FNH HD

Du 26/27/28/29/30 mars 2020 - 8 DH - N° 975

Directeur de la publ ication : Fatima Ouriaghl i

Soutien à l'économie «Les employés de l’informel, l'élément fondamental !»

Najib Akesbi, professeur et économiste

P. 20/21

Coronavirus

Mohamed Lyoubi dit tout ◆ Confinement ◆ Détection des malades ◆ Protocole thérapeutique

Mohamed Lyoubi, directeur de l'épidémiologie et de la lutte contre les maladies

P. 14/15

POINT BOURSE HEBDO

AIRBUS / BOEING

Evolution de l'indice Masi depuis février 2019

Aucun arrêt d’activité pour l’industrie aéronautique au Maroc ◆ Stelia Aerospace ne compte pas procéder à l’arrêt de son activité au Maroc. ◆ Entretien avec Ihssane Mounir, vice-président senior des ventes commerciales et du marketing de Boeing. P. 18/19

Rebond de circonstance

Les volumes n’accompagnent pas le mouvement de rebond initié cette semaine. Certains émetteurs ont baissé leur dividende, d’autres ont choisi la rétention.

P. 7

Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massi ra El Khadra, Casablanca - Tél. : ( 0522) 98.41.64/66 - Fax : ( 0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma

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OMMAIRE S

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Actualité Voyons voir : Coronavirus : Les héros… et les autres

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Ça se passe au Maroc Ça se passe en Afrique Ça se passe en dans le monde

Bourse & Finances Point Bourse Hebdo : Rebond de circonstance Secteur bancaire : BAM prépare une nouvelle vague de mesures d'assouplissement

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Editorial

Atlanta : Le management fait le point sur les réalisations 2019 Wafa Assurance : La capacité bénéficiaire amorce sa reprise Sociétés cotées : HPS entrevoit 2020 avec sérénité Boursenews

Par Fatima Ouriaghli

UNE QUESTION DE RESPONSABILITÉ !

G ouverner, c’est prévoir, décider, faire des choix. Des choix parfois diffi- ciles, comme notam- ment celui de décréter l’état d’ur- gence sanitaire et de contraindre la population au confinement. Le Maroc a fait ce choix courageux. Et surtout à temps. Cela nous a certainement évité de connaître ces drames que vivent aujourd’hui cer- tains pays, quand bien même nous déplorons jusqu’à présent 5 décès liés au coronavirus. Regardons un peu ce qui se passe chez nos voisins et partenaires. Ces chiffres datés du 24 mars donnent froid dans le dos : • France : 1.100 personnes mortes de l’épidémie et plus de 22.300 cas positifs; • Espagne : environ 3.000 décès et 42.000 personnes contaminées, alors que le pic de l’épidémie n’est pas encore atteint; • Italie : Plus de 6.800 décès pour près de 70.000 personnes testées positives. En mesurant très tôt la gravité de la situation et en prenant des mesures fortes, les autorités ont certainement épargné à la popu- lation d’être confrontée à ce décompte macabre. Des dizaines, voire des centaines de personnes qui meurent par jour dans un pays, dans des circonstances pénibles, sans assistance ni accompagne- ment de leurs proches, ça reste

très traumatisant pour un peuple. Ces milliers de morts ailleurs doivent donc aider à éveiller cer- taines consciences dans notre pays. La conscience de ceux qui bravent l’état d’urgence sanitaire, mettant en danger leur vie, celle de leurs proches et celle des autres citoyens en général. Au nom de Ces milliers de morts ailleurs doivent aider à éveiller certaines consciences dans notre pays. quoi ? Pour prouver quoi ? Les autorités marocaines ne veulent qu’une chose : protéger tous les fils de ce pays. Et pour cela, elles ne demandent aussi qu’une seule chose : que chacun limite ses déplacements et reste chez soi. Le confinement est difficile, l’on en convient. Mais est-il plus difficile que de voir le deuil frapper aux portes de dizaines de foyers maro- cains chaque jour ? Certainement pas. Alors, faisons preuve de res- ponsabilité ! u

Economie Covid-19 / Chloroquine : Ce médicament bon marché qui fait polémique Coronavirus : Mohamed Lyoubi dit tout 14 15 Tribune libre Pandémie covid-19 : Moi médecin, mon rôle et ma responsabilité 16

Economie Entretien avec Redouane Samlali : La médecine privée mobilisée Airbus/ Boeing : Aucun arrêt d’activité pour l’industrie aéronautique au Maroc Entretien avec Ihssane Mounir : «Nous continuerons à apporter notre soutien à nos partenaires marocains pendant cette période»

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Entretien avec Najib Akesbi : « Les employés de l’informel, l’élément fondamental» Entretien avec Ahmed Elazraq : Comment amortir le choc pour les entreprises

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L'univers des TPME Agritech : Les start-up ne se pressent pas 23

Focus Agricole Covid-19 : Le monde rural entre le marteau et l’enclume 24

Développement durable Energie éolienne : Un potentiel cumulé de 275.000 MW Energie solaire : Green Fusion Solar Maroc s’allie aux ténors

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Culture Arts plastiques : Ce que la peinture doit aux femmes Entretien avec Rajaa Atlassi : À table l'artiste ! 30 32 Société Coronavirus : Aux premiers jours du confinement 28

• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com

• Directeur des rédactions &Développement : DavidWilliam • Rédacteur en chef : Amine Elkadiri • Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Adil Hlimi, Momar Diao, Youssef Seddik, Badr Chaou, Chaimaa Abounaim, Khalid Aourmi • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique &maquettiste : Abdelillah Chamseddine •Mise en page : Zakaria Beladal • Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri, Salma Benmakhlouf, Rania Benchaib • Administratif : Fatiha Aït Allah, Nahla Sahlal • Édition : JMA CONSEIL • Impression : Maroc Soir • Distribution : Sapress • Tirage entre 15.000 et 18.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05

V OYONS VOIR DU 26/27/28/29/30 MARS 2020 FINANCES NEWS HEBDO

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Coronavirus Les héros… et les autres

Par D. William

L e Maroc, comme beau- coup d’autres pays à tra- vers le monde, traverse une période particuliè- rement difficile à cause du coro- navirus. Et la situation est encore plus délicate depuis que l’état d’urgence sanitaire a été décrété, vendredi dernier. Légitimé, au demeurant, par la situation épi- démiologique, avec notamment la recrudescence des cas confirmés de coronavirus dans le Royaume: au 24 mars, on dénombrait 170 cas confirmés, pour 5 décès et 6 guérisons. On a tendance, peut-être bien malgré nous, à se focaliser sur les statistiques, parce que tantôt elles font peur, surtout quand le nombre de cas augmente, tan- tôt elles rassurent, notamment quand les autorités font part d’une guérison.

Mais on oublie certainement l’essentiel : tous ces héros en blouse blanche qui exposent leur vie pour sauver celle des patients atteints par le coronavirus. Tout ce personnel soignant mobilisé depuis le déclenchement de la crise et qui se met consciencieu- sement au service des personnes malades pour leur rémission. On oublie aussi tous ces géné- reux citoyens et citoyennes marocains dont les dons vont permettre d’améliorer les infras- tructures sanitaires du Royaume et de soutenir une économie nationale déjà fortement impac- tée par cette crise. On oublie tous ceux qui per- mettent actuellement au Maroc économique de continuer à fonc- tionner, même si c’est difficile. On oublie également les autori- tés qui ont très tôt pris la pleine

mesure de la pandémie du Covid- 19 pour prendre les décisions qu’il fallait, et qui ne ménagent aucun effort pour informer au mieux la population.

en respectant scrupuleusement les directives préconisées par les autorités. Oui, tous ces gens sont des héros. Mais malheureusement, à leurs côtés, il y a les autres. Et je vous laisserai le soin de les qualifier. Il y a ces médecins trouillards qui, dès que les cas de coronavirus ont commencé à se multiplier au Maroc, ont tout simplement fermé leur cabinet. Incroyable non ?! Pourtant, c’est vrai : en cette période de «guerre sanitaire», certains de ceux qui devaient être sur la ligne de front, ont pris hon- teusement la poudre d’escam- pette, abandonnant serment et patients. Au point de susciter l’ire de l’Ordre national des médecins (www.laquotidienne.ma). Il y a ces Moqaddems qui font tout le contraire de ce qu’on leur

a demandé, et dont les actes facilitent malheureusement la propagation du coronavirus. Au lieu d’aller déposer les autorisa- tions exceptionnelles de déplace- ment aux domiciles des citoyens, ils préfèrent s’installer dans un local et faire venir les citoyens pour leur remettre le document. Ils favorisent ainsi la promiscuité et les contacts rapprochés, bref le non respect des «gestes bar- rières». Il y a ces individus qui diffusent des fake news sur le nouveau coronavirus pour angoisser davantage la population. Enfin, il y a tous ces gens qui défient les règles établies et violent l’état d’urgence sanitaire. Et vous savez ce qui différencie les héros des autres : le sens de la responsabilité. Et c’est une sacrée différence !!! ◆

A côté de nos héros, il y a des médecins qui ont pris honteu- sement la poudre d’escampette, aban- donnant serment et patients.

On oublie tout autant ces millions de Marocains confinés, qui font preuve d’un civisme exemplaire

oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 52 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ...................................................................................... Adresse : .............................................................................................. Ville : ............................. Code Postal : ............................................... Tél : ........................................ Fax : .................................................... E-mail : ................................................................................................ Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)

A SE PASSE AU MAROC Ç

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L e ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, a annoncé avoir mis en place un programme de sauvegarde ciblé qui consiste en la distribution de 2,5 millions de quintaux d’orge subventionnés pour le prochain trimestre au profit des éleveurs des zones affectées par le déficit des pluies, et ce à partir de ce vendredi 27 mars. L’orge sera mise à la disposition des éleveurs pour un prix fixe de deux dirhams le kilogramme. Ce programme comprend également la prise en charge du transport depuis les centres de vente de l’orge aux chefs-lieux des communes enclavées et d’accès difficile au niveau des provinces concernées. ■ Campagne agricole 2019-2020 Plan d’urgence pour la sauvegarde du cheptel

Arrêt temporaire de travail

Importations automobiles

La douane exige de l’Aivam de réduire les volumes

D ans le cadre des mesures d’accompagnement des entreprises vulnérables aux chocs induits par la crise du Coronavirus, la CNSS a arrêté les moda- lités pour bénéficier de la mesure en faveur du personnel des entreprises en difficulté. Il s’agit de l’octroi d’une indemnité forfaitaire mensuelle nette durant la période allant du 15 mars au 30 juin 2020, soit 1.000 DH pour le mois de mars et 2.000 DH pour les mois d’avril, mai et juin 2020. Cette indemnité concerne les salariés déclarés à la CNSS au titre du mois de février 2020, en arrêt temporaire de travail et relevant des entreprises en difficulté. Ces salariés continueront éga- lement de bénéficier, selon les dispositions en vigueur, des allocations familiales et des prestations de l’AMO. Pour bénéficier de cette mesure, les employeurs comme les salariés n’ont nul besoin de se présenter aux agences de la CNSS. Cette dernière mettra, à partir de mardi 24 mas 2020 au soir, à la disposition des employeurs concernés, un portail dédié «covid19.cnss.ma». L’employeur devra faire sa demande pour bénéficier de cette mesure en accé- dant tout simplement à ce portail, et en introduisant les données relatives aux personnels en arrêt temporaire de travail (les détails sont disponibles sur le portail). Le personnel sélectionné sur la liste recevra les indemnités forfaitaires à chaque fin du mois de la période concernée. Cette indemnité annule et rem- place l’indemnité pour perte d’emploi prévue par le régime de sécurité sociale géré par la CNSS durant toute la période de crise. ■ La CNSS lance un portail dédié à l'indemnisation forfaitaire

L’ Administration des douanes et impôts indirects (ADII) a demandé, dans un courrier en date du 23 mars 2020, à l’Association des importateurs de véhicules auto- mobiles montés (Aivam) «d’inviter ses membres à réduire au strict minimum leurs importations en négociant avec leurs fournisseurs le report de celles-ci». Dans ce cadre, poursuit la Douane, chaque membre est prié de transmettre à l’Administration un tableau faisant ressortir pour les prochains mois, les importations en cours et celles qu’il n’a pas été possible de reporter ou d’annuler. La Douane invoque, pour appuyer sa demande, les risques qui pèsent sur les entrées de devises qui pourraient avoir un impact sur les réserves de change. «La situation compliquée que nous vivons aujourd’hui, a entre autres conséquences, un impact négatif sur notre balance des paiements. En effet, les recettes touristiques,

les transferts de MRE et les recettes au titre des exporta- tions s'inscrivent déjà en baisse très significative», alerte l’ADII. Les importations d’automobiles neuves représentent près de 30 milliards de DH annuellement, soit près de 8% des réserves en devises du Maroc. ■

Atlanta Assurances lance «Nt3awnou men Dar» Coronavirus

D ans le contexte de l’état d’urgence sanitaire que connait notre pays, Atlanta Assurances adapte les services de sa plateforme solidaire ‘Nt3awnou’, en lan- çant un nouveau service de télé-bénévolat : ‘Nt3awnou men Dar’. Objectif : mettre en relation les bénévoles et les citoyens vulnérables ou dans un besoin de soutien psycholo- gique, éducatif et ludique. Cette initiative vise à apporter un plus tant pour les bénévoles que pour les associations et les personnes vulnérables. Concrètement, toutes les personnes qui veulent se porter bénévoles peuvent déposer leurs offres en se rendant sur le lien www.nt3awnou.ma/coronavirus,

indique la compagnie. Les bénévoles peuvent proposer essentiellement deux catégories de services solidaires à distance : un soutien psychologique et un soutien éducatif et ludique. ■

Produits pétroliers

Le port de Mohammédia continue d’assurer ses prestations

L e port de Mohammédia, principal port pour le trai- tement du trafic des produits pétroliers à l'échelle nationale, continue d’assurer ses prestations en dépit d’un contexte marqué par la crise de la pandémie Covid- 19, indique l’Agence nationale des ports (ANP). Grâce à l’engagement des différents partenaires de l’ANP exerçant leurs activités au port de Mohammédia, le fonctionnement du port n’est pas affecté par la pandémie Covid-19, en témoigne le volume des marchandises transitant par ce port ayant atteint 1,2 million de tonnes au 23 mars 2020, en augmentation de 8% par rapport à la même période de l’année précédente.

Les activités du port de Mohammédia, concentrées sur le transit des produits énergétiques, revêtent une impor- tance capitale pour le tissu économique national. ■

Ç A SE PASSE EN AFRIQUE

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Sénégal : Macky Sall déclare l’état

Coronavirus La BCEAO prend des mesures pour soutenir les banques et les PME

Côte d’Ivoire Un plan de riposte contre le Covid-19

d’urgence

L e président sénégalais, Macky Sall, a déclaré lundi soir l’état d’urgence sur toute l’étendue du territoire, une mesure devant entrer en vigueur à compter de minuit dans le cadre du relèvement du niveau de la riposte au Covid-19. «La vitesse de progression de la maladie nous impose de relever le niveau de la riposte. A défaut, nous courons un sérieux risque de calamité publique. En con- séquence, en vertu de l’article 69 de la Constitution et de la loi 69-29 du 29 avril 1969, à compter de ce soir à minuit, je déclare l’état d’urgence sur l’étendue du territoire national» , a notamment annoncé le chef de l’Etat lors d’une adresse à la nation. Cette mesure est assortie d’un couvre-feu sur l’étendue du territoire national, de 20 heures à 6 heures, a précisé le président Sall dans un message diffusé à la télévision publique (RTS). Une douzaine de nouvelles contaminations au Covid-19 ont été enregistrées lun- di au Sénégal, portant ainsi le nombre de personnes infectées depuis le 2 mars à 79. Huit patients ont été déclarés guéris par les services du ministère de la Santé et de l’Action sociale. ■

L e chef du gouvernement ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, a annoncé à l'adresse des partenaires techniques et financiers, l'élabora- tion d'un plan de riposte contre la maladie de Coronavirus d’un montant de 95,88 milliards de FCFA (147 millions d'euros), dans le cadre d’un plan global et national de lutte contre cette pandémie. Selon le Premier ministre ivoirien, ce plan s'articule autour d'objectifs majeurs, à savoir la limitation de la progression de la maladie à l’échelle nationale, la prise en charge correcte des cas confirmés en assurant la sécurité de la chaîne des intervenants outre le renforcement du système sanitaire et le développement de la capacité de mener des actions rapides en cas de flambée. «Il faut que tout le monde sache que le gouver- nement est totalement mobilisé sous l’autorité du président Alassane Ouattara pour protéger les Ivoiriens et tous ceux qui vivent en Côte d’Ivoire», a insisté le Chef du gouvernement ivoirien. ■

L a Banque centrale des Etats de l'Afrique de l’Ouest (BCEAO) a annoncé avoir pris des mesures pour permettre aux banques d’accéder au refinancement et soutenir les petites et moyennes entreprises et les petites et moyennes industries (PME/PMI), en vue de contenir les conséquences du Coronavirus sur l'activité économique et financière de l’Union économique et monétaire ouest- africaine (UEMOA). Vu l'impact négatif que cette crise pourrait avoir sur le système bancaire et le financement de l'activité écono- mique dans l'Union, la BCEAO a décidé d' «augmenter les ressources mises à la disposition des banques afin de leur permettre de maintenir et d'accroître le financement de l'économie» . Pour ce faire, «une première hausse de 340 milliards a été apportée au montant que la Banque centrale accorde chaque semaine aux banques, pour le porter à 4.750 milliards de FCFA» , annonce la BCEAO. Elle a entrepris d'élargir le champ des mécanismes à la disposition des banques pour accéder au refinancement de la Banque centrale. Dans ce cadre, l’institution a pris l'initiative de faire la cotation de 1.700 entreprises privées dont les effets n'étaient pas acceptés auparavant dans son portefeuille. Cette action permettra aux banques d'accéder à des ressources complémentaires de 1.050 milliards de FCFA et aux entreprises concernées de négocier et bénéficier de meilleures conditions pour leurs emprunts, indique la BCEAO dans un communiqué. La Banque centrale a également décidé d'affecter 25 milliards de FCFA au fonds de bonification de la Banque ouest africaine de développement (BOAD) pour permettre à celle-ci d'accorder une bonification de taux d'intérêt et d'augmenter le montant des prêts concessionnels qu'elle accordera aux États pour financer les dépenses urgentes d'investissement et d'équipement dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. La BCEAO invite par ailleurs les banques à l'utilisation des ressources disponibles sur le guichet spécial de refinan- cement des crédits accordés aux PME/PMI. Un guichet, sans plafond, créé pour promouvoir le financement des PME/PMI dans l'Union. ■

Kenya : La Banque centrale réduit

son taux directeur

L a Banque centrale du Kenya (CBK) a abaissé son taux directeur de 100 pbs à 7,25%, comme mesure d'accompagnement visant à alléger le fardeau du Coronavirus, a annoncé le gouverneur de la CBK, Patrick Njoroge. Cette décision a été prise lors de la réunion lundi soir du Comité de politique monétaire (MPC), qui fixe les taux d'intérêt et donne des orientations politiques pour lutter contre l'inflation, a précisé Njoroge, ajoutant que cette mesure est de nature à alléger le fardeau des remboursements de prêts.

Le MPC a également décidé de réduire le ratio de réserve de trésorerie (CRR) à 4,25% contre 5,25%, une réduction qui devrait permettre, selon le gouverneur, de libérer un montant de 35,2 milliards de shillings supplémentaires (environ 352 millions de dollars) qui sera mis à la disposition des banques pour soutenir directement les emprunteurs en difficulté à cause du Covid-19. «En outre, la CBK veillera à ce que le marché interbancaire et la gestion des liquidités dans le secteur continuent de fonctionner sans problème», a assuré Njoroge. ■

A SE PASSE DANS LE MONDE Ç

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USA : La Fed annonce de nouvelles mesures pour les entreprises et les ménages

L a Réserve fédérale américaine a dévoilé un nouveau plan de mesures d’exception pour tenter de compenser les «graves perturbations» que va subir l’économie des Etats-Unis en raison de la pandémie de coronavirus, en ciblant spécifi- quement le crédit aux particuliers, aux PME et aux grandes entreprises. Ce nouveau programme élaboré par la Banque centrale des Etats-Unis inclut ainsi un soutien aux marchés des prêts étudiants, du crédit à la consommation et des prêts garantis par l’Etat aux petites entreprises, ainsi que des achats d’obli- gations émises par des grandes entreprises et des prêts relais dont la durée pourra atteindre quatre ans. Un nouveau dispositif dénommé «Main Street Business Lending Program» visant à augmenter les prêts aux petites et moyennes entreprises sera annoncé «prochainement», a ajouté la Fed. Ses modalités ne sont pas encore arrêtées mais la Banque centrale a déjà précisé que les entreprises qui décideraient dans ce cadre de reporter le paiement d’intérêts

Les programmes existants d’achats de bons du Trésor et de pro-duits de titrisation de prêts hypothécaires seront aussi augmentés autant que nécessaire. ■

Coronavirus : Plus de 700.000

salariés en chômage partiel en France

ou du principal d’un emprunt ne pourraient plus effectuer de rachats d’actions, ni distribuer de dividendes.

Coronavirus : Le FMI voit une récession mondiale en 2020, avant un rebond en 2021

P lus de 700.000 salariés sont au chômage partiel dans le cadre des mesures visant à aider les entreprises à faire face à la pandémie du nouveau coronavirus, a indiqué le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. Le recours au chômage partiel concerne au total 730.000 salariés «après seulement quelques jours» de la mise en place du dispositif élargi pendant la crise du Coronavirus, a expliqué le ministre, faisant observer que le coût de cette mesure s'élève déjà à 2,2 milliards d'euros. Le Maire avait déclaré la semaine dernière que le chômage partiel consécu- tif aux mesures restrictives pour arrêter l’expansion du Covid-19 en France va coûter à l'Etat 8 milliards d’euros sur les deux prochains mois. A travers le financement du chômage partiel des salariés contraints à l'arrêt, l'Etat vise à sauvegarder des emplois en cas de baisse temporaire d'activité. ■ L'Allemagne renouera avec l'aus- térité une fois la crise sanitaire terminée

L a pandémie de Coronavirus va provoquer une récession économique mondiale en 2020, qui pourrait être plus forte que celle observée lors de la crise financière de 2008-2009 mais l’activité économique mondiale devrait rebondir en 2021, a déclaré lundi le Fonds monétaire international. Sa Directrice générale Kristalina Georgieva a accueilli favorable- ment les plans de soutien à l’économie annoncés par de nom- breux pays ainsi que les mesures d’assouplissement monétaire prises par les Banques centrales. «Il en faudra encore plus, surtout sur le plan budgétaire» , a-t- elle ajouté. Kristalina Georgieva a déclaré que le FMI allait augmenter massivement le financement d’urgence, soulignant que 80 pays avaient déjà demandé son aide. Le Fonds est prêt à déployer

la totalité de sa capacité de prêt de 1.000 milliards de dollars, a-t-elle précisé. ■

BCE : Les banques autorisées à opérer temporairement en dessous des exigences de fonds propres

L e gouvernement allemand reprendra sa politique d’austérité une fois la crise du Coronavirus terminée et s’est engagé à rembour- ser sa dette à partir de 2023, a annoncé le ministre de l’Economie, Peter Altmaier. Berlin a dévoilé un plan de 750 milliards d’euros pour atténuer les conséquences économiques de la crise qui prévoit une augmentation de l’endettement inédite depuis 2013. «Une fois la crise terminée - nous espérons que ce sera le cas dans quelques mois -, nous reviendrons à la politique d’austérité et, dès que possible, à la politique de l’équilibre budgétaire» , a promis Peter Altmaier sur l’antenne de ZDF. «Les conditions (d’emprunt) sont favorables parce que tout le monde croit en nous et considère que nous ne le ferons que si c’est nécessaire» , a-t-il poursuivi. ■

L a Banque centrale européenne a estimé vendredi que les banques dans la zone Euro vont pouvoir prêter 1.800 milliards d'euros supplémentaires en étant autorisées à opérer temporairement en dessous des exigences de fonds propres en vigueur en réponse à la crise du Coronavirus. Annoncé le 12 mars par la BCE, cet allégement des fonds propres, équivalent à 120 milliards d'euros de pertes que les banques pourront absorber, va permettre de «financer

potentiellement jusqu'à 1.800 milliards d'euros de prêts aux ménages et aux entreprises qui ont besoin de liquidités supplé- mentaires», détaille la BCE. L'autorité qui supervise directement près de 120 grandes banques en zone Euro va accepter par ailleurs que des prêts en souffrance ne soient plus classés comme tels par les banques. ■

B OURSE & F INANCES

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Point Bourse Hebdo

Evolution de l'indice Masi depuis février 2019

Rebond de circonstance

◆ Les volumes n’accompagnent pas le mouvement de rebond initié cette semaine. ◆ Certains émetteurs ont baissé leur dividende, d’autres ont choisi la rétention.

chartistes. «Le Masi a trouvé support aux alentours du niveau des 9.000 pts, corres- pondant au retracement Fibonacci à 50% de l’amplitude maximale historique du Masi depuis 20 ans» , rappelle Valoris Securities. Deux questions à se poser maintenant : quelle est la solidité de ce niveau de sup- port et jusqu'où peut aller le rebond ? «Sur le plan des indicateurs techniques, le RSI du Masi, en mensuel, est actuellement en zone de survente (en dessous de 30). Ce niveau n’a été touché par le Masi qu’une seule fois lors des 15 dernières années (en 2013), témoignant ainsi d’une forte exagé- ration de la récente baisse» , lit-on dans une note du broker. «L’atteinte de ce niveau devrait permettre d’anticiper, en théorie, un fort retour des achats lors des prochaines séances, qui sera confirmé par une hausse de la volu- métrie durant les prochaines semaines» , poursuit-il. Et c'est justement cette absence de

volumes qui fait grincer des dents. C'est donc le retour des volumes qui mettra tout le monde d'accord. Car comme le dit si bien l'adage, une hausse sans volumes est un oiseau sans plumes. Alerte sur les dividendes ! Pour différentes raisons, certains émetteurs ont soit baissé leur niveau de dividendes, soit ont décidé de ne pas en distribuer cette année. Chose qui a perturbé les investis- seurs soucieux du rendement. Managem, qui sort d’une année difficile, et sa filiale SMI ont décidé de ne pas rétribuer les actionnaires cette année. Le marché a vite sanctionné cette décision par une baisse de 4% sur chacune des valeurs. CMT, qui a vu ses bénéfices se dégrader en 2019, a baissé son dividende à 60 DH/ action (contre 170 DH /action en 2018). BMCI, elle, a renoncé à la distribution d'un dividende exceptionnel (38 DH/ action) pour contribuer au fonds contre le Covid-19. ◆

doivent toutefois freiner leur enthousiasme malgré le retour de l'indice au-dessus des 10.000 points. La hausse est en effet accompagnée par une très faible volumé- trie. Il y a deux semaines, les dégagements étaient de 390 MDH en moyenne quoti- dienne. La semaine dernière, où le Masi a abandonné plus de 8%, le volume quo- tidien moyen était là aussi de 300 MDH. Achats opportunistes Les brokers évoquent des achats opportu- nistes de la part des institutionnels qui ont profité d'une forte disponibilité du papier à des niveaux intéressants pour revenir à l'achat. Mais depuis, une bonne partie de la hausse est expliquée par des soutiens au cours et non de véritables intentions ache- teuses, ce qui limite la force du rebond. Les flux acheteurs apparus jeudi dernier se sont fait sur des niveaux connus par les

Par Y. Seddik

L a volatilité reste exacerbée sur les actions, qui ont tenté cette semaine de reprendre leur souffle à l'aide de mesures exception- nelles prises de concert par le gouver- nement et les institutions monétaires. La Bourse de Casablanca a ainsi connu 4 séances consécutives de rebond, enre- gistrant 13,21% de gain pour revenir à 10.168 points (mardi 24 mars). Pour l’heure, l’hémorragie semble s’arrêter. Si l'appétit des acheteurs était palpable depuis jeudi dernier à l'approche des plus bas de 2016 à 8.800 points, force est de constater que le rebond actuel de la Bourse manque cruellement de carburant : les volumes. Les investisseurs, piégés par la baisse rapide des cours depuis 4 semaines,

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BOURSE & FINANCES

FINANCES NEWS HEBDO

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Secteur bancaire

◆ Bank Al-Maghrib veut lancer le refinancement des crédits aux TPME affectées par le Covid-19. ◆ La Banque centrale rassure sur la liquidité du système bancaire. ◆ Elle veut se montrer flexible sur la restructuration des créances en souffrance. BAM prépare une nouvelle vague de mesures d'assouplissement

Par A. Hlimi

La Banque centrale assure que

L e Coronavirus a plongé les marchés financiers du monde entier dans un océan d'incertitudes, et les Banques centrales sont appelées en urgence pour soutenir aussi bien l'écono- mie réelle que la liquidité des marchés qui, par moments, et sur certaines classes d'actifs, montre des signaux inquiétants d'assèchement. Au Maroc, la dernière réunion de politique monétaire s'est soldée par une baisse du taux directeur de 25 pbs pour être fixé à 2%, un plus bas historique. La réac- tion immédiate de la Bourse a été de décrocher les minutes qui ont suivi l'annonce, comme pour signaler la non satisfaction des investisseurs. Un peu plus tard, le wali de Bank Al-Maghrib a tenu une visioconférence où il a rassuré sur la flexibilité de la Banque centrale, qui n'exclut pas de prendre de nouvelles mesures si besoin sans même attendre la prochaine réunion du Conseil prévue en juin. Si les investisseurs semblent rassurés sur ce point, il en reste d'autres comme la liquidité du secteur bancaire et sa résilience face à cette situation inédite, ou encore le choc sans précédent que traverse le marché boursier et qui met à mal la rémunéra- tion de l'épargne à long terme. Sur ces points, la Banque cen- trale a accepté de répondre à nos questions après la tenue de son conseil trimestriel. Bank Al-Maghrib y met en avant son

le secteur dispose de matelas d’ac- tifs liquides confortables.

entière disposition à accompa- gner le système bancaire et sa flexibilité face à cette situation «particulière». Vers le refinance- ment des crédits aux TPME affectées par le Covid-19 Interrogée sur une éventuelle crise de liquidité chez les banques et leur résilience, la Banque centrale assure que le secteur dispose de matelas d’actifs liquides confortables. « Les banques observent un ratio prudentiel de liquidité qui vise à leur permettre de faire face à court terme à des épisodes de tension ou de chocs. Ce ratio se situe à un niveau confortable de 152% en moyenne à fin janvier pour un minimum réglemen- taire de 100%». Et d'ajouter que

Bank Al-Maghrib «apportera au système bancaire les liquidités nécessaires pour répondre à l’intégralité de ses besoins ». A cet effet, Bank Al-Maghrib précise qu'« elle injecte l’intégra- lité des montants demandés par les banques » et qu’elle poursui- vra aussi le programme de refi- Les banques observent un ratio prudentiel de liquidité qui vise à leur permettre de faire face à court terme à des épisodes de ten- sion ou de chocs.

nancement des prêts bancaires aux TPME. Elle annonce enfin qu'elle « fina- lise aussi avec les banques la mise en place d’un programme de refinancement pour les crédits de soutien qui seront octroyés par les banques aux TPME affec-tées par la crise sanitaire du Covid-19 ». Restructuration des créances en souf- france Le comité de veille économique chargé de mettre en place la ri- poste économique et financière contre le Covid-19 a décidé la mise en place d’un mora- toire pour le remboursement des crédits bancaires au profit des entreprises. A cela s'ajoute la certitude d'une montée en flèche des créances en souf-

france dans le contexte actuel. Interrogée sur les impacts de ces mesures sur les comptes des banques, la Banque centrale dit que « sur le plan prudentiel, les dispositions actuellement en vigueur laissent la latitude aux banques d’opérer un mora- toire sans pour autant exiger le déclassement en souffrance des créances concernées ». Aussi, « la restructuration d’une créance pour difficulté finan- cière, en particulier lorsqu’il ne s’agit pas de la 1 ère restructura- tion, est un critère d’inscription de la contrepartie dans la Watch list et sa couverture par une provision à caractère général ». Cela dit, au vu du caractère temporaire attendu des difficul- tés des entreprises, les banques pourront surseoir à la constitu- tion de la provision à caractère

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Atlanta

général y afférente au titre de fin juin en attendant une mise au point à fin 2020. « De façon générale, Bank Al-Maghrib continuera de suivre de près la situation et fera preuve de la plus grande flexi- bilité qu’exigera cette situation particu- lière », précise la Banque centrale. Le comité des risques sys- témiques surveille de près la situation sur le marché des capitaux Questionné sur les tempêtes qui touchent actuellement le marché des capitaux, Bank Al-Maghrib dit suivre de très près la situation avec les autres régulateurs du secteur financier. « Les récentes évolutions préoccupantes de la pandémie du Covid-19 ont, certes, des répercussions sur l’activité écono- mique et sur le niveau de fluctuation des marchés financiers tant au plan mondial que national. Mais déjà, les autorités de régulation nationales coor- donnent entre elles les dispositions à mettre en place pour éviter d'en arriver à une crise systémique », rassure la Banque centrale. « A titre d’illustration, les inquiétudes liées aux dernières évolutions du mar- ché boursier marocain ont fait l’objet de plusieurs échanges, évaluations et concertations entre les membres de ce Comité, et ce préalablement à la décision prise le 16 mars par l’Auto- rité marocaine du marché de capitaux (AMMC), de revoir à la baisse des seuils de variation maximale applicables aux instruments financiers inscrits à la cote à la Bourse des valeurs de Casablanca ». Et d'ajouter que « les échanges régu- liers entre les membres du Comité ou leurs représentants se poursuivront moyennant notamment l’utilisation de visioconférence et/ou conférences télé- pho-niques. Le Comité va devoir tenir incessamment une réunion exception- nelle pour faire un point d’étape et analyser, en perspective, les prochaines mesures ». Enfin, Bank Al-Maghrib souligne qu'en tant que membre du Comité de veille économique, elle contribue aux côtés du gouvernement à la mise en place des mesures prioritaires pour faire face à cette situation et prévenir les risques systémiques. La décision prise par ce Comité lors de sa première réunion le 16 mars, de mise en place d’un mora- toire pour le remboursement des crédits bancaires au profit des entreprises, et notamment les TPME, en est un exemple visant en particulier la préser- vation de la santé financière des agents économiques. ◆

Le management fait le point sur les réalisations 2019

◆ Atlanta continue de faire mieux que le marché. ◆ L’année 2020 sera impactée par la crise sanitaire.

Par Y. Seddik

L a dynamique de croissance et de rentabilité du Groupe Atlanta reste intacte. Cette année encore, la compagnie ne déroge pas à la règle en surperfor- mant de nouveau le marché, avec une croissance de 9,1% (vs une croissance estimée à 8,2% pour l’ensemble du marché). Sur 2019, l’assureur dégage des revenus consolidés de 4,88 Mds de DH. Un chiffre en hausse de 9,1% par rapport à 2018. «Atlanta Assurances surperforme la croissance du marché, particulière- ment sur le segment de la non-vie. La compagnie enregistre un gain de PDM de +0,1 point, dont +0,4 point en non- vie» , précise Hicham Tabine, en charge du pôle Finance de la compagnie, lors de la présentation des résultats annuels. Le ratio S/P s’est amélioré à 74,1% contre 69,2% l’année passée. «Ceci grâce une amélioration de la sinistra- lité sur les risques de masse liée à la politique rigoureuse d’assainissement du portefeuille engagée», couplée «à une sinistralité plus clémente sur les risques Entreprises », nous apprend le management. La bonne tenue des placements finan- ciers a permis à Atlanta de réaliser un résultat technique de 335 MDH, en hausse de 41,7%. Le résultat finan- cier a progressé de 10% à 309 MDH, grâce à «la hausse des rendements des FCP dédiés». Au final, Atlanta a terminé l’année par une progression des bénéfices consolidés de 74% à 373 MDH. Ceci pour deux raisons : «les bons résul- tats des filiales» et un effet de base, « puisque l’année dernière le résultat net consolidé a été exceptionnelle-

ment bas à cause des retraitements opérés », explique Jalal Benchekroun, Directeur général délégué d’Atlanta Assurances. Coronavirus : «Ça sera une mauvaise année» Au-delà des chiffres, les interrogations de la presse et des analystes étaient naturellement liées à la crise sanitaire mondiale. Une crise dont les effets commencent à se faire sentir dans tous les secteurs. Sur ce point, le management de l’assureur est on ne peut plus clair.

«La quantification est très difficile, et l’impact inévitable. Mais ce ne sera pas une bonne année» , explique-t-il. Dans une réflexion plus macro, «il y a sûrement un avant et un après crise. L’agriculture ou encore l’indus- trie connaîtront de nouvelles dyna- miques» , commente Mohamed Hassan Bensalah, PDG d'Atlanta Assurances. Et d’ajouter que « nous nous dirigeons plus vers une période d’autonomisa- tion que de protectionnisme ». Pour ce qui est des nouveautés régle- mentaires (provisionnement pour risque tarifaire), l’impact «sera relati- vement supportable», indique-t-on. Activité en Afrique La filiale du Groupe Atlanta en Côte d’Ivoire est opérationnelle depuis plus de deux ans sur la branche non-vie. Elle dispose déjà de 7 points de vente ainsi qu’une part de marché de 1% dans la branche non-vie. Par ailleurs, les frais fixes pèsent tou- jours sur les résultats. Un équilibre est prévu en 2021. ◆

Atlanta a terminé l’année par une pro- gression des bénéfices consolidés de 74% à 373 MDH.

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Wafa Assurance

◆ La maîtrise de la sinistralité et la bonne dynamique de la branche Vie dopent les bénéfices. ◆ Le management revient sur les risques du Covid-19 pour le secteur. La capacité bénéficiaire amorce sa reprise W afa Assurance boucle un exer- cice 2019 de reprise où l’activité Par A. Hlimi

La compagnie dispose par ailleurs d’une assurance risque pandé- mie acquise auprès de réassureurs étrangers.

commerciale s’est bien tenue, tirée par la Vie qui franchît un nouveau palier à plus de 5 Mds de dirhams (+8,8%) tan- dis que la non Vie progresse plus timidement (+1,9%). Le groupe a par ailleurs vu ses revenus progresser de 3,5% sur la branche automobile tout en assainissant le portefeuille. L’activité Vie profite de l’avance qu’a pris l’assureur dans le développement des produits d’épargne en unités de compte. Ramsès Arroub, PDG de la com- pagnie, explique que la politique commerciale du groupe restera intacte en matière de promotion de ce type de produits destinés à une clientèle expérimentée en matière de prise de risque. Pour lui, la tempête boursière actuelle ne remet pas en cause les ambitions de Wafa Assurance en la matière, d’autant plus que les clients peuvent choisir parmi la gamme offerte des produits qui limitent les risques. En plus de la bonne activité commerciale, l’assureur a piloté son résultat financier permet- tant de dégager un résultat technique en hausse de 7%

pour la non Vie (385 MDH) avec des indicateurs techniques qui compensent la baisse des produits financiers alors que le résultat technique Vie s’élève à près de 1 Md de dirhams. Au final, le résultat net s’élève à 649 MDH, en hausse de 6,8% Les impacts du Covid-19 Du haut de ses 40 Mds de dirhams d’engagements, la compagnie est naturellement exposée sur le marché finan- cier. C’est d’ailleurs le premier point évoqué par Arroub pour expliquer les impacts potentiels du Covid-19 sur l’activité : « une partie de nos placements se

fait sur les actions, comme tout investisseur institutionnel. Mais nous investissons sur le long terme. Il est vrai qu’une par- tie de nos plus-values latentes a été consommée après la forte baisse enregistrée cette semaine. Mais rien n’est alar- mant, car nous détenons des actions depuis une dizaine d’an- nées. Il faut comparer les cours actuels aux coûts historiques auxquels nous avons achetés ». Le patron de la compagnie concède tout de même que les mouvements actuels en Bourse sont importants à surveiller. Le deuxième point est l’expo- sition aux branches à risque et

à l’économie en général. « Les impacts, non encore mesurés sur les prévisions de croissance, auront des conséquences sur l’activité comme sur tout acteur économique », précise-t-il. Le troisième impact est plus spécifique au secteur. « Nous sommes des assureurs décès, nous sommes donc exposés à cette pandémie. Mais les chiffres au Maroc ne sont pas encore alarmants », souligne Arroub. Wafa Assurance a quelques dizaines de milliards de dirhams de capitaux sous risque dans l’assurance décès. Mais Ramsès Arroub rassure : le risque sur cette activité est « éparpillé » et « émietté », un peu comme sur le risque automobile. L›assurance décès est liée à des crédits immobiliers dans toutes les régions du Maroc sur un porte- feuille relativement jeune d›une moyenne d›âge de 40 ans, ce qui atténue encore plus le risque. La compagnie dispose par ail- leurs d’une assurance risque pandémie acquise auprès de réassureurs étrangers à d’ex- cellentes conditions tarifaires depuis plusieurs années et

qui a été renouvelée en 2020. « Cette garantie permet de limi- ter la perte chez nous si ce risque se réalise », résume-t-il. Une assurance qui la protège en cas de « cumul » de cas. Enfin, la compagnie, comme tout le secteur, est concernée par un plan de continuité d’ex- ploitation, puisque l’ACAPS a demandé la mise en place d’un plan pour faire face à d’éven- tuelles restrictions de déplace- ment ou autres. ◆ Du haut de ses 40 Mds de dirhams d’engagements, la compagnie est naturellement exposée sur le marché financier.

2019 était une année riche pour Wafa Assurance à l'international. D'abord avec l'acquisition de Pro Assur au Cameroun, et ensuite avec le dépôt du dossier d'agrément auprès du régulateur égyptien pour se lancer dans l'assurance Vie. La société a été créée et l'instruction du dossier est en cours. Le pays des Pharaons dispose d'un grand potentiel, avec 100 millions d'habitants et un taux de pénétration faible de 0,68%. Les filiales du groupe réalisent désormais 1 Md de dirhams de chiffre d'affaires, dont 828 MDH en Afrique hors-Maroc. Les filiales continuent de prendre du poids

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Sociétés cotées ◆ Le Groupe HPS reste confiant pour 2020, malgré la conjoncture actuelle. ◆ Il compte profiter des opportunités offertes par la crise du Covid-19. HPS entrevoit 2020 avec sérénité B ulle Internet 2001, attentats du 11 sep- tembre, crise finan- cière 2008..., plu- Par Y. Seddik

Selon Mohamed

Horani, PDG d'HPS, cette crise révèle que plusieurs choses sont à revoir, notamment au niveau du recours au digital.

sieurs périodes troubles ont jalonné l'histoire de HPS sans pour autant ébranler sa rési- lience. Une réalité que le mana- gement a voulu confirmer lors d'une web-conférence organi- sée récemment pour présenter ses résultats de 2019. Pour son président, Mohamed Horani, la crise du Covid-19 a révélé trois choses : un système sanitaire mondial vulnérable, une globalisation nécessitant une nouvelle gouvernance et une digitalisation qui s'est révé- lée incontournable pour gérer la crise. Chaque crise est porteuse d'op- portunités. Cela, HPS l'a bien compris. Horani a ainsi affirmé que «HPS profitera, comme il l'a fait en 2008, de nombreuses opportunités qui seront offertes. Cette crise révèle que plusieurs choses sont à revoir, notamment au niveau du recours au digi- tal, en particulier au paiement digital ». Le management a indiqué que le Groupe a mis en place un plan de continuité d'activité (PCA), pour assurer la continuité des services à ses clients partout dans le monde. Rappelons que ce projet a été lancé l'année der- nière et avait nécessité quelques millions de dirhams. En termes d'impacts (du Covid- 19) sur l'activité du Groupe, le management se veut confiant et serein. « Jusqu'à présent, nous n'avons constaté aucun risque par rapport à nos projets, ni aux contrats que nous négocions. Je ne peux toutefois pas l'affirmer de manière catégorique au vu

de la période actuelle d'incerti- tudes. Mais nous sommes très confiants pour 2020 », a tenu à préciser Horani. De son côté, Brahim Berrada, Managing Director du Groupe, affirme qu’« en l'état actuel des choses et de nos connaissances des projets auprès de nos clients, nous pensons que nous sommes en mesure d'afficher une solide croissance en 2020 ». En lice pour une croissance externe Les investissements, et notam- ment ceux en R&D, vont être maintenus malgré la conjoncture actuelle. Le management prévoit un renforcement en efforts R&D de 18% en 2020 (80,8 MDH y ont été investis en 2019). « Nous n'avons aucune intention de réduire les investissements en 2020, malgré le Covid-19. Continuer à investir, c'est se préparer pour l'avenir », a com- menté Berrada. La croissance externe va fina- lement être opérée dès 2020. « Nous avons l'objectif d'avoir une croissance externe plus

agressive et plus dynamique. Nous pensons dès 2020 à com- mencer à apporter de la valeur ajoutée à travers de la crois- sance externe », estime Berrada. La dernière opération de la sorte remonte à 2010 et s’est réalisée à l’international. À l'époque, la Tech s’était offerte l’opérateur français ACPQualife. Toutes ces perspectives de croissance sont couronnées par un Backlog (chiffres d'affaires restant à réaliser) confortable de 500 MDH à fin 2019, lui procurant «une forte visibilité sur les années à venir ». Un niveau qui représente 70% des revenus d'HPS en 2019. Point sur l'année 2019 Enregistrant une baisse de résul- tat semestriel 2019, le manage- ment d'HPS avait promis un rattrapage rapide en fin d'année. C'est chose faite. Les béné- fices annuels ont progressé de 1,7% à 93,8 MDH. Ceci, malgré l'impact de l’effet de change sur le résultat financier et celui de la contribution sociale de solidarité. Toutes les activités de HPS conti-

nuent à générer des revenus. Seule la Business unit «Services» a marqué le pas à cause de re- tard dans les renouvellements de contrats importants réalisés sur le 4 ème trimestre 2019. Toutefois, « nous avons réussi à renouveler ces contrats avec des durées de vie plus importantes et avec un déplafonnement des revenus », rassure le manage- ment. Le Groupe a aussi enrôlé une nouvelle base de clientèle en France (TF1, EDF, PMU, Vinci …). L'activité Processing progresse rapidement et commence à prendre une part impor- tante dans l'activité globale du Groupe. Elle contribue à hauteur de 10% au revenu global d'HPS, et affiche un TCAM de 18% depuis 2016. «La marge d'exploitation dans le Processing va naturellement progresser, puisque c'est une activité de volumes », analyse le Directeur général. Enfin, pour l'activité historique du Groupe «Solutions», HPS a si- gné un contrat avec l’une des 10 premières banques mondiales

pour le déploiement des cartes de débit (Europe et Asie). Rappelons que cette activité représente pas moins de 74% des revenus globaux du Groupe (509,4 MDH), avec un TCAM de 16% depuis 2016. Dernier point à relever : la baisse de la trésorerie de 30,5% à 85,5 MDH. Une baisse liée à la hausse des dividendes, au déploiement de projets de grande envergure avec des cycles d’implémenta- tion plus longs, et au paiement du reliquat relatif à l’acquisition de l’activité Switch au Maroc. ◆ Les investissements, et notamment ceux en R&D, vont être maintenus malgré la conjoncture actuelle.

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Afma propose de distribuer l'intégralité de son résultat après une année 2019 positive

Marché des taux Pas de levée du Trésor

L e groupe Afma sort d'un exercice 2019 favorable marqué par une hausse de près de 4% du chiffre d'affaires consolidé à 193,9 MDH. Le RNPG est lui de 50,1 MDH, en hausse de 1%. Le résultat net social progresse de la même manière à 50 MDH. Le Conseil d'admi- nistration propose la distribution d'un dividende de 50 MDH, soit l'intégra- lité du résultat de l'exercice, équivalent à 50DH/ action. ◆

BMCI renonce à la distribution d'un dividende exceptionnel pour contribuer au fonds contre le Covid-19

P our la deuxième semaine consécutive, le Trésor Lors de l'adjudication du mardi 24 mars, le Trésor sortait sur les maturités court terme. La demande des investisseurs était faible, limitée à 500 MDH et le Trésor a préféré s'abs- tenir et ne rien lever. Une semaine auparavant, la demande des investisseurs était de 1,3 Md de dirhams sur ces mêmes maturités. Là aussi, le Trésor avait préféré s'abstenir alors que se tenait le même jour le Conseil de politique monétaire de Bank Al-Maghrib. Dans une revue hebdomadaire des marchés financiers publiée le 23 mars, Attijari Global Research (AGR) avance que le reliquat du besoin mensuel à financer la semaine prochaine est de 2,3 Mds de dirhams, de quoi retrouver un peu d'activité sur le marché primaire des bons du Trésor. n'opère aucune levée sur un marché des taux qui s'est brutalement calmé. Un marché monétaire «serein» Le marché monétaire envoie, quant à lui, des signaux de «sérénité». « Les taux interbancaires sont stables autour du taux directeur à 2% alors que l'indice monétaire MONIA sur le mar- ché repo s'échange autour de 1,95% depuis l'abaissement du taux directeur », écrit AGR. Rappelons que Bank Al-Maghrib a indiqué qu’elle «apportera au système bancaire les liquidités nécessaires pour répondre à l’intégralité de ses besoins» (voir page 8). La Banque centrale assure qu'elle injecte «l’intégralité des montants demandés par les banques», écartant toute crise de liquidité pour le système bancaire. ◆

L e Conseil de surveillance de BMCI a marqué son accord pour que le groupe bancaire contribue à hauteur de 85 MDH au fonds spécial pour la gestion de la pandémie du Coronavirus. Dans un communiqué, la banque indique que tenant compte de l'effet mul- tiplicateur qui existe entre le montant des fonds propres et le montant des crédits alloués, le Conseil a également décidé de renoncer à la proposition de distribution d'un dividende exceptionnel de 505 MDH (38 DH/action) au titre de l'exercice 2019. Le groupe ne versera que le dividende ordinaire de 30 DH/action, soit un niveau identique à 2018. ◆

Risma s'attend à une baisse significative du chiffre d'affaires en 2020

R isma annonce pour 2019 des résultats en progression. Si le chiffre d'affaires consolidé est en baisse, passant de 1,5 Md de DH en 2018 à 1,42 Md en 2019, le REX, lui, s'apprécie de 5 MDH à 264 MDH. Le RNPG affiche une hausse de 39 MDH à 140 MDH, soit une progression de +39%. La société, qui a pu réduire son endettement net de 169 MDH au terme de l'exercice écoulé, s'attend, sans surprise, à une année 2020 difficile au vu du contexte actuel marqué par la pandémie du Covid-19 et de la crise

économique qui s'ensuit. « Le secteur de l'hôtellerie est fortement impacté au niveau mondial et national. Ainsi, le chiffre d'affaires de Risma connaîtra en 2020 une baisse significative », lit-on dans le communiqué financier de la société. ◆

L e Conseil d’administration de la Bourse de Casablanca a décidé de nommer, à l’unanimité, et dans le respect des dispositions légales et réglementaires, Tarik Senhaji, Directeur général de la Bourse de Casablanca, pour succéder à Karim Hajji qui a fait valoir ses droits à la retraite. La prise de fonction de Senhaji sera effective à partir du 2 avril 2020. Le Conseil d’administration a tenu à saluer l’action de Karim Hajji à la tête de la Bourse de Casablanca pendant près de 11 ans. Le Conseil a souligné son engagement sans faille, son rôle dans la transformation du marché boursier marocain et sa contribution au rayonnement de la place. Le Conseil d’administration souhaite la bienvenue à Tarik Senhaji pour assurer la conduite de la Bourse de Casablanca vers une nouvelle étape de Tarik Senhaji, nouveau Directeur général de la Bourse de Casablanca

Covid-19 : CTM préfère ne pas distribuer de dividende

L e groupe CTM annonce pour 2019 un chiffre d'affaires de 655 MDH, en très légère baisse de 0,3% par rapport à 2018. Son résultat d'exploitation atteint 83 MDH, en retrait de 1,2% alors que le résultat net part de groupe atteint 63 MDH, soit -4,2% par rapport à 2018. Le transporteur marocain est exposé aux conséquences de l'état d'urgence sanitaire, notamment l'arrêt total du transport de voyageurs dans le Royaume. Dans sa communication financière, CTM indique « qu'étant donné le contexte actuel et dans le souci de pré- servation de la trésorerie, le Conseil d'administration a décidé de proposer à l'Assemblée générale ordinaire de ne pas distribuer de dividendes au titre de l'exercice 2019 ». Le groupe CTM dit « continuer à suivre de près l'évolution de la situation pour mener tous les ajustements nécessaires dictés par le contexte. Les fondamentaux du groupe qui reposent sur son capital humain et sa solide situation financière constituent un atout majeur dans ce sens ». ◆

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