Finances News Hebdo 1245

Découvrez le numéro 981 de Finances News Hebdo, premier hebdomadaire de l'information financière au Maroc

Du 10 septembre 2026 - 8 DH - N° 1245

PREMIER HEBDOMADAIRE DE L'INFORMATION FINANCIÈRE AU MAROC

Directeur de la publication : Fatima Ouriaghli

Réforme des retraites L’épineux héritage du prochain gouvernement

P.8/9

P. 6/7

P. 12/13 «Le MASI se situe probablement dans une zone d’opportunité» African Financial Investment

Sebta Cherchez l’erreur !

P. 2

 Tarik Amiar

 Jérôme Boumengel

Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massira El Khadra, Casablanca - Tél. : (0522) 98.41.64/66 - Fax : (0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma

SOMMAIRE

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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 10 SEPTEMBRE 2026

4 ACTUALITÉ

22 L'UNIVERS DES TPME

Editorial

Entretien avec Hamza Bakkach : Dealkhir, «Nous voulons faire en sorte que la générosité de-vienne un réflexe du quotidien»

Voyons voir : Elections législatives : La pro- messe, cette fraude parfaitement légale

POLITIQUE

BOURSE & FINANCES

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Nabila Mounib : «La première réforme écono- mique est une réforme politique» Youssef Smihrou : Priorité aux PME et à l’emploi local Latifa Chérif : L’USFP plaide pour une écono- mie productive Omar Lazrek : Le RNI fixe ses priorités

Point Bourse Hebdo : Place aux preuves ! Budget 2026-2028 : Le grand pari fiscal de l’État Réforme des retraites : L’épineux héritage du prochain gouvernement Entretien avec Jérôme Boumengel & Tarik Amiar : African Financial Investment, «Le MASI se situe probablement dans une zone d’opportunité» Bourse de Casablanca : Les moteurs du marché au 2 ème semestre

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Fatima Ouriaghli Directeur général, Responsable de la publication

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26 HIGH-TECH

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Esport au Maroc : Des écrans, des flux, des joueurs… et beaucoup plus derrière

Sebta

D Cherchez l’erreur !

epuis la crise migratoire qui a secoué Sebta fin juillet dernier, à Madrid chacun a sa vérité. Et, détail pratique, elle n’est pas forcément compatible avec celle du voisin. Il y a eu des alertes. Enfin, non. Il n’y en avait pas. Enfin, si, il y en avait, mais elles n’alertaient pas vraiment. Le Maroc est soupçonné. Enfin, pas vraiment. Certains policiers marocains auraient facilité les passages. Mais aucun rapport ne prouverait que Rabat a organisé quoi que ce soit. Il y aurait eu planification. Mais personne ne sait exactement qui aurait planifié. Bienvenue dans la crise de Sebta, version espagnole.

SOCIÉTÉ

Depuis les arrivées massives des 30 et 31 juillet, le feuilleton ressemble de moins en moins à une enquête et de plus en plus à une série où chaque épisode contredit le précédent. Devant le Congrès, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez explique qu’aucune institu- tion espagnole, européenne ou internationale n’a fourni «la moindre preuve solide» permettant d’affirmer que le Maroc aurait conçu ou exécuté l’opération. De son côté, Fernando Grande-Marlaska, ministre de l’Intérieur, explique qu’aucun service de renseignement n’avait prévenu qu’un événement d’une telle ampleur allait se produire et assure toujours qu’il n’existe aucune preuve permettant d’identifier le Maroc comme com- manditaire. Puis arrive Margarita Robles, ministre de la Défense. Elle assure que le renseignement espa- gnol avait bien signalé, dès le 29 juillet, un appel à entrer à la nage à Sebta. La Délégation du gouvernement répond qu’elle n’a reçu aucune alerte permettant d’anticiper la catastrophe. Et l’on découvre ensuite que le CENIF avait effectivement émis des alertes les 28 et 29 juillet, dont une évoquant un «risque extrême» d’entrées à la nage et d’un franchissement «coor- donné» de la frontière. Résumons. Il n’y avait pas d’alerte. Finalement, oui, il y avait une alerte. Il y en avait même plusieurs. Mais les alertes n’avaient pas suffisamment alerté. A ce stade, ce n’est plus du renseignement. C’est de la cacophonie. Arrive ensuite le fameux rapport de la Police nationale espagnole. Selon les premières révé- lations de presse, il démontrerait pratiquement que les forces marocaines ont planifié et faci- lité l’opération. Puis le Directeur général de la Police explique qu’«aucun rapport de police» n’attribue aux forces marocaines la planification ou l’exécution des événements. Voilà donc un document remarquable : il accuse suffisamment le Maroc pour faire la Une des journaux, mais pas suffisamment pour que le patron de la Police considère qu’il l’accuse. Le rapport évoque pourtant la «permissivité» de certains agents marocains et même un «guidage actif». Mais il n’identifie ni commanditaire, ni chaîne de commandement, ni ordre provenant des autorités marocaines. Quelqu’un aurait donc organisé quelque chose. Mais on ne sait toujours pas qui a ordonné quoi à qui. Enfin, Carlos Cuerpo, vice-président du gouvernement et ministre de l’Économie, recom- mande une «extrême prudence», pendant que la justice espagnole entre en scène en ouvrant une enquête et évoque une possible «guerre hybride». Mais, dans tout ce capharnaüm, surgit une question embarrassante : si le Maroc avait réelle- ment voulu utiliser les migrants comme arme contre l’Espagne, pourquoi a-t-il immédiatement coopéré avec Madrid pour les reprendre ? Marlaska lui-même déclarait que la coopération marocaine avait permis de «renverser la situation en 24 heures». Sánchez a reconnu que cette coordination avait permis le retour de dizaines de milliers de personnes. Voilà donc une hypothèse singulière : Rabat aurait organisé une opération de déstabilisation massive avant d’aider immédiatement l’Espagne à neutraliser sa propre opération. Même Machiavel aurait fini par perdre le fil. Aujourd’hui, que la justice espagnole enquête est parfaitement normal. Mais depuis plus d’un mois, nos amis espagnols oscillent entre accusation et prudence, certitude et conditionnel, rapports policiers et démentis policiers, alertes inexistantes et alertes finalement reconnues. Dans ce brouillard, une seule certitude semble résister aux déclarations contradictoires : à Madrid, on ne sait toujours pas exactement ce qui s’est passé à Sebta. u

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Éducation alternative au Maroc : Entre pro- messes, dérives et business Entretien avec Hachem Tyal : Santé mentale infantile, «L’éducation positive sans limites, c’est de la permissivité»

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ECONOMIE

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Rentrée scolaire : Une facture hors de contrôle Intelligence artificielle : Le Maroc passe de l’ambition à l’exécution Entretien avec Haytam Tazi : Maroc Digital 2030, «L'IA doit être envisagée comme un amplificateur d'impact» Main-d’œuvre agricole : La pénurie qui fait grimper les coûts Agroalimentaire : Lancement de Morocco Food World en 2027

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32 TRIBUNE LIBRE

Défendre les conditions de vie du citoyen : De la conquête du pouvoir politique à la protec- tion de la dignité humaine

• Directeur des rédactions & Développement : David William • Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Youssef Seddik, Khalid Aourmi, Ibtissam Zerrouk • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique & maquettiste : Abdelillah Chamseddine • Mise en page : Zakaria Beladal

• Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri • Administratif : Fatiha Aït Allah • Édition : JMA CONSEIL

• Impression : Les imprimeries du Matin • Distribution : Sochpress • Tirage 5.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05 • S.A.R.L. au capital de 5.000.000,00 DH - C.N.S.S. 600 50 62 I.F. 1022303 - Patente 35770001 - ICE N° : 001526693000021

• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com

VOYONS VOIR

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Elections législatives

La promesse, cette fraude parfaitement légale

A

investissements, des hôpitaux, des écoles, des routes, des logements, de la justice sociale, davantage de croissance et, tant qu’à faire, moins d’impôts. Le candidat peut promettre beaucoup. Enormément. Presque tout. Il lui suffit sim- plement d’éviter de promettre directement quelque chose à un électeur en échange de son bulletin. Là, évidemment, les ennuis commencent. La nuance est savoureuse : promettre 500 dirhams à un électeur pour obtenir sa voix peut conduire devant la justice. Promettre à des millions d’électeurs que leur pouvoir d’achat augmentera considérablement après les élections relève du débat démocratique. Toute la subtilité de la chose politique est là. Les autorités peuvent contrôler l’origine de l’argent d’une campagne, surveiller les affiches, les meetings, les réseaux sociaux et les bureaux de vote. Mais personne ne demandera au candidat, avant qu’il monte sur scène : «Excusez-nous, avez-vous les moyens budgétaires de financer ce que vous allez annoncer dans cinq minutes» ? Il n’existe pas encore de brigade spéciale chargée du contrôle des promesses élec- torales. Encore moins de tribunal devant lequel comparaîtrait, cinq ans plus tard, le responsable politique sommé de répondre à cette question embarrassante : «Vous aviez promis cela. Où en sommes-nous» ? Et heureusement, pourrait-on objecter. Gouverner suppose de composer avec les crises, les contraintes budgétaires, la

conjoncture internationale, les sécheresses, les guerres, les retournements économiques et toutes ces réalités que les programmes électoraux ont parfois la délicatesse de ne pas prévoir. Une promesse non tenue n’est donc pas nécessairement un mensonge. Mais lorsque les promesses deviennent sys- tématiquement déconnectées des moyens permettant de les réaliser, nous ne sommes plus tout à fait dans le même registre. Nous entrons dans cette zone grise où la politique devient une industrie de fabrication d’illu- sions et de rêves. C’est peut-être là que se trouve le véritable défi de l’intégrité électorale. Car la sincérité d'un scrutin ne dépend pas uniquement de ce qui se passe autour de l’urne. Elle dépend également de la qualité de l’information sur laquelle l’électeur construit son choix. Un bulletin obtenu contre de l’argent fausse évidemment l’élection. Mais une voix obte- nue grâce à une promesse manifestement irréaliste pose une autre question, plus dif- ficile : jusqu’où peut aller la surenchère électorale avant de devenir une forme de manipulation ? La réponse ne viendra probablement jamais du Code électoral. Elle doit venir d’ailleurs. Des médias, d’abord, qui devraient davan- tage confronter les programmes aux chiffres plutôt que de simplement relayer les slogans. Combien coûte cette mesure ? Comment sera-t-elle financée ? Dans quel délai ? Avec quelles ressources ? Et surtout : que reste- t-il des engagements pris lors de la précé- dente campagne ? Des partis politiques, ensuite, auxquels il appartient de comprendre qu’un programme électoral n’est pas un catalogue de bonnes intentions mais, théoriquement du moins, un contrat politique proposé aux citoyens. Des électeurs, enfin, qui disposent de la sanction la plus efficace de toutes. Le bulle- tin de vote. Car il existe finalement un moyen de contrô- ler les promesses électorales. Il ne nécessite ni commission centrale, ni procureur, ni poli- cier, ni intelligence artificielle… Il nécessite simplement de la mémoire. Comme le disait le philosophe, essayiste, poète et romancier hispano-américain George Santayana, «ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter». ◆

Par D. William

l’approche des élections législatives, le Maroc a sorti l’artillerie lourde pour protéger l’intégrité du scrutin. Administration mobili- sée, justice en état de vigilance, sanctions renforcées, surveillance de l’achat des voix, encadrement de l’utilisation des moyens publics, contrôle des réseaux sociaux, lutte contre les fausses informations et même contre les contenus fabriqués par intelli- gence artificielle. Cette fois, les mailles du filet se veulent particulièrement serrées. Très serrées. Mais pas suffisamment pour arrêter l’arme électorale la plus ancienne, la plus redou- table et probablement la plus résistante à toutes les réformes : la promesse politique. Car on peut surveiller les urnes. On peut suivre les dépenses. On peut traquer les cadeaux distribués aux électeurs, les bil- lets qui changent discrètement de poche, les véhicules administratifs qui auraient la mauvaise idée de participer à une cam- pagne électorale. On peut poursuivre celui qui achète une voix et celui qui accepte de la vendre. On peut même désormais traquer les deepfakes et les manipulations produites par l'intelligence artificielle. Mais que faire de celui qui promet la lune ? Rien. Et c’est bien là toute la beauté de la chose. Pendant une campagne électorale, promettre reste parfaitement légal. Mieux : c’est pratiquement recommandé. Il faut pro- mettre des emplois, du pouvoir d’achat, des

oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ................................................................................... Adresse : ............................................................................................ Ville : ............................. Code Postal : ............................................ Tél : ........................................ Fax : ................................................. E-mail : ............................................................................................. Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)

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Le mois d’août a été plutôt généreux avec la cote casablancaise. Après deux mois de correction, le MASI a repris 4,53%, suffisamment pour effacer une bonne partie des pertes accumulées en juin et juillet et revenir autour de son niveau de début d’année. La rentrée commence sur un tempo moins facile. Point Bourse Hebdo Place aux preuves !

Evolution de l'indice Masi depuis début septembre 2025

L Par Y . Seddik ’

indice a abandonné 0,73% la semaine dernière à 18.792 points, après trois séances de baisse sui- vies d’un rebond jeudi et vendredi. Pour plusieurs opérateurs, le mar- ché digère simplement une partie de son rattrapage estival. Il le fait d’ailleurs avec des volumes qui n’ont plus grand-chose à voir avec les séances anémiques du cœur de l’été. Plus de 1,68 mil- liard de dirhams ont été échan- gés en cinq jours, principalement sur Managem, Maroc Telecom et Label’Vie. Le MASI 20 a même terminé la semaine en hausse de 0,29%, quand l’indice général reculait. Ce genre de divergence montre surtout que le cash conti- nue de circuler et commence à choisir davantage ses destinations. Le timing tombe bien puisque la saison des indicateurs trimestriels vient de s’achever. Elle laisse der- rière elle un chiffre plutôt flatteur de 192,4 milliards de dirhams de revenus au premier semestre, en progression de 10,8%. En regar-

dant sous le capot, l’image devient un peu moins uniforme, puisque près de 70% de la hausse pro- viennent des mines, des assu- rances et du pétrole et gaz. Les seules minières ont apporté 7,57 milliards de dirhams de chiffre d’af- faires supplémentaire, alors que le PNB cumulé des banques n’a progressé que de 1,5%. Il faut dire qu’une hausse du chiffre d’affaires fait toujours bonne figure dans un communiqué, mais encore faut-il savoir ce qu’il en reste en bas du compte de résultat. Les prochaines semaines avec les semestriels permettront de regar- der les marges, le cash, la dette et, pour les banques, le coût du risque. BMCI a déjà fourni un cas d’école avec un bénéfice consolidé en hausse de 62,4% malgré un PNB presque inchangé. La crois- sance des profits n’emprunte pas toujours le même chemin que celui des revenus. Cette nuance compte d’autant plus que la cote affiche désormais des

TOP Performances

FLOP Performances

Stroc Industrie Disway SGTM

-12,68%

+6,28% +6,25%

S2M Promopharm Ciments du Maroc

-9,08%

-8,61%

+4,17%

écarts de performance considé- rables. Managem approche 178% de hausse depuis janvier, pendant que le MASI tourne autour de l’équi- libre et que le MASI 20 reste encore largement dans le rouge. Après plu- sieurs années durant lesquelles le mouvement général du marché a tiré beaucoup de valeurs vers le haut, les résultats vont remettre un peu d’ordre dans les hiérarchies. Certaines sociétés auront les béné- fices pour défendre leurs parcours boursiers. D’autres découvriront peut-être que les investisseurs avaient pris un peu d’avance. Le seul trouble-fête vient du

Brent qui frôle les 100 dollars, avec le retour des tensions entre Washington et Téhéran. A ce niveau, le pétrole cesse rapidement d’être une simple statistique de marché pour le Maroc. Une tension prolongée finirait par alourdir la facture énergétique, compliquer le tableau inflationniste et, éventuel- lement, modifier les anticipations sur les taux. Voilà donc septembre avec un mar- ché qui ne manque ni de liquidité ni de sujets. Août avait permis de réparer les cours. Les prochaines semaines diront si les comptes suivent. ◆

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le gouvernement compte encore en mobiliser 15 milliards en 2027. Rien n’est programmé en 2028. Les recettes provenant des établissements et entre- prises publics sont, elles, esti- mées à 25,5 milliards de dirhams l’année prochaine et 25,3 mil- liards en 2028. Les cessions de participations de l’État doivent par ailleurs rapporter 6 milliards de dirhams par an. «Ce qu’il faut regarder, c’est aussi la baisse des recettes non fiscales. En 2028, les finance- ments innovants disparaissent de la programmation. L’État aura donc moins de ressources de ce type pour boucler son financement», poursuit notre interlocuteur. L’investissement ne faiblira pas encore en 2027 Côté dépenses, le gouverne- ment n’a pas prévu de serrer immédiatement la vis sur l’inves- tissement. Les crédits du budget général qui lui sont consacrés atteignent 136,1 milliards de dirhams dans la programmation 2026. Ils resteraient quasiment inchangés l’an prochain, à 136,5 milliards, avant de revenir à 125,9 milliards en 2028. La baisse attendue en fin de période intervient après plu- sieurs années d’accélération. Le ministère l’explique notamment par l’achèvement progressif de certains programmes, dont le Programme national d’approvi- sionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, ainsi que par l’avancement des projets routiers, ferroviaires et hospita- liers. Avant cela, plusieurs chantiers continueront d’absorber des crédits importants : routes et autoroutes, infrastructures fer- roviaires, équipements liés au Mondial 2030, CHU Ibn Sina à Rabat et CHU de Laâyoune, éta- blissements d’enseignement et de formation, Maroc Digital 2030 ou encore nouvelle feuille de route pour l’emploi. Les montants prévus pour 2027 ont d’ailleurs été largement revus depuis la précédente pro- grammation budgétaire. Les

 La programmation budgétaire triennale 2026-2028 prévoit le maintien du déficit à 3% du PIB, avec une dette ramenée à 64% en 2028, malgré des dépenses encore élevées et un effort d’investissement soutenu.

Budget 2026-2028 Le grand pari fiscal de l’État

E La programmation budgétaire triennale fixe le cap des finances publiques jusqu’en 2028. Avec un investissement qui restera élevé l’an prochain, une masse salariale en hausse et des ressources non fiscales appelées à diminuer, le gouvernement compte sur la progression des recettes fiscales pour maintenir le déficit à 3% du PIB et ramener la dette du Trésor à 64%. Par Y . Seddik

n cette fin de troisième trimestre 2026, la programmation budgé- taire triennale donne surtout de la visibilité sur les deux pro- chains exercices. Et les marges ne sont pas larges. L’État doit encore financer les grands pro- jets d’infrastructure, poursuivre les réformes sociales et honorer les engagements issus du dia- logue social, tout en maintenant le déficit à 3% du PIB. Les priorités sont déjà connues : infrastructures de transport, eau, santé, enseignement, dévelop- pement territorial, transforma- tion numérique et projets liés à la préparation de la Coupe du monde 2030. Le document pré- voit en parallèle une plus grande maîtrise des dépenses cou- rantes et une concentration des crédits sur les investissements jugés prioritaires. Pour financer l’ensemble, le gou-

vernement attend beaucoup des recettes fiscales. Programmées à 366,5 milliards de dirhams en 2026, elles devraient atteindre 386,7 milliards en 2027, puis 407,8 milliards en 2028. Cela représente une hausse de plus de 41 milliards de dirhams en deux ans et une progression annuelle moyenne de 5,5%. L’impôt sur les sociétés devrait rapporter 100,8 milliards de dirhams l’année prochaine et 107,3 milliards en 2028, contre 94,5 milliards inscrits au titre de 2026. L’impôt sur le revenu passerait de 64,5 milliards cette année à 67,8 milliards en 2027, puis 71,3 milliards en 2028. Pour la TVA, les prévisions atteignent respectivement 120,9 et 127,9 milliards de dirhams sur les deux prochains exercices. Au total, les recettes fiscales devraient se maintenir autour de

20% du PIB jusqu’en 2028. «La trajectoire suppose quand même que les recettes fiscales continuent de progresser à un rythme soutenu. Avec des dépenses qui restent élevées, si le rendement fiscal ralentit, tenir les 3% devient forcément plus compliqué», estime Jamal Elhazmir, économiste et consul- tant en finances publiques. Cette évolution intervient au moment où d’autres ressources vont commencer à se tasser. Les recettes non fiscales, prévues à 62,7 milliards de dirhams en 2026, reculeraient à 55,7 mil- liards en 2027, puis à 40,5 mil- liards en 2028. Leur poids dans le PIB passerait de 3,4% à 2% sur la période. Les financements innovants expliquent une partie du mou- vement. Après les 20 milliards de dirhams prévus cette année,

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dépenses du budget général sont désormais supérieures de 7,3% aux projections qui avaient été retenues dans le cadrage 2025-2027. Pour 2026, la révi- sion était de 4,7%. Le minis- tère l’explique par le coût des accords issus du dialogue social, la protection sociale et l’actuali- sation de plusieurs grands pro- grammes d’investissement. «On ne voit pas encore de véri- table ralentissement de l’inves- tissement en 2027. Les crédits restent quasiment au même niveau qu’en 2026. Le repli est surtout prévu en 2028, avec l’achèvement de certains pro- grammes» , relève l’économiste.

de recettes provenant des ces- sions de participations de l’État. Sans ces recettes, il ressortirait à 3,4% du PIB en 2026 et 3,3% en 2027 comme en 2028. «Ramener la dette à 64% du PIB ne dépend pas seulement du déficit. Il faut surtout que la croissance nominale soit au rendez-vous. Si l’un des deux paramètres dévie, la trajectoire de dette peut rapidement être différente», prévient notre inter-

à 40,5 milliards de dirhams et l’investissement commence à refluer. L’État devra pourtant continuer à financer une masse salariale supérieure à 206 mil- liards de dirhams et maintenir son déficit à 3% du PIB. Dans ce schéma, la progression des recettes fiscales condition- nera directement le respect des objectifs budgétaires annon- cés pour les deux prochaines années. ◆

Avec des dépenses qui restent élevées, si le rendement fiscal ralentit, tenir les 3% devient forcément plus compliqué.

locuteur. Le vrai resserrement appa- raît donc plutôt en 2028. Cette année-là, les financements inno- vants ne sont plus prévus, les recettes non fiscales tombent

La masse salariale continuera de peser

Les dépenses de fonctionne- ment ne donnent pas davantage de marge à court terme. Les charges du personnel devraient passer de 195,3 milliards de dirhams en 2026 à 202,4 mil- liards en 2027, puis à 206,2 mil- liards en 2028. Sont notamment pris en compte les avancements, les créations de postes et les effets des mesures convenues dans le cadre du dialogue social. Les crédits consacrés à la compensation devraient, en revanche, continuer à baisser. Ils sont attendus à 12,8 milliards de dirhams en 2027 et à 12,9 milliards en 2028, après 13,9 mil- liards programmés cette année. Cette baisse intervient alors que les dépenses à caractère social restent importantes, notamment avec la poursuite du chantier de généralisation de la protection sociale. Quant à la charge des intérêts de la dette, elle devrait rester relati- vement stable. Elle est estimée à 41,5 milliards de dirhams en 2027 et 42,6 milliards en 2028. Au bout du compte, le gouver- nement conserve la même cible de déficit à 3% du PIB en 2026, 2027 et 2028. Sur cette base, la dette du Trésor passerait de 65,9% du PIB cette année à 64,9% en 2027 et 64% en 2028. Il faut toutefois regarder le solde de plus près. Le déficit de 3% intègre 6 milliards de dirhams

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Réforme des retraites L’épineux héritage du prochain gouvernement Le système des retraites tient encore, mais ses marges de manœuvre se réduisent. Face au vieillissement démographique, à la faible couverture de la population active et aux déficits structurels de plusieurs régimes, la réforme ne pourra plus être indéfiniment différée. Le prochain gouvernement devra s’attaquer à un dossier à la fois financier, social et politique.

L

Par D . William

a réforme des retraites reste l’un des dossiers les plus sensibles de la relation entre l’Exécutif, les syndicats et le patronat. Le dossier s’est d’ailleurs invité de nouveau dans le round du dia- logue social ouvert le 17 avril 2026 à Rabat. Sur le papier, l’urgence ne fait plus vraiment débat. Les chiffres des autorités financières montrent un système encore capable de payer les pensions, mais dont plusieurs régimes présentent des déséquilibres structurels. Le rapport sur la stabilité financière 2025, élaboré par Bank Al-Maghrib, l’ACAPS et l’AMMC, le souligne claire- ment : les améliorations finan- cières enregistrées récemment ne remettent pas en cause les fragilités de fond. En effet, en 2025, les principaux régimes de retraite ont encaissé 73 milliards de dirhams de coti- sations auprès de 5,1 millions de cotisants. Dans le même temps, ils ont versé 75,3 milliards de dirhams de prestations à 1,5 million de pensionnés. Au total, les réserves constituées par ces régimes atteignaient ainsi 340,8 milliards de dirhams, en pro- gression de 4,3% sur un an. Mais ce montant ne constitue pas une marge disponible : il correspond à des actifs desti- nés à couvrir des engagements

futurs. C’est précisément sur ce terrain que le diagnostic devient préoc- cupant. Le régime des pensions civiles de la CMR reste le principal point de tension. En 2025, ses cotisations ont atteint 35,6 mil- liards de dirhams, en hausse de 11,7%, alors que les prestations se sont établies à 41,1 milliards, en progression de 4,7%. Le déficit technique s’est certes réduit, passant de 7,3 à 5,4 milliards de dirhams. Le solde financier, de 3,6 milliards, a per- mis de limiter le déficit global à 2 milliards de dirhams contre 4,1 milliards en 2024. L'amélioration est réelle. Mais elle ne change pas la nature du problème. Les projections réalisées sur la base des données de 2025 situent l’horizon de viabilité de la CMR-RPC entre cinq et six années. Les augmentations salariales accordées dans le cadre du dialogue social ont amélioré les recettes du régime, mais elles n’ont pas suffisam- ment modifié sa trajectoire de long terme. Le ministère de l’Economie et des Finances avait d’ailleurs indiqué que ces mesures avaient contribué à repousser l’horizon d’épuisement des réserves de 2028 à 2031. Pour sa part, le RCAR pré-

sente une situation différente, mais son déficit technique reste élevé. En 2025, le régime a col- lecté 3,8 milliards de dirhams de cotisations pour 8,4 milliards de prestations. Le déficit technique s’est établi autour de 4,5 mil- liards de dirhams. Le régime a toutefois bénéfi- cié d’un solde financier de 4,9 milliards de dirhams, ce qui lui a permis de dégager un solde global positif de 221 millions de dirhams. Le RCAR dispose par ailleurs d’un horizon de viabilité esti- mé à 29 ans, soutenu notam- ment par une assise financière importante et renforcée par les récentes revalorisations sala- riales. La pression est donc beaucoup moins immédiate que pour la CMR. Mais les autorités soulignent également sa sous- tarification structurelle qui, com- binée aux augmentations sala- riales, «induisent une dégrada- tion des indicateurs d’équilibre à long terme». La CNSS offre, elle aussi, une image plus favorable en appa- rence. Sa branche long terme a enregistré en 2025 un excé- dent global de 2,4 milliards de dirhams. Les cotisations ont atteint 20,3 milliards de dirhams contre 18,3 milliards de prestations. Mais là encore, la tendance mérite attention.

L’excédent global était de 4 mil- liards de dirhams en 2024. Il a donc sensiblement diminué en un an. Surtout, les projections de l’ACAPS donnent à la branche long terme de la CNSS un hori- zon de viabilité limité à dix ans et un taux de préfinancement de 58%, traduisant, selon le rapport, «une sous-tarification structurelle des droits octroyés». Le diagnostic officiel identifie plusieurs paramètres suscep- tibles d’être ajustés : le taux de cotisation, l’âge de départ à la retraite et le mécanisme d’acquisition des droits. La CIMR constitue, à ce stade, l’exception. Avec 13,2 milliards de dirhams de cotisations en 2025 pour 7,5 milliards de pres- tations, le régime a dégagé un solde technique de 5,7 milliards et un solde global de 8,9 mil- liards. Les évaluations actua- rielles confirment sa viabilité sur l’ensemble de l’horizon de pro- jection. Le problème ne touche donc pas toutes les caisses avec la

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et pendant une durée suffisam- ment longue.

Le grand flou des programmes électoraux A quelques jours des législa- tives, la réforme des retraites s’invite logiquement dans les pro- grammes électoraux. Le dossier est suffisamment sensible pour que les partis ne puissent l’igno- rer. Mais il est aussi suffisam- ment explosif pour que beaucoup évitent d’entrer dans le détail des mesures qui fâchent. Car au-delà d’un constat désormais largement partagé, celui de la nécessité de préserver la pérennité du système, se cache une équation autrement plus difficile : qui devra supporter le coût de la réforme ? Les salariés ? Les employeurs ? L’Etat? Faudra- t-il travailler plus longtemps, coti- ser davantage, revoir le calcul des pensions ou combiner plusieurs de ces leviers ? Sur ces questions, les programmes sont nettement moins bavards que lorsqu'il s'agit d'annoncer une revalorisation des pensions. Plus frappant encore : dans les principaux programmes électo- raux rendus publics et examinés à ce stade, le relèvement généralisé de l’âge de départ à 65 ans n’est pas porté comme engagement électoral explicite par les grandes formations, alors que cette hypo- thèse figure depuis longtemps parmi les paramètres entourant le débat technique sur la réforme. Ce silence dit peut-être davantage que certaines promesses. La cam- pagne électorale place ainsi les partis devant une contradiction presque insoluble. Electoralement, promettre une hausse des pensions est évidem- ment plus confortable que pro- mettre une hausse des cotisations. Promettre de protéger les droits acquis est plus facile que d’expli- quer comment financer ces droits. Et défendre le pouvoir d’achat des retraités est nettement moins risqué que d’annoncer aux actifs qu’ils pourraient devoir travailler plus longtemps. Mais une réforme des retraites ne se construit pas seulement avec des promesses de prestations. Elle se construit avec une équation financière. C’est précisément cette équation que devra résoudre le prochain gouvernement. Car le lendemain des élections, les mots «revalorisation», «jus- tice sociale» et «préservation des acquis» devront céder une partie de la place aux chiffres : nombre de cotisants, nombre de pension- nés, taux de cotisation, âge de départ, réserves, engagements futurs et besoins de financement. Pour le moment, la campagne per- met de contourner ces arbitrages.

De 2016 à la réforme systémique

Le Maroc n’est pas parti de zéro. La réforme paramétrique de 2016 a permis de relever progressivement l’âge légal de départ à la retraite dans le secteur public, d’augmenter les taux de cotisation et de modi- fier les modalités de calcul des droits. La Cour des comptes avait notamment estimé qu’elle avait prolongé l’horizon de viabilité du régime des pensions civiles de 2021 à 2027 selon les hypo- thèses retenues à l’époque, tout en réduisant fortement le défi- cit cumulé projeté. Mais cette réforme n’a pas supprimé le déséquilibre. Les projections financières récentes montrent même que les marges gagnées à l’époque se sont progressivement réduites. La question qui se pose désor- mais est celle d’une refonte du système. Le principe défendu par les autorités consiste à aller vers une architecture à deux pôles : un pôle public et un pôle privé, avant une convergence vers un régime unifié. L’objectif est de rapprocher progressivement des régimes aujourd’hui caractérisés par des règles différentes en matière de cotisations, de droits, de gou- vernance et de financement. Sur le plan technique, plusieurs leviers sont disponibles, dont notamment relever l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans, tous secteurs confondus, aug- menter les cotisations, modifier le mode de calcul des pensions, ralentir l’acquisition des droits ou accroître la contribution publique. Aucun de ces leviers n’est neutre. Une hausse des cotisa- tions renchérit le coût du travail et réduit potentiellement le reve- nu disponible des salariés. Un relèvement de l’âge de départ augmente la durée de cotisa- tion et réduit mécaniquement la période de versement des pensions, mais il reporte l’accès

 Le rapport entre actifs et retraités se dégrade : de 12 actifs pour un retraité en 1986, il n’en reste plus que 1,7 aujourd’hui.

même intensité.

faut assurer la pérennité finan- cière des régimes existants tout en élargissant la couverture retraite à une population active encore largement exclue. La Cour des comptes avait estimé, dans ses travaux sur les exer- cices 2019-2020, que la couver- ture retraite globale ne dépas- sait pas 43% de la population active. Environ 6,3 millions d’ac- tifs n’étaient alors pas couverts. Le CESE a, de son côté, souli- gné qu’une part importante des personnes âgées de plus de 60 ans ne bénéficiait pas d’une pension de retraite. La réforme ne peut donc pas se limiter à sauver les équilibres financiers des caisses. Elle doit aussi répondre à une question sociale : comment construire une couverture retraite pour les travailleurs qui en sont encore exclus ? L’élargissement de la base des cotisants peut améliorer les équilibres, mais il ne constitue pas une solution automatique. Encore faut-il que les nouveaux affiliés cotisent suffisamment

Une démographie qui change la donne Au-delà des chiffres financiers, il y a une réalité beaucoup plus lourde : la démographie. Le Maroc vieillit rapidement. Selon les données issues du recense- ment de 2024, près de 5 millions de personnes ont désormais 60 ans ou plus contre 3,2 millions en 2014. Cette population pro- gresse à un rythme annuel de 4,6%, très supérieur à celui de la population totale. Le rapport entre actifs et retraités se dégrade lui aussi. De 12 actifs pour un retraité en 1986, il n’en reste plus que 1,7 aujourd’hui. Et lorsque le nombre d’actifs par retraité diminue fortement, l’équilibre devient mécanique- ment plus difficile à maintenir. «Le faible taux de couverture de la population active, conju- gué au chômage élevé, fragilise encore davantage les régimes de retraite», nous confiait l’éco- nomiste Hassan Edman. Le problème est donc double. Il

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à la retraite. Une modification du calcul des pensions réduit les engage- ments futurs, mais peut affecter le niveau des revenus des futurs retraités. Enfin, un recours accru au budget de l’Etat transfère une partie de la facture vers le contribuable. Le débat ne porte donc pas seulement sur la retraite, mais davantage sur la répartition de son coût entre salariés, employeurs, retraités et contri- buables. C’est précisément ce qui explique la difficulté politique du dossier. «Nous sommes contre toute réforme qui se fait aux dépens des salariés et qui touche les acquis. La population des retraités est la plus impac- tée par la baisse du pouvoir d’achat et la mauvaise conjonc- ture» , nous disait Mostafa Hasni,

l’âge de départ et toute baisse des pensions. Le rapport de force est donc posé. D’un côté, les projections finan- cières réclament des ajuste- ments. De l’autre, les syndicats refusent que la facture soit prin- cipalement supportée par les travailleurs. Entre les deux, le prochain gouvernement devra trouver un compromis. Le coût de l’inaction Les législatives 2026 ajoutent une difficulté supplémentaire. En cette année électorale, l’on se doutait bien qu’une réforme qui touche directement l’âge de départ, le montant des pensions ou les cotisations est particu- lièrement difficile à porter poli- tiquement. Mais le fait d’avoir encore repoussé le dossier a également un coût. Le rapport

sur la stabilité financière 2025 avertit que le retard dans la mise en œuvre de la réforme sys- témique risque de réduire les marges de manœuvre dispo- nibles et d’accroître le coût de sa mise en œuvre. C’est toute l’ambiguïté du dossier. Plus le gouvernement attend, plus la réforme peut devenir difficile. Mais plus il agit vite, plus il s’ex- pose à une contestation sociale. Le prochain gouvernement héri- tera donc d’un dossier techni- quement documenté, financière- ment pressant et politiquement explosif. Il saura cependant où se situent les fragilités. Il lui faudra alors du courage poli- tique pour mener cette réforme impopulaire. Car chaque année supplémentaire sans réforme réduit un peu plus les marges de manœuvre et augmente le coût des arbitrages à venir. ◆

Le débat ne porte pas seulement sur la retraite, mais davantage sur la répartition de son coût entre salariés, employeurs, retraités et contribuables.

membre de la Confédération démocratique du travail, tout en appelant à une amélioration de la gouvernance des caisses et à une gestion plus moderne. Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’Union marocaine du travail, adopte une position tout aussi ferme : «la réforme de la retraite ne peut se faire au détriment des travailleurs». Le syndicat accepte d’ouvrir la discussion sur les cotisations, à condition que l’effort soit majoritairement supporté par les employeurs. En revanche, il rejette une hausse obligatoire de

SONAC : Société Anonyme au capital 100.000.000,00 Dhs spécialisée dans le financement d’achats à crédit.

Les associés de la société Nordafricaine de crédit SONAC S.A, au capital de 100 000 000 DH, réunis en Assemblée générale ordinaire tenue le 28/08/2026, et après la lecture du rapport du conseil d’administration et le rapport du commissariat aux comptes, ont décidé d’approuver les comptes du premier semestre 2026 (Arrêté du 30/06/2026) Communiqué

29, Bd Mohammed V (V.N) Fès - Maroc Tél. 05 35 62 13 90 / 05 35 62 63 22 / 05 35 62 64 12 - Fax : 05 35 65 19 22 R.C. FES 15357 - I.F. : 4500273 - C.N.S.S. 1015115 - Patente : 13600958 ICE: 001545565000018 Agence Tanger : Complexe - Chahba C 4 ème Etage N° 211 Rue Ibn Tachfine - Tanger - Maroc Tél. 05 39 32 37 86 - Fax : 05 39 32 10 13 Site web : www.sonac.ma / E-mail : contact@sonac.ma

C ommunication F inancière

SONAC : Société Anonyme au capital 100.000.000,00 DH spécialisée dans le financement d’achats à crédit. - Imposition : • L’IS : La société est soumise à l’impôt sur les sociétés au taux de 40% • TVA : Les agios facturés par la société sont soumis à la TVA au taux de 10% selon le régime de l’encaissement. - Principes et Méthodes comptables : • Les états de synthèse de la situation au 30/06/2026 ont été établis conformément aux dispositions du PCEC. • Les immobilisations figurent au bilan à leur valeur d’acquisition diminuée des amortissements cumulés sur la durée de vie estimée des actifs concernés selon la méthode linéaire. • La durée de vie estimée des immobilisations est la suivante : - 10 ans pour les Agencements et Installation, Mobilier et Matériel de bureau, Matériel et outillages. - 5 ans pour le Matériel de Transport. - 5 ans pour les lociciels et matériels informatiques. - 25 ans pour les constructions.

SITUATION AU 30/06/2026

BILAN PASSIF

BILAN ACTIF

en milliers de dirhams

en milliers de dirhams

COMPTE DE PRODUITS ET CHARGES

ETAT DES SOLDES DE GESTION

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CAPACITÉ D’AUTOFINANCEMENT

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HORS BILAN

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African Financial Investment «Le MASI se situe probablement dans une zone d’opportunité»

reprise. Le MASI est notamment sorti par le haut de son triangle de consolidation. Parallèlement, les indicateurs techniques, qui étaient en situation de surachat en septembre dernier, sont reve- nus sur des niveaux beaucoup plus neutres. Je pense donc qu’un rattrapage est possible et que l’indice pour- rait reprendre une tendance haus- sière d’ici la fin de l’année, voire au premier trimestre 2027. Je ne m’attends pas à retrouver les performances de 2024 ou 2025, mais un retour sur les sommets de septembre, autour de 20.150 points, me paraît envisageable. À un horizon de six à douze mois, nous avons un objectif autour de 22.000 points. F. N. H. : Les volumes avaient nettement recu- lé ces derniers mois. La reprise observée depuis août constitue-t-elle un signal encourageant ? T. A. : Lors de notre dernier épisode, fin avril, nous avions justement attiré l’attention sur la tendance baissière des volumes. Elle s’est ensuite confirmée. La moyenne mobile à 20 jours des volumes sur le marché cen- tral est passée d’environ 500 millions de dirhams à 268 mil- lions actuellement, soit presque une division par deux. Elle avait également croisé à la baisse les moyennes mobiles à 50 et 100 jours durant l’été. Depuis août, la situation com- mence toutefois à s’améliorer. La moyenne à 20 jours croise désor- mais à la hausse celle à 50 jours et se rapproche progressivement de la moyenne à 100 jours. Il faut certes tenir compte de cer- taines opérations atypiques qui peuvent gonfler ponctuellement les volumes. Mais même en les retraitant, la reprise reste encou- rageante. Les volumes sont importants parce qu’ils permettent de confir- mer la solidité d’une tendance. En 2025, par exemple, leur baisse alors que les cours continuaient de monter constituait une diver- gence qui pouvait laisser entre- voir une correction. Inversement,

Après trois années de forte hausse, la Bourse de Casablanca évolue quasiment à l’équilibre depuis le début de 2026. Pour Tarik Amiar et Jérôme Boumengel, associés du cabinet African Financial Investment, cette séquence ne remet pas en cause la tendance de fond. Reprise des volumes, stabilité des taux, résultats semestriels, valorisations et pétrole : les deux experts passent en revue les principaux enjeux de cette rentrée boursière.

Propos recueillis par Y. Seddik

 Jérôme Boumengel

 Tarik Amiar

F. N. H. : Justement, que vous dit aujourd’hui l’analyse technique du MASI ? La tendance de fond reste-t-elle intacte ? Jérôme Boumengel : Oui. Depuis le point haut que nous avions identifié en septembre dernier, le MASI a retracé une partie de la hausse engagée depuis 2023, après la correction de 2022. Cette consolidation se déroule jusqu’ici dans de bonnes condi- tions. Les volumes ont globa- lement accompagné ce mouve- ment à la baisse, ce qui ne traduit pas une forte pression vendeuse, et l’indice reste au-dessus de sa moyenne mobile à 100 semaines. Plus récemment, nous avons aussi observé des velléités de

Finances News Hebdo : Le MASI est aujourd’hui quasiment à l’équilibre depuis le début de l’année, après une séquence de forte hausse. Comment appréciez-vous la configuration actuelle du marché ? Tarik Amiar : La comparaison avec l’année dernière est assez parlante. À la même période en 2025, le MASI affichait une per- formance de 35,65% depuis le début de l’année. Aujourd’hui, nous sommes autour de -0,18%. Mais il est également intéressant de regarder les autres indices. Le MASI 20 affiche une baisse de 8,6% depuis le début de l’année, tandis que le MASI RB, qui tient compte des dividendes réinves- tis, progresse de 2,48%. Cela montre notamment l’importance

des dividendes dans la perfor- mance globale d’un investisse- ment. Depuis notre dernière émission, fin avril, on observe néanmoins des signes de reprise. Le MASI progresse de 1,23% sur cette période, le MASI 20 de 0,13% et le MASI RB de 3,85%. Il faut aussi remettre cette évolu- tion en perspective. Après trois années positives en 2023, 2024 et 2025, nous avions évoqué la nécessité d’accorder davantage d’importance à l’allocation d’ac- tifs et la possibilité d’une phase de consolidation ou de correc- tion. C’est ce que nous obser- vons aujourd’hui. Pour autant, la tendance haussière de fond engagée depuis 2023 n’est pas remise en question.

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