Découvrez le numéro 981 de Finances News Hebdo, premier hebdomadaire de l'information financière au Maroc
Du 8 octobre 2026 - 8 DH - N° 1249
PREMIER HEBDOMADAIRE DE L'INFORMATION FINANCIÈRE AU MAROC
Directeur de la publication : Fatima Ouriaghli
Gouvernement
SMIG à 5.000 DH Mode d'emploi en quatre ans
Le jeu très ouvert des alliances
P. 22/23
P.31 à 33
P. 12
Législatives 2026 Le vote des Marocains du monde en question Entretien avec Abdelkhalek Hassini, auteur et enseignant
Résultats semestriels Un rattrapage du BTP et de l’immobilier attendu au S2
Le Maroc face aux limites de son modèle Exportation de tomates
P. 24 à 26
P. 16/17
P. 10/11
Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massira El Khadra, Casablanca - Tél. : (0522) 98.41.64/66 - Fax : (0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma
SOMMAIRE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 8 OCTOBRE 2026
Voyons voir : Politique économique : L’équation des cinq prochaines années Ça se passe au Maroc 4 5 ACTUALITÉ
Editorial
22 24 POLITIQUE
Gouvernement : Le jeu très ouvert des alliances Entretien avec Abdelkhalek Hassini : Marocains du monde, «Le débat sur le vote direct depuis les pays de résidence mérite désormais d’être ouvert sérieusement»
BOURSE & FINANCES
SOCIÉTÉ
Point Bourse Hebdo : Le marché pris en «é-taux» Sociétés cotées : Aradei Capital pourrait pousser les murs de son plan 2030 Entretien avec Naoufal Aouragh : Résultats semestriels, «Nous prévoyons un rattrapage du BTP et de l’immobilier au second semestre» Paiements : BAM veut desserrer l’emprise du cash
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Octobre rose au Maroc : La sensibilisation avance, le dépistage traîne Entretien avec Mohammed Saïd Zarrouk : Super El Niño, Quels impacts pour le climat marocain ? Droits des femmes au Maroc : Au-delà du symbole, les chantiers qui attendent le gouvernement El Mansouri
Fatima Ouriaghli Directeur général, Responsable de la publication
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Sahara marocain
L De la bataille diplomatique à la négociation politique
e rapport 2026 d’António Guterres sur le Sahara, daté du 1er octobre et adressé au Conseil de sécurité, acte un changement majeur : l’initiative marocaine d’autonomie est désormais placée au cœur du processus de négociation. Après des années d’impasse et sept ans sans discussions directes, le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie ont repris langue cette année, lors de trois rounds organisés à Washington et Madrid. Et cette fois, il s’agissait de négocier à partir d’une base : l’autonomie. Voilà ce qui change fondamentalement la donne. Depuis sa présentation en 2007, l’initiative marocaine avait progressive- ment gagné du terrain diplomatique. Plusieurs puissances la qualifiaient de sérieuse, crédible et réaliste. Certaines étaient allées beaucoup plus loin en la considérant comme la seule voie praticable pour mettre fin au conflit. Mais une chose est de recueillir des soutiens diplomatiques. Une autre est de voir cette proposition devenir le socle à partir duquel les paramètres d’un règlement commencent à être discutés. C’est précisément le cap qui semble avoir été franchi. Le Maroc a d’ailleurs présenté lors des discussions une version développée de son initiative, accompagnée d’un projet de statut d’autonomie. Les échanges ont porté sur des sujets extrêmement concrets : institutions, période transitoire, garanties internatio- nales, élections, partage des ressources, réconciliation, désarmement et réintégration des combattants. Ainsi, si pendant des décennies, les protagonistes se sont affrontés sur la nature même de la solution, désormais, la discussion commence à porter sur son architecture. Pour Rabat, l’évolution est considérable. La diplomatie marocaine a longtemps poursuivi un objectif : sortir le dossier d’une confrontation binaire entre indépendance et rattachement pour installer une troisième voie, celle d’une large autonomie sous souveraineté marocaine. Cela ne signifie évidemment pas que tout est joué. Car une autonomie qui doit servir de compromis ne peut être une coquille vide. Elle devra être suffisamment large pour convaincre ceux auxquels elle est destinée, tout en restant compatible avec les lignes rouges du Maroc sur sa souveraineté, son intégrité territoriale et ses compétences régaliennes. C’est désormais là que Rabat est attendu. Le succès diplomatique consistait à installer l’autonomie au centre du jeu. Le défi politique sera de transformer cette avance en accord. Le rapport Guterres apporte par ailleurs une autre clarification. L’Algérie participe directement aux discussions. On pourra continuer à débattre de son statut exact dans le conflit, mais lorsqu’il s’agit de négocier concrètement une solution, son ministre des Affaires étrangères est autour de la table. L’implication américaine ajoute une dimension supplémentaire. Washington ne se contente plus de soutenir une solution politique, mais participe directement à la relance des discussions et travaille avec l’ONU sur les contours d’un éventuel règle- ment. Cette implication donne au processus un poids politique qu’il n’avait plus depuis longtemps. Rien ne garantit pourtant que la dynamique aboutira. Cinquante ans de conflit ont accumulé suffisamment de contentieux, de méfiance et d’intérêts contradictoires pour faire dérailler plusieurs fois encore la négociation. Et plus les discussions deviendront précises, plus elles obligeront chacun à sortir du confort des positions de principe. Mais le Maroc aborde cette étape avec un avantage politique évident. Il ne lui est plus seulement demandé de défendre son initiative face à une proposition adverse. C’est son initiative qui fournit désormais le terrain sur lequel se déroule une partie essentielle de la discussion. Et en diplomatie, choisir le terrain compte presque autant que gagner la bataille. u
31 SMIG à 5.000 DH : Mode d'emploi en quatre ans TRIBUNE LIBRE
Entretien avec Mohamed Amrani : Programme économique, Les grands arbitrages qui attendent le nouvel exécutif Mines : L’Afrique veut capter davantage de valeur au-delà de l’extraction Tomates : Le Maroc face aux limites de son modèle exportateur Entretien avec Rachid Benali : Agriculture, le modèle marocain à bout de souffle ? Nouvelle carte administrative : Les territoires à l’épreuve du développement 13 14 16 18 19 ECONOMIE
34 CULTURE
Entretien avec Mohammed Selma Naguib : Galeries itinérantes, «La mobilité internationale est aujourd’hui primordiale»
HIGH-TECH
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IA : Le Maroc veut prendre sa place dans la bataille du calcul Intelligence artificielle : La darija cherche sa place
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20 L'UNIVERS DES TPME
Entretien avec Mohammed Sliman Darchi : DS compagnie pro, «Notre valeur ajou-tée repose avant tout sur notre connaissance du terrain»
• Directeur des rédactions & Développement : David William • Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Youssef Seddik, Khalid Aourmi, Ibtissam Zerrouk • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique & maquettiste : Abdelillah Chamseddine
• Administratif : Fatiha Aït Allah • Édition : JMA CONSEIL • Impression : Les imprimeries du Matin • Distribution : Sochpress • Tirage 5.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05 • S.A.R.L. au capital de 5.000.000,00 DH - C.N.S.S. 600 50 62 I.F. 1022303 - Patente 35770001 - ICE N° : 001526693000021
• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com
• Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri
VOYONS VOIR
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 8 OCTOBRE 2026
Politique économique
L’équation des cinq prochaines années
A
Le Maroc devra donc continuer à chercher ce qu’il poursuit depuis des années : une croissance plus robuste, moins dépendante des aléas climatiques et surtout beaucoup plus intensive en emplois. La deuxième alerte est probablement la plus préoccupante politiquement : l’emploi. C’est l’un des paradoxes de l’économie marocaine. Le Royaume investit massive- ment, attire des capitaux étrangers, déve- loppe de nouvelles industries et construit massivement des infrastructures. Pourtant, cette transformation ne produit pas encore suffisamment d’emplois pour absorber une population active jeune et répondre aux attentes sociales. Le prochain gouvernement devra donc faire de l’emploi non plus une conséquence espé- rée de la croissance, mais un objectif expli- cite de la politique économique. Cela suppose de réinterroger les dispositifs d’aide à l’investissement, d’accompagner davantage les PME, d’améliorer l’adéquation entre formation et besoins des entreprises, de faciliter l’entrée des jeunes sur le marché du travail et surtout d’encourager les sec- teurs capables de créer massivement des emplois. Vient ensuite le sujet le plus immédiatement perceptible par les ménages : le pouvoir d’achat. L’inflation peut ralentir. Les prix, eux, ne reviennent pas nécessairement à leur niveau antérieur. Cette nuance économique est fondamentale, mais elle est parfois mal com-
prise dans le débat public. Lorsque l’infla- tion passe, par exemple, de 5% à 2%, cela signifie simplement que les prix augmentent moins rapidement. Cela ne signifie pas que le panier qui coûtait 500 dirhams hier en coûte aujourd’hui 400. Ce que le consommateur marocain constate, c’est qu’au cours de ces dernières années, il y a eu renchérissement de l’alimentation, du logement, du transport, des services et de nombreux produits du quotidien. C’est dire que le ralentissement de l’inflation constitue certes une amélioration sur le plan macroéconomique, mais il n’efface pas les hausses accumulées. D’où ce décalage per- sistant entre des indicateurs qui s’améliorent et un pouvoir d’achat qui, dans le vécu des ménages, reste fortement sous pression. L’autre front sera budgétaire. Les besoins sont immenses (généralisation de la pro- tection sociale, santé, éducation, logement, infrastructures hydriques, soutien au pou- voir d’achat, investissements ferroviaires, routiers et aéroportuaires, préparation du Mondial 2030…), mais puisque l’argent public n’est pas extensible, il faudra mener ces chantiers tout en préservant les équi- libres macroéconomiques qui ont longtemps constitué l’un des actifs du Maroc. Le prochain gouvernement devra donc mar- cher sur une ligne étroite : soutenir l’effort d’investissement sans fragiliser les comptes publics, préserver le pouvoir d’achat des ménages sans subventionner indéfiniment, mobiliser davantage de recettes sans freiner l’investissement et la création de valeur, réformer les retraites sans provoquer une fracture sociale et accélérer la croissance tout en la rendant plus inclusive. Voilà l’équation. Elle est difficile, mais elle comporte une bonne nouvelle : le Royaume dispose aujourd’hui de davantage de leviers qu’il y a dix ou quinze ans, avec notamment une base industrielle plus solide, des infras- tructures performantes, une visibilité inter- nationale accrue, une capacité reconnue à attirer les investisseurs et un positionnement géographique devenu extrêmement précieux dans la recomposition des chaînes de valeur mondiales. Le prochain gouvernement ne part donc pas de zéro. Mais les acquis d’aujourd’hui ne suffiront pas à garantir les résultats de demain. ◆
Par D. William
première vue, le prochain gouvernement marocain pourrait presque s’estimer chan- ceux. Il n’héritera ni d’une économie à l’arrêt, ni d’une inflation hors de contrôle, ni de finances publiques au bord de la rupture. La croissance résiste, l’investissement reste soutenu et le Maroc continue d’attirer les capitaux étrangers. Pour autant, les agrégats rassurants cachent une équation économique autrement plus délicate. Le prochain Exécutif devra simulta- nément soutenir la croissance, créer davan- tage d’emplois, préserver le pouvoir d’achat, financer l’Etat social, poursuivre l’effort d’in- vestissement, préparer le Mondial 2030 et engager des réformes aussi sensibles que celle des retraites. Le tout sans transformer le déficit budgétaire en variable d’ajustement permanente. Autant dire qu’il faudra savoir jongler. La première difficulté tient à la qualité même de la croissance. Une progression du PIB autour de 4% est évidemment appréciable. Mais encore faut-il regarder sous le capot. Le rebond agricole contribue fortement à la dynamique actuelle, tandis que plusieurs activités non agricoles montrent des signes d’essoufflement.
Le prochain gouvernement devra faire de l’emploi non plus une conséquence espérée de la croissance, mais un objectif explicite de la politique économique.
oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ................................................................................... Adresse : ............................................................................................ Ville : ............................. Code Postal : ............................................ Tél : ........................................ Fax : ................................................. E-mail : ............................................................................................. Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)
ÇA SE PASSE AU MAROC
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OMPIC
Marbio
Plus de 60.900 entreprises créées en sept mois
Le FM6I reprend les 10% détenus par Recipharm
L e Fonds Mohammed VI pour l’Investissement (FM6I) va acquérir la parti- cipation de 10% détenue par le groupe suédois Recipharm dans Maroc Biotechnologies (Marbio). L’opération s’inscrit dans le cadre d’un accord conclu avec l’Etat marocain, BAB Consortium et Recipharm, prévoyant le retrait organisé de ce dernier du projet.
Partenaire de Marbio depuis son lancement en 2021, Recipharm a notam- ment accompagné la société sur les volets techniques, industriels et régle- mentaires pour la mise en place de sa plateforme de production de vaccins et de produits biologiques à Benslimane. L’accord prévoit une période de transition destinée à assurer la continuité des activités. Avec cette acquisition, le FM6I renforce l’ancrage national du capital de Marbio et son accompagnement dans une nouvelle phase de développement. Dotée d’un capital de 1,4 milliard de DH, Marbio ambitionne de consolider les capacités marocaines de production de vaccins et de produits biologiques et de développer, à terme, une plateforme industrielle à vocation africaine. ■
L es livraisons de ciment ont atteint près de 11 millions de tonnes (MT) à fin septembre 2026, en légère hausse de 1,17% par rapport à la même période une année auparavant, selon les données du minis- tère de l'Aménagement du territoire national, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville. Par segment, les livraisons destinées à la dis- tribution se sont élevées à 5,79 MT, suivies de celles destinées au béton prêt à l'emploi (BPE) avec 2,95 MT, au béton préfabriqué (PREFA) avec 1,03 MT, à l'infrastructure avec 842.520 tonnes, au bâtiment avec 314.493 tonnes et aux mortiers avec 46.690 tonnes, précise la même source. Au titre du seul mois de septembre 2026, les livraisons se sont établies à 1,46 MT, contre près de 1,22 MT un an auparavant, soit une hausse de 19,31%. Ces statistiques proviennent des données internes des membres de l'Association professionnelle des cimentiers (APC), à savoir Asment Temara, Ciments de l'Atlas, Ciments du Maroc, LafargeHolcim Maroc et Novacim (membre depuis janvier 2024). ■ S'agissant des formes juridiques, la Société à responsabilité limitée à associé unique (SARL AU) demeure la structure la plus adoptée par les créateurs d'entreprises personnes morales, avec une part de 65% des immatriculations. Elle est suivie par la Société à responsabilité limitée (SARL) qui représente 33,9%. Sur le plan territorial, la région de Casablanca-Settat se classe en tête en concentrant 39,3% des créa- tions d’entreprises personnes morales, devançant les régions de Rabat- Salé-Kénitra (14,5%), Marrakech-Safi (12,3%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (10,8%). À elles seules, ces quatre régions regroupent 76,9% des créations d'entreprises personnes morales au niveau national. Concernant les secteurs d'activités, les entreprises personnes morales nouvellement créées exercent principalement dans le commerce (27,22%), suivi du BTP (Bâtiment et travaux publics) et activités immo- bilières (25,28%), des services divers (20,03%), du transport (7,63%) et de l'industrie (6,3%). Pour ce qui est des entreprises individuelles (personnes physiques), la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima arrive en première position avec 20,6% des immatriculations, suivie de Casablanca-Settat (13,2%) et de Rabat-Salé-Kénitra (10,7%). Par ail- leurs, 77.883 noms commerciaux (certificats négatifs) ont été délivrés par l'OMPIC durant la période allant de janvier à juillet 2026. ■ L e nombre d'entreprises créées au Maroc s'est établi à 60.908 uni- tés au terme des sept premiers mois de 2026, selon l'Office maro- cain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC). Ces entreprises se répartissent sur les personnes morales (45.898 uni- tés) et les personnes physiques (15.010 unités). Ciment : Près de 11 MT de livraisons à fin septembre
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BOURSE & FINANCES
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Point Bourse Hebdo Le marché pris en «é-taux»
Evolution de l'indice Masi depuis début Octobre 2025
L Le MASI a encore lâché 2,89% cette semaine et retombe à 17.303,69 points. Les semestriels sont pourtant loin d’être mauvais. Mais entre une croissance bénéficiaire très concentrée et une lecture obligataire toujours pas favorable aux actions, le marché a relevé son niveau d’exigence. elle seule près de 3,4 milliards de dirhams de bénéfices supplémen- taires. Hors minières et après neu- tralisation de l’effet exceptionnel de Maroc Telecom en 2025, la hausse ressort à seulement 4,3%. La perfor- mance d’ensemble reste donc posi- tive, mais elle masque des écarts de plus en plus marqués entre les dossiers. «L’impact du décalage de l’activité entre le S1 et le S2 devrait permettre, a priori, un rattrapage sur l’ensemble de l’année», atténue BKGR, qui voit une reprise d’ici la fin de l’année. Par Y . Seddik
a semaine se termine comme elle avait commencé. Avec des ven- deurs aux commandes. Le MASI abandonne 2,89% en cinq séances, dont 1,57% rien que vendredi, et porte son recul annuel à 8,19%. Le MASI 20 accuse désormais près de 16% de baisse depuis janvier. À 17.303,69 points, la cote a rendu le rebond de la semaine précédente et revient sur des niveaux qu’elle n’avait plus fréquentés depuis mars. Ce repli tombe pourtant au moment où la saison des semestriels livre une photographie plutôt positive des bénéfices. Sur le périmètre suivi par BKGR, le RNPG agrégé de 72 sociétés progresse de 12,9% à 29,6 milliards de dirhams, tandis que les revenus avancent de 10,3%. Des chiffres qui, en temps normal, auraient donné du grain à moudre aux haussiers. Sauf que la masse bénéficiaire raconte aussi une histoire très concentrée. Managem apporte à
TOP Performances
FLOP Performances
Stokvis Nord Afrique Fenie Brossette HPS
-27,84%
+4,18% +4,1%
BMCI Cartier Saada Maghreb Oxygène
-12,36%
-10,66%
+3,68%
daire ont corrigé jusqu’à 11 points de base, après leur poussée récente. Avec un taux directeur maintenu à 2,25% et des anticipations d’infla- tion abaissées par BAM, ce reflux ramène la courbe vers des niveaux plus cohérents avec l’environnement monétaire domestique. Le primaire n’a pas davantage envoyé de signal de tension, puisque le Trésor n’a retenu que 100 MDH face à quelque 3,6 milliards demandés, soit un taux de satisfaction voisin de 3%. Ce faible recours au marché a contribué à calmer les rendements,
même si octobre s’annonce chargé en remboursements. Une détente qui ne suffit toutefois pas à faire repartir les actions. Les semestriels n’ont donc pas déçu dans leur ensemble. Ils ont surtout montré que tous les bénéfices ne se valent pas et que, face à une courbe de taux plus exigeante, le marché n’est plus disposé à tout payer au même prix. Au final, octobre s’ouvre avec une cote moins chère qu’il y a un mois, mais aussi beaucoup plus sélec- tive. ◆
Il faut dire qu’après trois années de hausse, le marché paie moins facilement les promesses et devient nettement plus regardant sur le prix d’entrée. De son côté, le marché obligataire, qui avait sérieusement compliqué les arbitrages la semaine précé- dente, a de son côté relâché un peu de pression. Les rendements moyen et long terme sur le secon-
POUR NE RIEN RATER DE LA BOURSE @bourse_news @boursenews www.boursenews.ma Bourse news
BOURSE & FINANCES
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sements apparaissent déjà dans certains centres. À Borj Fez, le programme de rénovation et d’extension, finalisé au troisième trimestre, a créé 2.500 m² supplé- mentaires. Le taux d’occupation atteignait 98% à fin juin, contre 92% à fin décembre, tandis que la fréquentation progressait de 10% sur un an. Les nouvelles surfaces et l’enrichissement de l’offre com- merciale doivent permettre d’ac- croître la contribution de l’actif. À Marrakech, la rénovation d’Al- mazar doit être achevée en fin d’année, avec davantage de loisirs et de restauration, notamment un cinéma et de nouvelles attractions. À Rabat, l’extension de Sela Gallery prévoit 4.000 m² additionnels et un parking en sous-sol. Le mana- gement a insisté sur le potentiel commercial de cet emplacement et sur la possibilité d’y accueillir de nouvelles enseignes. Sela Park Casablanca poursuit, pour sa part, sa montée en exploi- tation. Ouvert en novembre 2025, le centre affichait un taux d’oc- cupation de 83% à fin juin sur près de 30.000 m². Les ouvertures progressives d’enseignes doivent encore renforcer ses revenus. Le chantier du projet à usages mixtes situé à l’entrée sud de Casablanca présentait, lui, un avancement d’environ 30% à fin juin. Le nouveau terrain acquis en juillet à Casa Anfa complète ces développements. Il doit accueillir un ensemble de commerces, de bureaux et de logements, pour un potentiel d’environ 30.000 m² de surface hors œuvre nette. Durant les échanges, la direction a défen- du une offre commerciale ouverte sur le quartier, destinée à accom- pagner la densification résiden- tielle et tertiaire de la zone. La composante résidentielle de certains projets répond, selon le management, aux conditions d’accès à des emplacements stra- tégiques. La promotion immobi- lière peut ainsi accompagner le développement d’actifs conservés dans le patrimoine et générer, au passage, des recettes ponctuelles. Elle explique une part impor- tante de la croissance du pre- mier semestre. Le chiffre d’affaires consolidé progresse de 28%, à
Aradei vise un portefeuille d’environ 11,3 milliards de dirhams, un chiffre d’affaires de 1,1 milliard et un FFO, indicateur de génération de trésorerie opérationnelle, proche de 500 MDH.
Sociétés cotées Aradei Capital pourrait pousser les murs de son plan 2030
Avec 2,4 milliards de dirhams de projets sécurisés sur les 3,3 milliards prévus à l’horizon 2030 (70% du programme 2030 en cours de réalisation), la foncière accélère l’exécution de son programme. Le management envisage déjà de dépasser cette enveloppe et estime que la dynamique des investissements est encore mal reflétée par le cours de Bourse. Par Y . Seddik
A
adei Capital pourrait sécuriser dès la fin de cette année l’ensemble du programme d’investissement prévu à l’horizon 2030. Cette perspective, évoquée lors de la conférence de résultats organi- sée jeudi 1er octobre à la Bourse de Casablanca, donne la mesure de l’accélération engagée par la foncière. Environ 2,4 milliards de dirhams de projets étaient déjà sécurisés au 30 juin, sur une enve- loppe initiale de 3,3 milliards. Au regard des opérations en prépa- ration, le management envisage même que ce montant soit revu à la hausse, sans avoir annoncé de nouvel objectif chiffré. Cette avance concerne la sécu- risation des projets, dont la réa- lisation et la contribution aux revenus s’échelonneront sur plu-
sieurs exercices. Mais les décais- sements accélèrent eux aussi : Aradei prévoit d’investir 600 MDH en 2026, contre environ 300 MDH en 2025. Après 222 MDH au premier semestre, l’essentiel de l’effort annuel doit intervenir sur la seconde partie de l’année. «L’année 2026 marque un chan- gement de rythme» , a souligné le management. Devant les analystes et les journa- listes, les échanges ont également porté sur la traduction de ces investissements dans les revenus futurs et les dividendes. Le mana- gement estime que la dynamique des projets trouve encore peu d’écho dans le comportement de l’action. Il a ainsi invité les ana- lystes à mesurer, actif par actif, les loyers supplémentaires attendus
des extensions, des rénovations et des nouvelles ouvertures. Ce discours s’appuie sur une visibilité jugée meilleure qu’au moment de la présentation de la feuille de route. Les objectifs offi- ciels restent par ailleurs inchangés à l’horizon 2030. Aradei vise un portefeuille d’environ 11,3 milliards de dirhams, un chiffre d’affaires de 1,1 milliard et un FFO, indicateur de génération de trésorerie opé- rationnelle, proche de 500 MDH. Le management considère toute- fois que l’avancement des projets pourrait permettre de concrétiser plus tôt une partie des ambitions annoncées. Les extensions préparent la croissance des loyers Les premiers effets des investis-
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393 MDH, dont environ 60 MDH issus de la promotion résidentielle. L’activité foncière représente 334 MDH, contre 308 MDH un an auparavant. L’EBITDA consolidé augmente de 6% à 244 MDH, et le FFO ajusté de 5% à 163 MDH, ce dernier intégrant la contribu- tion non récurrente du programme résidentiel. La marge d’EBITDA de la seule activité foncière atteint 70,3%, contre 61,9% pour l’en- semble consolidé. Au-delà des comptes, la direc- tion décrit une conjoncture com- merciale plus favorable qu’elle ne l’avait anticipé dans ses budgets. Ce constat tient à la fréquentation, en hausse de 6% dans les actifs équipés de compteurs, mais aussi aux échanges avec les enseignes. Plusieurs partenaires ont réactivé leurs plans de développement, tandis que de nouveaux opéra- teurs étudient des implantations. Le management y voit un signe encourageant de la consomma- tion sur le terrain. À fin juin, le taux d’occupation global atteint 97% et le taux de recouvrement ressort à 93%. La foncière cherche également à mieux exploiter la fréquentation de ses sites. Dans les loisirs, sa filiale Best Leisure poursuit le déploie- ment du concept WAW, après une première ouverture à Sela Park Casablanca en janvier. Borj Fez doit suivre en octobre, puis Socco Alto au premier trimestre 2027. Dans la publicité, l’agence Elevate a déployé 32 écrans dans sept centres et diffusé 54 campagnes au premier semestre. Ces activités apportent des recettes complé- mentaires aux loyers et renforcent l’offre des centres. La dette d’abord, le capital en option Le financement a également occu- pé une partie des échanges. À fin juin, la dette brute atteint 3,66 milliards de dirhams et le ratio LTV EPRA ressort à 38%, contre 34% à fin 2025. Le coût moyen de finan- cement se situe autour de 4,5%, avec environ 85% de la dette à taux fixe ou plafonné et une matu- rité moyenne supérieure à six ans. Interrogé sur une éventuelle aug- mentation de capital pouvant
atteindre un milliard de dirhams d’ici 2030, le management n’a pas écarté l’hypothèse, tout en privilé- giant d’abord la mobilisation des capacités d’endettement dispo- nibles. Aucune opération ni aucun calendrier n’ont été annoncés. De nouvelles opportunités pourraient néanmoins modifier les besoins de financement. La direction a notamment confirmé travailler sur des acquisitions d’actifs déjà opé- rationnels, susceptibles de com-
moyens humains. L’accélération des projets oblige Aradei à ren- forcer ses équipes, mais les ten- sions se font surtout sentir chez les entreprises de construction et les différents corps de métier. Leurs difficultés à mobiliser du personnel influencent déjà les délais de développement. Pour la foncière, la cadence des livraisons dépendra aussi de la capacité de ses partenaires à suivre celle des investissements. ◆
L’accélération des projets oblige Aradei à renforcer ses équipes, mais les tensions se font surtout sentir chez les entreprises de construction et les différents corps de métier.
pléter le programme présenté. La contrainte sur laquelle le mana- gement a le plus insisté en fin de conférence concerne toutefois les
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Résultats semestriels «Nous prévoyons un rattrapage du BTP et de l’immobilier au second semestre»
légèrement reculé, tandis que ceux de TGCC et de SGTM ont enregistré de légères hausses, mais sont restés en deçà de nos attentes. F. N. H. : À l’inverse, quels secteurs ont réservé de bonnes surprises ? N. A. : Les valeurs technolo- giques ont publié de très bons résultats au premier semestre. HPS a dégagé un résultat net positif de 34 millions de dirhams, contre une perte de 47 millions un an auparavant. M2M a enregistré une hausse de 36% de son chiffre d’affaires et un bénéfice net de 8 millions de dirhams, contre un résultat proche de l’équilibre au premier semestre 2025. Chez Microdata, le chiffre d’affaires a progressé de 67% et le résultat net de 21%. S2M a, pour sa part, affi- ché des hausses respectives de 21% et de 15%. Disway a également enregistré une progression de son chiffre d’affaires de 14% et de son résultat net de 20%. Chez Disty Technologies, ces hausses res- sortent respectivement à 20% et à 28%. Presque toutes les valeurs tech- nologiques ont ainsi réalisé une croissance à deux chiffres. Le secteur figure parmi les bonnes surprises de ce semestre. Dans les mines, Managem a éga- lement publié un résultat net supérieur aux attentes. F. N. H. : Comment expli- quez-vous la baisse du marché malgré la progres- sion des bénéfices ? N. A. : Depuis le début de l’année, le marché s’inscrit dans une tendance baissière, avec un recul du MASI de l’ordre de 9%. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. La hausse des taux obligataires, au Maroc comme à l’interna- tional, exerce une pression sur la valorisation des actions. La hausse des prix de l’énergie depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient a éga- lement ravivé les craintes de pressions inflationnistes. Ces facteurs ont pesé sur les
Avec une masse bénéficiaire de 29,4 milliards de dirhams, en progression de 7,4%, les sociétés cotées clôturent un premier semestre globalement positif, malgré des performances contrastées. Naoufal Aouragh, responsable Analyse et Recherche chez M.S.IN, revient sur les principales publications, les facteurs qui pèsent sur les cours et les perspectives pour la fin de l’année.
Propos recueillis par Y. Seddik
cours des métaux. À l’inverse, Maroc Telecom a enregistré une baisse de son résultat net part du groupe, liée notamment à l’absence des produits excep- tionnels comptabilisés en 2025. Sanlam Maroc a également pesé sur les résultats du mar- ché. Son résultat net consolidé est passé d’environ un milliard de dirhams à une perte de 88 millions de dirhams, sous l’ef- fet d’un résultat net des place- ments négatif. Hors Managem, Maroc Telecom et Sanlam Maroc, la croissance de la masse bénéficiaire res- sort à environ 7%. La progres- sion reste donc positive après ajustement de ces trois contri- butions. Elle témoigne de la bonne dynamique de l’activité des sociétés cotées, qui ont montré leur résilience malgré
un contexte international défa- vorable.
Finances News Hebdo : Quelle lecture faites-vous des résultats semestriels des sociétés cotées ? Naoufal Aouragh : Le bilan du premier semestre 2026 est globalement positif. Le chiffre d’affaires agrégé des sociétés cotées a progressé de 10,6% à 196 milliards de dirhams, tandis que la masse bénéficiaire a aug- menté de 7,4%, pour atteindre 29,4 milliards de dirhams. Cette progression des béné- fices a été principalement por- tée par Managem, qui a pro- fité de l’évolution favorable des
F. N. H. : Quelles publica- tions ont été inférieures à vos attentes ? N. A. : Outre Sanlam Maroc, Lesieur Cristal a enregistré une perte nette de 47 millions de dirhams, contre un bénéfice de 12 millions un an auparavant. Ses résultats ont été affectés par un ralentissement conjonc- turel de la demande, une forte volatilité des cours des matières premières et l’impact d’une filiale sénégalaise. D’autres entreprises indus- trielles et agroalimentaires, dont Cosumar, ont également publié des résultats inférieurs aux attentes. C’est aussi le cas du BTP. Les résultats de Jet Contractors ont
Nous prévoyons une poursuite de la croissance de la masse bénéficiaire au second semestre et sur l’ensemble de l’exercice 2026.
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cours malgré la progression des résultats des sociétés cotées. La masse bénéficiaire avait aug- menté de 38% en 2025 et elle progresse encore d’environ 7% au premier semestre 2026. Le marché n’a pourtant pas réagi favorablement à ces publica- tions, car d’autres éléments, extérieurs aux entreprises influencent son évolution. Il faut aussi replacer cette baisse dans son contexte : le marché sort de trois années de hausse, avec une progression cumulée de plus de 60%. Nous consi- dérons donc 2026 comme une année de consolidation après cette forte appréciation. F. N. H. : Ces publications vous conduisent-elles à revoir vos appréciations sur les valeurs et vos recommandations ? N. A. : Les résultats du premier semestre sont en ligne avec notre scénario de croissance de la masse bénéficiaire pour 2026. Leur publication nous permet d’actualiser nos notes de recherche et de revoir l’en- semble des valeurs que nous couvrons. C’est aussi l’occasion de distinguer les entreprises dont la croissance est structu- relle de celles qui bénéficient davantage de facteurs conjonc- turels. Nous ajustons ainsi nos recom- mandations en tenant compte des résultats publiés, des fac- teurs propres à chaque entre- prise et des évolutions secto- rielles. F. N. H. : Quelles sont vos perspectives pour les bénéfices sur l’ensemble de l’année ? N. A. : Nous prévoyons une poursuite de la croissance de la masse bénéficiaire au second semestre et sur l’ensemble de l’exercice 2026. Certains sec- teurs devraient connaître un rattrapage durant la seconde moitié de l’année, notamment le BTP et l’immobilier. Cette évolution devrait être sou- tenue par la dynamique de l’in- vestissement, la poursuite des
grands projets d’infrastructures et la résilience de la consomma- tion. La bonne orientation des activités technologiques et la progression continue du sec- teur bancaire devraient égale- ment contribuer à la croissance des résultats. F. N. H. : Quels seront les principaux points de vigi- lance ? N. A. : Nous suivrons l’évolu-
politique international. La capacité des entreprises à préserver leurs marges dans un environnement de pressions inflationnistes sera également déterminante. Notre scénario central reste celui d’une poursuite de la croissance des bénéfices sur l’ensemble de l’année, avec une attention particulière à ces facteurs. ◆
Presque toutes les valeurs technologiques ont ainsi réalisé une croissance à deux chiffres. Le secteur figure parmi les bonnes surprises de ce semestre.
tion des cours internationaux des métaux et des matières premières, celle des taux d’in- térêt, ainsi que le contexte géo-
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Paiements BAM veut desserrer l’emprise du cash Avec 540 milliards de dirhams en circulation à fin juillet, la demande d’espèces continue de progresser malgré le développement des paiements électroniques, poussant Bank Al-Maghrib à agir sur leur acceptation chez les commerçants et leur tarification. Par Y . Seddik
pour l’inclusion financière en 2019 et mise en place du virement instantané en 2023. S’y ajoutent le relèvement des plafonds des comptes de paiement, l’assouplis- sement des règles applicables aux agents et la dématérialisation des aides sociales. BAM entend désormais renforcer l’utilisation quotidienne de ces ins- truments. L’acceptation des paie- ments numériques chez les com- merçants constitue, à ses yeux, «l’un des principaux maillons à renforcer». La stratégie consiste à encourager particuliers, entre- prises et administrations à les uti- liser, tout en élargissant le réseau de commerces où ces paiements sont possibles. Leur coût fait aussi partie des tra- vaux engagés. La Banque cherche à favoriser « un modèle écono- mique suffisamment incitatif pour le commerçant et l’utilisateur», tout en garantissant la viabilité des acteurs qui investissent dans les infrastructures et les services de paiement. Elle ne précise pas, dans sa réponse, de nouvelles grilles tarifaires ni de calendrier d’application. La dématérialisation des encais- sements et décaissements publics doit également contribuer à modi- fier les habitudes, de même que le développement du paiement élec- tronique dans les services publics. À moyen terme, BAM prévoit de poursuivre la modernisation du cadre réglementaire et ses travaux exploratoires sur une monnaie digitale de banque centrale. En parallèle, elle continue d’as- surer l’approvisionnement en espèces. La période de l’Aïd Al-Adha, du 13 au 27 mai 2026, a ainsi donné lieu à 27,2 milliards de dirhams de retraits nets aux guichets de BAM, contre 21,4 mil- liards durant la période compa- rable de 2024 et 19,3 milliards en 2023. Le taux moyen de disponi- bilité des guichets automatiques bancaires s’établissait à 95% à fin juin 2026. La Banque rappelle que la réduction de la dépendance au cash devra accompagner progres- sivement l’évolution des usages, tout en garantissant aux citoyens le libre choix de leur moyen de paiement. ◆
Le cash a doublé depuis l’avant-Covid et les paiements numériques n’ont toujours pas ralenti sa progression.
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accalmie n’aura duré qu’un an. Après une progression limitée à 5,2% en 2024, la circulation fidu- ciaire a bondi de 18% en 2025, puis de 10% sur les sept premiers mois de 2026. À fin juillet, son encours atteignait 540 milliards de dirhams, contre environ 491 milliards à la clôture de l’année précédente. Dans ses réponses à Finances News Hebdo, Bank Al-Maghrib décrit une demande de cash qui demeure forte, malgré la multiplication des solutions de paiement numérique. La rupture remonte à la crise sani- taire, puisqu’entre 2010 et 2019, les espèces en circulation augmen- taient à un rythme annuel proche de 6%. Cette cadence a doublé entre 2020 et 2023, pour atteindre 12% en moyenne. La régularisa- tion volontaire de la situation fis- cale des personnes physiques a ensuite contribué au ralentisse- ment observé en 2024. Mais dès
l’année suivante, la demande est repartie à la hausse. Fin 2025, l’en- cours représentait déjà le double de son niveau d’avant la pandé- mie. BAM tient toutefois à distin- guer cette progression de celle des paiements électroniques. La hausse du cash « ne traduit donc pas nécessairement un recul de ces derniers, mais reflète plutôt la persistance d’un recours structu- rel important au cash». Les usages numériques se développent, sans encore entraîner une modéra- tion suffisamment sensible de la demande d’espèces. Les données bancaires montrent que cette demande passe prin- cipalement par les retraits par carte aux guichets automatiques. Viennent ensuite les retraits directs ou par chèques aux guichets des banques, l’encaissement de la contre-valeur des transferts en devises des MRE et les cessions de billets étrangers. Quant aux raisons de cette préfé- rence, la Banque centrale cite la croissance économique, le poids de l’informel, la fiscalité, l’inclu- sion financière et les habitudes de
paiement. La thésaurisation inter- vient également, notamment dans les périodes d’incertitude comme celle de la crise sanitaire. BAM ne fournit cependant pas de ven- tilation permettant d’attribuer la hausse à chacun de ces facteurs. Leur impact «ne peut être déter- miné de manière isolée ni quantifié avec exactitude» , précise-t-elle, en raison des difficultés d’observa- tion et de mesure. Cette dépendance aux espèces a un coût. Sur le seul périmètre cou- vrant ses propres activités, celles des banques et des centres pri- vés de tri, BAM l’estime à environ 0,3% du PIB en 2023. Réduire le recours au cash permettrait, selon elle, de limiter ces charges et les risques de perte ou d’insécurité, mais aussi de canaliser davantage de liquidités vers le circuit formel pour soutenir le financement de l’économie. Les initiatives se sont pourtant succédé : ouverture des activi- tés de paiement à de nouveaux acteurs en 2017, introduction du paiement mobile en 2018, lan- cement de la Stratégie nationale
L’acceptation des paiements numériques chez les commerçants constitue pour BAM «l’un des principaux maillons à renforcer».
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Programme économique Les grands arbitrages qui attendent le nouvel exécutif
F. N. H. : Le prochain gouver- nement devra exécuter un PLF qu’il n’a pas élaboré. Peut-on s’attendre à plu- sieurs amendements ? M. A. : Par le passé, les amende- ments ont marqué tous les PLF. Ils sont déposés à l’initiative de l’exécutif ou des partis représen- tés au Parlement, notamment ceux de l’opposition. Pour le PLF 2027, il faut s’attendre aux deux. Pour le gouvernement, il s’agit de se conformer à son programme et prendre les dispositions néces- saires. F. N. H. : Dans quelle mesure ce programme sera réaliste et réalisable ? M. A. : La réalisation du programme dépend essentiellement du finan- cement. Il y a toujours dans toutes les démocraties du monde un décalage entre les engagements et les réalisations. La politique, il faut le rappeler, est l’art du possible. S’inspirant du nouveau modèle du développement (NMD), le PAM capitalise sur les investissements privés pour générer davantage de recettes au trésor public. Il mise également sur un taux de crois- sance moyen de 5% pour atteindre ses objectifs. Ils sont certes très ambitieux, mais sont toutefois réa- lisables sous certaines conditions, notamment que la conjoncture soit favorable, comme une abondance de la pluie et l’apaisement des tensions géostratégiques à l’inter- national. F. N. H. : Quid des méga chantiers de la Coupe du monde 2030 ? M. A. : Le mandat du prochain gouvernement expire en 2030. Une date qui coïncide avec la co-orga- nisation du Royaume de la Coupe du monde. Tous les partis sont conscients de cet enjeu et ils ont manifesté leur soutien. Le prochain gouvernement est appelé à réaliser les chantiers dans le temps. En plus des infrastructures sportives, l’exé- cutif doit travailler certains secteurs particuliers comme le transport, le tourisme, la sécurité et l’environne- ment non seulement pour respecter le cahier des charges de la FIFA, mais pour soigner la notoriété et l’image de marque du pays. ◆
Le futur programme gouvernemental devra concilier ambitions sociales, soutien
à l’investissement, contraintes de financement et accélération
des grands chantiers à l’horizon 2030. Pour l’économiste Mohamed Amrani, sa mise en œuvre dépendra notamment de la capacité de l’exécutif à stimuler la croissance et à mobiliser davantage de recettes fiscales.
Propos recueillis par C. Jaidani
dont l’exécution sera étalée sur 5 ans.
F. N. H. : Pourrait-il y avoir des divergences entre les partis sur la finalisation ce programme ? M. A. : Les divergences font partie de la vie politique. Chaque formation voudra impo- ser sa propre vision, quand bien même elles partagent de nom- breuses similitudes. Chacune d’elles veut donner une nouvelle impulsion aux secteurs sociaux comme la santé et l’éducation, la hausse du pouvoir d’achat, l’emploi et l’amélioration des services publics, le renforce- ment des infrastructures. Le volet socioéconomique est la partie la plus importante du programme. Les citoyens ont beaucoup d’attente à ce niveau. Le PAM se démarque par sa proposition de financement de ce programme qui est une pre- mière au Maroc. Il table sur l’augmentation des recettes fiscales pour financer les diffé- rents chantiers structurants que le Maroc a lancés.
Finances News Hebdo : Comment pourrait être le programme économique du nouveau gouvernement ? : Nouvellement nommée cheffe de gouvernement, Fatima Zahra Manouri poursuit les discussions avec les partis politiques. La pre- mière étape consiste à choisir les formations qui acceptent de former le gouvernement avec le Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM). La deuxième porte sur la distribution des por- tefeuilles et la dernière a trait à la conception du programme du gouvernement. La feuille de route comporte plusieurs volets et différents objectifs. Elle sera inspirée essentiellement du pro- gramme que la formation du tracteur a véhiculé lors de la campagne électorale. Celle-ci est basé sur 20 engagements Mohamed Amrani
F. N. H. : Peut-on s’attendre à la reconduction de la coa- lition sortante ? M. A. : C’est le scénario le plus probable. Les trois partis sont arri- vés en tête du scrutin. Certes, l’ordre n’est pas le même, mais les formations ont une certaine ressemblance dans leur structure et leur identité politique et par- tagent les mêmes valeurs morales. Pour avoir une majorité confor- table, la coalition peut être élar- gie à d’autres formations à faible taille comme le PPS ou l’USFP, le Mouvement populaire ou l’Union constitutionnelle. Le PJD et la Fédération de gauche préfèrent se positionner dans l’opposition. Plus le nombre de partis formant le gouvernement est élevé, plus la distribution des portefeuilles sera compliquée et plus un compromis sur le pro- gramme gouvernemental prendra du temps.
Plus le nombre de partis formant le gouvernement est élevé, plus la distribution des portefeuilles sera compliquée.
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