FNH 1013

Du 4 mars 2021 - 8 DH - N° 1013

PREMIERHEBDOMADAIREDE L'INFORMATIONFINANCIÈREAUMAROC

Directeur de la publ ication : Fatima Ouriaghl i

Incivisme fiscal Pourquoi indexer les professions libérales ?

Transactions bancaires

«L’Instant payment», le futur du paiement au Maroc

P. 10

P. 12

VACCINATION ANTI-COVID-19 «Il faut rester vigilant, même avec l’immunité collective»

Dr Tayeb Hamdi, vice-président de la Fédération nationale de la santé

P. 16 à 18

Crise politique

Crédit du Maroc

Légalisation du cannabis

Rififi dans la maison PJD !

300.000 nouveaux clients à conquérir d'ici 2023

Bouffée d'espoir pour les exploitants

P. 24/25

Bernard Muselet, président du Directoire

Sebta et Mellilia

P.14

Trimestriels des entreprises cotées

Quelles alternatives pour mettre fin à la contrebande ?

Saad Eddine El Otmani

Mustafa Ramid

Driss El Azami

Une reprise par à-coups

● A coups de démissions, les cadres portent sur la place publique les dissensions profondes au sein du parti. P. 22/23

P. 13

P. 15

Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massi ra El Khadra, Casablanca - Tél. : ( 0522) 98.41.64/66 - Fax : ( 0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma

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S OMMAIRE

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> Actualité

Voyons voir : Algérie : Alzheimer, myopie intellectuelle et mauvaise foi

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Ça se passe au Maroc Ça se passe en Afrique

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Editorial

> Bourse & Finances

Point Bourse Hebdo : Biais baissier prolongé Incivisme fiscal : Pourquoi indexer les professions libérales ? Taxe sur les terrains non bâtis : La nouvelle formule séduit, mais présente des limites Transactions bancaires : «L’Instant payment», le futur du paiement au Maroc Trimestriels des entreprises cotées : Une reprise par à-coups Banques : Crédit du Maroc part à la conquête de 300.000 nouveaux clients d'ici 2023 8 10 11 12 13 14

Par Fatima Ouriaghli

L e Maroc a suspendu tout contact avec l'Ambassade d’Alle- magne dans le Royaume. La nouvelle est tombée, lundi 1 er mars, comme un couperet. Les raisons de cette décision subite, qui a pris de court le monde politique, les milieux d’affaires et les observateurs avertis : les «malentendus profonds avec la République Fédérale d'Allemagne au sujet des questions fonda- mentales du Royaume du Maroc» , explique un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger. On croyait pourtant que le Maroc et l’Allemagne filaient le parfait amour. En tout cas, sur le plan économique, on ne peut soutenir le contraire. Rien qu’en décembre dernier, plusieurs actes ont été posés par les deux pays, témoignant, si besoin est, de la solidité et de la profondeur de leurs relations économiques. Le Maroc a ainsi bénéficié d’une enveloppe de 1,387 milliard d’euros, dont 202,6 millions d’euros sous forme de dons, dans le cadre de la coopé- ration au développement maroco-allemande. L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et l’institution allemande KFW ont, de leur côté, signé un contrat de 70 millions d’euros sous forme de prêt bonifié, alors que l’institution allemande Kreditanstalt für Wiederaufbau (KFW) a débloqué 80 MDH pour appuyer l’écosystème des start-up au Maroc. Forcément, cette brouille diplomatique jette le voile sur cette coopération multiforme. Si le ministère des Affaires étrangères est resté assez évasif sur les motifs de la discorde, on ne peut cependant que déduire que «les questions fondamentales du Royaume» font référence, entre autres, au dossier du Sahara et à la souveraineté du Royaume sur ses provinces du Sud. Un sujet à propos duquel le Maroc ne transige pas, alors que l’Allemagne y adopte une posture pour le moins ambiguë. Berlin s’empressant notamment d’annoncer, au lendemain de la reconnaissance de l’administration Trump de la souveraineté marocaine sur le Sahara, que «la position du gouvernement allemand sur le conflit du Sahara occidental n’a pas changé» . «Nous sommes déterminés à parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable sous la médiation des Nations unies» , a ajouté la chancellerie alle- mande, dans une formule diplomatique au parfum nauséabond de duplicité. Autre sujet de friction : l’éviction du Maroc de la conférence internationale sur la Libye, tenue en janvier 2020, et ce bien que le Royaume reste un acteur central dans la résolution de la crise libyenne. Bref, le jeu politique de l’Allemagne est loin d’être clair. Le vent frais qui circule entre Rabat et Berlin se transformera-t-il alors en tempête diplomatique ? Difficile de le savoir pour l’instant. Ce qui est sûr, le Maroc et l’Allemagne ne peuvent être «amis» … en économie et être en désaccord à propos de l’intégrité territoriale du Royaume. u CE VENT FRAIS QUI CIRCULE ENTRE RABAT ET BERLIN !

> Economie 12

Sebta et Mellilia : Quelles alternatives pour mettre fin à la contrebande ? Entretien avec Dr Tayeb Hamdi : Vaccination anti- Covid-19, «Il faut rester vigilant, même avec l’immu- nité collective» Agences de voyages : Un premier trimestre 2021 «catastrophique» Employabilité : Le recrutement face à des défis struc- turels Entretien avec Carmine Mandola : Nouvelles technolo- gies, «La blockchain pourrait limiter la contrefaçon»

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> Politique Crise politique : Rififi dans la maison PJD ! 22

> Focus Agricole

Légalisation du cannabis : Bouffée d’espoir pour les exploitants Entretien avec Chakib El Khyari : Cannabis, «La légalisation mettra un terme au calvaire des petits exploitants du kif»

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> Développement durable Politique énergétique mondiale : 26

Les combustibles fossiles régnent en maître Action climatique : Le nouveau rapport de l’ONU tire la sonnette d’alarme

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> Culture Exposition : Sensualité et audace 28

> L'univers des TPME

Créations et accompagnement de start-up : La Fondation MAScIR, un cas d’école

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> HIgh-tech

Supercalculateurs : Tous les héros ne portent pas une cape

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• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com • Directeur des rédactions &Développement : DavidWilliam • Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Adil Hlimi, Momar Diao, Youssef Seddik, Badr Chaou, Khalid Aourmi • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique &maquettiste : Abdelillah Chamseddine •Mise en page : Zakaria Beladal • Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri, Salma Benmakhlouf, Rania Benchaib • Administratif : Fatiha Aït Allah, Nahla Sahlal • Édition : JMA CONSEIL • Impression : Maroc Soir • Distribution : Sapress • Tirage entre 15.000 et 18.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05

V OYONS VOIR

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Algérie Alzheimer, myopie intellectuelle et mauvaise foi

Par D. William

L e pouvoir algérien est dans le déni et la conspiration perma- nente. Résumé de ce que vient d’annoncer l'Armée nationale populaire (ANP) en dressant son bilan le 1 er mars : «Le régime marocain use de tous les moyens pour faire écouler et vendre ses drogues en dehors de ses frontières, et ce en fai- sant fi de la sécurité et la stabi-

cain ferme les yeux sur la contre- bande et le narcotrafic…». Echecs économiques ? Pauvreté ? Ebullition sociale ? Les caciques du pouvoir algé- rien sont-ils atteints de myopie intellectuelle ? Ont-ils unique- ment fait de la mauvaise foi une arme pour tenter de manipuler l’opinion publique algérienne et nourrir l’animosité envers le Maroc ? Il faut croire que oui. Mais accordons-leur cependant le bénéfice du doute, car ils sont peut-être atteints d’Alzheimer et ont confondu l’Algérie avec le Maroc. La preuve par trois. • Echecs économiques : Avec une économie laminée par la chute des prix des hydrocarbures, l’Algérie est sur les rotules et est classée parmi les «pays à risque très élevé» par la Coface. Un pays qui s’illustre par la faiblesse du taux de croissance (3,7% en 2015, 1,4% en 2018, 0,8% en 2019), la récession enregistrée en 2020 (-6,5 %) et la hausse du chômage (16,5% en 2020 contre 12% en 2019). A cela, s’ajoutent de faibles opportunités pour les diplômés, le mauvais état des infrastructures, mais aussi les lourdeurs bureaucratiques, la corruption, les faiblesses du sec- teur financier et un environne- ment des affaires incertain, ren- seigne Coface dans sa note de février dernier. De son côté, les prévisions du groupe bancaire français Crédit Agricole, rendues publiques fin février, soulignent qu’ «avec plus de 11% du PIB à la fois pour le déficit budgétaire et le déficit courant, l’Algérie se situera dans la fourchette très haute des déséquilibres macroé- conomiques de la région». • Pauvreté : «La prévalence de

lité des pays du voisinage (…) L’impunité assurée par le régime du Makhzen aux narcotrafiquants et aux réseaux de narcotrafic est expliquée par les tentatives du Makhzen à voiler ses multiples échecs économiques et pour apaiser l’ébullition sociale (...) La pauvreté prend de l’ampleur au Maroc et le chômage s’installe de plus en plus parmi les jeunes. C’est pourquoi, le régime maro-

Accordons aux caciques du pouvoir algérien le bénéfice du doute, car ils sont peut-être atteints d’Alzheimer et ont confondu l’Algérie avec le Maroc.

la pauvreté, le manque d’oppor- tunités d’emplois et le contexte économique difficile, exacerbés par la crise sanitaire, ainsi que le sentiment que rien ne change vraiment dans la gouvernance, alimenteront probablement le mécontentement», écrit Coface. • Ebullition sociale : L’Algérie fait face à une crise politique et sociale aiguë depuis 2019. Face au Hirak, le gouvernement répond par le harcèlement, la répression, l’embastillement de manifestants pacifiques qui demandent «l’Etat de droit», «la justice sociale» et, surtout, le «départ du régime». Echecs économiques, pauvreté, ébullition sociale : c’est bien cela l’Algérie d’aujourd’hui. Il semble utile de le rappeler à ceux dont la mémoire s’use avec le temps. Et qui imputent l’échec de décen- nies de politiques économiques et sociales à leur voisin. Des décennies de gabegies où le pouvoir algérien en place s’est gavé des rentes pétrolières, igno- rant les cris d’orfraie lancés par une population en souffrance. Et comme dirait l’autre, l’indifférence est le commencement de l’échec. Un échec dénoncé actuellement par le peuple algérien. ◆

Ç A SE PASSE AU MAROC

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L a campagne de vaccination se déroule dans de bonnes conditions. Le Maroc a reçu lundi le 5 ème lot de vaccins, ce qui porte à 8 millions le nombre de doses acquises par le Royaume (7 millions Astra Zeneca/1 million Sinopharm). Un mois après le lancement de la campagne, plus de 3,6 millions de personnes ont reçu la première dose du vaccin, tandis que la deuxième dose a été administrée à plus de 232.000 bénéficiaires. La campagne de vaccination a été élargie pour bénéficier aux 60-64 ans ainsi qu'aux personnes atteintes de maladies chroniques et qui bénéficient de régimes de couverture médicale obligatoire (CNOPS, CNSS) et du RAMED. ■ Campagne de vaccination : Impeccable pour le moment !

Attijariwafa bank accepte désormais les cartes JCB A près la réussite de l’ouverture de son réseau de GAB aux cartes chinoises d’Union

Mass Céréales Al Maghreb

Double certification ISO pour l’ensemble de ses sites

L ’activitédeMassCéréalesAlMaghreb, leader national de la manutention portuaire des céréales au Maroc, est désormais doublement certifiée. Le terminal du port de Casablanca comme celui du port de Jorf Lasfar viennent d’ob- tenir la certification ISO 45001 version 2018, après avoir obtenu récemment la certification ISO 14001 version 2015, pour le processus global des prestations propo- sées par l’entreprise. Ces deux certifications portent sur l’inté- gralité du circuit de manutention assuré par Mass Céréales Al Maghreb : du décharge- ment des navires jusqu’à l’expédition des produits céréaliers aux importateurs, en passant par leur stockage. Cette double distinction vient confirmer la performance du système de management

Pay International (UPI) en 2018, Attijariwafa

bank et sa filiale monétique, Attijari Payment Processing, s’appuient sur leur partenariat stratégique avec l’édi- teur M2M, pour renforcer les capacités d’acquisition par l’acceptation des cartes du réseau japonais Japan Credit Bureau (JCB) sur son parc de guichets automatiques. Ce déploiement va permettre au nombre grandissant de porteurs de cartes UPI et JCB vivant (au) ou visitant le Maroc, en provenance notamment des pays du Moyen- Orient et d’Asie, de bénéficier de plus de commodités en utilisant leurs cartes via un réseau de plus de 1.200 GAB. Attijariwafa bank est la première banque au Maroc ayant une liaison directe avec les deux opérateurs asiatiques. Pour rappel, le nombre de cartes appartenant aux deux géants asiatiques de la monétique est estimé à plus de 9 milliards. ■

intégré et sa conformité aux standards internationaux ISO, en termes de santé, sécurité et environnement, dans les deux sites de l’entreprise. «Avec cette recon- naissance internationale, nous assistons à l’aboutissement de la démarche ESS que nous avions amorcée en 2015», souligne Hafid Debbarh, Directeur général de Mass Céréales Al Maghreb. ■

BERD

Déploiement du nouveau programme de financement vert

L a Banque européenne pour la recons- truction et le développement (BERD) vient de déployer un nouveau méca- nisme de financement vert. «Nous avons commencé à déployer un nouveau programme de financement vert, nommé GEFF. Il s’agit d’un package de financement et d’accompagnement com- plet permettant de financer, de manière attractive, une large gamme d’investis- sements verts, dont des projets d’effica- cité énergétique, d’énergies renouvelables à petite échelle, mais aussi de gestion d’eau et de traitements des déchets»,

confie Marie Alexandra Veilleux-Laborie, dirigeante de la BERD au Maroc. Notons que ce nouveau mécanisme fait suite au «Morseff», l’ancien programme de financement «green» de la banque. ■

2.803.565 C’est le nombre d'opérations de paiement en ligne en janvier et février 2021, pour 1.203.803.550 DH, effectuées par les cartes bancaires maro- caines, sur les sites des facturiers et les sites marchands affiliés au CMI. La progression est de +51,1% en nombre et +25,1% en montant par rapport à la même période de 2020.

Le chiffre de la semaine vous est proposé par

Ç A SE PASSE EN AFRIQUE

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L'Afrique du Sud reçoit 80.000 doses

L a Banque mondiale a consa- cré un investissement de 25 millions de dollars au titre de la contribution à la relance de l'agri- culture en Angola, avec la mise en œuvre du Programme de produc- tion agricole pour l’Afrique australe (APPSA). Il s’agit de la deuxième phase du programme lancé sur le plateau central pour la gestion des diffé- rentes technologies et la moderni- sation du secteur agraire angolais, en s’appuyant sur de nouveaux domaines de recherche pour la construction d’une agriculture durable. ■ Agriculture La Banque mondiale débloque 25 millions de dollars pour l’Angola

Nigéria La croissance économique en baisse de près de 2% en 2020

du vaccin Johnson & Johnson

L e deuxième lot de vaccins contre la Covid-19 de la société américaine Johnson & Johnson est arrivé samedi en Afrique du Sud, a indi- qué le ministre de la Santé, Zweli Mkhize. Cette livraison consti- tuée de 80.000 doses

L e produit intérieur brut (PIB), en termes réels, du Nigeria s'est contracté de 1,92% en 2020, après une croissance de +2,27% en 2019, selon les données publiées récemment par le Bureau national des sta- tistiques du pays. En valeur, le PIB du pays à 200 millions d'habitants est ainsi passé de 71.390 milliards de nairas (187 milliards de dollars) en 2019 à 70.010 milliards de nairas (183,4 milliards de dollars) en 2020, après avoir atteint 69.810 milliards de nairas (182,9 milliards de dollars) en 2018. ■

arrive «alors que la majorité des doses initiales reçues il y a deux semaines a été administrée aux agents de santé via le projet Sisonke» , a souligné Mkhize. Le Service d'information et de communication du gouvernement (GCIS) a fait savoir que ces doses seront transférées dans une installation sécuri- sée dans la province de Gauteng, avant d'être distribuées aux différents centres de vaccination à travers le pays. L'Afrique du Sud a commencé son programme de vaccination il y a dix jours, les agents de santé des secteurs public et privé étant les premiers à en avoir bénéficié. ■

B OURSE & F INANCES

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Point Bourse Hebdo

Evolution de l'indice Masi depuis mars 2020

Biais baissier prolongé ◆ La Bourse enregistre une 3 ème semaine de baisse consécutive. ◆ Les opérateurs devraient entamer une phase de «digestion», alors que la page des trimestriels est tournée.

réduite à 0,63%. On note que seules 18 entreprises (selon nos calculs préliminaires) ont amélioré leurs revenus en 2020, avec une progression maximale de 10%. Reste à voir si la progression du chiffre d'affaires se retrouvera aux autres étages des CPC des entreprises et dans leurs dividendes. On aura tout le mois de mars pour le constater. En effet, maintenant que la page des trimestriels est tournée, les émetteurs sont attendus sur le volet rémunération des actionnaires. D’autant que dans l’environnement actuel de taux bas, les actions à haut rendement représen- teraient une alternative intéressante pour les investisseurs qualifiés à la recherche d’actifs plus rémunérateurs. Après les télécoms qui ont déçu, les investisseurs placent leur espoir sur les acteurs des secteurs agroalimen- taire, énergétique ou encore cimentier réputés d’être historiquement rémuné- rateurs.

Comportement du marché sur la semaine Sur le plan sectoriel, 14 compartiments des 24 représentés à la cote ont terminé la semaine sur une note négative. Les sec- teurs «Sylviculture et Papier» , «Ingénierie et Biens d’équipement industriels» ainsi que «Participation et promotion immobi- lières» enregistrent respectivement des replis de 5,4%, 4,3% et 4,25%. Contre- tendance, le secteur des «Équipements électroniques et électriques» a signé une progression de 3,58%, meilleure perfor- mance, devançant celui du «Pétrole et Gaz» (+2,13%). Les volumes hebdomadaires ont tourné autour de 469 MDH cette semaine. Sur le podium des valeurs les plus actives de la semaine, figurent Maroc Telecom avec une part de 32,72%, suivi de Attijariwafa bank (18,74%), Marsa Maroc (8,55%) et de Cosumar (3,83%). D'un point de vue graphique, la tendance est considérée baissière tant que l'indice est sous 11.460, avec un support à 11.200 points. ◆

Par Y. Seddik

R ésolument, les opérateurs à la Bourse de Casablanca se sont habitués aux embou- teillages lors des dernières séances avant le délai légal des publications. Cette année, l'on a assisté encore à la même «scène» , avec un flot incalculable de publications tri- mestrielles tombées entre vendredi et samedi. Une pratique devenue mal- heureusement courante chez quelques émetteurs, entachant la qualité de la communication financière au Maroc. Dans ce contexte, le marché actions a aligné une 3 ème semaine de baisse consécutive, avec un retrait de 0,95%. La baisse aurait été plus importante, n’eût été le rebond enregistré en fin de semaine. Sur l’ensemble du mois, le Masi aura perdu 2,34% suite à des prises de bénéfices entamées le 10 février. Sa performance annuelle s’est ainsi

Seules 18 entre- prises (selon nos calculs préliminaires) ont amélioré leurs revenus en 2020, avec une progres- sion maximale de 10%.

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BOURSE & FINANCES

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Incivisme fiscal

◆ Le paiement de l’impôt n’est pas une sinécure, puisque le contribuable se voit privé d’une partie de son revenu. ◆ Du fait de leur faible contribution à l’IR, les professions libérales essuient beaucoup de critiques. Pourquoi indexer les professions libérales ?

que « l’IR concerne plusieurs types de revenus liés à une activité professionnelle, y compris celle des professions libérales. Les revenus sala- riaux, fonciers et ceux issus

té et non comme personne physique soumise à l’IR. Au Maroc, beaucoup d’experts- comptables ont opté pour cette option et payent l’IS. « Aujourd’hui, je ne suis pas en mesure de faire une sous- déclaration des honoraires de mon cabinet, puisque ce sont les clients qui procèdent à la déclaration », assure notre interlocuteur. Pour rappel, toutes les profes- sions libérales qui ont sous- crit récemment à l’amnistie fiscale ont été rappelées à l’ordre au sujet des sous- déclarations de revenus par le fisc. La DGI, qui a ren- forcé son système d’infor- mation au cours des der- nières années, s’est dotée de moyens à la pointe de la technologie, facilitant les recoupements. Ce qui per- met de déterminer s’il existe ou non un écart important entre le revenu réel et ce qui est déclaré. « Au-delà de la question de l’incivisme fiscal qui peut concerner plusieurs catégories de contribuables, le plus important est l’exis- tence de mécanismes de contrôle performants pour déjouer les fraudes », assure l’expert-comptable. Au final, notons qu’il est plus difficile pour le fisc de contrôler et procéder aux recoupements nécessaires pour situer le revenu réel de certaines pro- fessions libérales, dont la plupart des clients sont des particuliers, enclins à utiliser le cash comme moyen de paiement. ◆

des capitaux mobiliers rentrent dans le champ d’application de l’IR. Les retraites et les pensions sont également taxées par cet impôt direct », explique-t-il dans un pre- mier temps. Et d’ajouter : « Les statistiques des der- nières années montrent que la plus grosse partie

Les professions libérales qui ont

souscrit récemment à l’amnistie fiscale, ont été rappelées à l’ordre au sujet des sous-déclarations de revenus par le fisc.

des recettes de l’IR provient de l’IR sur les salaires (fonc- tionnaires et salariés), retenu à la source. Il ne faut pas perdre de vue que le nombre de salariés et fonctionnaires au Maroc est largement supé- rieur à celui des personnes physiques exerçant une acti- vité professionnelle », souligne l’homme des chiffres. Précisons que le paiement de l’impôt pour les professions libérales se fait sous forme déclarative, laquelle a pour corollaire le contrôle du fisc. « Le versement de l’impôt est toujours douloureux pour le contribuable, quel que soit le niveau de son revenu. Force est d’admettre que certaines personnes exerçant une pro- fession libérale sont tentées de s’adonner à des méca- nismes (sous-déclaration, omission, etc.) leur permet- tant de payer moins d’im- pôts », concède notre source, qui a fait le choix d’exercer son métier en tant que socié-

tionne que l’IR a généré près de 44,5 Mds de DH de recettes en 2019 (contre 54 Mds de DH pour l’IS). C’est dire la centralité de cet impôt direct pour les recettes publiques. Or, au Maroc, plusieurs voix ne cessent de dénoncer depuis plusieurs années la faible contribution des professions libérales aux recettes de l’IR. Chiffres à l’appui, 80% de l’IR seraient payés par les travail- leurs des secteurs public et privé. Que traduit réellement ce chiffre ? Peut-on mettre tous les contribuables exerçant une profession libérale dans le sac de l’incivisme fiscal ? La réalité au-delà du chiffre Interrogé sur la faible partici- pation des professions libé- rales aux recettes de l’IR ainsi que sur les critiques qu’elles essuient de façon régulière, un expert-comptable qui préfère garder l’anonymat, avance

L e système fiscal prête le flanc aux critiques, notamment sur le front de l’équité et de la rentabilité. Or, faudrait-il le rappeler, les recettes fiscales couvrent près de 74,5% du budget général de l’Etat (BGE). Les derniers chiffres du haut-commissa- riat au Plan (HCP) tablent sur un déficit budgétaire de 6,4% du PIB en 2021, après une crise des finances publiques en 2020, traduite par un déficit budgétaire de 7,4% du PIB. La fébrilité des finances de l’Etat, couplée au trend haussier de la dette publique globale, sous l’effet de la pandémie, peut remettre en selle légitimement le débat sur l’impératif de remédier aux griefs du sys- tème fiscal. Le dernier rapport d’activité de la Direction géné- rale des impôts (DGI) men- Par M. Diao

80% de l’IR seraient payés par les travail- leurs des sec- teurs public et privé.

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Taxe sur les terrains non bâtis

◆ Elle a incité les assujettis à faire les déclarations et payer l’impôt. ◆ Des difficultés existent en matière d’interprétation des textes. La nouvelle formule séduit, mais présente des limites L e 1 er mars était le dernier délai pour les assujettis à la taxe sur les terrains urbains non bâtis Par C. Jaidani

des résidences et des cam- pus universitaires d’au moins 50 chambres dotées de deux lits au lieu de 500 chambres auparavant. La LF 2021 prévoit également un nouveau délai d’exonération de la TNB de 5 ans pour les 30 à 100 ha, 7 ans pour les 100 à 250 ha, 10 ans pour les 250 à 400 ha et 15 ans à partir de 400 ha. Dans l’ancienne formule, des dégrèvements sont accordés au profit de cer- tains secteurs. Les modali- tés d’application de la taxe sti- pulent que la durée de déten- tion du terrain détermine la valeur imposable : 20% si la durée écoulée entre la date d’achat du terrain et celle de sa cession est inférieure à 4 ans; 25% si cette durée est égale au moins à 4 ans et infé- rieure à 6 ans; et 30% si elle est supérieure ou égale à 6 ans «L’objectif de la disposition de la LF 2021 est d’encoura- ger les promoteurs à acqué- rir le foncier nécessaire pour la construction de logements, notamment dans les villes à forte pression immobilière comme Casablanca et Rabat» , souligne Youssef Oubouali, professeur universitaire de droit fiscal. Pour rappel, le gouvernement a instauré la TNB pour lutter contre la spéculation foncière et doper l’offre de terrains dédiés à la construction. Elle

(TNB) pour déposer leur décla- ration et payer la redevance due au service des impôts des arrondissements concernés. L’occasion pour les contri- buables qui ont des arriérés de régulariser leur situation. Passé ce délai, des pénali- tés de retard sont appliquées conformément à la règlemen- tation en vigueur, et sont fixées à 15% du montant de la taxe. Lors de la dernière semaine du mois de mars, les com- munes ont été submergées par le nombre de déclarations déposées comparativement aux années précédentes. La TNB étant un impôt local, les communes qui connaissent un essor urbanistique ont dû subir une forte pression lors de cette période. Leurs agents étaient incapables de répondre à tous les besoins, surtout la révision ou le règlement des litiges. Il faut dire que depuis les amé- nagements introduits dans le cadre de la Loi des Finances 2021 au profit des promoteurs, le nombre de dossiers de déclarations a explosé. Ainsi, le texte a prévu l’exonération de la TNB aux promoteurs construisant, pendant une période maximum de trois ans,

La nouvelle formule de la TNB fait la distinction entre le promoteur investis- seur et le proprié- taire spéculateur.

porte sur les terrains urbains non bâtis à l’intérieur des com- munes urbaines et des centres délimités disposant de docu- ments d’urbanisme, à l’exclu- sion des terrains nus affectés à une exploitation profession- nelle ou agricole de quelque nature qu’elle soit, dans la limite de cinq fois la superficie des terrains exploités. «L’ancienne formule de la TNB voulait lutter contre la spécu- lation foncière et aussi assurer plus de recettes fiscales. Mais, en fin de compte, elle a généré l’effet contraire. Les promo- teurs ont toujours déploré la rareté du foncier déployé pour la construction et les recettes fiscales n’ont pas suivi» , ajoute Oubouali. Toutefois, force est de constater que les assujettis demeurent confrontés à des difficultés en matière d’inter-

prétation des textes, surtout lorsque le terrain se trouve dans une zone périurbaine, où, malgré l’existence de docu- ments d’urbanisme, il est dif- ficile de procéder aux travaux de construction pour diverses raisons. Il est à rappeler que la réforme de la TNB figurait parmi les recommandations des assises de la fiscalité à Skhirate et aussi les doléances maintes fois for- mulées par la Fédération natio- nale des promoteurs immo- biliers (FNPI). Cette dernière voulait que cette taxe fasse la distinction entre le promoteur- investisseur, qui pouvait géné- rer des recettes fiscales sup- plémentaires à la collectivité, et le propriétaire marchand de biens, qui acquiert des terrains en vue de les vendre en l’état après un certain délai dans un but purement spéculatif. ◆

Depuis les aménage- ments intro- duits dans le cadre de la Loi des Finances 2021 au profit des promoteurs, le nombre des dossiers de déclarations a explosé.

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Transactions bancaires

◆ Au Maroc, les travaux autour de ce nouveau moyen de paiement sont en phase de cadrage chez les acteurs bancaires et les régulateurs. «L’Instant payment», le futur du paiement au Maroc L a dernière nouveauté qui fait aujourd’hui débat auprès des professionnels du secteur de la moné- cain, et en Europe il est utilisé depuis 2018. sa banque. Côté banques, le déploiement de systèmes d’information capables Par B. Chaou

Si le virement instantané est opérationnel dans plusieurs pays, et connaît de plus en plus de succès, il n’en est encore qu’à ses premiers balbutie- ments au Maroc. Néanmoins, la réflexion pour l’introduction de cette innovation est déjà entamée. Pour notre interlo- cuteur, «au Maroc, les travaux autour de ce nouveau moyen de paiement sont en phase de cadrage chez les acteurs ban- caires et régulateurs pour en définir les enjeux techniques et financiers». Les enjeux de l’«Instant payment» Le paiement instantané consti- tue une tendance mondiale majeure. A titre d’exemple, l’Afrique du sud, en 2006, et le Nigéria, en 2011, sont les deux premiers pays à l’avoir déployé sur le continent afri-

Son introduction au Maroc comporte plusieurs enjeux, dont l’élimination du risque pour les commerçants en ligne de ne pas être payés, car il est facile de synchroniser l’envoi du bien acheté ou la pres- tation du service commandé avec le paiement, ou encore la réduction de la circulation du cash. Le paiement instantané pourrait se positionner en tant que mode de paiement alter- natif du fait qu’il sera amené à «cohabiter» avec les transac- tions par cartes et les chèques. D’après Omar Benyahia, «en complétant la panoplie des moyens existants, il permettra d’effectuer des paiements ins- tantanés, irrévocables, sécu- risés sans la contrainte des plafonds et sans équipement supplémentaire». Exemple : aujourd’hui, pour payer l’achat d’une voiture

d’émettre et de recevoir des messages ISO 20022 avec une infrastructure capable de gérer un grand flux d’informa- tion financière en temps réel, ainsi qu’un système de ges- tion de la fraude et de filtrage des transactions (blanchiment et terrorisme) en instantané, sont nécessaires pour la mise en place de l’IP. Du côté des opérations inter- bancaires, afin de réaliser la compensation et le règlement des transactions en temps réel, le rôle d’une infrastructure informatique capable d’exécu- ter et filtrer les transactions du paiement instantané est obli- gatoire. D’ailleurs, selon notre source, les chambres de com- pensation et de règlement de Bank Al-Maghrib et du GSIMT (Groupement pour un système interbancaire marocain de télécompensation) travaillent actuellement sur ce volet-là. Le paiement instantané serait par ailleurs géré par le SRBM (Système des règlements bruts du Maroc), qui a été mis en service en septembre 2006. Géré et administré par la Banque centrale, il constitue une infrastructure de paiement qui permettrait des transferts rapides et sécurisés entre les institutions financières parti- cipantes. BAM aurait ainsi un rôle catalyseur dans le déploie- ment de cette innovante solu- tion, de même qu’un cadre réglementaire précis devrait être mis en place. ◆

tique, c’est le virement ins- tantané, connu aussi sous l’appellation de «Instant pay- ment». Cette pratique consiste en la réalisation des virements bancaires en temps réel d’un compte bancaire à un autre. Selon Omar Benyahia, direc- teur au sein de Effyis Group, cabinet de conseil en mana- gement et technologie, «ce nouveau moyen de paiement s’inscrit parfaitement dans les nouveaux usages et intéresse fortement l’ensemble des acteurs, les banques, les éta- blissements de paiement, les commerçants et les consom- mateurs».

L’introduction au Maroc du paiement ins- tantané pour- rait réduire la circulation du cash.

entre deux particuliers ou entre un particulier et un professionnel, nous ne disposons que du chèque certifié qui permet d’avoir de la visibilité sur le bon déroulement de la transac- tion. Demain, nous aurons le moyen de le faire avec l’IP. Le compte du bénéfi- ciaire est crédité en même temps que le compte de

ISO 20022 est une norme régissant l’échange de don- nées informatisées entre les institutions financières. Elle décrit un ensemble de règles pour le développement de messages.

l’initiateur est débité.

L’implémentation au Maroc L’exécution d’un IP implique quatre acteurs principaux: l’émetteur, la banque de l’émetteur, le bénéficiaire et

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Trimestriels des entreprises cotées

◆ La reprise d’activité des entreprises cotées a perdu en vigueur au dernier trimestre de l’année. ◆ Sur l’intégralité de 2020, le chiffre d’affaires agrégé de la cote a baissé de 5,1%. Une reprise par à-coups L a saison des publi- cations trimestrielles est close. La moisson n’a rien d’exception- nel, avec des ventes perdu en vitesse comparée au troisième trimestre. Sur l’ensemble de l’année, les entreprises cotés ont dégagé un chiffre d’affaires agrégé de 239,8 milliards de DH contre Par Y. Seddik

252,7 milliards de DH, soit un recul de 5,1%. Sans doute que le marché va intégrer cette reprise dif- férenciée, et la rotation sectorielle du cash devrait profiter à ceux qui ont fait preuve de résilience durant ces mois difficiles. Plus en détail, 50 socié- tés cotées parmi les 71 ayant publié leurs résultats au terme de ce dernier trimestre accusent une contraction de leur chiffre d’affaires, contre 43 lors du troisième 2020, pré- cisent les analystes. Les poids lourds tirent leur épingle du jeu Dans ce climat des plus pesants, où les entreprises manquent toujours de visibi- lité, certaines tirent leur épingle du jeu. Si toutes les entre- prises essaient de reprendre une activité normale depuis la levée du confinement, cer- taines semblent être freinées dans leur élan, parallèlement aux restrictions qui retardent les plans de reprise du gouver- nement. Ainsi, sur la base du poids capitalistique des différents secteurs cotés, deux constats se dressent : premièrement, 10 secteurs cotés représentant 38% de la capitalisation du marché, accusent des baisses plus ou moins sensibles de leur activité à fin décembre.

en décroissance. La baisse du chiffre d’affaires des socié- tés cotées a même été plus rapide que celle enregistrée au troisième trimestre. Ceci au moment où les investisseurs s’attendaient à une reprise plus vigoureuse. La publication des réalisa- tions opérationnelles au 4 ème trimestre 2020 s’opère dans un contexte marqué par la reprise progressive de l’activité économique, et ce après une période de confinement strict de la population de plus de 90 jours, prolongée d’une phase de restrictions jusqu’à ce jour. Attijari Global Research (AGR) a consacré dans ce sens une note de recherche à l’analyse des indicateurs financiers de la cote à fin 2020. Il en ressort que les revenus agrégés des sociétés cotées se sont établis à 61 milliards de DH au 4ème trimestre, en repli de 6,7% par rapport à la même période de l’année passée. Cela, en dépit de la poursuite de la reprise de l’activité économique post- confinement. Notons que cette contre-per- formance intervient après une quasi-stagnation des revenus au premier trimestre 2020 à +0,5%, suivie de deux baisses successives aux deuxième et troisième trimestres, de 10,5% et 4,5% respectivement. La reprise des ventes a donc

50 sociétés cotées parmi les 71 ayant publié leurs résul- tats au terme du

4 ème trimestre accusent une

contraction de leur chiffre d’affaires.

Sans surprise, l’immobilier a été le plus impacté, avec des revenus en chute de 55,4%. Sur le même trend, les secteurs de l’énergie (-19,6%), du BTP (-13,0%), du ciment (-8,6%), de l’automobile (-6,9%), des sociétés de financement (-5,7%), des ports (-5,2%), des assurances (-3,4%), de l’agroa- limentaire (-2,4%) et technolo- gique (-0,4%). Le second constat est que 4 secteurs cotés, qui pèsent près de 58% dans la capitali- sation du marché, ont publié un CA annuel en hausse. Il s’agit de la grande distribution, des banques, des mines et des télécoms, dont les chiffres d’affaires progressent de 5,9%, 3%, 1,6% et 0,7% respecti- vement. Une orientation favo- rable qui a permis de contreba- lancer les pertes enregistrées par les autres compartiments. Une demande en berne Sur un autre volet, les analystes d’AGR soulignent que les sec- teurs de l’immobilier, de l’éner-

gie, des banques et du BTP ont pâti, durant le quatrième trimestre2020, d’un affaiblisse- ment visible de la demande par rapport à l’année 2019. En effet, leurs revenus trimestriels ont reculé de respectivement 1,5 milliard de DH, 1,3 milliard de DH, 440 MDH et 199 MDH. À l’opposé, les secteurs de l’automobile et des télécoms enregistrent une apprécia- tion relative de leurs revenus, relèvent-ils, notant qu’il s’agit d’une hausse de 104 MDH et de 62 MDH respectivement. Les industriels n'arrivent tou- jours pas à se relever, alors que l’automobile et les télé- coms semblent plus ou moins enjamber la crise. En définitive, maintenant que la page des trimestriels est tournée, les investisseurs vont attendre les états annuels pour décortiquer les autres indica- teurs opérationnels et les bas de bilans. Mais, surtout, les commentaires des émetteurs sur le volet des dividendes. À suivre. ◆

Contrairement à plusieurs secteurs, l’automobile et les télécoms enregistrent une apprécia- tion relative de leurs revenus.

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Banques

◆ La banque déroule son nouveau projet d'entreprise renforcé durant la crise sanitaire. Crédit duMaroc part à la conquête de 300.000 nouveaux clients d'ici 2023 C rédit du Maroc veut être la banque préfé- rée de ses clients. Et pour cela, elle casse sa tirelire avec un Par A. Hlimi

plus recommandées par leurs clients. Une position qui sera dorénavant mesurée par un indice de satisfaction, dont le président fait le pari d'une géné- ralisation auprès des autres banques de la place, aussi bien en termes de calcul que de com- munication. Il pense, en effet, que cette notion d'indice de recommandation clients va faire son chemin dans le paysage bancaire marocain. Si Crédit du Maroc veut satis- faire ses clients, elle ne compte pas se satisfaire du portefeuille existant. Car Muselet s'engage dans une conquête de plus de 300.000 nouveaux clients à hori- zon 2023. Des clients auprès desquels il veut que sa banque soit «utile, responsable et per- formante». Parallèlement, et sur un plan financier, CDM table sur une croissance de 10% du PNB sur cet horizon, tout en faisant pas-

ser son coefficient d'exploita- tion sous 54% et en maintenant le taux de créances douteuses sous 8,5%. Ce plan, déjà évoqué par le management l'an dernier, et précisé cette année, porte le nom de «Tajdid» et coûtera à la filiale du Crédit Agricole français la coquette somme d’1 Md de dirhams. Immobilier, digital... Le budget d’1 Md de dirhams est déjà engagé et comporte notam- ment le chantier du nouveau siège des Arènes à Casablanca qui, en plus d'être un projet immobilier d'envergure à ins- crire au bilan de la banque, est considéré par le management comme un catalyseur pour les équipes des filiales qui seront toutes regroupées dans ce bâti- ment moderne et écologique. Ce siège, pour reprendre les propos de Bernard Muselet, est «un vecteur de transformation et d'attractivité» pour les colla- borateurs de CDM. Le démé- nagement est prévu en 2022. L'autre projet d'envergure est celui de la transformation digi- tale. CDM opère une chirurgie

les imprévus peuvent être nom- breux. A ce programme chargé, la banque ajoute le déploiement d’un nouveau modèle d'agences 100% humaines, 100% digitales, offrant une nouvelle expérience utilisateur. Ce modèle sera déployé entre 2021 et 2023. En parallèle, de nouvelles solutions digitales seront proposées à la clientèle. Ce programme a nécessité 345 MDH en 2020, dont 150 MDH dans la construction du siège, 140 MDH dans le système d'in- formation et le reste dans le réseau. Ceci s'est traduit par une hausse des amortissements de 7,9% qui, couplés à la charge du risque et au don au fonds Covid-19, ont pesé sur le RNPG, qui atterrit à 190 MDH, en baisse de 63% par rapport à 2019, et ce malgré un PNB qui a globale- ment résisté. En 2021, le top management de la banque estime que la charge du risque devrait rester élevée, mais ne progressera pas beau- coup, permettant à l'activité de revenir à des niveaux normatifs en 2022. Un scénario bien sûr conditionné par l'absence de mauvaises surprises. En atten- dant, le groupe table sur une reprise des commissions qui ont pesé sur le PNB après une baisse de 8% cette année, et sur d'autres relais de croissance, comme la récente activité de Banque privée lancée il y a 3 ans et qui semble déjà porter ses fruits, avec des encours OPCVM en hausse de 14% en 2020. ◆

budget d'investissement de plus d’1 Md de dirhams, couvrant sa transformation digitale, la conquête de nouveaux clients et son programme immobilier. «On ne veut pas penser à la place du client. Mais plutôt se mettre à sa place pour améliorer sa rela- tion avec la banque» , explique le président du Directoire, Bernard Muselet. Ce qui ressemble à pre- mière vue à un simple slogan, cache en réalité toute une straté- gie de transformation, avec des objectifs chiffrés, que Muselet a énumérés devant la presse. 300.000 nouveaux clients La banque veut se positionner dans le top 3 des banques les

A fin 2020, le produit net bancaire du Crédit du Maroc affiche un léger repli de 0,9% pour s’établir à 2.381,3 mil- lions de dirhams.

lourde à cœur ouvert avec ce projet, puisqu'il s'agit de la mise en place d'un nou- veau Core Banking System, qui sera mis en produc- tion, si tout se passe bien, en 2023. Les spécialistes savent ô combien ce type

Le top management de Crédit du Maroc a ouvert plusieurs chantiers à horizon 2023.

de chantier est contraignant pour les banques. Ce ne sera pas un long fleuve tranquille et

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Sebta et Mellilia

◆ Les projets que le gouvernement a lancés tardent à prendre forme. ◆ La population veut qu’elle soit associée à l’élaboration des programmes de reconversion. Quelles alternatives pour mettre fin à la contrebande ?

zone franche dans la région en mobilisant un montant de 200 MDH. La première tranche ne sera opérationnelle qu’à par- tir du deuxième semestre de cette année. Etalée sur 10 hectares, elle comprendra 33 magasins de stockage des marchandises importées du port de Tanger Med, qui pourraient être exportées ou distribuées sur le marché intérieur. «Ces projets sont insuffisants et inadéquats pour remplacer la contrebande. L’approche doit être progressive et bien ciblée, tout en associant la population dans les diffé- rentes projections pour assu- rer le succès escompté. Tous les pays qui ont lancé des programmes de ce genre ont mis des années pour mettre un terme aux activités illicites. Outre le volet sécuritaire, une campagne de sensibilisation et de mobilisation auprès de la population est nécessaire» , explique Hamza. ◆

à d’autres activités d’un jour à l’autre, alors que la plu- part des personnes touchées n’ont ni diplôme ni un cer- tain niveau d’instruction qui leur permette de dénicher facilement un autre travail. La situation devient insupportable et la grogne sociale devrait davantage s’accentuer», avertit Hamza. Par la voie de son antenne à Mdiq, le Parti authenticité et modernité (PAM) fait por- ter l’entière responsabilité de cette situation au gouver- nement, qui «n’a pas prévu des alternatives et lancé les investissements nécessaires à temps pour remédier à la mar- ginalisation de la région». Le parti au tracteur propose d’organiser une conférence réunissant tous les interve- nants concernés pour débattre et trouver des solutions urgentes et d’autres pour le long terme. Pour rappel, le gouvernement s’est engagé à réaliser une

Le gouvernement s’est engagé à réaliser une zone franche dans la région en mobilisant un montant de 200 MDH.

La fermeture des frontières était brusque et les autori- tés n’ont pas donné à la population une certaine marge pour réagir.

tés au créneau, appelant le gouvernement à assumer ses responsabilités. «Fnideq est dans le chaos total. Outre la fermeture des frontières avec Sebta, la crise sanitaire a porté le coup de grâce, puisque les autres sec- teurs qui pouvaient assurer une bouffée d’oxygène à la popula- tion, comme le tourisme, sont fortement pénalisés» , souligne Abdelmouhaimine Hamza, militant associatif de la région. Il ajoute que la fermeture des frontières était brusque et les autorités n’ont pas donné à la population une certaine marge pour réagir et prendre les dis- positions nécessaires. «La contrebande est la prin- cipale activité de la popula- tion locale depuis des géné- rations. Comment voulez-vous qu’elle puisse se reconvertir

L a décision de ferme- ture des frontières avec Sebta et Mellilia s’est fait lourdement sentir, surtout dans les régions limitrophes des présides occupés. Des centaines d’habitants de Fnideq et Mdiq organisent systématiquement chaque vendredi des manifestations et des sit-in pour dénoncer la dégradation de leur situation sociale et économique. Pareil pour les habitants de Béni Nsar et Nador, qui travaillent dans le commerce et le transport de contrebande. Ce mouvement de contestation va s’inscrire dans la durée tant qu’une solu- tion durable n’est pas trouvée. Des militants associatifs et des hommes politiques sont mon- Par C. Jaidani

Chiffres à l’appui, le groupement Sawt Fnideq a souligné que 600 commerces de la ville ont fermé, dont 300 à SoukMassiraAl Khadra. Près de 40%des cafés, restaurants et pâtisseries ont déclaré faillite et 3.600personnes qui faisaient la navette entre Fnideq et Sebta, ont perdu leur emploi. Face à la baisse de revenu de la population, 900 élèves ont basculé de l’enseignement privé vers le public. Pour leur part, des écoles privées ont été contraintes de réduire leurs effectifs ainsi que le salaire des personnes retenues. Fnideq, une ville sinistrée

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ECONOMIE

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«Il faut rester vigilant, même avec l’immunité collective» Vaccination anti-Covid-19

◆ Plusieurs stratégies ont été mises en place par le ministère de la Santé pour mener à bien cette campagne de vaccination, notamment la plateforme LiqahCorona.ma et le numéro vert 1717. ◆ Au 2 mars, plus de 3,5 millions de Marocains ont été vaccinés. ◆ Entretien avec le Dr Tayeb Hamdi, chercheur en politiques et systèmes de santé, vice-président de la Fédération nationale de la santé, et président du Syndicat national de médecine générale.

Propos recueillis par ibtissam. Z.

Finances News Hebdo : En donnant le coup d’envoi de la campagne de vaccination, le 28 janvier 2021, le Roi Mohammed VI a montré la voie. Depuis, cette campagne suit-elle un rythme constant et prononcé ? Dr Tayeb Hamdi : Après l’apparition de la pandémie fin 2019, et son déclenchement au début de l’année 2020, comme annoncé par l’OMS, une question s’imposait. Parviendrons- nous à avoir un vaccin ? En effet, les vaccins demandent énormément de temps. Il faut rappeler que pour concevoir un vaccin, la durée moyenne dans l’histoire de la médecine humaine est d’environ 10 ans (10,7). Prenons l’exemple du virus du VIH : cela fait 40 ans de recherche et on attend toujours un vaccin. Comme vous le savez, l’humanité a pu obtenir des vaccins anti-Covid en moins d’une année, et ça c’est un réel exploit scientifique. Il faut savoir qu’on ne peut pas étouffer une épidémie avec un vaccin sûr et efficace. Les études ont montré que même avec un vaccin performant, on ne peut pas arrêter la propagation du virus si nous n’avons pas l’adhésion de la popula- tion. Il faut arriver à atteindre une proportion importante de la population vaccinée pour avoir l’immunité collective. En ce qui concerne le Maroc, l’intervention de Sa Majesté le Roi Mohammed VI était anticipative, proactive pour justement obtenir le vaccin. Nous avons pu avoir les doses dès le mois de janvier. Bien évidemment, on s’est posé la question de savoir si les Marocains allaient adhérer à cette campagne, sachant qu'en général les citoyens font confiance à la vaccination. Le Maroc est aussi un exemple en matière de vaccination des enfants; nous sommes un pays qui sait

Une étude publiée récemment (3 semaines) a démontré que le vac- cin chinois est efficace contre les trois variants (britannique, sud-africain et brésilien).

F.N.H. : Peut-on dire que le Maroc est un exemple en matière de vaccination anti-Covid-19, d’autant que plusieurs médias étrangers ont mis en exergue les efforts consentis et concertés du Royaume pour assurer la campagne de vaccination ? Dr T. H. : A mon sens, le Maroc est un modèle à suivre, même si notre pays n’a pas les moyens financiers des Etats- Unis, de l’Allemagne ou de la France. Ce sont ces pays qui se sont acca- parés la part du lion des lots de vaccins. Pour

vacciner. Le 28 janvier 2021, le geste royal de Sa Majesté, qui a reçu la première dose, a donné un coup de fouet à cette confiance et à cette campagne de vaccination. Cela nous a permis, 4 semaines après le démarrage de la campagne, d’atteindre plus de 3,5 millions de Marocains vaccinés. Et si nous avions plus de doses, nous aurions pu vacciner plus de per- sonnes. Je pense que les choses vont dans le bon sens et on espère recevoir nos prochaines livraisons de doses de vaccins dans les délais prévus.

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