FNH 977 (2)

Découvrez le numéro 981 de Finances News Hebdo, premier hebdomadaire de l'information financière au Maroc

Du 9 avri l 2020 - 8 DH - N° 977

Directeur de la publ ication : Fatima Ouriaghl i

Etat d'urgence sanitaire Le Maroc avance masqué

P. 20

Coronavirus

◆ Le HCP prévoit une régression de la croissance de 1,8% au deuxième trimestre. ◆ Les échanges extérieurs dans le dur. ◆ Le Maroc tire 3 Mds de dollars sur la LPL. Le spectre de la récession

P. 14/15

POINT BOURSE HEBDO

CRISE DU COVID-19

Evolution de l'indice Masi depuis mars 2019

«La réponse du Maroc est impressionnante»

Courant vendeur dominant Découragé par un newsflow négatif qui s'intensifie, notamment sur le volet macroéconomique, les opé- rateurs à la Bourse de Casablanca n'ont eu d'autres choix que de battre en retraite et de limiter leurs initiatives à l'achat cette semaine.

◆ Entretien avec Xavier Reille, directeur de la Société financière internationale (IFC).

P. 25

P. 16

P. 9

Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massi ra El Khadra, Casablanca - Tél. : ( 0522) 98.41.64/66 - Fax : ( 0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma

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OMMAIRE S

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Actualité Voyons voir : Le Coronavirus fait trembler la planète

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Ça se passe au Maroc Ça se passe en Afrique Ça se passe en dans le monde

Editorial

Bourse & Finances Point Bourse Hebdo : Courant vendeur dominant

Coronavirus : Les conseils d’Upline pour investir en temps de crise Bourse de Casablanca : Une saison de résultats déjà lointaine Entretien avec Youssef Oubouali : «En période de crise, il n’y a pas de place pour l’orthodoxie financière» Boursenews 9 10 11

Par Fatima Ouriaghli f.ouriaghli@financenews.press.ma

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BAS LES MASQUES !

L e coronavirus ne tue pas seulement. Il révèle aussi d’autres facettes de nos Etats. En effet, les masques sont tombés quand s’est déclarée la «guerre des masques». Les règles de bienséance interna- tionales et les convenances ont volé en éclats. La diplomatie éco- nomique est piétinée. La notion de « pays ami et frère» est reléguée aux calendes grecques. Tout cela n’a pas sa place dans cette crise sanitaire qui, au demeurant, a montré le vrai visage des Etats. Des Etats «pirates», «braqueurs» , «brigands», comme en témoignent les accusations qui se multiplient à l’international, sur fond de brouille diplomatique. La France accuse les Etats-Unis d’avoir détourné sa cargaison de masques sur le tarmac d’un aéroport en Chine en triplant le prix d’achat. La Suède a accusé la France d’avoir saisi pas moins de 4 millions de masques qui lui étaient destinés. Les tensions diplomatiques extrêmes ont finalement ramené la France à la raison. L’Allemagne, de son côté, accuse les Américains d’avoir intercepté leur commande de 200.000 masques à Bangkok, qualifiant cela d’ «acte moderne de piraterie» . «Même en temps de crise planétaire, les règles du Far-West ne devraient pas s’appli- quer» , s’offusque Berlin. Deux enseignements principaux res- sortent de tout cela. Le premier est que la Chine, d’où est venu le coronavirus, s’en met plein les poches en fourguant ses masques au monde entier et aux plus offrants. Très cocasse avec le

recul. Le second est que l’égoïsme a pris le dessus sur les principes de solidarité qui doivent régir les relations interna- tionales. Chacun prêche désormais pour sa paroisse. Cela peut-il néanmoins se comprendre ? A certains égards, oui. Car tous ceux qui sont au pouvoir actuellement répondront de leurs actes une fois la pandémie passée. Ils seront jugés par rapport aux décisions prises pour gérer La Chine, d’où est venu le coronavi- rus, s’en met plein les poches actuelle- ment en fourguant ses masques au monde entier et aux plus offrants. la crise sanitaire et économique, mais surtout par rapport à tout ce qu’ils ont fait pour protéger leurs populations. C’est de cela que se souviendront les citoyens. Le choix est donc vite fait : mieux vaut se coltiner les critiques des autres et avoir la reconnaissance de ses citoyens que l’inverse. Tout cela laissera cependant des séquelles : le monde ne sera plus pareil et les relations internationales seront forcément régies par d’autres dogmes. u

Economie HCP : Le coronavirus pèse lourd sur la croissance Coronavirus : Le spectre de la récession plane sur le Maroc Entretien avec Xavier Reille : «La réponse du Maroc est impression- nante» L’après Covid-19 : Pourquoi la lutte contre l’informel est une priorité Coronavirus : La technologie au cœur de la riposte Ventes automobiles : Indicateur avancé de la crise économique Lutte contre le coronavirus : Le Maroc fait le choix d’avancer masqué

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L'univers des TPME Porteurs de projet : StartUp Maroc adapte son accompagnement 21

Focus Agricole Main-d’œuvre = Les contraintes du confinement 22

Société Covid-19 : Mobilisation générale du monde associatif 23

Culture Un Russe nommé Poutine : Le portrait d’un président Musique : La playlist !

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Développement durable Power to X : Le projet de feuille de route prend forme Capacités d’énergies installées : Les énergies renouvelables ont toujours la côte 27 28

• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI • Directeur des rédactions &Développement : DavidWilliam • Rédacteur en chef : Amine Elkadiri • Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Adil Hlimi, Momar Diao, Youssef Seddik, Badr Chaou, Chaimaa Abounaïm • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique &maquettiste : Abdelillah Chamseddine •Mise en page : Zakaria Beladal • Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri, Salma Benmakhlouf, Rania Benchaib • Administratif : Fatiha Aït Allah, Nahla Sahlal • Édition : JMA CONSEIL • Impression : Maroc Soir • Distribution : Sapress • Tirage entre 15.000 et 18.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05

OYONS VOIR V

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Coronavirus Quand l’Homme est redevenu animal Par D. William

L’ infiniment petit a triomphé de l ’Homme. Cet Homme vaniteux, qui se croit omnipotent et invulnérable et qui défie constamment les lois de la nature, se rend subitement compte qu’il reste un élément insi- gnifiant sur terre. Son intelligence, sa richesse, sa puissance militaire, ses avancées technologiques…, ridiculisées par le coronavirus, une petite saloperie «minusculisime» et tout aussi dangereuse. Au point que l’Homme a déserté rues, bars, cafés, et même le travail pour se terrer chez lui. Pour se protéger d’un ennemi invisible. L’Homme a les chocottes. Il se cloître comme un animal en cage. Oui, les animaux ont pris leur

revanche. Pendant que l’Homme est réduit à une curiosité médi- cale, ce sont eux qui occupent les avenues désertes le soir. Ils se réapproprient une planète soudai- nement moins encombrée, moins polluée. L’Homme est devenu le spectateur impuissant de cette crise sanitaire planétaire qui se joue devant lui. Il était pourtant, au tout début, l’acteur principal de ce scénario dont les premières lignes ont été écrites dans la ville de Wuhan, en Chine, quand les habitants de cette province ont décidé de frico- ter avec le pangolin. Voilà ce qui arrive quand, dans un pays, «on mange tout ce qui a 4 pattes sauf les tables, tout ce qui vole sauf les avions, et tout ce qui nage sauf les

bateaux». La gourmandise a donc été à l’origine de ce désastre sani- taire mondial. De quoi sérieuse- ment irriter les végétariens, végé- taliens et autres végans. On en aurait évidemment ri si la situation n’était pas aussi grave ! L’Homme découvre parallèlement un vocable qui lui était peu com- Pendant que l’Homme est réduit à une curio- sité médicale, ce sont les animaux qui occupent les avenues désertes le soir.

mun et où, curieusement, la lettre «C» se met en orbite de façon cynique : coronavirus, covid-19, cas confirmés, contamination, crise (sanitaire et économique), confinement… et cimetière. Cimetière : point final d’une tra- gédie qui aura changé le rapport de l’Homme à la mort, au fur et à mesure que se poursuit, dans pra- tiquement tous les pays du monde, le décompte quotidien macabre : 91 morts au Maroc, 17.127 en Italie, 14.555 en Espagne, 12.911 aux USA, 10.328 en France (au 8 avril mi-journée). On se surprend, dès lors, à être involontairement impudents, car intérieurement «satisfaits» non pas qu’il n’y ait plus de morts, mais qu’il y en ait eu moins que la veille.

Et il y en a eu tellement, en même temps, que le monde en est réduit à les mettre dans des hangars aménagés, pour ensuite leur offrir des obsèques austères. Beaucoup ont ainsi regagné leur dernière demeure dans une quasi indiffé- rence, sans pouvoir être accompa- gnés par tous leurs proches. Voilà : c’est là où nous a conduit le coronavirus. En moins de 3 mois, il a réussi à banaliser la mort dans la conscience collective et à nous en familiariser. En moins de trois mois, il a rendu l’Homme asocial et primitif : il ne serre plus la main, ne fait plus la bise et regarde tout le monde d’un air suspect, voire craintif. Le coronavirus a pris tout ce qui nous différenciait des ani- maux. ◆

oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 52 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du série.

Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle

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COMMUNIQUÉ

Communiqué Post Assemblée Générale Mixte du 02 Avril 2020

Sous la Présidence de M. Lotfi SEKKAT, Président Directeur Général du Crédit Immobilier et Hôtelier, société anonyme au Capital Social de 2.832.473.500 Dirhams divisé en 28.324.735 actions d’une valeur nominale de 100 Dirhams chacune, l’Assemblée Générale Mixte Ordinaire et Extraordinaire s’est réunie en présentiel et par des moyens de visioconférence, le 02 Avril 2020 à 15 heures , au siège social sis à 187 avenue Hassan II. Après avoir entendu le rapport de gestion du Conseil d’Administration et les rapports des commissaires aux comptes au titre de l’exercice clos le 31/12/2019, l’Assemblée Générale a approuvé à l’unanimité les comptes de l’exercice 2019, ainsi que l’ensemble des résolutions qui lui ont été soumises, telles qu’elles ont été publiées dans les journaux d’annonces légales : • Le matin du lundi 24 février 2020 ; • Finances News du vendredi 28 février 2020. L’Assemblée Générale a décidé de fixer le montant des dividendes à servir au titre de l’exercice à : • Un dividende de 14 dirhams par action Le dividende sera mis en paiement à partir du 01 Juillet 2020, en numéraire. Le résultat des votes de l’Assemblée Générale Mixte du Crédit Immobilier et Hôtelier se présente comme suit :

Nombre d’actions (d): Présentsou représentés (a)

Résultatde l’adoption de larésolution

Voix «Contre»

Voix «Pour»

Votes valablement exprimés (c)

%du capital (b)

Résolutions

Objet

Abstentions

Nombre

%

Nombre

%

Ratification des modalités de la convocation

20.899.536 73,79% 20.899.536 0

0

0 20.899.536 73,79% Approuvé

1ère résolution

Approbation des comptes sociaux

20.899.536 73,79% 20.899.536 0

0

0 20.899.536 73,79% Approuvé

2ème résolution

Quitus aux commissaires aux comptes

20.899.536 73,79% 20.899.536 0

0

0 20.899.536 73,79% Approuvé

3ème résolution

Affectation du résultat et fixation du dividende

20.899.536 73,79% 20.899.536 0

0

0 20.899.536 73,79% Approuvé

4ème résolution

Jetons de présence

20.899.536 73,79% 20.899.536 0

0

0 20.899.536 73,79% Approuvé

5ème résolution

Conventions réglementées

20.899.536 73,79% 20.899.536 0

0

0 20.899.536 73,79% Approuvé

6ème résolution

Ratification de la nomination d’administrateurs Renouvellement demandat d’administrateur Changement de représentant permanent

20.899.536 73,79% 20.899.536 0

0

0 20.899.536 73,79% Approuvé

7ème résolution

20.899.536 73,79% 20.899.536 0

0

0 20.899.536 73,79% Approuvé

8ème résolution

20.899.536 73,79% 20.899.536 0

0

0 20.899.536 73,79% Approuvé

9ème résolution

10ème résolution Ratification de l’augmentation du capital

20.899.536 73,79% 20.899.536 0

0

0 20.899.536 73,79% Approuvé

11ème résolution Mise à jour des statuts

20.899.536 73,79% 20.899.536 0

0

0 20.899.536 73,79% Approuvé

12ème résolution Modification des articles des statuts 20.899.536 73,79% 20.899.536 0

0

0 20.899.536 73,79% Approuvé

13ème résolution Pouvoirs en vue des formalités

20.899.536 73,79% 20.899.536 0

0

0 20.899.536 73,79% Approuvé

Conforment aux dispositions de l’article 136 de la loi 17-95 tel que modifié et complété par la loi 78-12.

(a) - Le nombre d’actions pour lesquelles des votes ont été valablement exprimés ; (b) - La proportion du capital représentée par ce vote ; (c) - Le nombre total des votes valablement exprimés : après exclusion des actionnaires ne devant pas prendre part au vote

en vertu des dispositions de la loi 17-95 ; (d) - Une action correspond à une voix.

A SE PASSE AU MAROC Ç

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FINANCES NEWS HEBDO

JEUDI 9 AVRIL 2020

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Photode lasemaine

Le Maroc fait un tirage de 3 milliards de dollars sur la LPL

L Maroc a procédé le 7 avril 2020 à un tirage sur la Ligne de précaution et de liquidité (LPL) pour un montant équivalent à près de 3 milliards de dollars, remboursable sur une période de 5 ans, avec une période de grâce de 3 ans, indique Bank Al-Maghrib. La mobilisation de cette facilité intervient dans le cadre de l’accord au titre de la LPL conclu avec le FMI en 2012 et renouvelé pour la 3 ème fois en décembre 2018, pour une période de deux ans, avec l’intention de l’utili- ser comme assurance contre les chocs extrêmes. C’est la toute première fois que le Royaume tire sur cette ligne de précaution. La pandémie du Covid-19, d’une ampleur sans précédent, laisse présager une récession économique mondiale bien plus profonde que celle de 2009. L’économie nationale sera en conséquence impactée, notamment au niveau des secteurs et des activités orientés vers l’extérieur, à savoir les métiers mondiaux du Maroc, les recettes au titre des voyages, les trans- ferts des Marocains résidant à l’étranger et les investissements directs étrangers. Dans un tel contexte, le tirage sur la LPL contribuera à atténuer l’impact de cette crise sur notre économie et à maintenir nos réserves de change à un niveau adéquat à même de consolider la confiance des investisseurs étrangers et de nos partenaires multilatéraux et bilatéraux dans notre économie, explique la Banque centrale. Le tirage sur cette ligne de liquidité sera mis à la disposition de Bank Al-Maghrib et affecté essentiellement au financement de la balance des paiements et n’impactera pas la dette publique, ce qui constitue une pre- mière dans nos transactions financières avec le FMI. ■

Port du masque : le Roi Mohammed VI donne l'exemple en recevant des membres du gouvernement.

Othman El Firdaouss fait son retour au gouvernement

L e Roi Mohammed VI a reçu mardi au Palais Royal de Casablanca, Saaid Amzazi et Othman El Firdaouss, en présence du Chef du gouvernement, Saad Eddine El Otmani. Au cours de cette audience, et conformément aux dispo- sitions de l’article 47 de la Constitution et sur proposition du Chef du gouvernement, le Roi a nommé Saaid Amzazi, ministre de l'Éducation nationale, de la Formation profes- sionnelle, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, des fonctions de porte-parole du gouverne- ment. Othman El Firdaouss fait son retour au gouvernement en tant que ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports. ■

Le déplafonnement des emprunts extérieurs adopté en Commission

L e projet de décret-loi n° 2.20.320 relatif au dépas- sement du plafond des emprunts extérieurs a été adopté mardi en Commission des finances du dévelop- pement économique à la Chambre des représentants. Ce projet vise à autoriser le gouvernement à dépasser le plafond des financements extérieurs fixé en vertu de l’article 43 de la Loi de Finances 70-19 pour l’année

budgétaire 2020. Ainsi, cette mesure vise à permettre au pays d’assurer ses besoins en devises notamment à travers le recours à l’emprunt sur le marché interna- tional, étant donné qu’un ensemble de secteurs dont le tourisme, les investissements directs étrangers, les secteurs exportateurs et les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont été impactés. ■

Dématérialisation des demandes de franchise douanière depuis le 8 avril Commerce extérieur

L a procédure de gestion des Demandes de franchise doua- nière (DFD) est désormais dématé- rialisée via le Guichet unique natio- nal des procédures du commerce extérieur Portnet, annonce le minis- tère de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique. Le nouveau circuit de traitement

ment et de sortie des marchandises. A ce titre, les importateurs bénéfi- ciant des quotes-parts dans le cadre des contingents tarifaires ou désirant bénéficier des franchises douanières au titre des accords préférentiels concernés par cette procédure sont invités, à compter du 8 avril 2020, à souscrire les DFD via la plateforme Portnet en joignant les copies scannées des factures pro- foma y afférentes. Les DFD déjà délivrées avant la date d’entrée en vigueur de cette procédure dématérialisée demeurent valables jusqu’à expiration de leur validité, précise la tutelle. ■

dématérialisé des DFD, mis en œuvre en étroite collabora- tion avec l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) et Portnet S.A, a pour objectif de contribuer à la réduction des délais et des coûts liés au traitement de cette formalité et à l’accélération des opérations d’enlève-

Ç A SE PASSE EN AFRIQUE

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JEUDI 9 AVRIL 2020 FINANCES NEWS HEBDO

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La BM accorde 13 millions d'euros à la Tunisie pour faire face au coronavirus

La BAD finalise la cota- tion de son obligation sociale «Combattre le Covid-19»

Propos racistes «L'Afrique ne sera jamais un terrain d'essai pour aucun vaccin», s'insurge l'OMS

L’ emprunt obligataire social «Combattre le Covid-19», le plus gros emprunt social jamais placé sur les marchés de capitaux, a été mis en cotation à la Bourse de Londres vendredi 3 avril 2020, et il est maintenant disponible à travers son marché des obligations durables. Cette cotation marque d’une pierre blanche le lancement du premier emprunt obligataire de la Banque africaine de développement (BAD) à la Bourse de Londres. L’opération qui a été sursouscrite, a suscité un vif intérêt à l’enregis- trement avec un carnet d’ordres totalisant 4,6 milliards de dollars, ce qui a rendu possible la levée de 3 milliards de dollars. Ce montant exceptionnel servira à atténuer l’impact du Covid-19 sur les activités économiques et les moyens de subsistance en Afrique. L’emprunt obligataire dont l’échéance est de trois ans, a recueilli l’intérêt de la part des Banques centrales et des institutions officielles, des trésoriers des institutions ban- caires et des gestionnaires d’actifs. ■ Coronavirus : L’Afrique du Sud envisage de demander un prêt de 1 milliard de dollars

Ghana : 100 millions de dollars de la BM pour lutter contre le Covid-19 L a Banque mondiale vient d'approuver un financement de 100 millions de dollars pour aider le Ghana à lutter contre la pandémie de Coronavirus. Ce financement sera mis à la disposition du gouvernement ghanéen à titre d'appui à court, moyen et long terme, pour aider le pays à fournir des systèmes d'interven- tion améliorés pour lutter contre Covid-19, rapporte la presse locale. L a Banque mondiale (BM) a décidé d'accorder une enveloppe de 13 millions d'euros à la Tunisie pour faire face au nouveau coronavirus. Cité par les médias tunisiens, le Représentant résident de la Banque mondiale en Tunisie, Tony Verheijen, a exprimé la prédisposition de la BM à accorder des aides financières à la Tunisie afin de minimiser l'impact de la pandémie du coronavirus sur les secteurs agricole et sanitaire, à travers la restructuration de certains projets agricoles. Il a ajouté, lors d’une récente entrevue avec le ministre tunisien de l'Agriculture, de la Pêche et des Ressources hydrauliques, Oussema Kheriji, que l'enveloppe qui sera accordée au ministère de la Santé, lui permettra l'acquisition de traite- ments et d'équipements médicaux afin de lutter contre ce virus. De son côté, le ministre de l'Agriculture a salué la contribution de la Banque mon- diale aux efforts nationaux de lutte contre le coronavirus, appelant à la nécessité d'accélérer l'application des mesures prises. ■

L e Directeur général de l'Organisation mon- diale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a réagi vivement lundi aux «pro- pos racistes» de chercheurs français ayant récemment évoqué des tests médicaux d'un vaccin potentiel contre le Covid-19 en Afrique, dénonçant «l'héritage d'une mentalité colo- niale». «Ce genre de propos racistes ne font rien avan- cer. Ils vont contre l'esprit de solidarité. L'Afrique ne peut pas et ne sera un terrain d'essai pour aucun vaccin» , a déclaréTedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse virtuelle depuis Genève. «L'héritage de la mentalité coloniale doit prendre fin» , a-t-il ajouté. Les propos tenus sur une chaîne française par un chercheur de l'Inserm et un chef de service de l'hôpital Cochin à Paris qui s'interrogeaient sur l'opportunité de tester un vaccin en Afrique dans le cadre du coronavirus avait suscité une vague d'indignations dans le monde. ■

Ainsi, la Banque mondiale soutiendra le gouvernement du Ghana pour aider à prévenir, détecter et répondre à la pandémie de Covid-19 à travers le Ghana Emergency Preparedness and Response Project (EPRP), qui contribue à renforcer les laboratoires nationaux du Ghana. Ce financement a également pour objectif d’améliorer les systèmes de réponse en fournissant un soutien social et financier et des services de santé gratuits aux patients et aux familles atteints du Covid-19 qui sont isolés ou mis en quarantaine. ■

L’ Afrique du Sud envisage de demander un crédit de l’ordre d’un milliard de dollars de la nouvelle Banque de développement (NDB) du groupe du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) pour financer la lutte contre la pandémie du Coronavirus. Selon la Trésorerie sud-africaine, le pays, frappé par une grave crise économique, envisage également de recourir aux facilités accordées par les institutions multilatérales, notamment le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. L’Afrique du Sud où les infections au Coronavirus ont atteint 1.655 cas, a vu sa note souveraine dégradée à deux reprises dernièrement par les agences de notation Moody’s et Fitch Ratings. «Nous recherchons activement des prêts à coût réduit dans le monde entier» , a déclaré le Directeur général du Trésor, Dondo Mogajane, ajoutant que la banque du BRICS a assuré l’Afrique du Sud de la disponibilité d’un finance- ment d’un milliard de dollars. ■

A SE PASSE DANS LE MONDE Ç

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La France connaîtrait sa plus forte récession depuis 1945

L a France devrait enregistrer en 2020 sa pire année de récession économique depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, en raison de l'épidémie du nouveau coronavirus, a prévenu le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. «Le chiffre de croissance le plus mauvais qui ait été fait par la France depuis 1945, c'est en 2009 après la grande crise financière de 2008: -2,2%. Nous serons vraisemblablement très au-delà des -2,2%» cette année, a affirmé le ministre lors d'une audition par la commission des Affaires économiques du Sénat. Le ministre avait souligné récemment que la réces- sion induite par la crise due au nouveau coronavirus serait «beaucoup plus» profonde que -1 %, prévu dans le budget rectifié adopté mi-mars par le par- lement. Pour sa part, l’Institut national de la statistique

(INSEE) a estimé que la perte de PIB serait de 6 points sur un an si le confinement devait durer deux mois. ■

Le Japon lance un plan de soutien de 915 milliards d'euros

Covid-19 : Accusé de «laxisme», le gouvernement britannique tente de se rattraper

L e Premier ministre Shinzo Abe a annoncé un plan de soutien massif d’environ 108.000 milliards de yens (915 milliards d’euros) pour combattre les effets du coronavirus sur la troisième puissance écono- mique du monde. Dans le cadre de ce plan, plus de 6.000 milliards de yens seront versés aux ménages et aux entreprises et l’Etat dépensera en outre 26.000 milliards pour leur permettre notamment de reporter les paiements de taxes. Selon un document préparatoire consulté par Reuters avant l’annonce de ce plan, le gouvernement japonais considère cette pandémie comme la plus grande crise à laquelle l’économie mondiale est confrontée depuis la Seconde guerre mondiale. ■ L ' économie allemande devrait enregistrer une baisse spectaculaire estimée à 9,8% lors du deuxième trimestre de cette année à cause des conséquences de la pandémie de coronavirus, selon les prévisions des principaux instituts économiques. Les instituts DIW, IfO, IfW, IWH et RWI tablent sur une récession de 4,2% de l’économie locale sur l’ensemble de l’année, soit un peu moins que les projections du gouvernement, avant de renouer avec la croissance en 2021 avec une progression de 5,8%. Selon les experts de ces instituts, la contraction au deuxième trimestre, sur un an, serait la pire connue depuis le premier recensement des données de croissance trimestrielles en 1970. Dans le même sens, le Comité des économistes conseillant le gouvernement allemand prévoient éga- lement un recul du PIB compris entre 2,8% et 5,4% en 2020 en fonction de la durée des mesures res- trictives mises en place pour ralentir la propagation de la pandémie. ■ devrait chuter de près de 10% au T2 L'économie allemande

C ritiqué pour avoir tardé à imposer un confinement strict à la population au moment où plusieurs pays européens l'ont décrété afin de limiter la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus, le Royaume-Uni tente de se rattraper en durcissant davantage les mesures de prévention. Après avoir fermé écoles, lycées et universités, imposé le travail à domicile, ordonné la fermeture des cafés, restaurants et tous les espaces de divertissement, tout en interdisant les déplacements «non essentiels» sauf pour faire des courses, des exercices phy- siques ou à des fins médicales, le gouvernement menace à nouveau de durcir les mesures de confinement, si celles-ci ne sont pas respectées par les habitants. Le ministre de la Santé, Matt Hancock, qui vient lui-même de guérir du nouveau coronavirus après sa mise en quarantaine, a exhorté une nouvelle fois les Britanniques qui peinent à résister à la tenta- tion de sortir de chez eux quand il fait beau «à se conformer aux règles», se disant «offusqué» qu'une «petite minorité» ne respecte toujours pas les règles de distanciation sociale.

«Restez chez vous, ceci n'est pas une demande ! C'est un ordre !», a martelé le ministre de la Santé lors d'un briefing du gouvernement sur la pandémie, notant que «prendre un bain de soleil est contraire aux règles». ■

Pour DSK, le FMI doit utiliser ses droits de tirage spéciaux

I l est indispensable que le FMI utilise ses droits de tirage spéciaux (DTS), sorte de monnaie créée par le Fonds pour soutenir des États, afin d'atténuer les effets de la crise du Covid-19, estime son ancien secrétaire géné- ral Dominique Strauss-Khan (DSK). «Allègement des dettes des pays à bas revenus et émission massive de DTS sont aujourd'hui un passage obligé pour contribuer à éviter une catastrophe économique», estime DSK. Affirmant qu'on «assiste à un coma orga- nisé et à un délitement subi, mais sans doute durable, des chaînes d'approvisionnement» provoquées par l'épidémie et les mesures de confinement, il souligne que l'action des grandes Banques centrales (en plus de celle des gouvernements) pour éviter un affais- sement de la demande «n'atteindra que par ricochet les économies émergentes» pour lesquelles il est particulièrement inquiet. ■

B OURSE & F INANCES

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Point Bourse Hebdo

Courant vendeur dominant

◆ Les premiers signaux de détérioration macroécono- mique pèsent sur le marché. ◆ L’engagement des opérateurs est encore resté faible cette semaine.

Evolution de l'indice Masi depuis mars 2019

évoluent dans le rouge : l'hôtellerie en tête avec une baisse de 47% sur l'année, suivie par l'immobilier (-45%), l'équipe- ment industriel (-42%), et le secteur des mines qui lâche 38% en ytd. À côté, si les observateurs sont unanimes à dire que la crise est inévitable, il s'agit maintenant d'en mesurer l'ampleur. Un exercice pour le moins délicat qui ne fait que peser sur la psychologie du marché. Les partenaires internationaux du Maroc anticipent une récession et un important déficit budgétaire qui risquent à moyen terme d'orienter les flux vers les taux longs. Le bilan de la semaine s'est pour sa part caractérisé par un niveau d'engagement encore très faible. Seuls 532,6 MDH ont changé de mains alors que le Masi a baissé de 3,70%. Marché des taux : Le trésor dans une situation confortable La direction du Trésor garde la main sur

Par Y. Seddik

D écouragé par un newsflow négatif qui s'intensifie, notam- ment sur le volet macroéco- nomique, les opérateurs à la Bourse de Casablanca n'ont eu d'autres choix que de battre en retraite et de limiter leurs initiatives à l'achat cette semaine. Ainsi, le marché actions s'approche de nouveau de ses plus bas annuels après le récent rebond écourté par manque de volumes. Les investisseurs ont opté cette semaine pour de nouveaux dégagements, alors que les récents indicateurs préliminaires (ventes automobiles, discours du ministre des Finances, ralentissement de la crois- sance au T1 et régression attendue au T2) confirment le début du ralentissement de l'activité économique du pays, ravivant ainsi l'aversion pour les actifs risqués. Ce faisant, tous les secteurs de la cote

le marché des taux. Les investisseurs qui s'attendent à une hausse des rende- ments du fait des projections du déficit public devront encore patienter. En effet, le trésor est dans une situation confortable, ce qui lui permet d'injecter de la liquidité dans le circuit monétaire en multipliant les placements à blanc ou avec prise de pension et en proposant même aux investisseurs de racheter la dette publique. D’ailleurs, les interventions à blanc et avec prise de pension se sont élevées à plus de 25 Mds de dirhams cette

semaine.

Eléments graphiques Le portait graphique dressé lors du der- nier Point Bourse Hebdo (www.fnh.ma) est inchangé : Les indicateurs techniques sont toujours dans une configuration de rebond à court terme alors qu'à moyen et long terme, la tendance baissière est confortablement installée. Le support important le plus proche se situe à 8.800 points. Le niveau de résistance à travailler est à 10.350 points. ◆

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Coronavirus Les conseils d’Upline pour investir en temps de crise ◆ Les analystes se prêtent à l’exercice difficile de mesure d’impacts sur la Bourse et les indicateurs macroécono- miques du Royaume. ◆ Ils conseillent aux investisseurs d’adopter plus que jamais une optique long terme basée sur une projection post-crise.

Par A. Hlimi

Les analystes conseillent aux investis- seurs d’adop- ter plus que jamais une optique long terme.

L a place de Casablanca a fini, à son tour, par être impactée par le vent de panique provoqué par la propagation du Coronavirus au niveau mondial, le MASI ayant dégringolé de -21,46% en YTD au 2 avril. L’indice boursier a même touché un plus bas depuis le mois d’octobre 2015 à 8.987,89 pts. « Une situation liée au retrait des investisseurs étran- gers, qui ont opté pour la liquida- tion de leurs positions dans les marchés émergents et frontaliers pour compenser au minimum les pertes réalisées dans les mar- chés développés. De surcroît, un mouvement de vente ayant été constaté chez certains investis- seurs institutionnels et chez les particuliers », explique la filiale spécialisée du Groupe BCP. Mouvement ponctuel Pour les analystes, il s’agit d’un mouvement à « caractère ponc- tuel ». « L’essentiel du repli au niveau du MASI ayant déjà été consommé, à notre sens, étant donné la position dominante des investisseurs institutionnels locaux dans la structure globale. Représentant près de 85% du volume global sur le marché cen- tral, ces investisseurs adoptent une stratégie Buy & Hold, ce qui garantit une relative stabilité du marché ». « Nous pouvons espérer éga- lement que les mesures de relance budgétaire annoncées et les actions d’accompagne- ment qui seront adoptées par les autorités seront de nature à atténuer l’impact de cette pan-

démie sur la cote casablancaise. D’autant plus que les fondamen- taux de l'économie marocaine demeurent solides, avec un niveau d’endettement du Trésor ne dépassant pas les 65% ». Quelles actions ache- ter ? « Pour notre part, poursuit la

société de bourse , nous pensons que la meilleure approche serait de ne pas céder à la panique et opter pour une restructuration des portefeuilles. Il s’agit essen- tiellement d’une réallocation vers des secteurs peu risqués et modérément risqués, comme l’industrie pharmaceutique, l’électricité, l’agroalimentaire, la

grande distribution, les banques et les télécoms ». Dans cette même lignée, les analystes conseillent aux inves- tisseurs d’adopter plus que jamais une optique long terme, basée sur une projection post- crise. « L’idée étant de profi- ter des niveaux de valorisation actuels pour bénéficier du

potentiel de reprise post-crise. Sur ce volet, nous privilégions le PER ou le P/B comme mesure de l’attractivité d’un titre plutôt que le Dividend Yield. En effet, le contexte actuel pourrait pousser les entreprises à revenir sur leur décision de distribution afin de faire face à des pressions sur la liquidité ».

Secteurs & Macro: Des impacts forts sont attendus

«Au-delà des impacts économiques, cette crise sanitaire de grande envergure devrait à terme engendrer des changements conséquents, autant sur la psychologie des marchés que sur les habitudes de consommation des ménages», prévoit la recherche d’Upline. Une crise qui devrait, selon les analystes, remettre en cause le modèle écono- mique actuel basé, en grande partie, sur la consommation des ménages. «Nous nous attendons donc dans les années à venir à une refonte du modèle de croissance économique du Maroc, avec une moindre contri- bution de la consommation, une baisse des importations et un regain de l’investissement dans le tissu productif, en R&D et dans les services sociaux (Education, Santé, etc.)». Impacts sur la psychologie de marché

Selon les analystes, les princi- paux secteurs d’activité écono- mique qui devraient être impac- tés directement par la Covid-19 sont ceux liés essentiellement au tourisme & restauration et au secteur du transport. Les activités touristiques pour- raient subir une perte comprise entre 30% et 40% des touristes sur l’année 2020. En termes chiffrés, cela se traduirait par une contraction se situant entre 23 MMDH et 31 MMDH des

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Bourse de Casablanca

recettes touristiques. Les activités financières seraient également touchées, avec un ralentissement du rythme d’évo- lution des crédits bancaires et des revenus (effet report des échéances de crédit). Néanmoins, la baisse sensible de la facture énergétique devrait permettre un allégement des coûts de production pour les entreprises marocaines. S’agissant des principaux équi- libres macroéconomiques, le déficit budgétaire devrait s’ac- centuer pour s’établir autour de 4,5% du PIB en 2020. « L’annonce par les autorités publiques d’une enveloppe bud- gétaire de 10 MMDH, consacrée à la gestion de la crise, devrait être partiellement compensée par un prélèvement dans le budget d’investissement », lit-on dans la note. Cette projection inclut aussi l’impact négatif de la pandémie sur les recettes fiscales de l’Etat. S’agissant de la balance cou- rante, son déficit est attendu en légère stabilisation autour de -4,5% du PIB. Le repli ponctuel des exportations, notamment vers la zone Euro du fait des dysfonctionnements observés dans les chaînes d’approvision- nement, devrait être contreba- lancé par une sensible baisse de la facture énergétique. Celle-ci profiterait à la fois d’un effet prix et volume. La consom- mation d’énergies fossiles devrait connaitre une baisse substantielle pendant la durée de confinement. « Cela dit, malgré les effets néga- tifs attendus, il n’en demeure pas moins que l’économie marocaine continue de bénéfi- cier d’une diversification impor- tante de ses activités. Ce qui devrait lui permettre de juguler les effets négatifs de cette crise sanitaire mondiale. Ceci sans oublier l’effort d’accompagne- ment étatique, conforté par des fondamentaux économiques sains et solides. Des fondamen- taux qui permettent au Maroc de disposer d’une ligne de précau- tion & de liquidité (LPL) du FMI d’un montant de 3 MM USD, mobilisable à tout moment », conclut Upline (voir p.6). ◆

◆ 2020 sera en totale rupture avec les réalisations des sociétés cotées en 2019. ◆ Les enseignements d'une saison de résultats déjà caduque. Une saison de résultats déjà lointaine M aigre moisson pour les action- naires des entre- prises cotées. Ils Par A. H.

devront se partager 17,2 Mds de dirhams de dividendes au titre de 2019, soit le montant le plus faible depuis 4 ans. Ce montant est en baisse de 11% par rapport à 2018, selon les calculs de BMCE Capital Research (BKR) dans une note sur les résultats des entre- prises. Il faut dire que beau- coup d'émetteurs ont préféré ne pas distribuer de dividendes ou ont reporté cette décision. «13 sociétés ont choisi de ne pas distribuer de dividendes tandis que 6 entreprises ont reporté la décision de distribu- tion à une date ultérieure, et ce en l’absence de visibilité sur les éventuels impacts de la pandé- mie du Covid-19», précise BKR. De plus, BKR signale que «16 sociétés n'ont pas encore com- muniqué sur la distribution de dividendes». Le montant des dividendes annoncés fixe le rendement du marché actions à 3,1% contre 3,8% en 2018, selon le bureau de Recherche. Une capacité béné- ficiaire en légère hausse Les analystes qualifient les réalisations commerciales de 2019 de «plutôt satisfaisantes» . En effet, les revenus globaux du marché enregistrent une amé- lioration de 2,5% à 240,6 Mds

de dirhams. Sachant que Centrale Danone, Ennakl, Timar et Aluminium du Maroc n'ont pas encore publié leurs résultats au moment où nous mettions sous presse. Pour sa part, la capacité bénéficiaire de la cote casa- blancaise (hors 6 valeurs qui n’ont pas publié à date de RNPG) se replie de 11% à 24,8 Mds de dirhams. Les 6 émet- teurs qui n'ont pas communi- qué leur RNPG sont Addoha, RDS, Ciments du Maroc, Jet Contractors, M2M et Snep. Retraité de la provision de Maroc Telecom, le RNPG glo- bal des sociétés cotées res- sort en amélioration de 0,8% à 28,1 Mds de dirhams, selon les calculs de BKR. «S’agissant des 6 valeurs n’ayant pas communiqué leur RNPG, soit 4,9% de la capi- talisation boursière, le résultat net consolidé de ces sociétés ressort en quasi-stagnation de 0,6% à 2 Mds de dirhams». Signalons que sur les 60 socié-

tés ayant communiqué leur RNPG au titre de l’exercice 2019, 38 d’entre elles (soit 58% de la capitalisation bour- sière) affichent une croissance bénéficiaire de près de 10%, 4 entreprises (5,1% de la capi- talisation boursière) constatent

un RNPG en quasi-stagnation par rapport à 2018 et 18 socié- tés, soit 30,5% de la capitalisa- tion boursière, enregistrent une capacité bénéficiaire en baisse globale de 51,6% d’une année à l’autre (-16,1% hors provision de IAM). ◆

ENBREF Une émission obligataire de 600 MDH pour label'Vie L es actionnaires de Label'Vie devront statuer lors d'une

Assemblée générale le 5 mai sur une nouvelle émis- sion obligataire, de 600 MDH, cette fois-ci sous forme de placement privé.

Le groupe est très actif sur le marché de la dette puisqu'il avait bou- clé récemment, en novembre 2019, un précédent emprunt sur le marché financier, de 750 MDH. Cet emprunt souscrit 7,4 fois a per- mis au groupe de reprofiler sa dette et mieux gérer sa trésorerie. ◆

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déclarations fiscales et du règlement d’une partie de l’impôt. Les mois de mars et d’avril sont connus pour être les plus dynamiques de l’année, l’activité est en vitesse de croi- sière surtout avant d’entamer le Ramadan et par la suite les vacances estivales. Après l’exercice fiscal, les entre- prises commencent à lancer leur programme d’investisse- ment ou de développement de leur exploitation. F.N.H. : Les recettes fiscales seront donc forte- ment impactées ? T. O. : Les principaux impôts seront nettement en deçà de leur potentiel de rentabilité. La perte d’emploi devrait avoir un effet notoire sur les recettes de l’IR. La CNSS annonce pas moins de 810.000 salariés en arrêt de travail, soit 31% des personnes immatriculées. Le nombre d’entreprises en arrêt d’activité se chiffre à 134.000, ce qui représente 62% des sociétés affiliées à la CNSS, dont la plupart sont en situation vulnérable. Cette situation devrait avoir un effet sur les recettes de l’IS. Quant à la TVA, le confinement a réduit sensiblement la consommation de produits, qui sont dans la majorité des cas concentrés actuellement au niveau alimentaires. Pour les autres impôts, la situation n’est pas meilleure. Le secteur de l’immobilier, par exemple, devrait être frappé de plein fouet par la crise, avec effet immédiat sur les recettes de la taxe sur les profits immobiliers (TPI) sans compter les droits d’enregistrement, de timbre et ceux de

«En période de crise, il n’y a pas de place pour l’orthodoxie financière» ◆ Plus la reprise tardera, et plus l’impact de la crise sera difficile à surmonter. ◆ TVA, IR, IS, droits d’enregistrement : les principaux impôts et taxes vont perdre sensiblement de leur potentiel de rentabilité.

la conservation foncière, de gros contributeurs pour les recettes publiques. Pour leur part, les droits de douane seront secoués par les restrictions impo- sées sur les importations pour préserver les avoirs en devises.

La LF 2020 telle qu’elle a été conçue, ne peut faire face aux désé- quilibres budgé- taires provoqués par la crise.

F.N.H. : Le gouverne- ment a pris une série de mesures d’aus- térité. A votre avis, ne serait-il pas mieux d’opter pour une Loi de Finances rectificative ? T. O. : Face à la crise du Covid-19, plusieurs pays, notamment européens, ont adopté des Lois de Finances rectificatives pour réorienter les dépenses budgétaires vers les secteurs prioritaires notamment la santé et la sécurité sociale. Au Maroc, les mêmes contraintes se présentent, la LF 2020 telle qu’elle a été conçue, ne peut faire face aux déséquilibres budgétaires provoqués par la crise. La croissance sera révisée à la baisse, le HCP estime qu’elle ne dépassera pas 0,8% et le Centre marocain de conjoncture (CMC) a confirmé ce trend baissier. Le déficit budgétaire et l’inflation devraient s’envoler. Pour ne pas perdre de temps et être plus efficace, l’Exécu- tif a opté pour un décret-loi, qui lui permet de suspendre les engagements de dépenses et de dépasser les plafonds de l’endettement extérieur prévu dans la LF 2020. En période crise, il n’y a pas de place pour l’orthodoxie financière à laquelle le Maroc s’attache scrupuleusement. Le principal objectif à court terme est de sortir l’éco- nomie nationale de la salle de réanimation le plus vite possible. ◆

F.N.H. : Toutes ces dispositions ont besoin de ressources. Pensez-vous que les dotations du Fonds Covid-19 sont suffisantes pour faire face à tous les besoins ? T. O. : La création du Fonds Covid-19 est une initiative louable. Elle a montré sa pertinence en faisant appel à la générosité des Marocains, chacun selon ses capacités, pour participer à cet élan de solidarité nationale. Toutefois, il faut préciser que ce fonds a été créé pour faire face à des besoins urgents, qui seront limités dans le temps, c’est-à-dire la durée du confinement, soit quelques semaines, voire un ou deux mois. Il faut penser à l’après-Covid-19, car les effets collaté- raux ne vont pas tarder à s’imposer. Il est donc essentiel de lancer des mesures de grande ampleur pour que la relance soit au rendez-vous le plus tôt possible. Plus la reprise tardera et plus l’impact de la crise sera difficile à surmonter. La dépense publique est un outil important pour faire redémarrer la machine et dans de bonnes conditions. Il ne faut pas oublier que la crise s’est déclenchée à un moment crucial de l’année, soit à quelques jours des

Propos recueillis par C. Jaidani

Finances News Hebdo : Nous sommes face à une crise sanitaire qui engendre une crise écono- mique sans précédent. Comment, selon vous, le gouvernement peut-il remédier à cette situation sachant que les finances publiques sont mises à rude épreuve actuellement ? Youssef Oubouali : Partout dans le monde, la crise sanitaire engendrée par le Covid-19 devrait avoir des conséquences graves sur les économies, y compris chez les Etats les plus puissants. Si la crise financière de 2009 a mis un certain temps avant que son effet se manifeste sur l’économie, le choc de la crise actuelle est brutal, et rares sont les pays qui peuvent l'amortir sans dégâts importants. L’Etat est appelé, plus que jamais, à injecter des res- sources en masse pour venir en aide aux personnes et aux secteurs impactés. Pour préserver l’emploi, il est essentiel de soutenir les entreprises afin de maintenir la machine économique en marche.

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L'Etat profite de l'abon- dance des liquidités pour racheter ses propres dettes

Coronavirus : Ces banques qui versent des primes pour encourager le réseau

F ace à la multiplication des congés et le mécontentement du personnel, certaines banques ont pris la décision d'of- frir des primes à leurs salariés du réseau. Une décision loin d'être généralisée pour le moment. Les agences bancaires sont considérées comme «nécessaires au quotidien des citoyens» et font donc partie de ces établissements qui ne peuvent pas fermer durant l'état d'urgence sanitaire. Et bien que la totalité des banques du Maroc ait pris des mesures pour limiter le risque de contamination parmi leurs employés et leurs clients, il a été remarqué une montée des craintes auprès du personnel, mesurée par la multiplication des congés dans le réseau depuis le début de la crise sanitaire. Au front Alors que leurs collègues dans les filiales spécialisées et dans les sièges sociaux sont pour beaucoup en télétravail, les salariés des agences sont eux en contact quotidien avec les clients, avec le risque de contamination. Les banques ont pourtant mis en place une série de mesures pour les protéger : réduction des horaires de travail, limitation du nombre de clients à l'intérieur des agences, désinfection au moins quotidienne des locaux... Certains centres d'affaires ont même adopté le travail à mi-temps. Mais cela n'a semble-t-il pas réduit la frustration de ces collabo- rateurs tenus d'accompagner les mesures prises par le GPBM, concernant notamment la suspension temporaire des échéances de crédit et toute la paperasse qui l'accompagne. Les banques sont sollicitées quotidiennement pour aider les béné- ficiaires et doivent impérativement rester opérationnelles pendant cette période délicate. Jusqu'à 3.000 DH de prime Pour encourager leurs troupes, certaines banques ont décidé de casser leurs tirelires. Selon notre sondage non exhaustif, au moins 3 banques ont sauté le pas. Elles offrent à leurs salariés des primes exceptionnelles allant de 1.000 à 3.000 DH. En France, cette «prime de mobilisation» a été dictée par une recom- mandation du gouvernement à des secteurs comme la grande

riore ainsi les agrégats de 2019. La société revendique quasiment le doublement de son carnet de commandes entre le début et la fin de l'exercice écoulé. De ce fait, le management demeure «confiant dans la croissance et à la rentabilité de cette activité pour l'exer- cice 2020». Le résultat d'exploitation s'établit, quant à lui, à 6,2 MDH contre 32 MDH une année auparavant alors que le résultat net est arrêté à -27,9 MDH contre 20,3 MDH en 2018 compte tenu de l'impact constaté, en résultat non courant, du changement de méthode comptable sur les agrégats issus des exercices antérieurs. Enfin, concernant la crise sanitaire, la société affirme que la nature de ses produits et services de paiement digital, auprès de ses clients essentiellement dans le secteur ban- caire, lui permet de rester confiante dans sa résilience dans le contexte de la pandémie. ◆ A cela s'ajoute le modeste rendement des différents plans d'inté- ressement à la performance et qui se sont multipliés depuis 2 ans pour renforcer les fonds propres des banques. Les grands groupes financiers ont en effet sollicité leur personnel dans le cadre d'augmentations de capital, mais vu que les cours de Bourse des banques sont en chute (le secteur perd 26% de sa valorisation depuis le début de l'année), il ne faudra pas compter sur ce patrimoine à court terme pour les banquiers qui ont la pos- sibilité de vendre leurs actions. En plus, les dividendes futurs risquent d'être maigres, de quoi limiter les tombées de cash qui arrivent généralement au début de l'été. ◆ distribution et le secteur bancaire, mais elle est loin d'être généra- lisée pour le moment. Elle a pour objectif de compenser le risque pris par le salarié. Reste à savoir si les primes de risque seront généralisées auprès de toutes les banques, une demande que le personnel qualifie de légitime dans le contexte actuel. Année difficile en perspective pour la rémunération variable Par ailleurs, les banquiers s'attendent à une faible rémunération variable en 2020 (à recevoir en 2021). Cette fois-ci, ce sont tous les salariés des banques qui sont concernés : qu'ils soient dans le réseau, banquiers d'affaires ou même traders en salles des mar- chés, la rémunération variable risque de fortement chuter puisque les objectifs seront difficiles, voire impossibles à atteindre dans le contexte actuel.

P our la deuxième semaine consécutive, le trésor n'a pas émis de nouvelles dettes sur le marché intérieur. Il profite même de l'abondance de liquidités pour racheter ses propres bons du Trésor. En effet, dans le cadre des opérations de gestion active de la dette intérieure, la Direction du trésor et des finances extérieures a procédé aujourd'hui à une opération de rachat de Bons du trésor pour un montant de 1 milliard de dirhams. Il s'agit de bons à 52 semaines et 2 ans. L'Etat s'est permis de ne pas faire appel au marché de la dette pendant deux semaines. Qualifiée d'inédite par les professionnels de l'épargne, cette situation est paradoxale dans le contexte de crise sanitaire que nous traversons. Mais elle semble ponctuelle. Elle s'explique par des rentrées d'IS meilleures que prévu dans les circonstances actuelles et par le fonds spécial contre la pandémie qui compte plus de 30 Mds de dirhams.

Le trésor se permet même de multiplier les pla- cements sur le marché monétaire pour optimiser ses ressources. ◆ S2M trébuche après un changement de méthode comptable

S 2M, qui avait alerté le marché sur ses résultats 2019 en décembre 2019, vient d'annoncer une perte nette pour l'exercice écoulé. Le chiffre d'affaires de la société est de 193,4 MDH contre 229,6 MDH en 2018. Cette diminu- tion venant essentiellement du retard sur certains projets importants ainsi que du changement de méthode comptable appliqué en 2019 pour l'activité SDS, comme l'atteste le total produits d'exploitation qui stagne à 233,9 MDH contre 232,1 MDH une année auparavant. Il faut dire que l'activité SDS (Secure Digital Solutions) enre- gistre une baisse de son résultat d'exploitation, d'une part à cause de retards enregistrés dans la réalisation de quelques projets dont la réception sera constatée en 2020 et, d'autre part, à cause d'une démarche volontariste du management pour l'adoption d'une nouvelle méthode comptable de constatation de chiffre d'affaires à l'achèvement ainsi que

des encours de prestations sur les projets. «Cette méthode a été adoptée en raison de la forte crois- sance des projets, de leur taille, et par conséquent de leur durée (à cheval sur plusieurs exercices)» , commente le management. Ce changement de méthode comptable dété-

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