FNH N° 1015 (1)

Du 18 mars 2021 - 8 DH - N° 1015

PREMIERHEBDOMADAIREDE L'INFORMATIONFINANCIÈREAUMAROC

Directeur de la publ ication : Fatima Ouriaghl i

Aéronautique «Grâce à la vision royale, nous avons construit, brique par brique, un secteur leader» P. 12/13

Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique

DÉVELOPPEMENT DURABLE

Ce vaccin qui sème le doute P. 15 à 54 2030 2030

Le Maroc met le cap sur

Politique monétaire

BAM va-t-elle camper sur sa position ?

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Marché des capitaux

Les investisseurs retiennent leur souffle

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Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massi ra El Khadra, Casablanca - Tél. : ( 0522) 98.41.64/66 - Fax : ( 0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma

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S OMMAIRE

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> Actualité

Voyons voir : Couvre-feu : Cette solution de facilité Ça se passe au Maroc 4 6

> Bourse & Finances

Point Bourse Hebdo : Sans directionnel clair à court terme Politique monétaire : BAM va-t-elle camper sur sa position ? Marché des capitaux : Les investisseurs retiennent leur souffle 7 8 10 > Economie AstraZeneca : Ce vaccin qui sème le doute Aéronautique : «Grâce à la vision royale, nous avons construit, brique par brique, un secteur leader» 11 12

Editorial

Par Fatima Ouriaghli

> Spécial développement durable

Le Maroc met le cap sur 2030 Masen : Plusieurs réalisations tangibles en une décen- nie seulement Entretien avec Aziz Rabbah : «Le Maroc avance avec sérénité dans sa transition énergétique» Mix énergétique à l’horizon 2030 : Le Maroc atteindra- t-il son objectif ? Hydrogène vert : Pourquoi le Maroc est-il à l'affût ? Entretien avec Badr Ikken : «L’hydrogène vert est une filière de demain à très grand potentiel» Pacte de l'exemplarité de l'Administration : Certains ministères sortent du lot Décarbonation industrielle : Le Maroc fortement engagé Entretien avec Moulay Hafid Elalamy : «A travers «Tatwir croissance verte», nous voulons appuyer l’excellence opérationnelle des TPME» Programme de décarbonation : Les nouvelles exi- gences européennes, un défi pour l’offre marocaine Entretien avec Saïd Mouline : Industrie, «La décarbo- nation va devenir un instrument supplémentaire de compétitivité» Dessalement de l’eau de mer : Une option appropriée pour atténuer le stress hydrique Agriculture durable : Comment concilier productivité et écologie Entretien avec Abdelkader Amara : Gestion de l’eau, «Le Maroc a opté pour une planification anticipative et à long terme» Financement vert : Un système à revigorer Marché des capitaux : Cap sur les «Gender Bonds» Financement vert : GEFF, le nouveau produit «green» de la BERD Entretien avec Fatima Zahra El Khalifa : «Nous tra- vaillons sur la mise en place d’un guide sur le finance- ment vert» RSE : Les émetteurs poussés à plus de transparence Entretien avec Amal Bahbouhi : «Tout le business model de Sonasid repose sur les principes du dévelop- pement durable» RSE : La recette du Groupe Al Omrane Entretien avec Laila Mikou : RSE, «L’une des forces de la finance durable est de penser l’entreprise dans son écosystème» Gestion des déchets ménagers : Net déphasage entre les textes de loi et la réalité Construction durable : La fibre écologique gagne len- tement du terrain Mobilité durable : Le Maroc toujours à la traîne

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VACCIN

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L a crise sanitaire liée à la Covid-19 met à rude épreuve les chaines de production mondiales. Les constructeurs auto- mobiles, qui font face à une pénurie mondiale de puces électroniques, se voient contraints de réduire la voilure en limitant leur production. C’est pourquoi le Groupe Renault, avait annoncé, début février der- nier, l’ajustement de sa production industrielle sur le mois de février dans plusieurs usines, dont celle de Tanger, en raison de la pénurie de composants électroniques chez certains de ses fournisseurs. Hormis la filière automobile, les chaînes logistiques de l’industrie pharmaceutique sont également sous haute tension. Aujourd’hui, l’on ne s’inquiète plus seulement de la disponibilité des doses GOULOTS D’ÉTRANGLEMENT

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de vaccin, mais aussi de celle de tous les composants qui entrent dans la production des vaccins contre le coronavirus. L’industrie pharmaceutique doit produire 10 milliards de doses de vaccins anti-Covid-19 pour cette année, c’est-à-dire le double de la capacité de fabrication de 2019, tous vac- cins confondus. Verre, plas- tique, bouchons…, la rareté de certaines matières premières nécessaires à la production de vaccins commence de plus en plus à se faire sentir.

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La rareté de certaines matières premières nécessaires à la pro- duction de vaccins commence de plus en plus à se faire sentir.

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Cette pénurie sur les chaînes d’approvisionnement inquiète à tel point qu’elle a fait l’objet d’une rencontre récente entre différents acteurs, dont les partenaires du système Covax, notamment l’Orga- nisation mondiale de la santé, la GAVI (Alliance pour les vaccins), sa branche recherche (CEPI) et la Fédération internationale de l’indus- trie pharmaceutique. Rencontre durant laquelle les participants ont dénoncé les «contrôles sur les exportations (…) comme l’ont fait les États-Unis avec le Defense Production Act». C’est dire que la tension déjà existante sur le marché des vaccins est davantage exacerbée, avec comme conséquence le risque de voir compromis les calendriers de vaccination. Le Maroc, dont le stock de doses reste fortement entamé, va cer- tainement devoir recadrer sa campagne, car il semble improbable de la boucler, comme prévu, «dans les 3 à 5 prochains mois» en vaccinant environ 30 millions de citoyens marocains, soit 80% de la population. u

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> L’univers des tpme

Intégration des TPME textile dans le secteur formel : Ce que propose l’AMPETH

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> Patrimoine

Transmission de patrimoine : Comment faut-il s’y prendre en période «Covid-19» ? Entretien avec Jad Aboulachbal : Succession, Ce qu’il faut savoir sur les subtilités juridiques

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> Focus agricole

Campagne agricole : Une bonne récolte en perspective

58 > HIgh-tech

Applications mobiles : Les Marocains, friands des médias sociaux

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> CULTURE

Musique : The visions of Sidi Jilali Sortie : Sensibilité underground et harmonie tribale

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• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com • Directeur des rédactions &Développement : DavidWilliam • Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Adil Hlimi, Momar Diao, Youssef Seddik, Badr Chaou, Khalid Aourmi • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique &maquettiste : Abdelillah Chamseddine •Mise en page : Zakaria Beladal • Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri, Salma Benmakhlouf, Rania Benchaib • Administratif : Fatiha Aït Allah, Nahla Sahlal • Édition : JMA CONSEIL • Impression : Maroc Soir • Distribution : Sapress • Tirage entre 15.000 et 18.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05

V OYONS VOIR

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Couvre-feu Cette solution de facilité Par D. William

L e gouvernement a décidé de pro- longer de deux semaines (à comp- ter du mardi 16 mars à 21h) les mesures de précaution adoptées le 13 janvier pour lutter contre le coronavirus. Cette phrase est devenue répétitive, au point même de croire qu’elle est envoyée automatiquement, chaque 15 jours, par une messagerie électronique. Vous souvenez-vous de la dernière fois que vous vous êtes retrouvés dehors au-delà de 21 H ? Cela fait bien longtemps, surtout au niveau de la préfecture de Casablanca. Le couvre-feu nocturne y a été instauré le 7 septembre 2020, de 22H à 5H, en plus de diverses autres mesures restrictives. Il a par la suite été étendu à l’ensemble du territoire national à partir du 23 décembre, de 21h à 6h, pour une durée initiale de 3 se-maines. Résumons : à ce jour, cela fait donc plus de 6 mois que les Casablancais subissent les affres du couvre-feu nocturne, plus de 190 jours qu’ils sont contraints, dès la nuit

tombée, de rester cloitrés eux. Ils s’accom- modent de ces mesures qui font entorse à leurs libertés individuelles, mais cela devient de plus en plus pesant, surtout quand ces dispositifs d’exception s’inscrivent dans une certaine normalité. Rappelons que les autorités ont décidé de durcir les mesures de restrictions pour circonscrire la propagation du coronavirus. Aujourd’hui, de leur aveu, la situation épidé- miologique au niveau national s’est large- ment améliorée, comparée à ce qui prévalait il y a quelques mois, et elles s’en félicitent. «Aujourd'hui, la pandémie est sous contrôle, et les chiffres de la situation épidémiolo- gique sont en constante amélioration» , affir- mait, à ce titre, le 2 mars, le chef de la divi- sion des maladies transmissibles à la direc- tion de l'épidémiologie et de lutte contre les maladies, Abdelkrim Meziane Bellefquih. Le taux de reproduction de la Covid-19 est en dessous de 1% depuis plusieurs semaines, le nombre de cas positifs est en baisse

continue et les décès sont en repli. Mieux encore, le Maroc est cité en modèle dans la gestion de sa campagne de vacci- nation, avec 4.236.386 personnes vaccinées et 1.960.996 qui ont reçu la seconde dose au 16 mars. Alors, pourquoi ne pas desserrer l’étau ? Pourquoi ne pas restituer aux citoyens un peu plus de leurs libertés ? Dans tous les pays, les restrictions sont ajustées en fonc- tion de la situa-tion pandémique : serrer la vis quand il faut, lâcher du lest si nécessaire, tout en restant vigilant. Mais il faut croire que les autorités maro- caines aiment bien ce silence bruyant et cette quiétude qui s’emparent du Royaume à partir de 21H. Elles ont donc choisi de rester rigides et de maintenir les choses telles quelles, en s’abritant derrière ce fameux principe de précaution. Une solu- tion de facilité, surtout qu’il y a une forme d’acceptation et de résignation au sein de la population. ◆

Cela fait plus de 6

mois que les Casablancais subissent les affres du couvre-feu noc- turne.

oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ................................................................................... Adresse : ............................................................................................ Ville : ............................. Code Postal : ............................................ Tél : ........................................ Fax : ................................................. E-mail : ............................................................................................. Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)

Ç A SE PASSE AU MAROC

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L e Maroc a suspendu les vols en provenance et à destination de l'Argentine, la Bosnie-Herzégovine, le Botswana, le Cameroun, la Croatie et le Mozambique à partir du 15 mars à minuit jusqu'au 10 avril prochain. Ces pays s'ajoutent ainsi à la liste des pays avec lesquels le Maroc a suspendu ses liaisons aériennes en raison de la pandémie de la Covid-19 et de l'apparition de nouveaux variants du virus. La liste comprend l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, l'Allemagne, la Turquie, le Royaume-Uni, l'Afrique du Sud, le Danemark, l'Australie, l'Irlande, la Nouvelle-Zélande, l'Autriche, le Portugal, la Suède, l'Algérie, l'Egypte, la République tchèque, l'Ukraine, la Pologne, la Norvège, la Finlande, la Grèce, le Liban, le Koweït et le Brésil. ■ Covid-19 : Le Maroc suspend les vols avec 6 autres pays

RSE

CFC souffle sa dixième bougie C asablanca Finance City a célébré le dixième anniversaire de sa création, une occasion pour passer en revue ses réalisations. Selon son CEO, Said Ibrahimi, «Casablanca Finance City (CFC) a été créée dans un contexte marqué par la volonté du Royaume de lancer des réformes ambitieuses visant à positionner le pays parmi les nations émergentes en Afrique. Pensée comme une place régionale, CFC a pour objectif d’attirer des capitaux et d’accompagner les acteurs économiques et financiers à travers une offre qui simplifie la conduite de leurs affaires sur le continent depuis Casablanca». Plus de 200 entreprises sont membres de CFC, parmi lesquelles de nombreux leaders internationaux présents dans le classement Fortune 500. Aussi, 47% des entreprises ayant L a BP vient de lancer, en partenariat avec l’institut d’études IPSOS, le 1er baro- mètre dédié aux Marocains du monde. «Celui-ci permettra, à travers des enquêtes réalisées auprès de cette population, de mieux connaître ses tendances et ses besoins, qui seront partagés avec le grand public et tout l’écosystème MDM. Dans le cadre de ce baromètre, une première enquête réalisée en 2020 a concerné près de 1.500 Marocains de tous âges, résidant dans 10 pays à travers le monde» , souligne le groupe bancaire. Selon les résultats de cette étude, 59% des Marocains du monde déclarent posséder une propriété au Maroc. En dehors du contexte de la pandémie, ils

Bank of Africa conforte son leadership B ank of Africa a été classée dans le top 2% de toutes les

obtenu le statut CFC depuis 2012 sont de nou- velles créations. Depuis 2016, la contribution fiscale des membres CFC est passée de 341,1 MDH à 939,8 MDH. Au cours de la même période, ses membres ont permis la création cumulée de 6.690 emplois permanents. Rien que pour l'an- née 2019, CFC a accueilli 40 nouvelles entre- prises membres et renforcé sa présence à l’international avec de nombreux Roadshows en Inde, en Allemagne, à Abu Dhabi, au Japon et aux Pays-Bas. Depuis 2012, la place a multiplié les accords avec des places finan- cières internationales comme Singapour, Luxembourg, Londres, Paris, Montréal, Busan, Astana, mais aussi Pékin, Frankfurt, Shanghai, Abu Dhabi, Toronto, Barcelone et tout récem- ment Bruxelles et Hong Kong. ■

entreprises notées par Vigeo Eiris dans le monde (4.880 au total) et 1 ère sur 90 dans le secteur ban- caire (Retail & Specialised

Banks Emerging Market) suite à la 1ère notation «Corporate Sustainability Rating» opérée au Maroc. «Bank of Africa obtient la note A1+ (niveau Advanced), sur la base d'un score global de 64/100, confirmant ainsi son leadership en matière de RSE», renseigne la banque. Cette distinction, obtenue après avoir été désignée, en 2020, «Top Performer RSE» pour la 7 ème année consécutive par Vigeo Eiris, en tête du classement «Retail & Specialised Banks Emerging Market» sur les 6 domaines de la performance environnementale, sociale et gouvernance, conforte le positionnement de Bank of Africa en tant que Groupe panafricain & international de référence en matière de finance durable et inclusive, à impact positif. ■

La Banque Populaire lance le premier baromètre dédié aux MDM

déclarent visiter le Maroc 2 fois par an en moyenne et bon nombre d’entre eux envi- sagent, dans le futur, de s’installer définitive- ment au Maroc. De même, 45% de la popula- tion interrogée qui souhaitent initier un projet au Maroc. Cette première édition montre que la crise sanitaire a modérément affecté les finances des Marocains du monde, puisque seuls 20% d’entre eux déclarent un impact fort sur leurs emplois, leurs revenus et, par consé- quent, sur leur stabilité financière. Toutefois, certains sont plus touchés que d’autres. Notons qu'avec plus d’un million de clients et une part de marché dépassant 52%, la Banque Populaire est le partenaire bancaire privilégié des Marocains du monde. ■

2.920.172 C’est le nombre d’opérations de paiement sans contact (NFC) en janvier et février 2021, pour 517.425.696 DH, effectuées par les cartes bancaires marocaines, sur les TPE des commerçants affiliés au CMI. Le taux du NFC est de +24,0% en nombre et +11,0% en montant sur cette période.

Le chiffre de la semaine vous est proposé par

B OURSE & F INANCES

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Point Bourse Hebdo

Evolution de l'indice Masi depuis mars 2020

Sans directionnel clair à court terme ◆ Le marché actions se cherche encore une tendance en l’absence de catalyseurs. ◆ L'indice Masi a tout de même réussi à sauver sa bougie hebdomadaire grâce à un effort de fin de semaine.

CDG Capital dans une note récente (voir page 8). Pour autant, l’indice Masi (+0,57%) est parvenu à enregistrer une semaine positive, grâce à une poussée haussière enregistrée vendredi dans le sillage de flux acheteurs chez les OPCVM, laquelle a permis au Masi de retrouver les 11.400 points. La hausse sur la semaine est de de 0,57% à 11.415,05 points. Les flux échangés cette semaine (du 9 au 16 mars) ne s’éloignant pas des moyennes observées (373 MDH), trahissent le manque d'engagement persistant et profitent à la même catégorie d’actions : Label Vie (+0,62%) a drainé 54,47 MDH, soit 14,62% des échanges, suivie de Maroc Telecom avec 50,56 MDH (13,57%), Marsa Maroc (10,79% ou 40,2 MDH) et Attijariwafa bank (9,42% ou 35,11 MDH). Techniquement, la tendance à court terme passe de baissière à neutre. Le Masi repasse au-dessus de sa moyenne mobile 20 jours, qui coiffait les cours depuis le 10 février.

Comportement du marché Durant cette dernière semaine, 23 valeurs ont terminé à la baisse contre 34 à la hausse, tandis que 19 sont restées inchangées. Sur le plan sectoriel, l'indice de l’«industrie pharmaceutique» s'est placée en tête des meilleures performances hebdomadaires (5,58%). Le secteur de la «Sylviculture et Papier» a gagné, quant à lui, 3,82%, soit la deuxième plus forte hausse sectorielle de la semaine. De même, l'indice de la «Chimie» a pris 2,35%, grâce à la bonne performance de la Snep (2,39%) et Maghreb Oxygène (1,69%). Du côté des banques, son indice a enregistré un gain de 0,45%, confortant le Masi dans sa progression. Ainsi, la baisse de la BMCI (-2,8%) et de la BCP (-0,4%) a été compensée par les hausses de Bank Of Africa (+1,97%), CDM (+1,74%), CIH (+1,19%) et Attijariwafa bank (+0,48%). A l'opposé, le secteur «Immobilier» a accu- sé la plus forte baisse de la semaine avec -2,1%, sous l'effet des replis de Alliances (-5,42%), Résidences Dar Saada (-3,82%) et Addoha (-0,32%). ◆

Par Y. Seddik

E n manque d’idées et de cata- lyseurs, le marché actions laté- ralise depuis fin février. Aucun signal directionnel clair ne s’est dégagé depuis la fin des publica- tions trimestrielles, alors que les opérateurs attendent toujours d'éventuels événements capables de leur faire changer de percep- tion. Il faut dire que la thématique «taux», avec un marché de BDT stagnant, ne fait plus office de catalyseurs pour les actions, sur- tout après le dividende décevant de Maroc Telecom qui abaisse le rendement moyen du marché actions. Notons aussi que les investisseurs attendent de pied ferme le Conseil de Bank Al-Maghrib et ses conclusions. Le scénario d'un statu quo du taux directeur est le plus attendu «dans l'attente d'une transmission complète des baisses du taux directeur vers les taux débiteurs et d'une reprise de la demande de crédit», comme l'explique

Le Masi repasse au- dessus de sa moyenne mobile 20 jours, qui coif- fait les cours depuis le 10 février.

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Politique monétaire

◆ Bank Al-Maghrib calibrera son action, mardi prochain, en fonction de l'évolution récente des conditions macroécono- miques du pays. ◆ Selon certains analystes, elle devrait observer une pause dans sa politique monétaire. BAM va-t-elle camper sur sa position ? L a crise économique perdure, et la reprise espérée se fait à deux vitesses, alimentant de nouveau les spé- Par Y. Seddik

d’instruments utilisés pour combler le déficit de liquidité bancaire, avec un recours plus important aux instruments de long terme, en l’occurrence les pensions livrées à long terme (sur 1 mois et 3 mois), les prêts garantis sur 1 an et les opéra- tions de swap de change. BAM avait également libéré intégra- lement le compte de réserve au profit des banques, permettant l’injection de plusieurs milliards de DH dans le circuit moné- taire. Depuis, BAM est en pilotage automatique. Le gardien du Dirham a opté pour le statu quo tant sur la panoplie d'ou- tils anti-crise que sur son taux directeur lors du dernier Conseil de décembre. Pour la recherche de CDG Capital, la transmission de la politique monétaire, en parti- culier la baisse des taux, ne s’est pas complètement reflé- tée sur l’économie réelle. Ahmed Zhani, économiste à CDG Capital, écrit dans une note que «malgré les deux baisses du taux directeur de 75 points de base (PBS) en 2020, la transmission vers les taux débiteurs, particulièrement ceux relatifs aux entreprises, demeure incomplète en liaison

culations autour de la politique monétaire de Bank Al-Maghrib (BAM). Les économistes sont toutefois une minorité à s'at- tendre à ce que l'institut sorte le grand jeu. Très attendu par le marché, le premier Conseil de Bank Al-Maghrib de l’année 2021 se tiendra la semaine prochaine. Une réunion monétaire à forts enjeux, puisqu’elle intervient à mi-chemin entre une année 2020 de crise marquée par une forte dégradation de certains équilibres macroéconomiques et une année 2021 de relance. En 2020, l’institution moné- taire avait dégainé un arsenal de mesures pour permettre à l’économie d’absorber le choc de la pandémie : deux baisses consécutives du taux directeur en mars (-25 pbs), puis en juin (-50 pbs) 2020, avec un élargis- sement du collatéral et une révi- sion des coefficients de décote des actifs. Parallèlement, elle a procédé au changement de son mode d’intervention en termes

Mardi prochain, la Banque centrale décidera lors du premier Conseil de l'année 2021 de reconduire ou de modifier sa politique monétaire.

La trans- mission de la politique monétaire,

nistes à l’horizon de prévision (8 trimestres) sont globalement orientés à la baisse en résultat, entre autres, de la régression prévue de la demande avec la hausse anticipée du chômage. Néanmoins, la recherche estime à ce jour qu’ «il est plus probable que le Conseil de Bank Al-Maghrib maintienne le taux directeur inchangé au niveau de 1,5% lors de ce pro- chain Conseil, et ce dans l’at- tente d’une transmission com- plète des baisses du taux direc- teur vers les taux débiteurs et d’une reprise de la demande de crédit aussi bien des entre- prises que des ménages». En définitive, si pour CDG Capital il est question d’une pause dans la politique moné- taire de BAM, le discours de certains gérants et analystes diverge. Pour eux, la Banque centrale doit assouplir davan- tage sa politique pour appuyer la reprise économique. Rendez- vous le 23 mars courant pour le verdict. ◆

d’une part, avec la hausse du risque associé à cette catégo- rie de prêt et, d’autre part, la durée nécessaire pour ajuster à la baisse le coût moyen des ressources bancaires afin de préserver la marge d’intermé- diation» . Pourtant, en juin dernier, la Banque centrale affir- mait qu’ «au regard de la conjoncture particulière qui prévaut actuellement, la Banque veillera, plus que par le passé, à la transmission de ses décisions à l’économie réelle et fera le point régulièrement à ce sujet avec le plus haut mana- gement du système bancaire» . Un geste supplémentaire sur le taux bénéfique pour la relance Pour A. Zhani, dans les condi- tions économiques actuelles, une amélioration supplémen- taire des conditions de finan- cement pourrait être bénéfique pour la relance, et ce d’autant plus que les risques inflation-

en particulier la baisse des taux, ne s’est pas complète- ment reflétée sur l’écono- mie réelle.

Suite aux dernières précipitations qui laissent présager une bonne campagne agricole, l’inflationalimentaire a fortement reculé endécembre 2020et janvier 2021 pour s’établir à -1,5% et – 0,8% (déflation). Par conséquent, l’inflation glo- bale ressort nulle à fin janvier 2021, avec une prévision moyenne de 0,6% sur l’année en cours, selon BAM. Une inflation toujoursmaîtrisée

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Marché des capitaux

◆ Que ce soit sur le marché des taux ou sur les actions, les opérateurs lèvent le pied dans l'attente de la suite des événements. ◆ Bank Al-Maghrib et le déficit budgétaire en toile de fond. Les investisseurs retiennent leur souffle A Alors que la Bourse de Casablanca fait du surplace depuis fin février, dans l'at- tente des résultats Par A. Hlimi

Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur inchangé en décembre dernier. Une déci- sion que le marché avait large- ment anticipée. Mais en ce qui concerne mars 2021, les avis divergent, bien que le statu quo soit un peu plus souvent présent dans le discours des gérants et des bureaux de recherche. Absence de consensus A côté, la pression sur les finances publiques devient un peu plus palpable, du moins suffisamment pour bouleverser, ne serait-ce que momentané- ment, le consensus baissier sur les taux. Ce manque de visibi- lité se traduit par une stabilité

Plus de la moitié des volumes sur le marché secondaire des taux concerne les maturités court terme, moins sen- sibles aux annonces potentielles.

annuels des entreprises et sur- tout de leurs annonces de divi- dendes, les investisseurs sur le marché des taux, plus regar- dants sur la macroéconomie, montrent également des signes d'attentisme en attendant l'évo- lution de leurs deux principaux catalyseurs du moment : l'évo- lution des besoins de finance- ment de l'Etat et le Conseil de Bank Al-Maghrib prévu le 23 mars.

Les analystes s'attendent à une poursuite de la stabi- lité des taux

primaires durant les semaines à venir. EN BREF

des taux sur le marché primaire depuis 2 semaines, poussant même certaines sociétés de gestion à conclure sur «un essoufflement de la baisse des taux» dans leur reporting en

prévoyant, à demi-mot, une fin de partie pour l'argent bon mar- ché dont bénéficie l'Etat. Une prévision loin d'être partagée actuellement, faut-il le signa- ler à nouveau. L'absence de consensus se remarque égale- ment dans le comportement du marché secondaire des bons du Trésor, là où les investis- seurs peuvent revendre les obligations souscrites auprès de l'Etat. Sur ce marché de l'an- cien, et comme le font remar- quer les analystes de BKR, «les volumes connaissent une forte baisse, de près de la moitié par rapport à une semaine aupara- vant». Plus de la moitié de ces volumes concerne les maturités court termemoins sensibles aux annonces potentielles, ce qui traduit un manque de visibilité. Le cumul des levées du Trésor sur ce mois s’élève à 7,2 Mds de DH pour un besoin annoncé en mars de 13,5 Mds de DH. Dans ce contexte, les analystes s'attendent à une poursuite de la stabilité des taux primaires durant les semaines à venir. Wait and see donc, sur toutes les classes d'actifs. ◆

AGMA

Bonne tenue des activités en 2020

Le chiffre d'affaires d'AGMA s'est amé- lioré de 2,2% en 2020, se situant à 130,6 MDH. Cette progression résulte du développement du portefeuille clients géré par le cabinet. Le résultat d'exploi- tation au 31 décembre 2020 s'élève à 70,3 MDH, en hausse de 3,8% grâce à l'augmentation des produits d'exploita- tion et la baisse de 1,1% des charges

liore de 4,5% à 50,2 MDH, tandis que le RNPG, de même montant, est en amélio- ration de 4,3%. Le Conseil d'administration d'AGMA a décidé de proposer la distribution d'un dividende total de 47 MDH à l'Assem- blée générale prévue le 28 mai 2021, soit un dividende unitaire de 235 DH/ action. ◆

d'exploitation. Dans ce contexte, le résultat net s'amé-

MINES

Managem concrétise son deal en or au Soudan

Comme publié récemment par le groupe Managem le 1er février dernier, la société a conclu un second partenariat de coopération avec le groupe Wanbao Mining pour le développement d'un projet aurifère de grande taille au Soudan. Toutes les conditions suspensives sont désormais levées et le partenariat est bien effectif, se félicite le groupe. Sous les termes de ce partenariat, Managem détiendra 65% des parts (en excluant tout intérêt attribuable au gouvernement du Soudan) dans l'exploitation et les permis d'exploration - Block 15 - ainsi que les permis d'exploration - affiliés aux blocs 9 et 24. Wanbao Mining détiendra une participation de 35% dans les 6 blocs d'explora- tion 64-a-b-c & 66-a-b-c, actuellement détenus par Wanbao. A travers ce partenariat, Managem et Wanbao Mining ambitionnent, entre autres, d'étendre l'actuel site en opération de Gabgaba, qui sup- pose une augmentation de la production annuelle d'or de 60.000 à 200.000 Oz, avec des dépenses d'investissement en construction estimées à environ 250 millions de dollars (MUSD). ◆

E CONOMIE

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AstraZeneca

◆ Une quinzaine de pays européens ont suspendu ce vaccin. ◆ Le Maroc, où le Centre national de pharmacovigilance a reçu les notifications de 4 cas d'événements thromboemboliques, continue de l’administrer. Ce vaccin qui sème le doute Q uesepasse-t-il avec le vaccin AstraZeneca ? La liste des pays qui ont suspendu, «par précaution», l’admi- nistration de ce vaccin s’allonge en tout cas. Les raisons de toute cette méfiance : les craintes liées à la formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées, quand bien même aucun lien de cause à effet n’a été jusqu’ici établi. Par D. William

AstraZeneca, utilisé en force au Maroc AstraZeneca et Sinopharm sont pour l’instant les deux vaccins utilisés par le Royaume dans le cadre de sa campagne de vaccination. Au 15 mars, 5.992.783 doses de vaccins ont été administrées, dont 4.628.695 AstraZeneca et 1.364.088 Sinopharm. Faut-il alors s’en méfier ? Le Pr Said Moutawakkil, anesthésiste- réanimateur, docteur en biologie et membre du Comité national scientifique, est formel. «Jusqu'à ce jour, il n'existe aucun fait établi scientifiquement entre le vaccin et les thromboses. Nous avons aussi observé des cas similaires avec celui de Pfizer et celui de Moderna» , explique-t-il, précisant qu’ «il est établi que la maladie thromboembolique peut survenir chez des patients

Dimanche, les Pays-Bas ont décidé de geler l’utilisation d’As- traZeneca jusqu’au 28 mars. Lundi, c’est l’Allemagne, l’Italie et la France, pays dans lequel beaucoup de membres du per- sonnel de santé refusent de se faire administrer ce vaccin, qui ont emboité le pas aux Pays- Bas. Ces mesures interviennent suite à des décisions similaires prises, entre autres, par le Danemark, la Norvège, l’Islande et la Bulgarie, et alors que des pays comme la Thailande et la République du Congo ont retardé leur cam- pagne de vaccination. Au total, une quinzaine de pays d’Europe ont gelé les vacci- nations avec AstraZeneca, en attendant l’avis de l’Agence européenne des médicaments (EMA).

Au 15 mars, 4.628.695 doses du vaccin AstraZeneca ont été administrées au Maroc.

Les effets secondaires généralement observés chez les personnes vaccinées au Maroc sont une douleur au point d'in- jection, une rougeur, des myalgies, de la fièvre…

qui présentent des facteurs de risque bien connus, sans aucun rapport avec les vaccins». Selon lui, «les pays qui ont suspendu la vaccination avec AstraZeneca ont agi plus par précaution que sur des bases scientifiques». Le Pr Said Moutawakkil voit par ailleurs derrière ces décisions «des rai- sons davantage politiques, com- merciales et une guerre entre les laboratoires, que scientifiques». Au Maroc, les effets secondaires généralement observés sont «une douleur au point d'injec- tion, une rougeur, des myalgies, une asthénie, de la fièvre et des maux de tête. Tous ces signes disparaissent au bout de 48 à 72h» , assure-t-il. Néanmoins, à l’issue de la réu- nion du Comité national scienti- fique tenu le 16 mars, le minis- tère de la Santé a fait savoir que le Centre national de pharmaco- vigilance (CAPM) a reçu les noti- fications de 4 cas d'événements thromboemboliques. Et «après analyse approfondie des cas signalés, la maladie thromboem-

bolique n'a pas été retenue dans 1 cas; dans 2 cas, le lien entre le vaccin et l'événement throm- boembolique n'a pas été établi et 1 cas est en cours d'investiga- tion», indique la tutelle. C’est la raison pour laquelle, «en conformité avec (…) les données nationales de pharmacovigilance, le Comité scientifique recom- mande de maintenir la vaccina- tion par le vaccin AstraZeneca». Une décision confortée par le fait que, «pour le moment, 30 cas de maladies thromboem- boliques ont été rapportés en Europe pour 5.000.000 doses de vaccins d'AstraZeneca (0.06 pour mille). Au Royaume-Uni, 35 cas ont été rapportés pour 9.700.000 doses de vaccins (0.03 pour mille)», note le ministère. Qui constate que «ces chiffres sont bien en dessous de l'inci- dence annuelle de la maladie, qui est de 1 cas pour 1.000 en Europe et en Amérique du Nord, où plus de 200.000 nouveaux cas d'événements thromboembo- liques surviennent chaque année aux Etats Unis». ◆

AstraZeneca se défend

AstraZeneca s’est fendu d’un communiqué pour se défendre, précisant qu’«un examen minutieux de toutes les données de sécurité disponibles concernant plus de 17millions de personnes vaccinées dans l'Union européenne (UE) et au Royaume-Uni avec leCOVID-19VaccineAstraZenecan'amontré aucunepreuve d'une augmentation du risque d'embolie pulmonaire, de thrombose veineuse profonde (TVP) oude thrombocytopénie, dans aucungroupe d'âge, sexe, lot ou pays particulier». Le laboratoireapar ailleurs reçu l’appui de l’Organisationmondialede lasanté, qui estime qu'il n'y a «pas de raison de ne pas utiliser» le vaccin d'AstraZeneca contre la Covid-19.

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«Grâce à la vision royale, nous avons construit, brique par brique, un secteur leader»

◆ Le Royaume est devenu un acteur incontournable de l’aéronautique au niveau mondial. ◆ Il devra toutefois faire face aux nouveaux enjeux environnementaux et numériques.

fait d’être un acteur dans ce domaine est déjà un privilège, et aujourd’hui le Maroc joue dans la cour des grands de l’industrie aéronautique». Le ministre s’est également arrêté sur la résilience mon- trée par le secteur durant cette crise, ainsi que sur ses pers- pectives qui, selon lui, sont de bon augure. «Nous avons encaissé le coup et amorti le choc de la crise.

Nous avions avant la crise 142 entreprises qui opé- raient dans le secteur, et nous les avons toujours. Au niveau de l’emploi, nous avons perdu près de 10%, au moment où la moyenne internationale

Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique

a atteint 43%. S’agissant de l’export, nous avons marqué une baisse de 20% en 2020, tandis qu’au niveau mondial, elle a marqué un affaissement de plus de 50%». Maintenant, les perspectives sont intéres- santes. Nous avons avancé sur l’extension de certaines usines malgré la crise, et nous sommes en contact avec plu- sieurs opérateurs internatio- naux qui regardent de très près le Maroc. L’industrie aéronau- tique marocaine est en mesure de sortir de cette crise encore plus forte qu’elle en est entrée. Nous passons par une période difficile, mais nous voyons le bout du tunnel», a-t-il fait remarquer. De son côté, Karim Cheikh a

d’une nouvelle stratégie intitu- lée «Aéronautique 4.» reposant sur de nouveaux enjeux tant environnementaux que numé- riques, s’inscrit dans ce sens. Traitant de ces différents enjeux, le «Rendez-vous de l’industrie aéronautique», une rencontre-débat organisée par le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique, a aussi été l’occasion de faire le point sur l’importance économique et sociale de l’industrie aéronau- tique au Maroc, ainsi que les avancées du Royaume dans ce domaine et les perspectives de développement. Cet événement, organisé en ligne mardi 16 mars, a connu

la participation du ministre de tutelle, Moulay Hafid Elalamy, du président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (Gimas), Karim Cheikh, du Directeur général de Safran, Olivier Andries, ainsi que d’autres grands acteurs de l’in- dustrie aéronautique au Maroc et dans le monde. Pour Moulay Hafid Elalamy, «la vision royale a donné ses fruits au fil du temps. Lorsque per- sonne ne croyait en la capa- cité du Royaume à devenir un acteur dans le secteur de l’aé- ronautique, les opérateurs se sont acharnés à le faire évoluer. Brique par brique, nous avons construit un secteur leader. Le

L a crise sanitaire a fortement impacté l’ensemble de la chaîne des valeurs du secteur de l’aéro- nautique, causant la fermeture de plusieurs usines dans le monde et le licenciement de milliers d’employés. Aujourd’hui, l’objectif est trou- ver des solutions de sortie crise. Dans ce cadre, au Maroc, plusieurs chantiers sont en cours de déploiement afin de préserver les acquis des 20 dernières années du secteur et lui permettre d’avoir un pied dans la nouvelle chaîne des valeurs mondiales. L’adoption Par B. Chaou

Le secteur aéronau- tique a perdu près de 10% de postes d’emploi en 2020 au moment où la moyenne mondiale a atteint 43%.

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rappelé l’importance du partenariat public-privé dans la réussite de ce secteur. «La vision partagée entre le ministère de l’Industrie et les entreprises du secteur a permis de rentrer rapidement dans la chaîne des valeurs internationales. Le fil d’Ariane est bien évidemment le Plan d’accélération industrielle, car il vient d’un travail de fond, qui a donné ses fruits et a pu permettre une bonne structuration de l’écosys- tème aéronautique du Maroc. Cela donne naissance à un environne- ment propice à l’investissement» , explique-t-il. Satisfecit des constructeurs internationaux Pour leur part, les constructeurs internationaux présents au Maroc ont montré leur satisfaction quant à la coopération avec les autorités marocaines dans le développement de leurs activités. Pour Stan Deal, vice-président exécutif de Boeing, président et Directeur général à Boeing Commercial Airplanes (BCA), «chez Boeing, nous sommes fiers de notre partenariat avec le Maroc via notre filiale Matis Aerospace. Fort de notre engagement envers le secteur au Maroc, nous avons conclu un mémorandum d’accord en 2016 et nous avons, depuis, créé 11 entre- prises en faveur du secteur. Nous pensons qu’ensemble nous pouvons relever les défis de l’aviation mon- diale dans les prochaines années, et nous comptons bâtir un avenir encore plus solide. Au regard de notre expérience au Maroc, je dirais que le soutien du Roi et son enga- gement expliquent en grande partie le développement de l’aéronautique marocaine». De son côté, Olivier Andries a indi- qué que «nous sommes satisfaits de collaborer à la réussite du secteur au Maroc. Nous sommes fiers d’y employer 3.300 collaborateurs à tra- vers les huit sites où nous sommes implantés. Nous continuerons à accompagner la montée en gamme de l’industrie marocaine et à contri- buer fortement à la formation, entre autres via l’IMA, que nous avons contribué à créer».

D’autres acteurs internationaux ont également confirmé le bon envi- ronnement dont bénéficie le sec- teur, dont Mikail Houari, président pour l'Afrique et le Moyen-Orient de Airbus. «Nous sommes fiers de nos relations avec le Maroc, qui continuera d’être un acteur incon- tournable dans le développement

Plusieurs autres thématiques ont été débattues lors de cette rencontre, comme la capacité du Maroc à rele- ver les nouveaux enjeux industriels, la course technologique dans le sec- teur, ou encore les défis de la logis- tique et du transport vers l’Europe des équipements construits sur le sol marocain. ◆

de l’industrie dans la région. Le pays construit des outils pour tous nos produits; il y a en effet du made in Morocco dans tous nos avions. Via notre filiale Stelia Aerospace, Il est certain que nous continuerons à contribuer au développement de ce secteur au Maroc, qui a un avenir prospère devant lui», a-t-il indiqué.

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2030 Le Maroc met le cap sur SPÉCIAL DÉVELOPPEMENT DURABLE

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tique ne se résument pas en des déclarations d’intention, comme le font d’ailleurs plusieurs pays, et sont encoremoins une vue de l’esprit. Bien au contraire, le Royaume s’est donné les moyens de ses ambitions et a accompli, dans ce sens, d’importantes réalisations. Pour preuve, à ce jour, 47 projets EnR ont été réalisés, pour une enveloppe d’in- vestissement globale de 52,2 Mds de DH. Le Royaume peut ainsi se targuer aujourd’hui de dispo- ser de 3.950 MW opérationnels en énergie solaire, éolienne et hydroélec- trique. «Une capacité totale d'environ 3.950 mégawatts est déjà opérationnelle, représen- tant environ 37% de la capacité électrique réalisée. Cette capacité contribue à la satis- faction de la demande d'électricité d’environ 20%, ce qui a permis d'enregistrer une dimi- nution du taux de la dépendance énergétique de 97,5% en 2009 à 90,5% actuellement», précise Aziz Rebah, ministre de l'Energie, des Mines et de l’Environnement.

Ces avancées sont le résultat d’une poli- tique énergétique bien ficelée, qui regroupe plusieurs aspects, et où la bataille pour plus d’efficacité énergétique, menée de front par l’Agence marocaine pour l’efficacité énergé- tique (AMEE), occupe une place charnière. Ce n’est donc pas pour rien que l’engage- ment du Royaume dans le domaine du climat est reconnu et salué à l’international. C’est à ce titre que le Maroc a été nommé par l’Organisation des Nations unies, le 10 mars, lors du lancement virtuel du Dialogue de haut niveau sur l’énergie, Champion mondial du dialogue onusien de haut niveau sur l’éner- gie, compte tenu des efforts déployés pour le développement de projets renouvelables intégrés et innovants. Certes, d’importants défis ont été rele- vés, mais du chemin reste encore à faire. D’où l’objet de ce «Spécial développement durable», qui revient sur les acquis et avan- cées réalisés par le Royaume, mais égale- ment sur les priorités à court, moyen et long termes du gouvernement. ◆

L e Maroc a les yeux rivés sur 2030. L’objectif à cet horizon est de taille : porter la part des énergies renou- velables dans le mix énergétique à plus de 52%. L’enjeu de cette stra- tégie ambitieuse de transition énergétique, déclinée sous l’impulsion du Souverain, est à la fois économique et environnemental. D’un côté, il s’agit d’être moins dépendant de l’ex- térieur et donc de réduire la facture énergé- tique, d’autant que chaque 1% d’économie d’énergie globale que l’on pourrait réaliser, représente 800 millions de DH d’économie sur la facture énergétique du Royaume. De l’autre, il faut de plus en plus verdir l’économie et diminuer les émissions de gaz à effet de serre, conformément aux engagements internationaux du Royaume en matière de lutte contre les changements climatiques. Dans ce sens, les objectifs définis par le Maroc dans le cadre de sa politique énergé- Par D. William

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Masen

◆ Pour ce qui est des énergies renouvelables, le Maroc compte à ce jour 3.700 MW en exploitation, avec plus de 700 MW pour le solaire, 1.200 MW pour l’éolien et 1.770 MW pour l’hydroélectrique. ◆ Masen a, à son actif, plusieurs réalisations, dont la mise en service de l’un des premiers complexes solaires multi-tech- nologiques au monde. Plusieurs réalisations tangibles en une décennie seulement

que l’on soit en période de pandémie ou pas. Une stra- tégie de production visant à maximiser la production en heure de pointe a, par exemple, été mise en place pour les centrales solaires de Ouarzazate, qui a donné des résultats probants» , explique Masen, également très engagé sur le continent africain. Des installations EnR de plus en plus compéti- tives La question de la compé- titivité des EnR en com- paraison aux énergies fossiles toujours plébis- citées au niveau mondial est récurrente. Interrogée sur le sujet, l’équipe de Masen apporte un éclai- rage édifiant. «Les innova- tions autour des technolo- gies renouvelables les plus courantes (solaire, éolien, hydro) se sont accélérées à la fin du 20ème siècle, et ont commencé à porter leurs fruits dans les années 2010. Ces innovations, cou- plées à un recours accru aux technologies EnR, ont donné lieu à de réelles éco- nomies d’échelle permet- tant des installations EnR de plus en plus compétitives» , confie-t-on du côté de l’en- tité publique. Et d’ajouter : «Entre 2010 et 2019, le LCOE (coût actualisé de

La production électrique renouvelable

repose sur l’exploita-

tion de 7 centrales solaires,12 parcs éoliens et 24 cen- trales hydroé- lectriques.

Toutefois, ce trend haus- sier s’est maintenu à un niveau légèrement moindre après la levée des mesures de confinement. L’équipe dirigée par Mustapha Bakkoury, patron de Masen, est formelle. Au Maroc, la production électrique renouvelable repose sur l’exploitation de 7 centrales solaires, 12 parcs éoliens et 24 centrales hydroélec- triques. La production de ces projets n’a pas été impactée par la crise que connait le monde actuel- lement. «L’objectif pour chacun des projets préci- tés est d’améliorer de façon continue leur performance,

La puissance EnR (énergie renouvelable) appelée a donc augmenté par rap- port à la puissance fossile» , explique-t-on du côté de Masen, chargé de piloter les énergies renouvelables au Maroc. Notons que cette tendance haussière s’est notamment confirmée en Europe où la part des éner- gies renouvelables dans la consommation d’électricité a atteint des niveaux his- toriques (jusqu’à 45,5% la semaine du 15 avril 2020), et ce malgré la baisse de la demande engendrée par le changement des habitudes de consommation pendant la période de confinement.

L a crise liée au coro- navirus a épargné peu d’activités marchandes et non marchandes. D’où l’intérêt de se poser la question de savoir si les projets portés par Masen ont été impactés. «La baisse de la demande mondiale en énergie a eu un impact inverse sur la demande en énergie de source renouvelable. En effet, l’électricité de source renouvelable est privilé- giée aux autres sources d’énergie dans le dispat- ching du réseau électrique. Par M. Diao

D’après Masen, à fin 2018, le taux d’intégration industrielle enregistré était de 34% à 42% pour le solaire.

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l'énergie) de la technologie PV a connu une baisse de 82%; l’éolien a, quant à lui, enregistré un recul de 39% pour l’onshore et 29% pour l’offshore». En clair, Masen estime que les avancées immenses opérées par le Maroc dans le domaine des EnR ne sauraient avoir de sens si elles n’étaient générali- sées. Ce n’est qu’à travers un déploiement massif des EnR au-delà du Royaume que les avancées techno- logiques et les économies d’échelle continueront de renforcer la compétiti- vité des énergies propres. D’ailleurs, c’est en cela que les activités de coopération à l’international, notamment en Afrique, constituent une priorité pour Masen EnR : le Maroc compte 3.700 MW en exploitation Force est d’admettre qu’en seulement 10 ans, les réa- lisations de Masen sont tangibles, traduisant ainsi l’engagement du pays pour un développement respon- sable et pérenne. Parmi ces réalisations, Masen compte d’abord la mise en service de l’un des premiers com- plexes solaires multi-tech- nologiques au monde. Il

A fin 2018, le taux d’intégration industrielle enregistré était de de 65% pour l’éolien.

s’agit du complexe Noor Ouarzazate (580 MW) grâce auquel le groupe a relevé le défi du CSP (Concentrated Solar Power), un pari tech- nologique audacieux qui fait du Maroc l’un des pays les plus dynamiques du marché mondial du CSP (à fin 2018). Masen a également assuré le lancement des centrales solaires Noor Laâyoune I (85 MW) et Noor Boujdour I (20 MW) dans le cadre du Programme Noor PV I. Celles-ci constituent des leviers de développement

pour les régions du Sud. Toujours à l’actif de l’entité publique, il convient d’ajou- ter l’adjudication de Noor Midelt I (800 MW), première centrale solaire hybride (PV et CSP) annoncée mondia- lement. Par ailleurs, le Programme Noor PV II, dont l’appel à projets a été lancé en jan- vier 2021, offre aux déve- loppeurs privés plusieurs sites à haut potentiel iden- tifiés par Masen. Ce pro- gramme sera développé en plusieurs phases en vue

d’atteindre une puissance installée de 750 MW de pro- jets PV, dont une partie sera réalisée dans le cadre de la loi 13-09 relative aux éner- gies renouvelables. L’acteur central dédié à la valorisa- tion des ressources renou- velables est également par- tie-prenante, en collabora- tion avec l’ONEE, du projet éolien intégré (PEI) d’une capacité de 850 MW, com- posé de cinq parcs éoliens, répartis sur le Royaume (Midelt, Boujdour, Tarfaya, Tanger et Essaouira). Toujours concernant l’éo- lien, rappelons que d’autres projets sont également engagés à Taza (en deux phases d’une capacité totale de 150 MW). A cela s’ajoute le Repowering du parc de Koudia el Baida, premier projet éolien déve- loppé au Maroc et mis en exploitation en 2000 par l’ONEE. Au final, concer- nant les énergies renouve- lables, Masen fait savoir que le Maroc compte à ce jour 3.700 MW en exploita- tion, avec plus de 700 MW pour le solaire, 1.200 MW pour l’éolien et 1.770 MW pour l’hydroélectrique. ◆

Entre 2010 et 2019, le coût actualisé de l'énergie (LCOE) de la technologie PV a connu une baisse de 82%.

Le développement d’une filière industrielle EnR compétitive est l’un des piliers de la démarche intégrée deMasen. Car pour le groupe, le développement de ces projets EnR ne peut se faire sans l’appui et la participation de l’industrie et de la R&Dmarocaines. «Cette mission passe par la maximisation du taux d’intégration industrielle, qui vise une meilleure contribution des industriels locaux au secteur EnR. L’objectif est de créer de la valeur localement», expliqueMasen. D’après Masen, à fin 2018, le taux d’intégration industrielle enregistré était de 34% à 42% pour le solaire CSP, de 22,1% à 32% pour le solaire PV et de 65% pour l’éolien. A noter que le bras armé de la mission précitée est le cluster solaire, dont Masen est membre-fondateur et administrateur permanent. Il vise le développement d’un tissu industriel national en mesure d’accompagner la dynamique du secteur EnR. Le clus- ter solaire a initié pasmoins de 14 projets et incubé une trentaine de start-up. Il anime le secteur en proposant des formations et des actions pour soutenir le développement d’un écosystème compétitif. Quid du développement de l'écosystème des énergies renouve- lables auMaroc ?

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