Livre Blanc Edition 2019

5 ÈME MEETING SUR L’INFORMATION FINANCIÈRE AU MAROC

L I V R E B L A N C S U R

L’INNOVATION ET LA TECHNOLOGIE AU SERVICE DE LA FINANCE

É D I T I O N 2 0 1 9

Livre Blanc sur l’Information Financière au Maroc

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«La portée stratégique du secteur pour les nouvelles économies, conjuguée aux mutations profondes et rapides qui s’y opèrent, en prélude à l’émergence de la société du savoir et de la communication, nous impose un devoir de mise à niveau, permettant de doter notre pays de la capacité de maîtriser les nouvelles technologies de cette société, et d’exploiter, de façon optimale, les vastes possibilités qu’elles nous offrent. Car notre vœu est d’assurer à notre grand peuple un développement global et intégré permettant au Maroc d’occuper la place qui lui revient dans un monde transformé par la révolution numérique qui est en cours».

Extrait du message de S. M. le Roi Mohammed VI aux participants au symposium sur «Le Maroc dans la société globale de l’information et du savoir» (Mardi 26 Mars 2013).

“The strategic significance of the sector for the new economies, combined with the deep and rapid changes that are taking place, as a prelude to the emergence of the knowledge and communication society, compels us to upgrade in order to endow our country with the capacity to master new technologies, and to make optimal use of the vast possibilities they offer to our society. Our wish for this nation is to ensure a global and integrated development allowing this country to occupy its rightful place in a world transformed by the current digital revolution”. Excerpt of His Majesty King Mohammed VI message to the participants in the symposium on “Morocco in the global information and knowledge society” (Tuesday, March 26th, 2013)

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S OMMAIRE

MOT DES ORGANISATEURS

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PANELS

Abdullah Alsuweilmy, PDG DirectFN Ridouane Azagrouze, CIO Maroclear Salah Baina,

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Consultant en technologie disruptive

Nadia Bouhouch, Responsable département systèmes d’information à l’AMMC Hassan Debbagh, DG adjoint en charge de la Banque des particuliers et des professionnels à la Banque Centrale Populaire Romain Devai, Senior Manager Alliancy Jean-Michel Huet, Associé chez BearingPoint, société de conseil Layla Lakfifi, Directeur Organisation et Transformation Digitale chez BAM Mohamed Saad, Directeur du pôle ressources Bourse de Casablanca Hafid Zelamta, Chef du département contrôle permanent à l’ACAPS

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BIOGRAPHIES VERSION EN LANGUE ANGLAISE

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M OT DES ORGANISATEURS

Fathia Bennis, Directeur général de Maroclear

Karim Hajji, Directeur général de la Bourse de Casablanca

Fatima Ouriaghli, Directeur de publication de Finances News Hebdo

Après avoir balisé plusieurs sujets au cours des précédentes éditions, notamment «La donnée financière au Maroc» , «La dématérialisation des marchés financiers» , «Les instruments financiers alternatifs» ou encore l’ «Intégration économique et convergence des marchés financiers en Afrique», la 5 ème édition du Meeting sur l’information financière s’est penchée sur «L’innovation et la technologie au service de la finance». A travers cette thématique, les organisateurs (Maroclear, la Bourse de Casablanca et Finances News Hebdo) ont voulu braquer les projecteurs sur les enjeux, contraintes et opportunités induits par la révolution numérique. Une révolution numérique qui touche tous les secteurs, en particulier celui de la finance, et qui vient en réponse aux besoins d’autonomie et d’indépendance formulés par les consommateurs, lesquels demandent, de plus en plus, des services moins coûteux et plus efficaces.

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L’arrivée des start-up, fintech, blockchains, de l’intelligence artificielle… bouscule les codes de la finance classique et impose aux acteurs financiers d’appréhender autrement leur métier. Il s’agit en effet pour eux d’innover et d’être créatifs pour s’adapter à ce nouvel environnement et faire de ces avancées technologiques des leviers au service du développement de leurs activités. Afin de mieux cerner cette problématique, la 5 ème édition du Meeting sur l’information financière s’est articulée autour de deux panels, animés par des experts de renom : • Quand les fintech bousculent la finance • RegTech : La réglementation, levier de développement de l’innovation. Ce Livre Blanc reprend les échanges riches qui ont ponctué cette manifestation, mais également l’ensemble des recommandations émises par les différents intervenants.

Bonne lecture.

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PDG DirectFN Abdullah Alsuweilmy,

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«Le Maroc correspond bien aux types de marchés que nous visons, à savoir les marchés émergents et frontaliers. La preuve est que nous disposons aujourd’hui de plusieurs clients dans le Royaume. Nous avons également notre activité Market data, et nous allons davantage promouvoir nos services et offres liés à la fintech, à savoir le e-trading, l’OMS ainsi que l’Asset & Wealth Management. Ainsi, nous pouvons donc dire que globalement, notre stratégie est de fournir de la valeur ajoutée de bout en bout au secteur, notamment du côté de l’expérience client, et ce en instaurant des processus clés pour l’ensemble des utilisateurs. Je pense qu’il y a encore beaucoup à faire dans ce secteur au Maroc. Je considère que la fintech est notre objet de naissance. Elle est issue de l’innovation technologique qui est en train de changer la donne dans les marchés financiers de manière générale. Nous restons, pour notre part, focalisés sur le marché des capitaux, et les outils que nous développons vont spécialement pour ce segment. Il est donc clair que pour nous, les fintech sont considérées comme un levier de croissance, en combinaison avec les fincon notamment, fincon ou contenu financier. C’est un «mix» unique que nous

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offrons aujourd’hui dans tous les marchés émergents et frontaliers. En effet, ce «mariage» entre fintech et fincon correspond parfaitement à la nature même de ces deux types de marchés. Ainsi, ce sont deux leviers de croissance et de valeurs ajoutées pour nous, car ils correspondent à notre objectif qui est celui de se développer dans les deux types de marchés cités et traduisent exactement notre univers et notre expertise, au lieu d’émerger à partir de marchés déjà développés. Les solutions pour investisseurs de DirectFN permettent à la communauté financière de bénéficier d’une plateforme technologique intelligente pour suivre l’ensemble des classes d’actifs cotés et non cotées ainsi que les informations y associées en temps réel. La solution couvre un large éventail de marchés, des États-Unis à l’Asie en passant par l’Afrique et le Moyen-Orient, avec la possibilité de se focaliser sur les différentes dynamiques des marchés locaux. Les solutions DirectFN offrent une meilleure expérience utilisateur en proposant plusieurs langues, différents outils d’aide à la décision. Ce qui offre aux clients une grande facilité dans l’analyse des données, et une fluide connectivité multi-marchés. Cela n’aurait jamais

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été possible sans l’innovation technologique continue. Ainsi, les nouvelles technologies ont beaucoup à apporter au développement du marché. Pour nous, cela nous a permis d’aller de l’avant en déployant nos solutions Omni et multicanaux partout dans les marchés émergents et frontaliers, que ce soit au niveau du Middle, Back ou Front-office, Sell Side & Buy Side. L e premier défi à relever, ce sont les risques. Ces derniers sont devenus généralisés dans plusieurs segments, et je pense qu’ils relèvent justement de la règlementation financière. Les nouvelles technologies connaissent un développement continu et considérable. Il est du ressort des organes de règlementation d’apporter des solutions aux besoins croissants de la conformité et aux défis ou risques qui accompagnent le développement technologique. Aujourd’hui, le secteur de la finance est très bien règlementé, au regard de l’accroissement des différents risques. Autant il existe de structures spécialisées dans le développement technologique des outils et moyens financiers, autant il existe des entités dont la mission est d’éviter les risques en lien avec ce développement, que ce soit dans le volet de la cyber sécurité ou au niveau de la Data».

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CIO Maroclear Ridouane Azagrouze,

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«Maroclear est producteur/source de la Data, que ce soit pour l’AMMC, Bank Al-Maghrib ou dans une moindre mesure l’Autorité de tutelle, en l’occurrence le Trésor. Il faut dire que les régulateurs ont effectué depuis un certain temps un travail de «reengineering» de leur façon de réguler, en améliorant leurs indicateurs de supervision et de surveillance. Parallèlement, il y a lieu de mentionner la restructuration de la relation entre le régulateur et le producteur de la Data. Aujourd’hui, il y a une place importante pour le contrôle interne au sein du marché. Ce dispositif a permis de réorganiser, au niveau de l’infrastructure de marché, l’interaction avec ceux de la conformité et la gestion des risques, pour une meilleure efficacité et efficience de la maîtrise des risques. Cette relation générera à son tour de la transparence pour le marché et in fine, l’objectif ultime qui est la protection des investisseurs et l’amélioration de leur confiance. Consient de l’apport de l’innovation dans le marché, Maroclear a mis les moyens nécessaires pour être en

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phase avec les évolutions technologiques actuelles et futures. Nous souhaitons faire de l’infrastructure du marché une structure d’innovation au service de la place, dans son marché domestique et même au niveau régional. Il est clair qu’aujourd’hui la transformation digitale et la gouvernance de la donnée sont au cœur des stratégies des différents régulateurs. Je peux dire que nous sommes dans une situation où il y a un existant à performer et à rendre efficient et nous sommes en même temps dans l’innovation pour créer le service de demain, centré sur les usagers. Aussi, la régulation est une partie prenante des innovations d’aujourd’hui et de demain. Maroclear a lancé, dans ce sens, une réflexion pour imaginer, au-delà d’une approche classique d’un schéma directeur, le Dépositaire Central de demain pour un marché des capitaux de demain. Nous avons donc mis l’innovation et l’humain au centre de ce projet de réflexion».

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Consultant en technologie disruptive Salah Baina,

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«Il faut savoir que l’université est le lieu de l’innovation par excellence. Or, au Maroc, la collaboration entre les centres de recherche et les entreprises, notamment les banques, reste peu développée. L’exemple du partage des données est édifiant. Rares sont les entreprises qui partagent leurs données, même cryptées, avec les universités ou d’autres entités externes spécialisées dans le traitement des données. A mon sens, cela constitue un grand frein pour l’innovation. Il faut savoir que la touche externe est essentielle en la matière. Une entité tierce a suffisamment de recul pour voir et trouver ce qu’une entreprise, qui a la tête dans le guidon, est parfois dans l’incapacité de faire. Cette question est d’autant plus cruciale si l’on sait que sous d’autres cieux, de nouveaux acteurs arrivent à concurrencer des acteurs bancaires sur leur propre terrain grâce du digital. Dans d’autres pays, Orange opère dans le domaine bancaire avec des résultats probants à la clef. Les banques virtuelles se multiplient également. Au Maroc, il faut reconnaître que les banques sont dans une situation relativement confortable car elles sont encore protégées par la loi. Il existe une grande barrière à l’entrée dans le domaine bancaire. Ce qui permet de dire que la réelle capacité d’adaptation des banques, qui font tout de même l’effort de se digitaliser, n’est pas encore mise à l’épreuve.

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Le régulateur, qui a la mission de garantir la stabilité financière, doit veiller à encourager l’innovation dans le secteur financier. Il faut également garder à l’esprit qu’il faut introduire de l’innovation dans la manière de réguler le secteur financier fortement investi par le digital».

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Responsable département systèmes d’information à l’AMMC Nadia Bouhouch,

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«L’AMMC est consciente des outils qu’offre le numérique, lui permettant de viser l’excellence opérationnelle : mobiliser les collaborateurs, se rapprocher de son écosystème, dynamiser l’innovation, autant d’enjeux auxquels il est désormais possible de répondre. Ainsi, l’Autorité rejoint le marché dans sa transformation en mettant en œuvre son plan stratégique 2017-2020 qui vise à accompagner les acteurs du marché et à encourager l’innovation financière en prenant en considération les nouveaux enjeux dictés par les nouvelles tendances technologiques et la transformation digitale. En effet, depuis 2014, le régulateur a mis à la disposition des intervenants et entreprises de marché une solution leur permettant de communiquer avec l’AMMC de manière structurée et automatique aussi bien dans le cadre des demandes d’autorisations que dans celui du reporting. Ainsi, la plateforme a permis d’améliorer la réactivité de l’AMMC en dématérialisant les contrôles, en standardisant les processus de traitement et en consolidant un référentiel commun des produits et des intervenants.

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Aujourd’hui, et vu les exigences technologiques et d’innovations financières, l’évolution de SESAM est clairement inscrite à travers plusieurs projets à court et à moyen termes. Par ailleurs, pour l’Autorité, l’innovation est une opportunité pour le développement du marché des capitaux, mais aussi un outil d’inclusion financière. Cependant, il y a des aspects très importants, comme la stabilité financière, qui suscitent une collaboration du législateur, des régulateurs et de tous les acteurs du marché afin d’étudier les enjeux et les impacts de l’usage des Fintech, Blockchain… au regard des risques relatifs à la cybercriminalité, aux cyberattaques... Puisque nous parlons de Suptech et Regtech, la conception du dispositif législatif et réglementaire suit désormais une approche agile qui consiste à fixer les grands principes au niveau des lois, tout en renvoyant aux textes réglementaires les aspects pratiques et de déploiement. Ainsi, la réglementation est plus réactive aux évolutions du marché en termes des innovations financières et des nouvelles technologies, tout en garantissant la sécurité nécessaire à son développement continu».

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Directeur général adjoint en charge de la Banque des particuliers et des professionnels à la Banque Centrale Populaire Hassan Debbagh,

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«Nous avons démarré l’expérience fintech il y a de cela quelques années. Nous avons créé en 2014 une filiale en mode start-up appelée PCA (Payment Center for Africa), qui s’est spécialisée dans un premier temps dans les activités de paiement électronique, de la monétique, du e-banking et du m- banking. Très rapidement, nous avons pu déployer ces solutions dans toutes nos filiales. Par la suite, en 2016, le Groupe BCP a démarré un projet stratégique de transformation digitale d’envergure. Ainsi, il nous est paru évident de loger notre Digital Factory au sein de notre start-up PCA. Une dizaine de projets liés au digital est mise en place aujourd’hui. Nous avons revu les canaux de distribution (Internet & mobile) à l’échelle de la Banque, mais également au niveau de nos filiales subsahariennes. Nous nous sommes lancés dans le paiement mobile à travers notre solution BPay et avons travaillé sur la transformation des process internes, des parcours clients et aussi des back- offices.

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Dans cette Digital Factory, nous avons plus d’une centaine de jeunes qui travaillent pour modéliser, expérimenter et développer toutes les solutions digitales de demain. Outre l’exemple de PCA, la BCP a eu une deuxième expérience fintech, lorsqu’elle a fait l’acquisition en 2016 d’une structure innovante, à savoir M2T, spécialiste de la gestion de transactions électroniques sécurisées. La troisième expérience est une prise de participation majoritaire dans le capital de Wizall, start-up sénégalaise qui opère dans le mobile money. Cette plateforme opère notamment dans le paiement des salaires et le transfert d’argent. Wizall avait une équipe agile et un système très performant. Mais toute seule, avec peu de moyens, elle n’arrivait pas à grandir. Nous avons donc revu le businessmodel et travaillons actuellement sur des projets structurants. L’autre expérience est le programme d’open innovation que la banque a créé. Il est différent des autres programmes de la place, en ce sens qu’il part de réels besoins des métiers autour de la relation client, de la dématérialisation, des parcours en agence, etc.

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Le principe de ce programme d’innovation ouverte consiste à ce que les start-up ou les fintech deviennent in fine des partenaires à part entière de notre Groupe. Car, l’une des problématiques rencontrées par les start-up est justement l’accès au marché. Une trentaine de start-up ont été présélectionnées sur une base de 1.200 dossiers de candidature. Elles ont pu bénéficier ensuite d’un accompagnement de nos experts métiers pendant 2 jours (Bootcamp) pour affiner l’offre et les solutions qu’elles doivent présenter. Au final, nous avons retenu 6 start-up et le travail est en cours de finalisation».

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Senior Manager Alliancy Romain Devai,

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«Nous évoquons en ce moment beaucoup de technologies, eu égard à ce qui se fait en termes d’innovation, mais ce sont au final des solutions qui viennent résoudre des problèmes. Elles se définissent comme étant un moyen et un instrument pour la création de nouveaux produits et services ainsi que de nouvelles idées. Nous devons partir sur la base de nouveaux business basés sur la réalité du terrain. Cela ne sert absolument à rien d’adopter une technologie sans qu’il y ait un besoin concret derrière elle. L’idée est d’aller trouver de nouvelles réponses à des problématiques d’entreprises grâce à des solutions technologiques. Historiquement, la technologie a toujours été un volet important dans le domaine de la finance. Nous pouvons remonter au début du 18 ème siècle où il y avait le télégraphe optique, qui était utilisé pour toute l’activité liée au trading en Bourse. Personnellement, je pense que la technologie est inhérente aux services financiers. Nous constatons aujourd’hui que les grands mastodontes financiers travaillent sur des technologies qui sont désuètes. Ils ont donc le souci de la «Legacy» de systèmes

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informatiques qui ne sont plus à la pointe, et ont souvent besoin d’aide pour mieux appréhender les nouvelles technologies que sont la blockchain, le Big data…, et qui vont dans le sens de l’Open banking. Autrement dit, c’est de pouvoir ouvrir les systèmes d’information et ne plus avoir des outils technologiques à base d’informations monolithiques. Il s’agit d’avoir plutôt des systèmes d’information modulaires, ouverts sur l’extérieur et permettant l’utilisation de services par «briques» ou des services qui vont aussi être fournis par des entreprises ou des concurrents et qui peuvent s’intégrer aux systèmes déjà existants des institutions financières. Par exemple, dans le cas d’une banque qui a besoin de mettre en place un système de pricing de ses produits financiers, elle peut le faire auprès d’une fintech spécialisée dans ce service. De plus, si une entité bancaire dispose d’une «brique de service de paiement», elle pourra la fournir à des fintech qui pourraient en avoir besoin et qui n’ont pas forcément l’agrément pour proposer ce type de services, ou aussi à d’autres banques ou partenaires.

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Bien évidemment, au niveau technologique, il y a beaucoup d’entités et de nouveaux services qui se mettent en place. Ce qui est intéressant, c’est que finalement les grands acteurs du digital, que ce soient les banques, Google ou autres, qui ont eu à faire face aux problèmes liés à la cybersécurité, ont continuellement le souci de la protection des données et des clients. Les acteurs financiers ont pris conscience du revers de la médaille et ont pu se positionner comme étant des acteurs de confiance à qui nous pouvons confier nos propres données, notre argent... Les institutions aspirent aujourd’hui à se positionner en champion de la sécurité, car cela leur donnera encore plus de crédibilité auprès de leurs clients. La difficulté est qu’il y a énormément d’innovations technologiques. Elles s’améliorent de jour en jour et de nouvelles solutions atterrissent dans les marchés. Aujourd’hui, nous parlons de Big data, d’intelligence artificielle, de blockhain et tout le mouvement autour des «API». Le rythme en termes d’innovation a tendance à s’accélérer pour aller vers des technologies assez riches et à fort potentiel. De plus, il y a aussi

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des innovations au niveau des produits et de l’usage: c’est ce que proposent les fintech, et ce n’est pas seulement et purement de la technologie, mais aussi de nouvelles manières d’investir et d’épargner ou de faire du crédit. La difficulté principale, encore une fois, est de pouvoir suivre tout ce qui se fait comme nouveauté tant au niveau technologique qu’en termes d’usage, en vue de réussir à faire dialoguer les start- up, les fintech et toutes les personnes qui innovent ainsi que les établissements qui, eux aussi, veulent innover et ont besoin d’aide pour cela».

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Associé chez BearingPoint, société de conseil Jean-Michel Huet,

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«Je pense que le Maroc dispose de plusieurs atouts lui permettant de relever les défis en matière d’innovation dans le secteur financier. La qualité des infrastructures télécoms et celle du débit Internet font du Royaume l’un des pays africains leaders en matière numérique. Le taux de pénétration élevé du mobile, qui dépasse 120%, constitue une opportunité pour le secteur financier. D’autant plus que le digital permet une meilleure inclusion financière et la réduction des coûts des transactions financières. La mise en place de la plateforme nationale de paiement mobile est également de bon augure. Toujours est-il que par rapport à d’autres pays africains, pour ne citer que le Kenya, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, le Maroc accuse du retard dans le domaine du paiement mobile. En la matière, l’un des plus grands enjeux a trait à l’usage. Les pourvoyeurs de ce service doivent œuvrer à ce que les Marocains adoptent ce moyen de paiement. Cela peut prendre du temps. Pour avoir un ordre d’idées, l’usage de la monnaie s’est généralisé en France sur un horizon temporel très long, en l’occurrence 150 ans.

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Ceci dit, le potentiel à l’échelle africaine est réel : les deux tiers des Africains disposent d’un téléphone mobile (66%), à comparer aux 15% qui ont un compte en banque. Il faut également rappeler que les trois quarts des villages africains bénéficient d’une couverture en téléphonie mobile, alors que moins de 30% disposent d’un accès par la route. Il est donc plus aisé d’entrer en contact avec des villageois par le téléphone que par la route. C’est pourquoi le téléphone mobile s’affirme aujourd’hui comme l’un des éléments clés de l’inclusion financière en Afrique. D’ailleurs, près de la moitié des transactions financières au Kenya se fait via le mobile. Ce qui constitue une opportunité pour les acteurs financiers, enclins à proposer plusieurs nouveaux services dimensionnés à l’usage de cet instrument (micro assurance, ouverture de comptes bancaires, crédits, etc.). Néanmoins, des efforts doivent être déployés au Maroc afin d’augmenter le nombre de start-up, vecteur d’innovation dans le secteur financier. Les chiffres montrent que ce nombre tourne autour de 200 dans

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le pays contre 2.500 en France et près de 15.000 aux Etats-Unis. A mon sens, l’Etat et le secteur privé ont intérêt à favoriser l’essor des start-up. Il est clair que la tâche du régulateur n’est pas aisée dans un contexte marqué par la forte avancée technologique et la dangerosité des risques. Je pense que le superviseur bancaire doit mettre en place une législation qui encourage l’innovation dans le domaine financier. Ce qui suppose que tous les acteurs gagnent de l’argent. Dans le même temps, il doit être vigilant et veiller à ce que les entités malintentionnées ne profitent pas de la législation pour s’adonner à l’escroquerie, source de menace de la stabilité financière. Jusque-là, avant l’avènement du numérique, la chaîne de valeur était très simple car composée des fournisseurs de l’entreprise et ses clients. Aujourd’hui, l’économie des plateformes, qui prend de l’ampleur en Afrique, a permis de fédérer plusieurs acteurs grâce au digital autour d’un service ou d’une offre.

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Une entité est en mesure de proposer ses produits et services et ceux d’autres entreprises concurrentes aux clients. Elle peut également faire l’assemblage de l’ensemble des services et les vendre à plusieurs clients finaux. Ce qui change fondamentalement la donne et, surtout, la manière de travailler. A ce titre, l’exemple éloquent à citer est la transformation d’une banque nigériane qui, grâce à une meilleure gestion de l’information et à la collaboration avec d’autres partenaires, a amélioré les ventes des producteurs de céréales. Le système mis en place a permis aux minotiers d’être sûrs d’écouler les stocks achetés auprès des agriculteurs. L’avantage est que la banque est rémunérée pour ce nouveau service. Sachant qu’elle pourrait également proposer d’autres services financiers aux agriculteurs (crédits, assurance, etc.)».

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Directeur Organisation et Transformation digitale chez BAM Layla Lakfifi,

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«Bank Al-Maghrib, de par ses missions, reçoit un volume important de données qui proviennent aussi bien du secteur bancaire et financier, dans le cadre du reporting réglementaire, que des institutions partenaires, dans le cadre de l’élaboration des études économiques et/ou des statistiques que la Banque publie de manière périodique. Les données du secteur bancaire représentent une part importante de l’ensemble des données reçues et sont constituées principalement des données des centrales d’information et de celles destinées à la supervision bancaire et constituées notamment des états financiers, des états prudentiels et de quelques indicateurs. Ces états et reportings sont reçus à des fréquences définies selon le type d’information demandé et la nature de l’établissement. Pour la collecte des données du système bancaire, la Banque a mis en place des mécanismes d’échange standardisés et définis selon des notices techniques partagées avec la place. Ces mécanismes visent à automatiser les étapes de collecte et de vérification des données reçues. Aujourd’hui, la Banque explore les possibilités offertes par les nouvelles technologies pour l’amélioration de

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ce processus à travers des démarches innovantes. L’utilisation desAPI pour la mise à disposition des données par le secteur bancaire fait d’ailleurs partie des évolutions en cours de mise en place. Les régulateurs sont, de nos jours, confrontés à cette mutation technologique très rapide et à l’émergence des fintech qui offrent de nouveaux services financiers basés sur les nouvelles technologies. Le développement de ces acteurs permet aux usagers de bénéficier de nouveaux services à valeur ajoutée et à moindre coût, mais constitue un challenge pour les régulateurs en ce sens qu’il est accompagné de nouveaux risques qui doivent être maîtrisés pour s’assurer de la protection du consommateur final et garantir la stabilité du système financier. Les Banques centrales se retrouvent ainsi face à un défi de taille : disposer d’une réglementation suffisamment souple pour accompagner le développement rapide des fintech et suffisamment ferme pour permettre d’éviter toute dérive incontrôlée. Dans ce sens, plusieurs Banques centrales essaient d’apporter des modifications à leurs cadres réglementaires pour arriver à une régulation proactive, qui peut se faire en

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temps réel ou même par exception (Tailored Regulation). Tout ceci ne peut se faire que si le régulateur maîtrise bien les volets fonctionnels et techniques des solutions proposées par les fintech et qui sont souvent basées sur les nouvelles technologies, telles que lesAPI, la Blockchain ou encore l’intelligence artificielle… C’est pourquoi plusieurs Banques centrales ont mis en place des structures dédiées pour assurer une bonne interaction avec les fintech, d’une part, et expérimenter les nouvelles technologies en réponse à leurs besoins propres, d’autre part. Pour ce qui est de Bank Al-Maghrib, nous avons mis en place dans le cadre de notre plan stratégique 2019-2023 une stratégie digitale qui vise aussi bien la transformation de la Banque comme entreprise que son rôle dans la digitalisation des services financiers. Dans ce cadre, nous allons explorer ce que ces nouvelles technologies peuvent nous apporter pour réaliser nos métiers différemment notamment par l’exploitation du potentiel des données.

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Le recours aux dernières technologies d’analyse des données renforçera la capacité de la Banque à traiter, tout comme à analyser une masse croissante de données en provenancedesonécosystème. LeBigDataet l’intelligence artificielle lui faciliteront l’exploitation de ces données et feront en sorte que les équipes puissent centrer leur savoir- faire sur les activités cœur de métier. Ces transformations permettront d’enrichir le système d’information de la Banque et d’améliorer la qualité et la fiabilité des données produites et leur accessibilité aussi bien en interne que pour les utilisateurs externes, notamment les décideurs publics et privés et les chercheurs académiques. Pour illustrer mes propos, je prends l’exemple de la supervision bancaire. Dans ce domaine, les «SupTech» sont susceptibles d’apporter aux régulateurs des solutions adaptées pour s’assurer du respect par les établissements assujettis des dispositions réglementaires en vigueur, et ce en automatisant les différentes étapes des processus de collecte et d’analyse des données reçues des banques (automatisation de la réception des données, contrôle de complétude et contrôle qualité des données, analyse de données et identification des cas de fraude …). D’ailleurs, certaines Banques centrales comme la Banque d’Autriche

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ou encore la Banque d’Australie sont très en avance sur ces sujets. Au plan externe, et pour accompagner la digitalisation des services financiers et l’avènement de nouveaux entrants comme les fintech, Bank Al-Maghrib s’emploiera à mettre en place une régulation plus agile et adaptée, ainsi qu’un cadre proportionné aux risques qu’ils induisent pour la protection de la clientèle, l’intégrité financière et la résilience opérationnelle, y compris au plan cybernétique. Pour mieux appréhender puis accélérer l’usage des nouvelles technologies, la Banque se dotera d’un «Innovation Lab» ouvert à l’écosystème des fintech, qui aura pour mission de favoriser l’émergence d’idées innovantes porteuses de valeur ajoutée pour ses missions. Elle mettra en place une politique d’accompagnement dédiée aux fintech pour améliorer la fourniture des services financiers et accélérer l’inclusion financière».

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Directeur du Pôle ressources, Bourse de Casablanca Mohamed Saad,

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«Cet évènement vient à point nommé dans la transformation que connaît le marché financier suite au développement technologique. Car, nous assistons depuis une quinzaine d’années à un changement stratégique du marché financier, que ce soit au niveau des banques, des assurances, de la Bourse, des sociétés de Bourse, du Dépositaire central... Donc, la dimension technologique s’est imposée d’elle- même dans ce secteur, parce qu’aujourd’hui les technologies telles que l’intelligence artificielle, le Big data, la Blockchain, l’analytique, la réalité augmentée, le cloud... proposent de nouvelles valeurs ajoutées qui sont venues impacter positivement les différents «process». Au final, celles-ci se définissent comme étant un vrai levier de développement, de croissance, de valeur ajoutée, mais aussi d’amélioration du service rendu au client. Ce dernier, qui, à travers son smartphone, effectue ses opérations bancaires sans se déplacer à son agence par exemple, a beaucoup à y gagner en termes de temps et d’argent. Toutes ces technologies vont forcément changer les institutions financières, modifier leur ADN ainsi que leurs procédures.

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Indéniablement, lemarchéchangeet les régulateurs doivent donc accompagner ce changement. Aujourd’hui, la prolifération de l’utilisation des applications de paiement ou de gestion de toutes les opérations clients à travers les différents outils, oblige les régulateurs à mettre en place des contrôles efficients. De même, tous les régulateurs qui collectent des données et les sauvegardent chez eux auront dans un futur proche un gisement d’informations et de connaissances, du fait que la «Data» qui est stockée aujourd’hui sera une connaissance et donc un moyen pour contrôler et surveiller les opérateurs de marché, connaître le comportement des clients et inventer de nouveaux produits et services. Les régulateurs ont donc une mission importante à jouer. Et c’est une grande question qui accompagne le développement technologique, car la cybercriminalité est devenue aujourd’hui une industrie qui brasse de très grosses sommes d’argent annuellement. Il y a aussi beaucoup d’entreprises qui ont connu de grandes difficultés suite à un vol de leurs données ou fichiers clientèles, par exemple.

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Chaque entreprise, chaque institution ou encore chaque individu dans la société doit être conscient de cette problématique. Je reprends pour un moment ma casquette «AUSIM» (Mohamed Saad est président de l’Association marocaine des utilisateurs des systèmes d’information au Maroc, ndlr) pour indiquer que nous faisons énormément de travail pour sensibiliser la majorité du public, les entreprises, les étudiants, etc. Nous éditons annuellement des Livres Blancs et organisons des évènements pour justement rester dans cette démarche de sensibilisation. De même, l’un des axes majeurs de l’Agence de développement du digital est d’utiliser le Net d’une manière gouvernée, éthique et transparente.Ainsi, toutes ces actions feront en sorte que l’individu, l’entreprise ou l’administration sera au courant des risques technologiques de la société́ d’aujourd’hui, et mettra en place les outils nécessaires pour pallier ces risques. Des statistiques affirment qu’à New York, au début du 19 ème siècle, il y avait près de 100.000 maréchaux- ferrants, car les gens utilisaient des chevaux pour se déplacer. Suite à la création de la voiture, ces gens

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ont changé de «job». C’est par rapport à toute rupture ou innovation que les personnes vont changer ou modifier leurs activités, et vont peut-être adopter de nouveaux métiers et de nouvelles activités. Aujourd’hui, nous parlons de cette compétence rare qui est le «Data Scientist» que nous n’arrivons pas à trouver facilement sur le marché. Nous imaginons alors qu’avec la prolifération de ces technologies, nous inventerons de nouveaux métiers, de nouvelles activités et nouvelles entreprises qui seront à même de relever les défis des prochains siècles. C’est l’une des questions que nous avons débattues lors du premier panel de ce Meeting, celle de la fintech. Il faut aujourd’hui que les entreprises ainsi que les administrations soient assez ouvertes d’un point de vue «Mindset» pour se préparer à donner des opportunités aux universités, à la recherche ainsi qu’aux entreprises qui démarrent : il s’agit d’ouvrir leurs données en Open data, pour qu’elles puissent créer de la valeur et de l’opportunité. De même, l’Etat doit jouer son rôle pour instaurer une bonne règlementation pouvant éventuellement

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inviter les administrations à ouvrir leurs données. Le souci des données personnelles ne sera pas remis en question car, aujourd’hui, nous disposons d’outils qui peuvent faire de l’anonymisation d’un certain nombre d’informations sensibles ou non autorisées à la divulgation, et donc offrir des données aux personnes. Il faudrait que nous ayons également une politique Open data, car il s’avère que le Maroc est très mal classé au niveau mondial sur ce volet».

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Chef du département contrôle permanent à l’ACAPS Hafid Zelamta,

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«Tous les assujettis, que ce soient les assureurs ou les intermédiaires en assurance, sont tenus par le Code des assurances de produire un ensemble de documents et d’informations d’une façon périodique et sous une forme normalisée. Nous recevons ainsi, pour les entreprises d’assurances, des états de synthèse deux fois par an, ainsi qu’un dossier financier et statistiques qui regroupent une quarantaine d’états. Nous recevons aussi d’autres rapports, notamment le rapport de solvabilité, d’audit, les PV des conseils d’administration et des assemblées générales. Toutes ces informations sont communiquées sur supports papier et électronique. Par la suite, nous procédons à un contrôle de deux types : un contrôle de forme et de fond, pour vérifier la cohérence des données et le respect formel de l’ensemble des calculs et des estimations. On vérifie aussi les ratios prudentiels, les analyses de résultats et les rapports de solvabilité. Comme tout régulateur, l’ACAPS a, au niveau de son plan stratégique 2018-2020, introduit un axe stratégique qui vise l’amélioration de l’agilité et de la

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réactivité de l’Autorité par rapport à l’ensemble des assujettis, que ce soit sur le plan organisation ou système d’information. Par exemple, pour la fonction support, nous avons réalisé uneGED (gestion électronique des documents) qui permet de dématérialiser l’ensemble des documents que nous recevons. Cela nous a permis de fluidifier et d’automatiser toutes les tâches qui, jusque- là, étaient effectuées manuellement ou nécessitaient l’intervention de plusieurs acteurs. Sur le plan métier, et suite à l’extension du réseau de distribution, nous avons réalisé un projet de plateforme entre l’ACAPS et l’ensemble des intermédiaires en assurance. Cela permettra un contrôle ciblé de l’Autorité par rapport à ses assujettis et aux intermédiaires de procéder aux demandes d’agrément ou de faire intégrer leur document. Pour ce qui est des assureurs, en préparation du projet de la solvabilité basée sur les risques, l’Autorité est en train d’automatiser l’ensemble de ses process, que ce soit la réception des reportings ou l’exploitation des données. Ce projet est à mi-chemin. Nous avons

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déjà reçu un premier lot d’états de synthèse des compagnies d’assurances. Cette future plateforme permettra de gérer les délais réglementaires des échanges et d’automatiser l’ensemble des règles de gestion et de contrôle d’exhaustivité et de cohérence des données. Elle va générer in fine des tableaux de bord et des canevas dynamiques».

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BIOGRAPHIES

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Abdullah Alsuweilmy, Président de DirectFN

President of DirectFN.

Abdullah Alsuweilmy est le président de DirectFN. Il a joué un rôle clé dans la refonte du marché des capitaux saoudien au cours des 13 dernières années et a dirigé le développement de la Bourse, pour devenir le chef de file des Bourses dans la région et les principaux marchés émergents à l’échelle mondiale. La Bourse saoudienne se démarque aujourd’hui en termes de liquidité, d’efficacité des opérations et de la grande base des investisseurs. Auparavant, Abdullah Alsuweilmy a travaillé à la Banque centrale (SAMA) où il a conduit des projets d’infrastructures financiers nationaux complexes impliquant de nombreux intervenants, fournisseurs et consultants.

Abdullah Alsuweilmy is the president of DirectFN. He has played a key role in reshaping the Saudi capital market over the past 13 years and has led the development of the stock market, becoming the market leader in the region and the main emerging markets worldwide . The Saudi Stock Exchange stands out today in terms of liquidity, operational efficiency and the large investor base. Previously, Abdullah Alsuweilmy worked at the Central Bank (SAMA) where he led complex national financial infrastructure projects involving many stakeholders, suppliers and consultants.

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Ridouane Azagrouze, CIOMaroclear

Chief information Officer at Maroclear

Ridouane Azagrouze est lauréat de l’Ecole Mohammadia des ingénieurs. Il est le DSI de Maroclear, Dépositaire central de titres. En 1995, il a rejoint le ministère de l’Economie et des Finances. En 1999, il est nommé Chef de projet pour la mise en œuvre du réseau d’interconnexion de Maroclear et ses affiliés. Nommé responsable en janvier 2007, il a participé à la refonte des systèmes d’information de 2008 à 2010 et à la réalisation de la triennale Stratégie (2014-2016). Il a aussi dirigé des projets concernant la sécurité de l’information pour la certification ISO 27001. Il a également participé activement en tant que consultant à la mise en œuvre du Système d’information de la Bourse régionale des valeurs mobilières de Libreville (Gabon) de 2006-2008, et d’une solution informatique à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest en 2014. Ridouane Azagrouze est membre de plusieurs comités (AELP, GIMAF, AMEDA...) sur le continent.

Ridouane Azagrouze is an alumini of the Mohammadia School of Engineers. Ridouane Azagrouze is the CIO of Maroclear, Central Securities Depository.

In 1995, he joined the Ministry of Economy and Finance. In 1999, he was appointed as Project Manager for the implementation of the Maroclear interconnection network and its affiliates. He was appointed to his current position in January 2007, he participated in the redesign of information systems from 2008 to 2010 and in the realization of the triennial Strategy (2014- 2016). He has also led information security projects for ISO 27001 certification. He also actively participated as a consultant in the implementation of the Information System of the Regional Stock Exchange of Libreville (Gabon) from 2006-2008, and an IT solution at the Central Bank of the States of the West Africa in 2014. Ridouane Azagrouze is a member of several committees (AELP, GIMAF, AMEDA ...) on the continent.

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