Découvrez le numéro 981 de Finances News Hebdo, premier hebdomadaire de l'information financière au Maroc
Du 30 septembre 2026 - 8 DH - N° 1248
PREMIER HEBDOMADAIRE DE L'INFORMATION FINANCIÈRE AU MAROC
Directeur de la publication : Fatima Ouriaghli
Croissance Un coup de frein temporaire, selon Bank Al-Maghrib
P.6/7
P. 3/18 à 21
Élections Pourquoi la Bourse ne réagit jamais deux fois de la même manière
Avocats
«L’enjeu est l’appropriation de la loi par les professionnels»
Entretien avec Salma El Hassani Sbai, professeur universitaire à la FSJES de Rabat.
P. 8
P. 20 à 24
Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massira El Khadra, Casablanca - Tél. : (0522) 98.41.64/66 - Fax : (0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma
SOMMAIRE
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FINANCES NEWS HEBDO MERCREDI 30 SEPTEMBRE 2026
POLITIQUE
4 ACTUALITÉ
Editorial
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Fatima Ezzahra El Mansouri : Elle l’a fait ! Entretien avec Mohamed Belmir : Législatives 2026, «Le RNI a été victime d’un vote sanction» Nouveau gouvernement : Place à l’arithmétique politicienne ! Entretien avec Mohammed Zakaria Aboudahab: Législatives 2026, «Le PAM devra transformer ses promesses en actes»
Voyons voir : Trump – Le pétrole s’invite dans l’équation budgétaire
Point Bourse Hebdo : Le MASI reprend pied, mais la cote reste nerveuse Croissance : Un coup de frein temporaire, selon Bank Al-Maghrib Élections : Pourquoi la Bourse ne réagit jamais deux fois de la même manière 5 6 8 BOURSE & FINANCES
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Fatima Ouriaghli Directeur général, Responsable de la publication
Fatima Ezzahra El Mansouri
F L’heure de vérité !
atima-Zahra Mansouri n’aura pas le temps de savourer sa victoire. A peine nom- mée cheffe du gouvernement, la patronne du PAM entre dans la partie la plus difficile : gouverner. Avec 97 sièges, le parti est arrivé en tête des législatives du 23 septembre, mais il est loin de disposer seul d’une majorité à la Chambre des représentants. Premier chantier pour Fatima-Zahra Mansouri : trouver des alliés, bâtir une coalition et, surtout, éviter de fabriquer une majorité tellement hétéroclite qu’elle deviendrait ingouvernable au premier désaccord sérieux. Les négociations qui s’ouvrent ne seront donc pas une simple distribution de portefeuilles. Elles donneront déjà une indication sur la manière dont la nouvelle Cheffe du gou- vernement entend exercer le pouvoir. Additionner des sièges est facile. Additionner des ambitions, des programmes et des ego l’est beaucoup moins. Mais l’essentiel viendra après. Car le prochain gouvernement trouvera sur son bureau une pile de dossiers que les élections n’ont évidemment pas fait disparaître : pouvoir d’achat, emploi, santé, éducation, logement, protection sociale, réforme des retraites, investissement, compétitivité, stress hydrique, disparités territoriales… Et sur plusieurs de ces sujets, il faudra trancher. C’est notamment le cas des retraites. Le dossier a suffisamment attendu. Les déséquilibres des régimes sont connus, les diagnostics ont été posés et les scénarios discutés. Reste désormais la partie politiquement douloureuse : décider qui cotisera davantage, qui travaillera éventuellement plus longtemps, selon quelles règles les pensions seront calculées et comment préserver les équilibres sociaux. Fatima-Zahra Mansouri hérite aussi d’une situation politique particulière. Le PAM a remporté les élections, mais il n’était pas dans l’opposition durant les cinq dernières années. Il participait au gouvernement d’Aziz Akhannouch. Impossible, dès lors, de faire comme si tout commençait aujourd’hui. La formation politique devra assumer ce qui a été fait, expliquer ce qu’elle entend poursuivre et dire clairement ce qu’elle veut changer. Elle ne pourra pas être à la fois comptable du bilan lorsqu’il est favorable et simple spectateur lorsqu’il l’est moins. Cette ambiguïté sera probablement l’un des premiers pièges du nouveau mandat. Le second sera celui des attentes. Une victoire électorale crée toujours une forme d’impatience. Ceux qui ont voté pour le change- ment veulent rapidement en voir les effets. Ceux qui ont voté contre attendent la première faute. Et ceux qui ne sont pas allés voter observent souvent tout cela avec une distance qui en dit long sur la défiance envers la politique. La nouvelle Cheffe du gouvernement devra donc gouverner bien au-delà de son électorat. Son parcours constitue à cet égard un avantage. Fatima-Zahra Mansouri connaît l’Etat, les collectivités territoriales, le Parlement, le gouvernement et les appareils politiques. Maire de Marrakech, parlementaire, ministre et dirigeante du PAM, elle ne découvre ni l’administration ni les rapports de force. Mais diriger le gouvernement est une autre histoire. A ce niveau, tous les problèmes finissent sur le même bureau. Les prix augmentent ? Le gouver- nement doit répondre.
20 JUSTICE
ECONOMIE
Entretien avec Salma El Hassani Sbai : Avocats: «L’enjeu est désormais l’appropriation de la loi par les professionnels»
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Campagne agricole 2026/2027 : Optimisme mesuré dans le monde rural, les fellahs espèrent une année pluvieuse Mondial 2030 : Où en sont les chantiers qui doivent transformer le Maroc ? Design : Casablanca sort les meublesl
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25 HIGH-TECH
Smartphones : L’iPhone 18 arrive sur un marché qui vend moins, mais plus cher
26 CULTURE
Entretien avec Asmaâ Ryad : Arts plastiques, «Je peins les émotions et j’accompagne les transformations»
12 L'UNIVERS DES TPME
Entretien avec Imad Moujahid : Dashy, «Le commerce a déjà investi WhatsApp, le prochain enjeu est d’y faire entrer le paiement»
Le chômage persiste ? Le gouvernement doit répondre. Une réforme s’enlise ? Le gouvernement doit répondre. Un ministre dérape ? Le Chef du gouvernement doit encore répondre.
C’est le privilège assez particulier de la fonction : récupérer les problèmes des autres, en plus des siens. En cela, les Marocains ne jugeront pas le prochain exécutif au nombre de réunions organisées, de stratégies annoncées ou de communiqués publiés, mais sur ce qui changera réellement dans leur vie. u
• Directeur des rédactions & Développement : David William • Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Youssef Seddik, Khalid Aourmi, Ibtissam Zerrouk • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique & maquettiste : Abdelillah Chamseddine
• Administratif : Fatiha Aït Allah • Édition : JMA CONSEIL • Impression : Les imprimeries du Matin • Distribution : Sochpress • Tirage 5.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05 • S.A.R.L. au capital de 5.000.000,00 DH - C.N.S.S. 600 50 62 I.F. 1022303 - Patente 35770001 - ICE N° : 001526693000021
• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com
• Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri
VOYONS VOIR
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FINANCES NEWS HEBDO MERCREDI 30 SEPTEMBRE 2026
Le pétrole s’invite dans l’équation budgétaire
cit commercial avait bondi de 26,5%. Le pétrole cher arrive donc au pire moment pour notre balance commerciale. Plus la fac- ture énergétique augmente, plus il faut de devises pour payer nos importations. Plus les importations progressent vite, plus le déficit commercial se creuse. Et plus ce déficit se creuse, plus les performances de l’automobile, des phosphates, de l’aéronau- tique, du tourisme ou des transferts des MRE deviennent nécessaires pour compenser. Mais qui absorbera le choc ? Les ménages? Les entreprises ? Les distributeurs ? Ou l’Etat? Les possibilités sont limitées. Répercuter toute la hausse du pétrole sur les prix revient à transférer la facture vers les consomma- teurs et les entreprises. Réduire la fiscalité sur les carburants revient à la transférer vers le budget. Subventionner davantage revient également à solliciter les finances publiques. Demander aux distributeurs de réduire leurs marges peut amortir une partie du choc, mais certainement pas faire disparaître durable- ment une hausse massive du coût d’approvi- sionnement. Il n’y a pas de miracle. Quelqu’un paiera. Et c’est précisément pour cette raison que le
baril à plus de 100 dollars constitue déjà un premier test pour le prochain gouvernement. Car il va falloir résister à une tentation poli- tiquement séduisante : vouloir protéger tout le monde, tout le temps, contre toutes les hausses. Car à vouloir neutraliser dura- blement chaque hausse extérieure par la dépense publique, on finit simplement par remplacer une inflation visible par une dette moins visible. Le vrai débat est donc ailleurs. Il est dans notre dépendance énergétique. Depuis des années, le Maroc investit dans le solaire, l’éolien et les infrastructures électriques. Ces choix ont longtemps été présentés sous l’angle clima- tique. La flambée des cours du pétrole rap- pelle qu’ils répondent aussi à une nécessité économique beaucoup plus immédiate. Produire davantage d’énergie localement, améliorer l’efficacité énergétique, électrifier progressivement les transports, développer le stockage et diversifier les sources d’appro- visionnement, c’est réduire notre vulnérabi- lité. C’est dire que le Maroc ne doit donc pas construire sa politique énergétique en pariant sur un pétrole bon marché. Il doit la construire en partant du principe que les épisodes de pétrole cher sont appelés à se répéter. ◆ oui , je souhaite m’abonner à cette offre spéciale pour 1 an BULLETIN D’ABONNEMENT Mon abonnement comprend : ❑ 48 numéros Finances News hebdo & 2 numéros du Hors-série. Voici mes coordonnées : ❑ M ❑ Mme ❑ Mlle Nom/Prénom : ................................................................................... Adresse : ............................................................................................ Ville : ............................. Code Postal : ............................................ Tél : ........................................ Fax : ................................................. E-mail : ............................................................................................. Mon règlement ci-joint par : ❑ Chèque bancaire ou virement bancaire à l’ordre de JMA Conseil : Banque Populaire, Agence Abdelmoumen, Compte N° 21211 580 5678 0006-Casablanca - (Maroc)
L e pétrole cher est de retour. Et avec lui, une facture dont le Maroc se serait volontiers passé. Le Brent s’est en effet réinstallé au- dessus des 100 dollars le baril. Et le moment est particulièrement mal choisi. Le pays sort d’une campagne électorale géné- reuse en promesses sur le pouvoir d’achat, l’emploi, la santé, le logement ou encore la protection sociale… Le prochain gouverne- ment devra trouver des milliards pour financer ses engagements, mais découvre déjà qu’une partie de ses marges de manœuvre peut être rognée par une variable qu’il ne contrôle absolument pas : le prix de l’énergie. Par D. William
Un Brent durablement au-dessus de 100 dol- lars a des conséquences partout. Il renchérit les transports, augmente les coûts logis- tiques, pèse sur l’industrie, et les importations et finit par se diffuser dans les prix. C’est le premier danger. Le second est extérieur. A fin juillet 2026, les importations marocaines atteignaient déjà 544 milliards de dirhams, en hausse de 15,9%. Les exportations, elles, progressaient deux fois moins vite, à 299,3 milliards. Résultat : le défi-
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Point Bourse Hebdo Le MASI reprend pied, mais la cote reste nerveuse
Evolution de l'indice Masi depuis début Septembre 2025
L Après la chute de la semaine précédente, le MASI a repris 1,28% en cinq séances. Le rebond a toutefois perdu de sa vigueur au fil de la semaine, tandis que les taux obligataires restent tendus et que les semestriels prennent désormais le relais des grands rendez-vous macro. a semaine avait pourtant com- mencé tambour battant. Lundi, le MASI s’est offert un rebond de 2,27%, puis encore 0,48% mardi, retrouvant brièvement les 18.000 points. Après la correction de 5,49% essuyée la semaine pré- cédente, ce retour des acheteurs avait quelque chose de rassurant. La suite a été moins franche : -0,20% mercredi, -0,95% jeudi et encore -0,29% vendredi. L’indice termine finalement à 17.818,09 points, en hausse de 1,28% sur la semaine, mais toujours en retrait de 5,46% depuis janvier. tisseurs ont rapidement retrouvé leurs préoccupations des der- nières semaines : le niveau des taux, le pétrole et, surtout, les résultats des entreprises. Par Y . Seddik
TOP Performances
FLOP Performances
Sur le marché obligataire, la détente attendra. BKGR anticipe encore une hausse des rende- ments à court terme, avec des tensions qui touchent désormais toute la courbe : le 30 ans a gagné plus de 15 points de base sur le secondaire, le 20 ans plus de 12 points et même les matu- rités courtes ont remonté. Pour les actions, cette concurrence du papier de taux redevient difficile à ignorer, d’autant que les besoins du Trésor restent élevés à l’ap- proche des échéances d’octobre. Le pétrole, lui, a offert un peu de répit vendredi. Le Brent a reculé de 2,1% à 104,32 dollars, soutenu par l’espoir d’une issue diplomatique entre Washington et Téhéran. Le niveau reste néan- moins élevé et continue de peser
Cartier Saada Sothema Sanlam Maroc
-9,7%
+60,95% +8,63%
Minière Touissit Fenie Brossette SGTM
-6,08%
-4,79%
+6,9 %
sur les anticipations d’inflation, les coûts de transport et les marges de plusieurs secteurs cotés. Les publications semestrielles donnent heureusement davan- tage de matière au marché. SMI a plus que doublé son bénéfice à 243 MDH grâce à l’envolée du prix de l’argent, Fenie Brossette affiche une hausse de 55% de son résultat net consolidé, tan- dis que Boissons du Maroc voit son RNPG reculer de 8,6%. Trois publications, trois trajectoires, et une saison qui confirme que le marché de 2026 se prête moins
aux paris d’ensemble qu’au choix des dossiers. Après deux semaines particulière- ment agitées, le MASI revient ainsi dans une phase moins lisible. La pression vendeuse s’est calmée, mais le rebond n’a pas encore suffisamment de profondeur pour effacer le décrochage précédent. Avec BAM et les élections désor- mais derrière lui, le marché va pouvoir revenir à ce qu’il sait faire de mieux : juger les entreprises sur leurs comptes, pendant que les taux continueront de fixer le niveau d’exigence. ◆
Le marché a donc repris pied sans retrouver l’élan du début de semaine. Bank Al-Maghrib n’a pas créé la surprise en mainte- nant mardi son taux directeur à 2,25%, un scénario déjà large- ment intégré. Les législatives du 23 septembre n’ont pas davan- tage provoqué de rupture visible dans les cours. Une fois ces deux rendez-vous passés, les inves-
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Croissance Un coup de frein temporaire, selon Bank Al-Maghrib
un caractère transitoire». La Banque s’attend ainsi à une remontée de l’infla- tion à 1,5% en 2027, tandis que sa composante sous- jacente atteindrait 2,2%. Elle explique cette évolution par «la dissipation de ces fac- teurs et […] la persistance de l’inflation importée à un niveau relativement élevé». Les anticipations restent par ailleurs bien ancrées, selon BAM : les experts du sec- teur financier tablent sur une inflation moyenne de 2,1% à l’horizon de huit trimestres et de 2,2% à celui de douze trimestres. Malgré la faiblesse de l’in- flation prévue cette année, le Conseil demeure atten- tif au risque d’une nouvelle hausse des coûts énergé- tiques. «La balance des risques demeure orientée à la hausse pour l’inflation», souligne BAM. Un enlise- ment des tensions géopo- litiques au Moyen-Orient pourrait entraîner un renché- rissement de l’énergie supé- rieur aux hypothèses rete- nues, puis sa diffusion aux différentes composantes des prix à la consommation. Concernant la croissance, BAM attribue la révision de 5,2% à 4,4% «entièrement […] à la performance de certaines activités non agri- coles, notamment les indus- tries extractives et manu- facturières, affectées par les perturbations de l’ap- provisionnement en intrants importés» . Elle y voit, là encore, un choc d’offre qui devrait être temporaire. Par ailleurs, la demande intérieure conserve en revanche sa vigueur. Elle reste « portée par la dyna- mique de l’investissement liée aux grands projets d’in- frastructure et par la conso- lidation de la consommation des ménages», indique la Banque centrale. À l’appui de cette appréciation, BAM relève une progression de
Bank Al-Maghrib revient pour Finances News Hebdo sur le maintien de son taux directeur à 2,25% et sur les difficultés qui freinent les activités non agricoles, tout en soulignant la bonne tenue de la demande intérieure. Par Y . Seddik
Bank Al-Maghrib attribue la dégrada- tion de ses prévisions à des perturbations temporaires de l’offre.
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our la troisième réunion monétaire de cette année, le statu quo était largement attendu. L’ampleur des révi- sions de Bank Al-Maghrib mérite davantage qu’on s’y arrête, puisqu’en trois mois, la Banque centrale a abaissé de 0,8 point ses prévisions de croissance et d’inflation pour 2026, désormais fixées à 4,4% et 0,7%. Dans ses réponses à Finances News Hebdo, elle en précise les ressorts et défend une lec-
ture moins dégradée de la conjoncture que ces cor- rections pourraient le laisser penser. Celles-ci «ne tra- duisent ni un affaiblissement de la demande intérieure ni un risque de désancrage de l’inflation à la baisse», sou- ligne BAM, qui a maintenu son taux directeur à 2,25%. La Banque centrale précise que les révisions apportées depuis juin « ne traduisent ni un affaiblissement de la demande intérieure ni un
risque de désancrage de l’inflation à la baisse». La baisse de la prévision d’inflation, auparavant fixée à 1,5%, provient principale- ment du recul plus marqué qu’attendu des prix des pro- duits alimentaires volatils et de l’huile d’olive. Cette dernière a également pesé sur l’inflation sous-jacente, désormais estimée à −0,2% sur l’ensemble de l’année. Pour BAM, «ces facteurs relèvent de l’offre et revêtent
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10,1% du crédit bancaire au secteur non financier à fin juillet, pour une hausse attendue de 8,1% sur l’en- semble de l’année. Elle cite également la création de 406.000 emplois en glisse- ment annuel au deuxième trimestre. Le ralentissement des acti- vités non agricoles mérite néanmoins une attention particulière. Alors que la valeur ajoutée agricole devrait rebondir de 16% en 2026, leur rythme de pro- gression reviendrait de 4,5% à 3,1%. Interrogée sur cette décélération, BAM l’ex- plique «essentiellement par l’évolution moins favorable que prévu du secteur secon- daire, dans un environne- ment international marqué par de fortes perturbations des chaînes de production
et à la reprise progressive des branches affectées. La poursuite des investisse- ments en infrastructure et la vigueur des exportations industrielles contribueraient également à ce redresse- ment. La Banque assortit toute- fois cette prévision d’une réserve explicite en préci- sant que « cette apprécia- tion reste toutefois entourée d’incertitudes élevées. Les risques pesant sur la crois- sance demeurent orientés vers la baisse de la crois- sance». L’activité pourrait ainsi progresser moins for- tement que prévu si l’éco- nomie mondiale ralentissait davantage ou si la persis- tance des tensions géopo- litiques prolongeait les per- turbations des approvision- nements. ◆
et d’approvisionnement». Les industries extractives et manufacturières subissent notamment les répercus- sions des conflits au Moyen- Orient et entre la Russie et l’Ukraine. Ces tensions ont provoqué des difficultés d’accès à certains intrants essentiels et une augmen- tation de leurs coûts, péna- lisant les branches les plus dépendantes des importa- tions. Les autres secteurs résistent mieux. «Les acti- vités tertiaires maintiennent une bonne tenue, soutenues notamment par les services non marchands et par la vigueur du tourisme» , pré- cise BAM. La Banque sou- ligne aussi le dynamisme des secteurs exportateurs à forte valeur ajoutée, en particulier l’automobile et
En Bourse, le bulletin de vote n’est donc pas une variable boursière autonome.
l’aéronautique. La consom- mation des ménages béné- ficie, pour sa part, de la modération de l’inflation et de l’amélioration des reve- nus agricoles. Pour les prochains tri- mestres, BAM considère que le ralentissement «revêt un caractère conjoncturel, dans la mesure où il procède principalement de chocs d’offre d’origine externe». Les activités non agricoles devraient donc retrouver un rythme plus soutenu en 2027, grâce à la normalisa- tion attendue des marchés des matières premières
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Élections Pourquoi la Bourse ne réagit jamais deux fois de la même manière Entre 2016, 2021 et 2026, trois scrutins et trois séquences boursières très différentes. L’expérience montre surtout que le marché actions réagit moins au verdict des urnes qu’au degré de visibilité économique qui en découle. Par Y . Seddik
recueillis à l’époque insistaient aussi sur l’espoir d’une formation rapide du gouvernement, précisément par contraste avec l’expérience de 2016, ainsi que sur les perspectives d’investissement privé. Cette réaction intervient en outre dans un marché déjà bien orienté. Le MASI terminera finalement 2021 sur une progression de 18,35%. L’élection a donc davantage joué le rôle d’accélérateur que de point de départ du mouvement. 2026 : aucune prime électorale visible, pour l’instant Le scrutin du 23 septembre 2026 offre un troisième scénario. Le PAM arrive en tête avec 97 sièges. La séance électorale elle-même s'achève sur un recul modéré du MASI de 0,20% à 18.040,73 points. Le lendemain matin semble d’abord dessiner un scénario proche de 2021 : l’indice gagne jusqu’à 0,69% dans les premiers échanges. L’élan disparaît pourtant rapidement. À la clôture du 24 septembre, le MASI abandonne 0,95% à 17.869,06 points, avant de céder encore 0,29% le vendredi. Surtout, rien ne permet d’attribuer cette baisse au résultat politique. Des analystes interrogés dès jeudi matin jugeaient la configuration issue du scrutin davantage por- teuse de continuité que de rupture et estimaient que les investisseurs attendaient surtout la composition de la coalition, le programme gou- vernemental et les orientations du prochain PLF. La baisse de fin de séance a par ailleurs été reliée à des flux vendeurs d’OPCVM, déjà obser- vés les jours précédents. En Bourse, le bulletin de vote n’est donc pas une variable boursière autonome. Ce que le marché finit par valoriser, ce sont ses consé- quences : rapidité de formation de la majorité, politique budgétaire, investissement public et privé, fisca- lité, trajectoire des taux et, au bout de la chaîne, perspectives bénéfi- ciaires des sociétés cotées. En 2026, le rendez-vous décisif pour les investisseurs pourrait ainsi se situer dans les premières décisions économiques du futur exécutif. À ce moment, le marché pourra réel- lement commencer à mettre un prix sur la nouvelle séquence politique. ◆
De 2016 à 2026, les élections législa- tives ont laissé des empreintes très diffé- rentes sur la Bourse de Casablanca, entre attentisme, soulage- ment et indifférence.
L
es élections font partie de ces ren- dez-vous que les marchés entourent volontiers d’un vocabulaire de risque, d’incertitude et d’attentisme. À la Bourse de Casablanca pour- tant, les trois dernières législatives racontent une histoire plus nuancée. En 2016, l’incertitude s’est surtout installée après le scrutin. En 2021, le résultat a provoqué l’une des réac- tions boursières les plus franches de ces dernières années. En 2026, enfin, le verdict des urnes n’a, jusqu’ici, guère modifié une dyna- mique de marché déjà travaillée par d’autres forces. Le scrutin du 7 octobre 2016 recon- duit le PJD en tête avec 125 sièges, devant le PAM avec 102. Une partie du marché avait pourtant abordé l’échéance en anticipant une autre configuration politique. Cinq ans plus tard, des gérants interrogés par Finances News Hebdo se sou- venaient d’un marché monté avant les élections en pariant notamment sur une défaite du PJD, avant d’être
pris à contrepied par le résultat. Mais réduire 2016 à un «effet élec- tions» serait trompeur. Le MASI terminera cette année-là sur un spectaculaire +30,46%, sa meilleure performance depuis une décen- nie. L’AMMC attribuait alors cette hausse à l’amélioration des résul- tats des sociétés cotées et surtout au faible niveau des rendements obligataires, qui poussait les inves- tisseurs vers les actions. Le véritable coût politique pour les investisseurs est apparu dans les mois suivants. Les négociations pour former une majorité se pro- longent, retardant la mise en place du gouvernement et brouillant la visibilité sur la politique budgé- taire. Le débat autour de la Loi de Finances 2017 et du rythme de la commande publique alimente alors l’attentisme des entreprises. 2016 livre ainsi une première leçon: une forte performance boursière peut parfaitement cohabiter avec une incertitude politique élevée
lorsque les taux, les bénéfices et les flux de liquidité jouent dans le sens opposé. 2021 : cette fois, la réaction est immédiate Cinq ans plus tard, la lecture du marché est beaucoup plus nette. Le 8 septembre 2021, le RNI arrive en tête des législatives. Dès le len- demain, le MASI bondit de 1,81% à 12.971,07 points, son plus haut annuel à ce moment-là. Surtout, le mouvement est accompagné de volumes élevés de 469 MDH sur le marché central. La hausse ne se limite pas à quelques valeurs puisque les banques, les cimentières, l’immobilier et plu- sieurs grandes capitalisations par- ticipent au mouvement. Attijariwafa bank gagne 2,54%, Maroc Telecom 2,11%, tandis que les trois immo- bilières cotées prennent autour de 4%. Le marché ne valorisait toute- fois pas uniquement un changement de majorité. Les commentaires
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Campagne agricole 2026/2027 Optimisme mesuré dans le monde rural, les fellahs espèrent une année pluvieuse
Guennouni, ingénieur agronome et consultant agricole. «Les bienfaits de la campagne précédente se manifestent à plu- sieurs niveaux. Ainsi, la plupart des intrants, notamment les semences ordinaires, sont dis- ponibles à des prix compétitifs », précise Guennouni. Non sans rele- ver que «les fellahs font face à une contrainte de taille, à savoir la rareté de certaines variétés de semences certifiées de céréales et de légumineuses dans de nom- breuses régions. Du coup, ils se contentent de ce qu’ils trouvent. Cela peut avoir un effet sur le ren- dement et la qualité des récoltes. Car chaque terroir ou chaque type de climat a besoin d’une variété qui lui est propre. Les semences destinées à l’irrigué ne sont pas celles des régions bours», indique- t-il. Par ailleurs, et comme chaque année, le gouvernement devrait mobiliser plus d’un million de quin- taux de semences certifiées. Les prix devraient rester inchangés comparativement à la précédente saison. Pour le blé tendre et l’orge, le prix moyen s’affiche autour de 400DH/quintal. Pour le blé dur, il faut compter entre 400 à 450 DH/ quintal. Pour les fertilisants, plus de 600.000 tonnes d’engrais phos- phatés sont mises sur le marché. Du côté des exploitants, on relève un optimisme mesuré à l’approche du démarrage de la campagne. « Le marché est bien approvi- sionné cette année tant pour les semences ordinaires que pour les certifiées par rapport à l’année der- nière. Toutes les variétés sont dis- ponibles, excepté quelques-unes dans certaines régions», affirme Mohamed Mourtaki, négociant en céréales et légumineuses dans la région de la Chaouia. ◆
Après une campagne 2025/2026 favorable, la prochaine saison agricole démarre dans un contexte nettement plus porteur. La prudence reste néanmoins de mise : coût des intrants, disponibilité de certaines semences certifiées et surtout comportement de la pluviométrie pourraient encore rebattre les cartes. Par C . Jaidani
L’agriculture nationale nécessite beaucoup de main-d’œuvre. La mécanisation trouve des difficultés pour se développer.
L
a campagne agricole 2026/2027 devrait démarrer officiellement lors de la deuxième quinzaine du mois d’octobre. Mais en atten- dant, les travaux du sol sont déjà lancés dans plusieurs régions du Royaume. La prochaine saison s’annonce sous de bons auspices si l’on prend en considération les conditions favorables actuelles. Elle se déroule après une bonne récolte marquée par 90 millions de quintaux et un cumul pluviomé- trique excédentaire qui a enrichi les réserves des barrages et la nappe phréatique. Cela permet aux cultures dépen- dantes de l’irrigation d’évoluer nor- malement sans être impactées par la rareté de l’eau.
L’abondance des produits, notam- ment l’orge et le foin, profite essen- tiellement aux éleveurs qui dis- posent d’aliments de bétail naturel et à bon marché. «Nous démarrons la saison avec optimisme et espérons que la pluie soit au rendez-vous. L’année der- nière a été assez favorable pour démarrer la reconstitution du chep- tel national, même s’il faudrait plu- sieurs années pluvieuses succes- sives. Malgré un couvert végétal riche, les éleveurs sont contraints d’apporter des compléments ali- mentaires. Cette année, il y a une détente sur les prix des produits, mais elle ne peut cacher le ren- chérissement des autres intrants, particulièrement le coût de l’éner- gie et celui de la main-d’oeuvre» , indique Abderrahmane Mejdoubi, président de l’Association ovine et caprine (ANOC). Et d’appeler «le gouvernement
à poursuivre son programme de soutien et de distribution des ali- ments de bétail subventionnés». Pour ce qui est des filières princi- pales, notamment les céréales et les légumineuses, véritables baro- mètres de la campagne agricole, il faut noter que la superficie embla- vée n’a cessé de baisser au fil des ans sous l’effet de la sécheresse. «La précédente campagne a été marquée par l’emblavement de 3,9 millions d’hectares. A cause du retard des pluies, de nombreux fellahs n’ont pas entamé les tra- vaux du sol, préférant laisser leur terre comme parcours naturels pour le bétail. Mais cette saison, il faut s’attendre à un emblavement de plus de 5 millions d’hectares. Le vent d’optimisme qui souffle actuellement sur le monde rural incite à exploiter les terres qui sont restées en jachère l’année dernière» , souligne Abdelmoumen
Nous démarrons la saison avec optimisme et espérons que la pluie soit au rendez-vous.
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ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO MERCREDI 30 SEPTEMBRE 2026
Mondial 2030 Où en sont les chantiers qui doivent transformer le Maroc ? Stades, aéroports, LGV, trains de proximité et autoroutes : le Maroc prépare bien plus que l’accueil de matchs de football. À quatre ans du Mondial, certains équipements sont déjà en service, tandis que les projets de transport les plus structurants restent à livrer. Par K. A.
la livraison coordonnée du terminal, de la gare, des voies et des ser- vices ferroviaires.
Le dernier kilomètre sera déterminant
Les routes et autoroutes com- plètent ce maillage. Un pro- gramme de 12,5 milliards de DH sur la période 2025-2032 couvre notamment l’autoroute continen- tale Rabat-Casablanca, la liaison Tit Mellil-Berrechid et le réamé- nagement de nœuds autoroutiers. Ces projets doivent améliorer la circulation sur l’axe le plus sollicité du pays et l’accès au Grand Stade Hassan II. Leur horizon financier s’étend toutefois au-delà de 2030: il faut donc suivre séparément les tronçons qui seront opérationnels avant le tournoi. La coordination de ces projets est désormais un sujet en soi. En juillet 2026, Fouzi Lekjaa, président de la FRMF, a appelé à une préparation anticipée et à un suivi coordonné des étapes du Mondial. Il a précisé que l’organisation serait supervi- sée par la Fondation Maroc 2030 en partenariat avec la Fédération. Cette déclaration prend un relief particulier au regard de la diversité des maîtres d’ouvrage : stades, rail, aéroports et routes doivent avancer selon des calendriers compatibles. L’état des lieux est contrasté. Le Maroc dispose déjà d’un grand stade reconstruit et utilisé à Rabat, d’un chantier majeur engagé à Benslimane et de programmes financés pour le rail et les aéroports. Mais les montants annoncés, les capacités futures et les kilomètres projetés ne sont pas des infras- tructures disponibles aujourd’hui. Le rendez-vous de 2030 dépendra surtout de la synchronisation des livraisons : un stade achevé sans desserte suffisante ou un terminal agrandi sans correspondances effi- caces ne produira qu’une partie du résultat attendu. La métamorphose promise dépasse le football. Si les nouvelles liaisons fonctionnent pour les usagers après la compé- tition, l’investissement aura modifié durablement la mobilité du pays. C’est à cette échelle - celle des trajets quotidiens autant que des soirs de match - que les chantiers du Mondial devront être jugés. ◆
L
e plus important programme de mobilité annoncé est ferroviaire. L’enveloppe prévue atteint 96 mil- liards de dirhams à l’horizon 2030. Elle comprend 53 milliards de DH pour la LGV Kénitra-Marrakech et le développement du transport régional sur le réseau existant, 29 milliards pour l’acquisition de 168 trains, et 14 milliards de DH pour les gares ainsi que le maintien des performances du réseau. L’extension de la grande vitesse vers Marrakech, sur un axe d’envi- ron 430 kilomètres, doit relier plus efficacement les grands pôles du littoral atlantique et la principale destination touristique du pays. Le projet a dépassé le stade des annonces. Dans son bilan publié un an après le lancement du pro- gramme, l’ONCF faisait état de 15 viaducs en cours de réalisation et de trois tranchées couvertes situées notamment près de l’aéro- port de Casablanca, à Zenata et à
Aïn Atiq. Le volet régional sera tout aussi décisif pour les habitants. Dans la région de Casablanca, le projet de réseau express régio- nal (RER) porté par l’ONCF prévoit des dessertes entre Mohammedia et Nouaceur, vers l’aéroport Mohammed V et vers le futur stade de Benslimane, avec des prolon- gements de service en direction de Settat et d’El Jadida. Le Centre régional d’investissement présente trois composantes de 74, 28 et 43 kilomètres. À ce stade, il s’agit d’un réseau projeté : fréquence, correspondances et date effective de mise en service devront être confirmées à mesure que les tra- vaux avanceront.
Sur les sept premiers mois de 2026, ils en ont enregistré 22.282.997, soit 8,77% de plus qu’à la même période de 2025, d’après l’ONDA. La modernisation répond donc à une croissance déjà observée, au- delà de la seule perspective du Mondial. Le protocole signé entre l’État et l’ONDA prévoit 38 milliards de DH d’investissements sur la période 2025-2030. Sur ce total, 25 milliards sont destinés notamment au nou- veau terminal hub et à une nouvelle piste à Casablanca, ainsi qu’au développement des capacités de Marrakech, Agadir, Tanger et Fès. Les 13 milliards restants concernent la maintenance, la modernisation et le foncier. L’objectif affiché est de porter la capacité du réseau aéro- portuaire à 80 millions de passa- gers à l’horizon 2030. Le ministre du Transport, Abdessamad Kayouh, a résumé la portée du chantier lors du Conseil d’administration de l’ONDA en avril 2025 : il s’agit de «soutenir la croissance du transport aérien, d’améliorer la qualité des services et de répondre aux attentes des visiteurs». Casablanca concentre une partie essentielle de cette transformation. Le projet vise à faire de Mohammed V un hub mieux relié au réseau fer- roviaire, notamment à la grande vitesse et aux trains régionaux. Sur le papier, cette connexion pourrait changer l’expérience du voyageur: rejoindre directement Rabat ou Marrakech sans ajouter un long trajet routier à son vol. Dans les faits, la performance dépendra de
Les aéroports face à une demande déjà croissante
L’aérien offre l’indicateur le plus immédiat de la pression à venir. Les aéroports marocains ont accueilli 36,3 millions de passagers en 2025.
À Benslimane, le Grand Stade Hassan II, d’une capacité prévue de 115.000 places, reste l’un des chantiers emblématiques du Mondial 2030.
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ECONOMIE
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FINANCES NEWS HEBDO MERCREDI 30 SEPTEMBRE 2026
blement l'international. La Loft Art Gallery a été la première galerie marocaine à Art Basel Paris, en 2024, et la Galerie 38 a ouvert à Genève en 2025. À la 1-54 de Marrakech, en février, 22 galeries et plus de 67 artistes se parta- geaient l'affiche, dont huit gale- ries marocaines. Côté prix, les modernes donnent l'échelle : une œuvre de Mohamed Melehi est partie à 399.000 Livres sterling, soit plus de 5 millions de dirhams chez Sotheby's en 2020, et un Jilali Gharbaoui de 1959 a été adju- gé 700.000 euros à la maison de ventes Drouot à Paris en 2015. Les contemporains suivent de plus loin: Hassan Hajjaj, 12.500 livres (envi- ron 157.000 dirhams) à Londres en 2020, et un Mounir Fatmi à près de 197.000 dirhams chez Artcurial, à Marrakech, fin 2022. Le déclic, Hicham Daoudi, fon- dateur du Comptoir des Mines et de la première maison de ventes aux enchères du pays, le date de 2008-2009, quand sa maison casa- blancaise a commencé à obtenir de bons résultats pour les artistes marocains. Vingt ans plus tôt, il n'y avait, selon lui, qu' «une galerie et demie» . Aujourd'hui, son pro- gramme Majaz, qui accompagne de jeunes artistes, reçoit «parfois jusqu'à 200 ou 300 demandes» , car on sait qu'il est possible «de vivre de son art». Et l'acheteur ? Il est chez lui : «J'ai très peu de collectionneurs européens. Ma clientèle est majo- ritairement marocaine». Le moteur, c'est la maison. «Lorsque les gens construisent leur maison, la com- posante artistique est presque devenue obligatoire, car ils ne veulent pas avoir des maisons sans art» , dit-il. Reste à chiffrer ce cercle. L'estimation qui circule (plus de 600 millions de dirhams pour le marché de l'art, environ 2.500 clients) donne l'ordre de gran- deur. Mais les freins sont connus : transport, taxes, absence de statut d'entreprise culturelle. Dossier que défend Fihr Kettani, de la Galerie 38. Le 7 octobre au soir, on ne saura toujours pas exactement combien pèse le design marocain. On saura, en revanche, s'il sait se vendre. ◆
L’ottoman Irtah ! conçu en collaboration avec les Ateliers Jouffre, 2026. Photo Othmane Bengebara.
Design Casablanca sort les meubles
P Du 5 au 7 octobre, la première Morocco Design déploie villas, showrooms et théâtre en chantier dans Casablanca. Alors que l'architecte Salima Naji vient de décrocher le Grand Prix Design de l'IMA, une question s’impose : combien pèse ce marché qui hisse l’artisanat au rang d’objet de collection ? Par L . Ch.
ersonne ne sait dire combien pèse le design marocain, et c'est peut-être le meilleur indice qu'il est en train de devenir un marché. On le trouve désormais dans un théâtre en tra- vaux, une villa d'Anfa, un showroom sur trois niveaux, et Paris s'en est aperçu. Cette année, cinq créateurs marocains étaient finalistes du Prix du design de l'Institut du monde arabe (IMA), et l'architecte et anthro- pologue Salima Naji a décroché le Grand Prix pour son Centre d'inter- prétation du patrimoine de Tiznit, bâti en pisé dans des remparts de 1810. Du 5 au 7 octobre, Casablanca prend le relais avec Morocco Design, pensé comme une plateforme culturelle plutôt que comme une foire : trois jours, des adresses éparpillées, des installations plutôt que des stands. Derrière l'événement, Hanane El Moutii, fondatrice de l'agence Éclat, qui conseille depuis plus de dix ans studios et maisons de design. Son credo : le Maroc «n'a pas besoin d'inventer une identité design» , il en a déjà une. Reste à savoir qui l'achète et à quel prix.
poraine de l'assise traditionnelle, à la Villa Fondation Alliances. La combinaison est redoutable : les maisons européennes offrent les murs et le carnet d'adresses, les designers marocains la matière et le récit. Combien ça pèse ? Une nouvelle visibilité qui pourrait peser sur le marché ? Premier problème, le design n'a pas sa ligne dans les statistiques, il faut donc trianguler. L'artisanat génère environ 147 milliards de dirhams de chiffre d'affaires et pèse 7% du PIB. À l'export, il a dépassé 1,23 milliard de dirhams en 2025 (+11%), tiré par la poterie-pierre (36%), les tapis (18%) et les bijoux (+52%), les États-Unis absorbant 49% du total. Soit moins de 1% du chiffre d'affaires du secteur : l'essentiel reste tourné vers le mar- ché intérieur et les touristes. Côté galeries, la vitalité est réelle, bien qu’étroite : plus de la moi- tié des quelque trente galeries marocaines datent d'après 2010, et quatre seulement visent dura-
Une ville, quinze adresses Pour cette première édition, le Morocco Design propose un pro- gramme riche… et niche. Chez Roche Bobois, à Anfa, une ins- tallation présente 31 ans de design signés Hicham Lahlou. Chez Flexform, The Zellijist fait pousser du zellige entre les cana- pés italiens. Chez Molteni&C, les Totems géométriques de Ghizlane Agzenaï, montés avec la Galerie 38, cohabitent avec le mobilier. Fenêtre sur Cour ouvre son showroom à Cassina, Fritz Hansen et Fornasetti, tandis que Clay Concept Store associe Ali Lahlou à B&B Italia. Côté créateurs, Villa Sahrai, signée Christophe Pillet, réunit Sophia Kacimi, Myroc Studio, Salima Filali, Sana Benzaitar, Verneo Studio et Muhcine Ennou. Hamza Kadiri investit le Teatro Italia, en pleine restauration, avec L'Axe invisible, sous le commissariat d'Amine Amharech. Othmane Bengebara, finaliste du prix de l'IMA dans la catégorie Talent émergent, pré- sente Irtah !, relecture contem-
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L'UNIVERS DES TPME
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FINANCES NEWS HEBDO MERCREDI 30 SEPTEMBRE 2026
Dashy «Le commerce a déjà investi WhatsApp, le prochain enjeu est d’y faire entrer le paiement»
relle. Au début, nous entendions les mêmes objections : «mes clients paient en cash», «ils ne cliqueront jamais sur un lien de paiement». Ce sont des craintes légitimes. On n'y répond pas avec une présentation, on y répond sur le terrain, com- merçant par commerçant, en mon- trant que ses propres clients paient quand l'expérience est simple. La deuxième difficulté est propre au paiement, il s’agit de la confiance. Dans ce métier, on ne peut pas se permettre l'approximation. Il faut un cadre réglementaire, des parte- naires solides et une sécurité irré- prochable. J'ai aussi appris l'importance de la priorisation. Dans la fintech, la tentation est grande de vouloir tout faire à la fois : paiement, finance- ment, logistique, marketing. Nous avons fait le choix inverse. Un pro- blème précis, bien résolu, pour un type de commerçant précis. Cela demande de la patience, mais c'est ce qui construit une base solide. Aujourd'hui, une centaine de com- merçants nous font confiance et ce n'est qu'un début. F.N.H. : Comment qualifiez- vous aujourd'hui l'écosys- tème marocain de la fintech et du paiement digital ? Quelles opportunités offre-t- il aux startups ? I. M. : C'est un écosystème en pleine maturation. Le cadre régle- mentaire s'est considérablement structuré sous l'impulsion de Bank Al-Maghrib, et autres régulateurs. L'inclusion financière est devenue une priorité nationale, et la stratégie «Maroc Digital 2030» fixe un cap en matière de transformation numé- rique. On voit aussi émerger des programmes d'accompagnement et des fonds dédiés aux startups, ce qui n'était pas le cas il y a encore quelques années. Le marché marocain présente un paradoxe intéressant. Le cash reste dominant, mais les usages digitaux sont déjà là. Le smart- phone est omniprésent, la messa- gerie fait partie du quotidien, et les Marocains achètent de plus en plus en ligne. Pour une startup, l'oppor- tunité est donc moins de créer de nouveaux comportements que de
Au Maroc, WhatsApp est devenu bien plus qu’un outil de messagerie. Pour de nombreux commerçants, la conversation est déjà un point de vente. Mais le parcours s’interrompt encore souvent au moment du paiement. L’ANRT estime que plus de huit acheteurs en ligne sur dix déclarent encore payer à la livraison. C’est sur cette étape que Dashy entend agir, en permettant au client de régler son achat sans quitter la conversation. Entretien avec Imad Moujahid, fondateur et CEO de Dashy.
Propos recueillis par Ibtissam Z.
Finances News Hebdo : Quel besoin avez-vous voulu résoudre en lançant Dashy et quelle est aujourd'hui sa proposition de valeur ? Imad Moujahid : Le point de départ est une scène que tout le monde connaît. Une cliente fidèle écrit sur WhatsApp à sa boutique de cosmétiques pour comman- der ses produits habituels. Tout se passe dans la conversation, jusqu'au paiement. Là, elle a deux options. Soit elle paie à la livraison, et le livreur n'a souvent pas de monnaie à rendre. Soit la boutique lui envoie son RIB : elle fait un vire- ment, envoie une capture d'écran, et la gérante vérifie que l'argent est arrivé. Dans les deux cas, c'est une friction, pour la cliente comme pour le commerçant. Le même scé- nario se retrouve dans le retail, l'e- commerce, la restauration et bien d'autres secteurs. Nous avons observé ce rituel des
centaines de fois. La commande est déjà dans WhatsApp, mais le paiement n'y est pas. Les chiffres confirment cette intuition. Selon l'ANRT, plus de huit acheteurs en ligne sur dix déclarent encore payer à la livraison. Pourtant, Bank Al-Maghrib relève une progression d'environ 20% des paiements par carte en e-commerce en 2024. Le client est prêt, c'est l'outil qui man- quait au commerçant. Dashy permet aux commerçants de se faire payer directement dans la conversation WhatsApp, en quelques clics, sans que le client ait à quitter l'échange. Le commerçant est encaissé avant de préparer la commande. Il peut lancer une pro- motion ou une vente flash auprès de ses clients fidèles et encaisser immédiatement. Surtout, il garde la relation avec sa clientèle, sans
intermédiaire. Nous ciblons en priorité deux familles de commerces. D'abord, le retail et l'e-commerce qui ont une clientèle récurrente. Ensuite, l'hos- pitalité (riads, maisons d'hôtes, hôtels), où WhatsApp est devenu un véritable outil de réservation, avec une expérience conversation- nelle. Pour les uns comme pour les autres, WhatsApp est souvent déjà le premier canal de vente, bien avant leur site Internet. F.N.H. : Quel regard por- tez-vous sur votre parcours entrepreneurial et sur les principales difficultés ren- contrées lors du développe- ment de Dashy ? I. M. : Avec le recul, je dirais que la difficulté principale n'a pas été technologique. Elle a été cultu-
AVEC LA PARTICIPATION DE TAMWILCOM
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