FNH N° 1032 ook

Du 29 & 30 jui l let 2021 - 8 DH - N° 1032

PREMIERHEBDOMADAIREDE L'INFORMATIONFINANCIÈREAUMAROC

Directeur de la publ ication : Fatima Ouriaghl i

Hicham Zanati Serghini

Dossier MRE

Un bon garant

Loin des yeux, près du cœur

Hicham Zanati Serghini, DG de la SNGFE

P. 34/35

P. 36 à 59

Exercice du pouvoir, majorité gouvernementale, gestion de la pandémie, situation économique du pays, législatives 2021..., le chef du gouvernement dit tout. Sans langue de bois. EL OTMANI LES CONFIDENCES DE A

P. 20 à 24

Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massi ra El Khadra, Casablanca - Tél. : ( 0522) 98.41.64/66 - Fax : ( 0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma l i l l

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S OMMAIRE

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JEUDI 29 & VENDREDI 30 JUILLET 2021 FINANCES NEWS HEBDO

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> Actualité

Voyons voir : Covid-19 : Aux citoyens de faire le job ! Ça se passe au Maroc

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> Bourse & Finances

Entreprises cotées : Nette reprise attendue des bénéfices en 2021 Banques : BAM muscle son dispositif prudentiel Maroc Telecom : L'activité internationale sur un trend haussier

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Editorial

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V ous lisez le dernier numéro de Finances News Hebdo avant les congés annuels. Un repos bien mérité après cette année très particulière chahutée par la pandémie. Le coronavirus, qui s’est insidieusement incrusté dans notre quotidien, continuera cependant, pour longtemps encore, à ryth- mer l’actualité marocaine et dans le monde. Dit autrement, nous sommes pris dans la mélasse. Et cela dure depuis plus d’un an. La pénibilité de cette situation se mesure à l’aune des ravages qu’elle a causés, particulièrement au Maroc : une profonde crise, avec en toile de fond une économie laminée et qui peine à se reprendre, un bilan sanitaire dramatique (588.448 contaminations depuis le premier cas signalé en mars 2020 et 9.638 décès au total) et une sévère détresse sociale. Mais, sous l’impulsion du Roi Mohammed VI qui a pris des décisions fortes et salutaires, le Royaume résiste et tente de gérer au mieux cette crise. Des milliards de DH ont été injectés dans l’économie pour soutenir les entreprises, les salariés et les ménages. Les professionnels de la santé se sont tous mobilisés pour accompagner et soigner les malades de la Covid-19, mais également pour réussir la campagne vaccinale. Et les autorités tentent, vaille que vaille, de maîtriser la situation épidémiologique qui s’est fortement dégradée ces der- nières semaines, tout en veillant à ne pas ligoter l’activité écono- mique. Bref, la mobilisation est totale. A tous les niveaux. Mais le Maroc, comme tous les autres pays, a tiré les bons ensei- gnements de cette crise qui a bouleversé tous les dogmes établis que les gouvernants de cette planète respectaient religieusement. Le monde a changé et la pandémie a secoué les consciences. C’est pourquoi le Royaume a décidé de ne plus être dans la réac- tion, mais dans l’anticipation. Il prépare sérieusement l’avenir. Il prépare sérieusement sa souveraineté économique et sanitaire. C’est le sens qu’il faut donner à la décision prise de substituer près de 83 Mds de DH d’importations par la production locale. C’est sous ce prisme qu’il faut aussi apprécier le projet de fabrication et de mise en seringue au Maroc du vaccin anti-Covid19 et d’autres vaccins. Des choix pour l’avenir. Des choix judicieux quand on sait que les scientifiques prédisent une accélération de la fréquence et de la gravité de ces épidémies mondiales. En attendant de vous retrouver fin août pour un nouveau numéro de Finances News Hebdo, nous vous souhaitons d’excellentes vacances. Mais, avec le virus Delta qui a pris racine dans le Royaume, soyez prudents ! Et revenez-nous en bonne santé pour partager avec nous l’actualité brûlante de la rentrée : les élections législatives de septembre prochain. DES CHOIX POUR L’AVENIR Par Fatima Ouriaghli

> Economie

Entretien exclusif : Les confidences de Saad Eddine El Otmani Conjoncture économique : Les prévisions du HCP pour 2021 et 2022 Concurrence : Le Conseil fait le point sur son activité en 2020 Reprise : Ces secteurs qui marquent à nouveau le «Stop» Tourisme : Le marketing digital, fer de lance de la relance

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Hicham Zanati Serghini : Un bon garant

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SPÉCIAL MRE

Loin des yeux, près du cœur Marhaba 2021 : Une opération à multiples enjeux Retour des MRE : Le point sur les dispositifs mis en place cet été Entretien avec Abdelkhalek Hassini : Nouveau modèle de développement : «Il faut une réelle prise en consi- dération des attentes et des besoins des MDM» Transferts : Comment mieux orienter les flux vers l’investissement Banque de projets : Un levier incontournable de la fabrication locale Banques : Concurrence acharnée sur le segment MRE Entretien avec Karim Bouaouali : Enseignement supé- rieur, «Je ne suis pas venu avec des moyens financiers, mais plutôt avec des idées…» Réglementation des changes : Un statut particulier pour les MRE Mobilisation des compétences : Des objectifs ambi- tieux fixés MDM Invest : Dans l’attente d’un relifting 13 ème région MEM by CGEM : Une approche novatrice Services juridiques : Une plateforme pour accompa- gner les MRE Social : Un soutien de taille

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> Société Entretien avec Dr Tayeb Hamdi : Vaccin anti-Covid-19 , «Il faut instaurer et inclure le pass vaccinal dans nos activités quotidiennes» Entretien avec Jaâfar Heikel : Covid-19, Les chiffres très inquiétants de la pandémie 60 63 > Culture Arts plastiques : Belle initiative, noble dessein La découverte : Imane Benzalim, une femme de chœur 64 65 > Hight-tech Programmation informatique : Python dans la cour des grands 66

• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com

• Directeur des rédactions &Développement : DavidWilliam • Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Adil Hlimi, Momar Diao, Youssef Seddik, Badr Chaou, Khalid Aourmi, Réda Kassiri Houdaifa, Ibtissam Zerrouk • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique &maquettiste : Abdelillah Chamseddine •Mise en page : Zakaria Beladal • Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri, Salma Benmakhlouf, Rania Benchaib • Administratif : Fatiha Aït Allah, Nahla Sahlal • Édition : JMA CONSEIL • Impression : Maroc Soir • Distribution : Sapress • Tirage entre 15.000 et 18.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05

V OYONS VOIR

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Covid-19 Aux citoyens de faire le job ! Par D. William

L a situation épidémiologique au Maroc s’est considérablement détériorée depuis la déci- sion prise par les autorités d’assouplir les restrictions et d’ouvrir partiellement le ciel marocain. Le coronavirus circule de plus belle et poursuit son raid meurtrier, comme en témoignent les statistiques de ce mois de juillet. Entre le 1 er et le 27 juillet, 56.298 nouvelles conta- minations ont été enregistrées pour 340 décès, soit des moyennes respectives de 2.085 cas et presque 13 morts par jour. Aujourd’hui, la situation sanitaire est devenue plus que préoccupante, avec un variant Delta qui s’est largement propagé dans le Royaume à cause des mouvements de population, particulière- ment durant Aid Al-Adha. Faut-il alors durcir davan- tage les restrictions après le petit tour de vis opéré le vendredi 23 juillet ?

Si cette option est sur la table, il est cependant dif- ficile pour le gouvernement de passer à l’acte. Car malgré sa volonté de contenir la pandémie, les enjeux économiques, en cette période estivale, sont actuel- lement sérieusement pris en considération. C’est d’ailleurs pourquoi un dispositif spécial a été mis en place (www.laquotidienne.ma) afin de permettre aux MRE de pouvoir regagner le pays, mais aussi pour booster, entre autres, l’industrie touristique nationale fortement chahutée depuis le début de la crise. A part serrer la vis, le gouvernement n’a d’autres choix que la sensibilisation et accélérer la campagne de vaccination. C’est ce qu’il fait d’ailleurs. Les appels à la vigilance et au respect des gestes barrières par les citoyens se multiplient et les contrôles sont renforcés. De même, la campagne de vaccination a été élargie aux 25 ans et plus et les conditions liées au domicile

ne sont plus en vigueur. Ainsi, afin d'accélérer la cadence et faciliter l'accès au vaccin, les citoyens peuvent désormais se diriger vers le centre de vacci- nation le plus proche, que ce soit pour la première ou la deuxième dose, sans prendre en compte les condi- tions liées au domicile. Force est de constater, qu’en l’état actuel des choses, les autorités font ce qu’elles peuvent : elles essaient de ne pas asphyxier l’écono- mie tout en donnant autant de libertés que possible à la population. Ce sont maintenant aux citoyens de faire le job en faisant preuve de maturité et de res- ponsabilité. Autrement dit, aller se faire vacciner (pour ceux qui ne le sont pas encore) et se conformer aux mesures de précaution édictées par les autorités. Le virus est là. Il tue. Et il continuera de faire des victimes tant que certains seront dans le déni, et d’autres dans une insouciance coupable. ◆

A l’occasion du 22 ème anniversaire de l’intronisation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Le Directeur Général et l’ensemble des collaborateurs de L’Agence Marocaine pour l’Efficacité Énergétique (AMEE) ont l’insigne honneur de présenter à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, leurs vœux les plus déférents, ainsi qu’à Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan et à Son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid et à toute la Famille Royale. Ils renouvellent à Sa Majesté l’expression de leur fidélité et de leur attachement indéfectible au Trône Alaouite et affirment leur engagement à accompagner, sous les Hautes Directives de leur Souverain, le processus de développement économique, social et environnemental que connaît le Royaume.

Ç A SE PASSE AU MAROC

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A l’occasion de la Fête du Trône La Direction de JMA Conseil et l’ensemble du personnel de Finances News Hebdo, d’Autonews, de La Quotidienne et de Boursenews présentent leurs voeux déférents à SA MAJESTÉ LE ROI MOHAMMED VI Que Dieu Le glorifie Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay Al Hassan, Son Altesse Royale la Princesse Lalla Khadija, Son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid, à l’ensemble de la glorieuse Famille Royale, ainsi qu’au peuple marocain.

Le Maroc et le Groupe Renault consolident leur partenariat D ans le cadre du plan d’accélération industrielle, Renault Group Maroc et le ministère de l’Industrie, du Commerce et

BAM lance un projet de comparateur des tarifs bancaires B ank Al-Maghrib a initié avec les banques un chantier de mise en place d’un comparateur des tarifs bancaires et des dates de valeur. «C’est un projet qui vise à simuler la concurrence au niveau du système bancaire pour faciliter l’accès au client à l’information sur ses tarifs et sur ses dates de valeur» , indique Hiba Zahoui, directrice de la Supervision bancaire auprès de Bank Al-Maghrib, lors d'une conférence de presse tenue mardi. «Il y a eu un premier appel d’offres qui a été lancé pour sélec- tionner un prestataire qui va construire la plateforme. Ce dernier a été infructueux. Un 2 ème appel d’offres vient d’être lancé. Nous sommes actuellement dans la phase de sélection du prestataire qui devrait opérationnaliser ce comparateur» , ajoute H. Zahoui. Un groupe de travail BAM-GPBM, constitue a cet effet, a exami- né les options possibles pour la structuration de ce projet. Ledit groupe a arrête la liste des services bancaires usuels qui sera initialement intégrée au niveau de la plateforme du comparateur et élabore les termes de référence devant servir de base au lancement de l’appel d’offres pour la sélection d’un prestataire qui sera en charge de la conception et de la gestion de l’outil du comparateur. Ce projet peut aboutir, selon les estimations de la directrice de la Supervision bancaire, dès cette année. ■

de l’Economie verte et numérique ont signé une convention qui fixe de nouveaux objectifs pour le développement de l’écosystème Renault. Cette cérémonie a eu lieu en présence du ministre de tutelle, Moulay Hafid Elalamy, et du Directeur général de Renault Group, Luca De Meo. A cette occasion, Renault Group Maroc a dévoilé la première Dacia Sandero destinée au marché marocain fabriquée à l’usine de la SOMACA. La commercialisation de la Nouvelle Sandero débutera dès le mois de septembre. «Sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, l’industrie automobile, au Maroc, amorce, aujourd’hui, un nouveau tournant de son évolution. Le dévelop- pement de notre partenariat avec Renault ouvre son écosystème à de nouveaux horizons à forte valeur technologique, en parfaite adéquation avec les objectifs de notre relance industrielle visant à renforcer la compétitivité industrielle du Royaume à l’échelle mondiale» , a déclaré Elalamy. Et d’ajouter : «L’élargissement de l’écosystème Renault répond à deux enjeux majeurs du secteur, à savoir le positionnement du Maroc dans la mobilité électrique et le ren- forcement du sourcing local». Pour sa part, Luca de Meo a indiqué que «cet accord va permettre de renforcer la compétiti- vité et l’attractivité de l’industrie marocaine tout en la préparant pour l’avenir : la stratégie de décarbonation initiée par le Royaume est tota- lement en phase avec notre vision et sera un élément structurant dans les années à venir». De nouveaux objectifs pour l’écosystème Renault Malgré la crise sanitaire et celle des composants électroniques traversées par l’ensemble des acteurs économiques, Renault

Group Maroc confirme son dernier engage- ment, signé le 8 avril 2016 avec le Royaume devant Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à tra- vers l’atteinte des 1,5 milliard d’euros de CA et 65% d’intégration locale en 2023. Début 2021, le Groupe a annoncé avoir dépassé la barre des 60% de taux d’intégration locale. Aujourd’hui, le Groupe renforce son engage- ment pour développer l’écosystème Renault, avec la signature d’une nouvelle phase portant l’objectif de sourcing local à 2,5 milliards d’eu- ros dès 2025 et une cible de 3 milliards d’euros. Renault Group Maroc s’engage également à porter son taux d’intégration à un objectif cible de 80% à terme. Pour rappel, le nombre de fournisseurs de rang 1 installés dans le Royaume a déjà été triplé, passant de 26 à 76. Ce nouvel engagement viendra soutenir l’ins- tallation de nouveaux fournisseurs et renforcer les sites déjà existants. Ce nouvel engagement viendra soutenir le développement de la filière industrielle marocaine et l’industrialisation des nouveaux projets de véhicules des marques de Renault Group à haute valeur technologique. En ligne avec la stratégie Renaulution et l’orien- tation mondiale de l’industrie automobile vers la production de véhicules respectueux de l’environnement, Renault Group Maroc prépare l’industrialisation de nouveaux véhicules dans les deux sites marocains du Groupe. Ces véhi- cules incluront progressivement les technolo- gies d’électrification de Renault Group. ■

17.918.379 C’est le nombre des cartes bancaires émises au Maroc au 30/06/2021. La répartition est de : 52,1% pour les cartes Visa, 26,5% pour les cartes Mastercard, 19,9% pour les cartes cmi & cobadge cmi-Mastercard et enfin 1,5% pour les cartes privatives.

Le chiffre de la semaine vous est proposé par

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Entreprises cotées

◆ La masse bénéficiaire agrégée de la cote est attendue en hausse de 38% en 2021. ◆ Pour les analystes, le niveau du PER du marché semble cohérent avec le contexte de taux bas et de politique monétaire expansionniste. Nette reprise attendue des bénéfices en 2021

vertes, qui représente 76,3% du résultat net consolidé des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca à fin 2020» , esti- ment-ils. Des ratios de valorisation cohérents avec les niveaux des taux d’intérêt

la masse bénéficiaire selon nos estimations, nous privilégions une approche de placement axée sur les secteurs cycliques dont les performances suivent celle de l’économie, notamment le secteur bancaire et celui du BTP» , détaille CDG Capital Insight. Le secteur bancaire devrait bénéficier d’une dyna- mique continue de croissance des crédits distribués, soute- nue par des initiatives publiques (telles que les crédits garantis par la CCG), et par un allègement du coût du risque par rapport à 2020. Par ailleurs, le secteur du BTP devrait être également soutenu par la forte hausse des investissements publics et les niveaux bas des crédits immo- biliers à même d’alimenter une amélioration de la demande en logements. «Nous pensons donc que le mar- ché boursier intègre globale- ment le potentiel de croissance anticipé après le rebond enre- gistré depuis septembre 2020. Néanmoins, certaines opportu- nités restent à saisir dans un cycle haussier en dehors d’un risque de basculement de la situation sanitaire» , lit-on dans la note. Par ailleurs, l’équipe de recherche pense que mal- gré les besoins importants de financement du Trésor public, les niveaux actuels des taux BDT devraient rester globale- ment bas d’ici fin 2021, sous l’hypothèse d’une stabilité du cadre monétaire, et devraient permettre au marché action de maintenir son attractivité vis-à- vis des investisseurs. ◆

Après la récente perfor- mance du Masi, le marché action peut sembler à pre- mière vue cher, ce qui risque de dissuader les investis- seurs d’y placer leur argent. En effet, au 16/07/2021, le Masi affiche un PER de

Après une année de crise, les sociétés cotées s’attendent à un rebond de leurs bénéfices.

22,8x sur la base des béné- fices de 2021, un niveau élevé par rapport à sa valeur histo- rique. Au cours des 14 dernières années, un multiple de prix aussi élevé n'a jamais été maintenu, à l'exception de l’année 2020 au cours de laquelle la lecture du PER a été biaisée par l’impact sévère et ponctuel sur les résul- tats dû aux mesures strictes de confinement et les éléments exceptionnels des résultats des sociétés cotées. Cependant, ce niveau du PER «nous semble cohérent avec le contexte de taux bas et de politique moné- taire expansionniste», indique la même source.. Une approche de place- ment basée sur les secteurs cycliques «Ainsi, avec une croissance du PIB qui devrait atteindre 5,3% en 2021 (selon les prévisions de Bank Al-Maghrib) contre un recul de -6,3% enregistré une année auparavant et une amé- lioration potentielle de 38% de

ments publics prévue dans la Loi des Finances 2021 devrait profi- ter aux producteurs de maté- riaux de construction, en parti- culier les producteurs d’acier et de ciment, estime le bureau de recherche. Pour lui, la reprise de la demande pour les entreprises industrielles, profitant d’un effet de base favorable, serait éga- lement de nature à booster les revenus agrégés de la cote. D’autres éléments favorables sont cités, tels que la non-récur- rence de la contribution au fonds Covid-19 ou encore la légère amélioration du coût du risque du secteur bancaire par rapport à 2020. Les analystes pensent tout de même que les tensions sur le coût du risque devraient persister, se maintenant à un niveau élevé, relativement supé- rieur à sa moyenne historique. Dans ce sens, «la masse béné- ficiaire devrait finir l’année en hausse de 38% sur la base de nos prévisions de croissance de notre univers de valeurs cou-

“V ers une c o n s o l i - dation du m a r c h é action» : c’est le dernier rapport réalisé par les équipes du bureau de recherche de CDG Capital, où elles passent en revue les pers- pectives macroéconomiques et celles des entreprises cotées en 2021, avec un focus sur plu- sieurs secteurs (BTP, banques, ciments, sidérurgie). Ainsi, les analystes estiment que pour l’année à venir, les réalisa- tions des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca devraient bénéficier de plusieurs facteurs favorables, notamment la reprise de la croissance économique sous l’hypothèse d’une crise sanitaire mieux maîtrisée, avec une croissance du PIB estimée à 5,3% en 2021e contre -6,3% en 2020, selon Bank Al Maghrib. L’augmentation des investisse- Par Y. Seddik

Le BTP devrait être soutenu par la forte hausse des

investis- sements

publics et les niveaux bas des crédits immobiliers.

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Banques

◆ En 2020, Bank Al-Maghrib a finalisé plusieurs réformes relatives à la réglementation prudentielle du secteur bancaire. ◆ Elles ont porté sur de nombreuses thématiques : solvabilité, risque de taux d’intérêt, dation en paiement, titrisation synthétique… BAM muscle son dispositif prudentiel

Ces dernières disposeront d’une période de 5 ans pour amortir cet impact au niveau de leurs fonds propres» , a précisé la directrice de la Supervision bancaire. Pour prémunir les banques contre le risque immobilier induit par le stock d’actifs acquis par voie de dation en paiement et vente a réméré, un système de pondération de risque de crédit applicable a ce por- tefeuille d’actifs a été intro- duit. Ce dispositif couvre les expositions directes et indi- rectes des banques a travers des filiales. Il a donné lieu à une large concertation avec les banques ainsi qu’a la conduite d’une étude d’impact, dont les résultats ont servi à arrêter les dispositions transitoires. Celles- ci prévoient une entrée en vigueur immédiate pour les nouvelles acquisitions d’actifs et un étalement de l’impact de l’ap- plication des nouvelles règles sur le stock d’actifs détenus par les banques au 31 décembre 2020, de manière progressive sur un horizon de 5 ans à échéance fin 2025. Introduction du ratio de levier La Banque centrale a également finalisé en 2020 un projet de cir- culaire introduisant un ratio de levier minimum à observer par les banques. La mise en place d’un ratio de levier s’inscrit dans le cadre de la transposition des dispositions de Bâle III, et ce en convergence avec la norme adoptée par le Comité de Bâle en 2014 et revue en 2017. «Ce dispositif vient compléter les exigences applicables aux banques relatives à la solvabilité. Il rapporte les fonds propres à

l’ensemble des actifs et du hors bilan des banques. Nous l’avons introduit après avoir mené un certain nombre d’études d’im- pact qui montrent qu’au Maroc, les banques ne recourent pas de manière importante au levier. Et d’ailleurs, elles étaient largement supérieures au minimum de 3%. Il sera implémenté aussi bien sur base sociale que sur base consolidée» , explique H. Zahoui. Le dispositif relatif au ratio de levier permet de limiter l’accu- mulation de l’effet de levier dans le secteur bancaire, contribuant ainsi à prévenir les processus d’inversion du levier en période de crise, dont les effets désta- bilisateurs peuvent être domma- geables pour le système finan- cier et l’économie. En période de crise, le secteur bancaire peut être contraint par le marché de réduire son effet de levier d’une façon accentuant les pressions baissières sur les prix des actifs. Ce processus de désendettement amplifie les réactions en chaîne, entre pertes, baisse des fonds propres des banques et contraction de l’offre de crédit.

La direction de la Supervision ban- caire relevant de Bank Al-Maghrib a présenté son rapport au titre de l'année 2020.

a expliqué Hiba Zahoui, direc- trice de la Supervision bancaire auprès de Bank Al-Maghrib, lors d’une conférence de presse. L’adoption anticipée de la nou- velle pondération s’est justifiée par le contexte de la crise pan- démique Covid-19 et contribue- ra a accompagner les banques dans le financement de la PME au cours de la phase de relance. Gestion des opérations de dation en paiement et vente à réméré Bank Al-Maghrib a finalisé en 2020 un projet de directive enca- drant la gestion des opérations d’acquisition d’actifs par voie de dation en paiement, de vente à réméré et d’adjudication. Cette directive édicte les bonnes pratiques en matière de gou- vernance et de gestion de ces opérations ainsi que les règles d’évaluation applicables. «Elle est entrée en vigueur en mars 2021. Cette réforme va s’opé- rer dès cette année pour toutes les nouvelles acquisitions d’ac- tifs immobiliers et pour le stock qui est détenu par les banques.

Par Y. Seddik

T out d’abord, la réforme du cadre régissant la solvabilité des établis- sements de crédit a porté sur le traitement des expositions des banques sur les PME. En effet, la pondéra- tion de risque applicable aux expositions des établissements de crédit portées sur les PME, au titre du risque de crédit, a été réduite a 85% au lieu de 100%. Cet allègement s’inscrit en conformité avec les dernières évolutions adoptées dans le cadre de la révision du dispo- sitif Bâle 3, et dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er janvier 2022. «Il y a eu un assouplissement du traitement des prêts accordés par les banques aux PME. La pondération du risque accordée par les banques a été revue à la baisse en cohérence avec l’évolution attendue des normes à l’international. Ceci va être de nature à renforcer l’exposi- tion des banques sur la PME»,

BAM a fina- lisé l’amen- dement de la circulaire relative au ratio de liquidité des banques par- ticipatives.

Le ratio maximum d’exposition au risque de taux d’intérêt

Ce projet de nouvelle circulaire fixe les exigences relatives à la mesure du risque de taux d’inté- rêt inhérent au portefeuille ban- caire auquel la marge nette d’in- térêt prévisionnelle et la valeur économique des fonds propres d’une banque sont exposées, en raison de mouvements défavo- rables des taux d’intérêt. «Le taux d’intérêt est l’une des sources de risque qui n’était

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l’étude d’impact menée avec les banques, l’entrée en vigueur du ratio maximum est prévue à compter du 1er janvier 2023. Une période transitoire a été retenue au cours de laquelle la varia- tion de la valeur économique des fonds propres est fixée à 20% des fonds propres régle- mentaires jusqu’au 31 décembre 2021, et 20% des fonds propres de catégorie 1 jusqu’au 31 décembre 2022. «Les banques ont donc trois ans pour se mettre en conformité» , précise Zahoui. Projet d’adaptation du ratio de liquidité aux banques par- ticipatives La Banque centrale a par ail- leurs finalisé l’amendement de la circulaire relative au ratio de liquidité des banques afin d’y introduire l’obligation pour les banques participatives de res-

pecter un ratio de liquidité de minimum 100%. «C’est un ratio qui a globalement le même esprit que le ratio de liquidité des banques conventionnelles, avec des adaptations. On a donné aux banques participatives des dispositions transitoires étalées sur 3 ans» , souligne Zahoui. Les adaptations spécifiques aux banques participatives ont cou-

vert l’intégration, parmi les instru- ments qualifiés d’actifs liquides de haute qualité «HQLA», des certificats de Sukuk répondant aux conditions requises de liqui- dité et le traitement en liquidité des flux de trésorerie afférents aux actifs, passifs et engage- ments hors bilan spécifiques a l’activité de bancaire participa- tive. ◆

jusqu’à présent pas encadrée d’un point de vue quantitatif. Ce ratio maximum d’exposi- tion au risque de taux d’intérêt correspond à réaliser un cer- tain nombre de stress test sur des scénarii de choc de taux. Sur chacun de ces scénarii, les banques ne devront pas dépas- ser un certain niveau de dépré- ciation de la valeur économique de leurs fonds propres» , clarifie Zahoui. Il est introduit, à ce titre, un ratio minimum à observer par les banques, correspondant au rapport entre, d’une part, la variation de la valeur écono- mique des fonds propres induite par un mouvement de taux d’in- térêt et, d’autre part, le montant des fonds propres de catégo- rie 1. Ce rapport, fixé au maxi- mum à 15%, doit être observé sur base sociale et consolidée. Tenant compte des résultats de

Suite à l’entrée en vigueur de la loi sur les OPCI, BAM a introduit le traitement appli- cable aux expositions des établissements de crédit sous forme de parts ou d’actions d’OPCI. Ce traitement consiste en l’application d’une pondération de risque de crédit de 100%, à l’instar des parts d’OPCVM. La Banque centrale a arrêté les règles régissant le traitement des opérations de titrisation synthétique suite à l’adoption en août 2020 de l’arrêté ministériel fixant les modalités de réalisation des opérations de garantie du risque de financement par un fonds de placements collectifs en titrisation, communé- ment dénommées «opérations de titrisation synthétique». Le cadre applique s’inscrit en convergence avec le dispositif du Comite de Bâle et a fait l’objet d’une concertation avec les établissements de crédit. Les nouveaux instruments aussi concernés

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Maroc Telecom

◆ Maroc Telecom a publié ses réalisations au terme du premier semestre 2021. ◆ Abdeslam Ahizoune a été reconduit pour deux ans à la tête du Groupe. L'activité internationale sur un trend haussier

de 2020. La marge d'EBITDA ajusté est restée au niveau élevé de 55,1%. Le résultat opérationnel (EBITA) ajusté s'est élevé à 3,52 Mds de DH, en retrait de 12,7% sur une année du fait de la baisse de l'EBITDA. La marge d'EBITA ajustée ressort à 36,1%. Concernant les activités à l'international, l'EBITDA ajusté s'est établi à 3,77 Mds de DH, en hausse de 4,1% (+4,2% à taux de change constant) par rapport à fin juin 2020. La marge d'EBITDA ajusté a été de 44,3%, soit un gain de 0,7 point à taux de change constant, du fait de l'amélio- ration continue du taux de marge brute et la maîtrise des charges opérationnelles. Sur la même période, l'EBITA ajusté s'est chiffré à 2,04 Mds de DH, en hausse de 13,8% (+14,1% à taux de change constant), grâce principale- ment à la progression de l'EBI- TDA ajusté et la baisse des charges d'amortissement. La marge d'exploitation ajustée a augmenté de 2,4 points à 24%. ◆

tion, les performances de ses filiales ainsi que la maitrise des coûts permettent au Groupe de maintenir une profitabilité élevée» , précise le manage- ment. Des bénéfices en repli Le résultat net ajusté part du groupe de Maroc Telecom s'est établi à 2,83 Mds de DH au titre des six pre- miers mois de 2021, en baisse de 5,8% à taux de change constant. Sur le seul deuxième trimestre 2021, ce résultat a diminué de 3,4% (à taux de change constant) à 1,35 Md de DH, indique Maroc Telecom. Sur le volet opérationnel, l’EBI- TA ajusté consolidé a recu- lé de 4,5% (4,4% à taux de change constant) à 5,57 Mds de DH au S1-2021, alors que la marge d'exploitation s'est située à 31,3%. Pour les activités du groupe au Maroc, le résultat opérationnel avant amortissement (EBITDA) ajusté a atteint 5,39 Mds de DH, en repli de 9,9% par rap- port aux six premiers mois

Les revenus à l'international sont dopés par la crois- sance de la Data Mobile et des ser- vices Mobile Money.

au S1-2021, précise le Groupe dans sa communication finan- cière, soulignant que les acti- vités Mobile, en particulier la Data prépayée, continuent à pâtir de la concurrence et du contexte réglementaire, com- pensées partiellement par la bonne dynamique de la Data Fixe qui est en hausse de 7,7%. Pour ce qui est des activités du groupe à l'interna- tional, elles ont réalisé un CA de 8,51 Mds de DH à fin juin, en hausse de 2,4% (+2,5% à taux de change constant), à la faveur de la croissance de la Data Mobile (+15,4%) et des services Mobile Money (+28,4%). «Les résultats de ce premier semestre 2021 sont en ligne avec les prévisions, démon- trant la résilience du groupe Maroc Telecom et la perti- nence de ses choix straté- giques. La fortemobilisation de ses équipes, l'effort constant d'innovation et de digitalisa-

L e Groupe Maroc Telecom a réalisé, au titre du premier semestre de 2021, un chiffre d'affaires (CA) consolidé de 17,78 milliards de DH, en baisse de 3% (2,9% à taux de change constant) par rapport à la même période un an auparavant. La baisse des activités Mobile au Maroc a été compensée partiellement par la bonne dynamique de croissance du haut débit fixe au Maroc et des activités des filiales Moov Africa. Sur le seul deuxième trimestre 2021, le CA conso- lidé est quasi stable (-0,8% à change constant) grâce princi- palement à la performance des filiales sur la même période (+4,7% à taux de change constant). Ainsi, le chiffre d'affaires au Maroc a accusé une baisse de 7,1% à 9,77 Mds de DH Par Y. Seddik

Le RNPG de Maroc Telecom s'est établi à 2,83 Mds de DH au titre des six premiers mois de 2021.

Ahizoune reconduit à la tête du Groupe jusqu’en 2023

Le Conseil de surveillance, réuni le jeudi 18 février 2021, a pris acte de l'expiration du mandat des membres du Directoire au 1 er mars 2021 et a décidé de reconduire, pour deux exercices supplémentaires, soit jusqu'au 1er mars 2023, le mandat de Abdeslam Ahizoune en qualité de président du Directoire, et Brahim Boudaoud, Hassan Rachad, François Vitte et Abdelkader Maamar en qualité demembres duDirectoire.

COMMUNIQUE DE PRESSE

CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’ONCF : RESILIENCE FACE A LA PANDEMIE ET NOUVELLE FEUILLE DE ROUTE POUR L’AVENIR

Rabat, Jeudi 29 Juillet 2021 - L’Office National des Chemins de Fer (ONCF) a tenu son Conseil d’Administration en mode visioconférence, sous la présidence de Monsieur Abdelkader AMARA, Ministre de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau. Les travaux de cette session ont été consacrés à l’approbation de l’arrêté des comptes 2020, à la présentation du projet de Contrat-Programme Etat-ONCF pour la période 2021-2026 ainsi que la présentation du projet de contribution au développement d'un écosystème industriel ferroviaire national. En ouverture de la séance, Monsieur le Ministre a tenu à rappeler le contexte particulier dans lequel intervient ce conseil d’administration : notre pays poursuit sa lutte contre la propagation de la pandémie du Covid 19, tout en multipliant ses efforts pour réussir la large campagne de vaccination de la population, dans l’objectif d’atteindre l’immunité collective et accélérer la sortie de ce triste épisode pandémique. Monsieur le Ministre a tenu à souligner que la crise sanitaire n’a pas manqué d’impacter lourdement les différents secteurs, dont celui des transports, de par les mesures préventives décrétées par notre pays pour stopper la propagation du virus, notamment en imposant la limitation de la mobilité des personnes. Le secteur ferroviaire n’a donc pas échappé à ces impacts et en a bien évidemment ressenti les effets. Monsieur le Ministre a précisé, que malgré un contexte très peu favorable, l’ONCF a montré beaucoup de résilience, d’agilité et d’adaptabilité. L’Office continue ainsi à s’engager sur la voie de la performance et de modernisation d’un secteur vital, amené à jouer pleinement tout son rôle dans la dynamique de déve - loppement socio-économique que connaît le Royaume, sous l’impulsion de la Vision Clairvoyante de Sa Majesté Le Roi, Mohammed VI, Que Dieu l’Assiste. En prenant la parole, Monsieur Mohamed Rabie Khlie, Directeur Général de l’ONCF a tout d’abord tenu à préciser que face à cette conjoncture exceptionnelle, l’Office a su s’adapter, se dépasser et se mobiliser pour conforter davantage son positionnement en tant qu’épine dorsale de la mobilité durable. Revenant sur les réalisations de 2020, le Directeur Général a souligné que les activités de l’ONCF avaient entamé l’année sur un trend remarquable de croissance, à deux chiffres, de l’ensemble de leurs indicateurs. Ainsi, sur la période du 1er Janvier au 15 Mars 2020, le chiffre d’affaires de l’activité Voyageurs avait connu une progression remarquable de +29% compa - rée à la même période en 2019 , avant de subir l’impact de la pandémie. Sur l’ensemble de l’année 2020, le trafic global s’est établi à 21,1 Millions de voyageurs avec un chiffre d’affaires de 803 Millions de Dirhams, en baisse de 52% par rapport à 2019. Par ailleurs, le taux de régularité des trains voyageurs, tous types confondus, était de 95% en amélioration de 3 pts par rapport à 2019. Quant à l’activité fret et logistique ONCF, elle a su démontrer toute sa résilience grâce une organisation rigoureuse et adaptée au contexte. Dans ce cadre, tous les moyens humains et matériels ont été mobilisés, dans le respect strict des normes sanitaires, pour assurer l’acheminement et l’approvisionnement entre autres, des produits de premières nécessité, vers les différentes régions du Royaume. C’est ainsi que plus de 24,5 Millions de tonnes de marchandises ont été transportées durant l’année 2020, générant un chiffre d’affaires de 1,8 Milliard de DH contre 1,79 Milliard de DH en 2019. Grâce à cette résilience des activités fret et logistique, et malgré le recul du trafic Voyageurs, l’ONCF a pu enregistrer un chiffre d’affaires global de 2,8 Milliards de DH avec une baisse limitée à -25% par rapport à 2019 . En consolidé, le chiffre d’affaires du groupe a atteint 3,1 Milliards de DH. Par ailleurs, et pour atténuer l’impact de la crise sanitaire, l’ONCF a déployé un plan volontariste d’optimisation de ses charges. Au titre de l’année 2020, le total des charges d’exploitation (hors amortissements) s’est établi à 2,7 Milliards de DH en 2020 en baisse de 12% par rapport à 2019. Ainsi, l’ONCF a pu dégager un niveau d’EBITDA positif de plus de 359 Millions de Dirhams en 2020 contre 995 Millions de Dirhams en 2019. En terme d’investissement, l’ONCF a réalisé 1,8 Milliard de DH contre 2,2 Milliards de DH en 2019 , en se limitant à l’achèvement des opérations en cours et au stricts projets de maintien de la sécurité et de la qualité de service. En ce qui concerne le projet de Contrat-Programme Etat-ONCF pour la période 2021-2026, Monsieur Khlie a rappelé qu’il s’agit d’un contrat qui acte les principes structurants de la réforme ferroviaire tels que définis dans le Protocole d’accord Etat-ONCF signé en Juillet 2019. Il cristallise ainsi l’engagement ferme des deux par - ties pour la mise en place d’un nouveau modèle économique à même de pérenniser les performances réalisées par l’ONCF, et d’assurer le développement du réseau ferroviaire marocain dans un cadre optimal , notamment en termes de financement et de synergies avec d’autres établissements et entreprises publics. Monsieur le Directeur Général a précisé également que l'Office œuvre activement, en étroite collaboration avec les différentes parties prenantes, à l’émergence d’un écosystème ferroviaire national à forte composante technologique, intégré autour d’opérateurs publics et privé structurants, créateur de valeur économique & sociale, compétitif et exportable. Cette ambition de création d’un écosystème ferroviaire fera l’objet d’une convention à conclure prochainement avec les pouvoirs publics. Avant de conclure, Monsieur Khlie a tenu à rappeler qu’indépendamment d’éléments conjoncturels, le transport ferroviaire national est voué à un bel avenir. Les réalisations enregistrées au 1er semestre 2021 en témoignent et démontrent encore sa forte résilience avec une reprise déjà bien amorcée. A fin Juin 2021, l’ONCF a réalisé un chiffre d’affaires de 1,6 Milliard de DH, soit déjà plus de 91% du niveau d’activité réalisé durant la même période en 2019. Le niveau d’EBITDA est même en amélioration à 400 Millions de DH contre 332 Millions de DH au 1er semestre 2019. L’ONCF démontre ainsi son fort engagement sur la voie de la performance, au service d’une mobilité durable, inclusive et innovante. A la fin de la séance, les membres du Conseil d’Administration ont félicité l’ensemble des collaborateurs de l’Office pour les efforts louables déployés pour l’atteinte des objectifs et la contribution effective à l’anticipation de la mobilité durable. A l’issue de cette réunion, les membres du Conseil d’Administration ont adressé un message de fidélité et de loyauté à Sa Majesté Le Roi Mohammed VI Que Dieu L’Assiste.

E CONOMIE

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JEUDI 29 & VENDREDI 30 JUILLET 2021 FINANCES NEWS HEBDO

www.fnh.ma

◆ Exercice du pouvoir, majorité gouvernementale, gestion de la pandémie, situation économique du pays, législatives 2021…, dans cet entretien, le chef du gouvernement dit tout. Sans langue de bois. Les confidences de Saad Eddine El Otmani Entretien exclusif

Propos recueillis par F. Ouriaghli & D. William

Finances News Hebdo : Vous avez été nommé chef du gouvernement depuis avril 2017. Un peu plus de quatre ans plus tard, quelle lecture personnelle faites-vous de l’exercice du pouvoir et qu’en avez-vous tiré comme principaux enseignements ? Saad Eddine El Otmani : L’exercice de pouvoir a besoin de sérieux, de compé- tence, de courage et d’efficacité. J’ai eu l’honneur et la chance de diriger ce gou- vernement avec des membres compétents et ayant travaillé en équipe, ce qui nous a permis de présenter un bilan globalement positif, et ce malgré les conditions très par- ticulières qu’a connues cette législature. Il est utile de rappeler, que mon rôle en tant que chef de gouvernement consiste notamment à coordonner, arbitrer et superviser l’action gouvernementale. En effet, et comme vous le savez, chaque membre du gouvernement est nommé par Sa Majesté, que Dieu le préserve, et est investi de prérogatives, réglementées par décret. A ce titre, les ministres ne sont pas mes subordonnés comme pour- raient le penser certains; ils ont la pleine responsabilité de gestion des secteurs et départements à leurs charges. Par contre, l’équipe gouvernementale a besoin de mon appui pour initier et coordonner les chantiers et les textes de loi impliquant plus d’un secteur, arbitrer entre deux ou plusieurs secteurs lorsqu’il y a des enjeux non alignés, et superviser les grands chan- tiers initiés sur orientation éclairée de Sa Majesté, ou ceux inscrits au programme gouvernemental. Pour rappel, il s’agit du gouvernement de la deuxième législature après l’adoption de la Constitution de 2011, qui fut un point d’inflexion important dans l’histoire de l’évolution démocratique au Maroc. La nomination d’un Chef de gouvernement

Les ministres ne sont pas mes subordon- nés comme pourraient le penser certains; ils ont la pleine responsabi- lité de gestion des secteurs et départe- ments à leurs charges.

issu du parti ayant obtenu la majorité des voix et investi d’une mission noble, pro- cure le courage nécessaire pour prendre les grandes décisions, même si elles peuvent être impopulaires par moment. L’essentiel, c’est d’assumer ses choix et ses décisions, de se soumettre au principe de réédition des comptes, et de respecter la légitimité des urnes, qui est un gage de stabilité et de confiance supplémentaire dans notre démocratie évolutive. F.N.H. : Plus globalement, quel bilan faites-vous de votre man- dat ? Y a-t-il des chantiers que vous auriez aimé boucler et qui, malheureusement, n’ont pu être menés à terme ? S. E. E. O. : Un bilan positif, chiffres à

l’appui (sourire, ndlr). On me reproche des fois d’avoir une fibre exagérée aux chiffres, que je tiens à rappeler fréquem- ment. Mais, comme vous le savez, les chiffres sont têtus par nature. Et c’est le meilleur moyen, à mon sens, de mesurer de façon objective l’efficacité et la véraci- té des réalisations. Il est bien connu dans le monde du management moderne, que tout ce qui ne se mesure pas ne se gère pas. Et de par ma nature, je n’aime pas les discours populistes; je préfère la factua- lité, les données du terrain et les réalisa- tions tangibles, même si je suis conscient que cela ne soit pas suffisant pour tous, et que la perception de l’opinion publique des réalisations peut présenter un écart avec la réalité, et que le discours de l’émotion a sa part dans cette perception.

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