this is not where his creations are displayed; he continues to showcase them in Rue de Verneuil. “And did you notice the logo? The tail of the ‘Q’ cuts across the ‘O,’ imitating the Seine flowing through Paris.”

him to leave Paris for New York, he had no intention of severing his roots. When he started out in the year 2000, his business was located in the capital’s little Rue de Verneuil. Twenty years later and a multitude of projects later, he moved his offices – now twice the size – to a building overlooking Pont Alexandre III at the junction between Quai d’Orsay and the Invalides Esplanade. Needless to say, his international clients are enthralled when they come to visit. Jean‑Louis Deniot…the “French Touch.” A graduate of the École Camondo, he drew his inspiration from the French aesthetic par excellence, and 20 th ‑century masters of decorative arts such as Jean‑Michel Frank, André Arbus, Marc du Plantier... “and Gilbert Poillerat for a lyrical touch!” His numerous projects in the United States opened up new horizons and introduced him to new references; he is equally enthusiastic about Vladimir Kagan, Paul Evans and Robsjohn‑Gibbings. The scale of the residences he worked upon prompted him to design his own sofas, console tables, coffee tables and lamps for rooms that demanded bespoke pieces... The American influence transformed his interiors, lending them a greater modernity although, he points out, “I maintain my personal singularly French sensibility.” His ease in designing furniture and

www.quaidorsay.com

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Fantaisie colorée

À l’occasion de la publication de sa monographie, la céramiste portugaise expose chez Pierre Passebon, à Paris, ses célèbres sculptures émaillées, mais aussi des gouaches et des collages, au style tout aussi lyrique. Par Éric Jansen La céramique est à la mode. Elle est entrée dans les galeries d’art contemporain et de nouveaux salons, qui lui sont entièrement consacrés, ont vu le jour, comme la Ceramic Art Fair, à Paris. Mais cela fait des années, bien avant cet engouement, que Bela Silva a choisi cette voie. Née à Lisbonne en 1966, elle commence par suivre un enseignement classique à l’école des beaux‑arts et parallèlement découvre la pratique de la céramique à l’Ar.Co, une école d’art indépendante. Lors de sa troisième année d’études, elle part suivre des cours à la Norwich University of the Arts en Grande‑Bretagne. Elle y découvre l’importance du mouvement Arts & Crafts. L’idée de l’artiste‑artisan qui conçoit un objet fonctionnel comme une œuvre d’art la touche profondément. « J’aime le concept de la beauté déclinée dans toute la maison. » Sa curiosité et sa soif d’apprendre la poussent également à s’inscrire à l’Art Institute of Chicago, où elle obtient un master. Installée à New York, elle s’immerge dans la vie artistique et gagne sa vie en vendant des dessins pour illustrer des articles du New York

1 l Bela Silva dans son atelier de Bruxelles.

BELA SILVA

Times. « Louise Bourgeois avait l’habitude de recevoir de jeunes artistes chez elle le dimanche. Elle a été très gentille avec moi et m’a conseillé de faire des œuvres en grand format. » Son retour à Lisbonne en 2007 va le lui permettre. Sans abandonner le dessin, elle se consacre de plus en plus à la céramique qui demande de la place. Elle prend un premier atelier et une histoire d’amour, qui la conduit en Belgique, lui offre l’opportunité d’en avoir un second à Bruxelles. Dès lors, entre ces deux villes, Bela Silva ne va plus arrêter de produire. Ses sculptures d’animaux fantastiques et ses grands vases émaillés rencontrent l’intérêt de quelques amateurs avertis. Un début de notoriété qui explose lors de son exposition au Museu Nacional de Arte Antiga à Lisbonne, en 2017. Au même moment, elle croise la route du décorateur Jacques Grange. Lui aussi est séduit par son univers baroque et poétique. Il lui achète des vases, mais surtout il lui commande pour ses chantiers lampes, guéridons, tables basses, manteaux de cheminée, fresques murales, et la notoriété de Bela devient internationale. D’autres décorateurs suivent, comme Lionel Jadot, Gert Voorjans ou encore Peter Marino. « Je suis assez fière d’avoir, grâce à lui, une table chez Tiffany à New York », confie‑t‑elle dans un sourire. Cette activité décorative ne l’empêche pas de continuer à créer des sculptures très personnelles et à s’adonner à sa passion pour les dessins, tout aussi lyriques et colorés. On les retrouve dans la monographie qu’elle publie aujourd’hui, à côté de ses créations émaillées de ce bleu particulier, inspiré par les vagues de l’Atlantique, ou de ce crocodile grandeur nature qui sera le clou de son exposition organisée au même moment à la Galerie du Passage, à Paris. « Jacques Grange et Pierre Passebon sont un peu mes bonnes fées. »

2 l Ce dessin résume assez bien l’univers de l’artiste : la couleur, les oiseaux, le mouvement, une évocation d’azulejos, un parfum d’Inde...

Vibrant Fantasy

To mark the publication of her monograph, Portuguese ceramicist Bela Silva is exhibiting her renowned glazed sculptures, alongside gouaches and collages that share the same lyrical style, at the Pierre Passebon gallery in Paris. By Éric Jansen Ceramics are in vogue. They are now to be found in contemporary art galleries, and specific new fairs such as the Ceramic Art Fair in Paris have sprung up. Bela Silva’s passion for the medium, however, dates back to many years before the current craze. Born in Lisbon in 1966, she studied at the School of Fine Arts while simultaneously attending Ar.Co, an independent art school where she discovered ceramics. Three years into her studies, she headed for England and the Norwich University of the Arts where she discovered the significance of the Arts & Crafts movement. The concept of the artist‑craftsman designing a functional object that is also a work of art hit home. “I love the idea of finding ​things of beauty throughout a home.” Her curiosity and insatiable appetite for learning led her to also enroll

Bela Silva, éditions Flammarion, 264 pages, 95 euros Exposition Bela Silva, Galerie du Passage www.galeriedupassage.com

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BELA SILVA

at the Art Institute of Chicago, where she obtained a master’s degree. After settling in New York, she immersed herself in the city’s artistic life, earning a living by selling drawings to illustrate articles for The New York Times. “Louise Bourgeois used to welcome young artists into her home on Sundays. She was very kind to me and advised me to create large‑scale works.” On returning to Lisbon in 2007 she followed her advice and, while not abandoning drawing, increasingly devoted herself to ceramics, a medium that requires space. She acquired her first studio, and a romance that took her to Belgium gave her the opportunity to secure a second in Brussels. From then on, Bela Silva was constantly productive, working in both cities where her sculptures of fantastical animals and large glazed vases attracted the interest of discerning connoisseurs. Her 2017 exhibition at the Museu Nacional de Arte Antiga in Lisbon cemented her reputation. Around the same time, she crossed paths with interior designer Jacques Grange who was also captivated by her poetic, baroque aesthetic. He purchased her vases but, more importantly, commissioned her to create lamps, side tables, coffee tables, fireplace surrounds, and wall murals for his

3 l Baroques et foisonnantes, ses créations s’inspirent d’une nature sublimée.

4 l À côté d’une chaise dessinée par Bijoy Jain (Studio Mumbai), la table basse Feuillages, en céramique émaillée.

projects. Bela’s renown became international, and other designers including Lionel Jadot, Gert Voorjans and Peter Marino followed suit. “I’m proud to have a table at Tiffany’s in New York, thanks to Peter,” she says with a smile. This foray into decorative design did not however stop her from continuing to create deeply personal sculptures and indulging her passion for drawing. Works that are equally lyrical and colourful and which appear in the monograph she is releasing today, rubbing shoulders with creations glazed in that distinctive blue inspired by Atlantic waves, as well as with a life‑sized crocodile that will be the highlight of her simultaneous exhibition at the Galerie du Passage in Paris. “You could say that Jacques Grange and Pierre Passebon are my fairy godfathers.”

5 l Quand la cheminée devient œuvre d’art, dans une maison décorée par Gert Voorjans à Knokke.

Bela Silva, Flammarion, 264 pages, €95 Bela Silva exhibition, Galerie du Passage www.galeriedupassage.com

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