Découvrez le numéro 981 de Finances News Hebdo, premier hebdomadaire de l'information financière au Maroc
Du 30 juillet 2026 - 8 DH - N° 1243
PREMIER HEBDOMADAIRE DE L'INFORMATION FINANCIÈRE AU MAROC
Directeur de la publication : Fatima Ouriaghli
Protection des données La confiance, moteur de l'économie numérique Entretien avec Omar Seghrouchni, président de la CNDP.
Développement durable
L'éducation, grand oublié de la transition énergétique marocaine
P. 10/11
P.74/75
P. 2/28 à 71
Dépôt légal : 157/98 ISSN : 1114-047 - Dossier de presse : 24/98 - Adresse : 83, Bd El Massira El Khadra, Casablanca - Tél. : (0522) 98.41.64/66 - Fax : (0522) 98.40.22 - Adresse web : www.fnh.ma
SOMMAIRE
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 30 JUILLET 2026
4 6 ACTUALITÉ ECONOMIE
Editorial
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Entretien avec Amal El Fallah Seghrouchni : AI Made in Morocco, La troisième voie défendue par Amal El Fallah Seghrouchni Industrie : La grande métamorphose du Royaume Entretien avec Khalid Kabbadj : Industrie, «Le Maroc a bâti l’une des bases industrielles les plus solides d’Afrique» Infrastructures : L’audace des grands chantiers Entretien avec Said Tahiri : Investissements, Pourquoi l'emploi ne suit-il pas ? IA - Innovation - Capital humain : Le nouveau pari de la croissance Entretien avec Mohamed Mehdi Bensaid : «La culture est au cœur du projet national» Le Maroc à l'aube d'une nouvelle étape de son déve- loppement : Vingt-sept années de vision royale au service de la modernisation, de la souveraineté et de l'économie de la connaissance Entretien avec Marouane Hatim : Souveraineté éco- nomique, Comment le Maroc a changé de dimension
Voyons voir : Emploi, le rendez-vous manqué ! Ça se passe au Maroc
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Investissement : Les entreprises tributaires des projets de l’État Entretien avec Omar Seghrouchni : Protection des données, Les priorités de la CNDP face aux nou- veaux usages numériques Vie quotidienne des ménages : Pourquoi les familles ressentent-elles si peu les effets de la croissance économique ? Entretien avec Amine Mernissi : Immobilier, L'attentisme reflète la vulnérabilité des ménages Agritech : La donnée, nouvel engrais de l'agricul- ture marocaine Entretien avec Amine Zarouk : Agritech, «L'agriculteur doit devenir le maillon le plus fort de la chaîne de valeur» Entretien avec Benjamin Rombaut : Agritech, «L’intelligence artificielle ne remplace ni l’agro- nome ni l’agriculteur» Viandes rouges : La baisse des prix se fait toujours attendre Entretien avec Dr Mohamed Aoudjehane : Astrotourisme, Smara, un sanctuaire naturel pour l'observation des étoiles Opération Marhaba 2026 : Tanger Med, chef d'or- chestre d'un dispositif pensé pour la fluidité
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Fatima Ouriaghli Directeur général, Responsable de la publication
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V Le Maroc à l'heure du deuxième cycle
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72 L'UNIVERS DES TPME
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Entretien avec Mohamed Amine Hejji : Bluedove, «Nous passons d’une entreprise de projets à un éditeur de logiciels»
ingt-sept ans après l'accession du Roi Mohammed VI au Trône, le Maroc peut difficilement être comparé à celui de 1999. Les faits sont là : un appareil productif profondément transformé, des infrastructures de niveau international, une industrie devenue le principal moteur des exportations et des investissements qui ont repositionné le Royaume comme un carrefour entre l'Europe et l'Afrique. Cette réussite mérite d'être reconnue pour ce qu'elle est :
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le résultat d'une vision de long terme, maintenue avec constance malgré les crises successives, de la pandémie à la sécheresse, en passant par les tensions géopolitiques et les chocs inflationnistes. Là où beaucoup d'Etats ont privilégié les réponses immédiates, le Maroc a poursuivi la construction méthodique de ses infrastructures, de ses filières industrielles et de son attractivité. Mais une nation ne se mesure pas uniquement à la longueur de ses auto- routes, la capacité de ses ports ou au volume de ses exportations. Elle se mesure aussi à la qualité des emplois qu'elle crée, aux perspectives qu'elle offre à sa jeunesse, à la réduction des inégalités et au sentiment de progrès partagé par ses citoyens. C'est précisément là que commence le nouveau défi marocain. Le constat est désormais sans équivoque : le Maroc dispose d'une écono- mie plus solide, plus résiliente et plus compétitive, mais cette dynamique peine encore à se traduire par une amélioration suffisamment perceptible du quotidien d'une large partie de la population. La croissance existe, mais elle demeure insuffisamment créatrice d'emplois. Les performances indus- trielles progressent, tandis que le chômage des jeunes reste préoccupant. Les investissements publics se multiplient, mais les disparités territoriales et sociales continuent d'alimenter un sentiment de décalage entre les indica- teurs macroéconomiques et la réalité vécue. Ce constat n'efface en rien les avancées accomplies. Il marque simplement la fin d'un premier cycle. Le premier consistait à bâtir les fondations : ports, autoroutes, zones industrielles, réseaux ferroviaires, énergies renouvelables, plateformes logistiques, modernisation de l'appareil productif. Ce chantier est largement engagé et a changé le visage du Royaume. Le second est autrement plus exigeant. Il s'agit désormais de transformer la croissance en prospérité largement partagée et de mieux diffuser la valeur créée dans l'ensemble du tissu économique et social. Le Nouveau modèle de développement s'inscrit précisément dans cette logique. Cinq ans après son lancement, il a déjà inspiré des réformes impor- tantes, notamment dans la protection sociale, l'investissement, la santé ou encore l'éducation. Mais, son véritable bilan se mesurera à l'aune de sa capacité à améliorer concrètement les conditions de vie des citoyens. Le Maroc entre ainsi dans une nouvelle étape de son histoire économique. Les vingt-sept premières années auront été celles de la transformation du pays. Les vingt-sept suivantes devront être celles d'une croissance plus inclusive et plus largement partagée. u
L'éducation, grand oublié de la transition énergé- tique marocaine 74 DEVELOPPEMENT DURABLE
Le Maroc sous Mohammed VI : Vingt-sept ans de transformation Entretien avec Ryad Mezzour : Les dessous d'un quinquennat industriel Nouveau modèle de développement : L’heure du premier bilan 28 30 34 SPÉCIAL FÊTE DU TRÔNE
• Directeur des rédactions & Développement : David William • Journalistes : Charaf Jaidani, Leïla Ouriaghli, Youssef Seddik, Khalid Aourmi, Ibtissam Zerrouk • Révision : M. Labdaouat • Directeur technique & maquettiste : Abdelillah Chamseddine • Mise en page : Zakaria Beladal
• Assistantes de direction : Amina Khchai • Département commercial : Samira Lakbiri • Administratif : Fatiha Aït Allah • Édition : JMA CONSEIL
• Impression : Les imprimeries du Matin • Distribution : Sochpress • Tirage 5.000 exemplaires • Dépôt légal : 157/98 • ISSN : 1114-047 • Dossier de presse : 24/98 • N° Commission paritaire : H.F/02-05 • S.A.R.L. au capital de 5.000.000,00 DH - C.N.S.S. 600 50 62 I.F. 1022303 - Patente 35770001 - ICE N° : 001526693000021
• Directeur Général responsable de la Publication : Fatima OURIAGHLI Contact : redactionfnh@gmail.com
VOYONS VOIR
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Emploi
Le rendez-vous manqué !
Par D. William L e Maroc affiche aujourd'hui de bons indicateurs macroécono- miques. Avec une croissance esti- mée à 4,9% en 2025, la plus éle- vée depuis près d'une décennie, une inflation ramenée à seulement 0,8%, un déficit budgétaire réduit à 3,5% du PIB et un retour dans la catégorie «Investment Grade» selon Standard & Poor's, les fonda- mentaux apparaissent solides. Pourtant, le marché du travail conti- nue de révéler les fragilités struc- turelles de l'économie marocaine, même si les chiffres témoignent d'une amélioration sensible. En 2025, près de 193.000 emplois nets ont été créés, soit plus du double
de l'année précédente. Il s'agit du quatrième meilleur résultat enre- gistré depuis 2001. Le pays a ainsi pratiquement retrouvé son niveau d'emploi d'avant la pandémie, avec une population occupée de 10,9 millions de personnes. La structure même de l'emploi évo- lue progressivement. L'économie devient davantage urbaine, tandis que la part des salariés augmente au détriment des formes d'emploi plus précaires. L'agriculture conti- nue de perdre du poids dans la population active, au profit des activités urbaines et des services. Ces évolutions traduisent les effets conjugués de la reprise
économique, des investissements massifs dans les infrastructures, notamment en préparation de la Coupe du monde 2030, ainsi que de la reprise agricole. Mais la Banque mondiale invite à dépasser les seuls chiffres de créa- tions d'emplois. Le haut-commis- sariat au Plan a profondément revu sa méthodologie d'analyse du mar- ché du travail afin de mieux reflé- ter les standards internationaux de l'Organisation internationale du travail. Cette réforme change sen- siblement la lecture de la situation. Désormais, le chômage n'est plus l'unique indicateur pertinent. Le nouveau dispositif mesure égale- ment les travailleurs découragés, le sous-emploi et les différentes formes de sous-utilisation de la main-d'œuvre. Le constat ressort ainsi plus pré- occupant. L'indicateur global de sous-utilisation atteint 22,5%, révélant un important potentiel de travail inexploité. Plus de 884.000 personnes souhaitent travailler, mais ont renoncé à rechercher activement un emploi. Le taux de chômage au sens strict s'établit à 10,8%, mais grimpe à 17,1% lorsque l'on intègre les travailleurs découragés. Pour les jeunes, cet indicateur atteint même 40,4% contre 27,9% pour les femmes. Les femmes, principal angle mort La participation des femmes demeure le point noir du marché du travail. Selon la nouvelle métho- dologie, le taux d'activité féminin ne dépasse pas 17,5%, plaçant le Maroc parmi les pays où la partici- pation des femmes au marché du travail est la plus faible au monde. Le taux d'activité global atteint seu- lement 41,8%, très en dessous de la moyenne mondiale estimée à près de 61%. Pour la Banque mondiale, plusieurs facteurs expliquent cette situation : insuffisance des services de garde d'enfants, transports publics ina- daptés, difficultés de conciliation
entre vie familiale et activité profes- sionnelle, mais aussi persistance de certains biais dans les pratiques de recrutement. Cette réalité rejoint le diagnostic récemment formulé par le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri. Dans son rapport annuel, il recon- naît l'existence d'un décalage entre les performances économiques du pays et le ressenti des citoyens. Si les indicateurs macroéconomiques témoignent d'une économie rési- liente, l'emploi demeure «le maillon faible» de la croissance. Ce sont précisément les difficultés d'accès au travail, le chômage des jeunes, le sous-emploi et les inégalités qui empêchent une large partie de la population de percevoir concrè- tement les bénéfices de la crois- sance. Autrement dit, le PIB progresse plus vite que le sentiment d'amélio- ration des conditions de vie. Pour la Banque mondiale, la réponse passe désormais par un gain durable de productivité. Le rapport identifie la transforma- tion numérique comme le princi- pal levier de cette nouvelle phase de développement. Aujourd'hui, moins d'une entreprise marocaine sur cinq utilise de manière inten- sive les technologies numériques avancées. Pourtant, les entreprises les plus digitalisées enregistrent des gains de productivité pouvant atteindre 70%, créent des emplois environ 10% plus rapidement et offrent des rémunérations supé- rieures de près de 27% en moyenne. L'enjeu est donc d’améliorer la compétitivité des entreprises afin de créer davantage d'emplois qua- lifiés, mieux rémunérés et suffi- samment attractifs pour réintégrer les travailleurs découragés dans le marché du travail. Mais, surtout de faire en sorte que la richesse produite au niveau national se tra- duise par davantage d'opportuni- tés professionnelles, une meilleure inclusion économique et une pro- gression tangible du niveau de vie des citoyens. ◆
de Paraître
Vient
A travers cet ouvrage, qui vient de paraître dans les Editions Le Matin, l’auteur a montré que les effets de l’IA ne peuvent être appréciés de la même manière dans les pays où la base contributive est plus étroite, l’informel plus présent et les infrastructures cognitives majoritairement importées. Refusant la posture de donneur de leçon, il donne un éclairage sur les possibles actions qui peuvent être entamées dès à présent, pour faire de l’IA un levier de valeur et de progrès pour nous Africains.
BIO EXPRESS
Kamal El Alami est auteur, journaliste, ingénieur d’Etat et manager. Directeur général adjoint du Groupe Le Matin, il conjugue depuis plus de trente ans une expérience de terrain dans l’industrie, les médias, la transformation organisationnelle et le management stratégique. Diplômé de l’Ecole Mohammadia d’Ingénieurs, il a construit un parcours atypique à la croisée de plusieurs disciplines. A travers ses tribunes publiées dans Le Matin, il prolonge cette démarche dans l’espace public en abordant des sujets liés au leadership, à l’entreprise, à l’intelligence artificielle, à la souveraineté économique, aux transitions organisationnelles et aux grands équilibres sociétaux.
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ÇA SE PASSE AU MAROC
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Tamwilcom – ONEE : Signature d’une convention de garantie
L es régimes de retraite marocains ont enregistré une progression de leurs recettes en 2025, sans pour autant inverser la tendance globale. Selon le 13 ème Rapport sur la stabilité financière, élaboré par Bank Al-Maghrib, l'ACAPS et l'AMMC, les cotisations ont atteint 73 milliards de dirhams, en hausse de 9,3% grâce aux contributions de 5,1 millions de cotisants. Dans le même temps, les prestations versées à 1,5 million de pension- nés ont progressé de 5,8% pour s'établir à 75,3 milliards de dirhams, demeurant supérieures aux cotisations. Le rapport fait toutefois ressortir des situations contrastées selon les régimes. La CMR a réduit son déficit technique à 5,4 milliards de dirhams, tandis que le RCAR a dégagé un léger excédent global grâce à ses revenus financiers. La branche long terme de la CNSS a conservé un solde positif de 2,4 milliards de dirhams, malgré un recul par rapport à 2024. De son côté, la CIMR a amélioré ses performances, avec un excédent global de 8,9 milliards de dirhams. A fin 2025, les réserves des régimes de retraite s'élevaient à 340,8 milliards de dirhams, en hausse de 4,3% sur un an. Hors dépôts de la CNSS auprès de la CDG, elles restent principalement investies en titres de taux (54,3%), en actions (33,9%) et en actifs immobiliers (10,7%). ■ Retraites : Les prestations dépassent les cotisations en 2025
T amwilcom et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) ont signé mardi une
convention de garantie portant sur un financement de 250 millions d’euros accordé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développe- ment (BERD) à l’ONEE (branche eau). Cette opération constitue la première concrétisation du partenariat conclu le 06 juin 2026 en Lettonie entre Tamwilcom et la BERD.
Elle porte sur la mise en place, par Tamwilcom, d’une garantie au profit de l’ONEE au titre de ce financement et constitue ainsi le premier financement de la BERD au Maroc bénéficiant de la garantie de Tamwilcom. Le financement mobilisé contribuera à accompagner les investissements de l’ONEE visant à renforcer l’efficacité, la résilience et la durabilité des infrastruc- tures de production d’eau potable, en contribuant ainsi aux efforts du Royaume en matière de sécurité hydrique et d’adaptation aux défis liés aux changements climatiques. « Cette convention confirme le rôle de Tamwilcom comme levier de mobilisation de ressources extérieures en faveur des priorités nationales, sous l’égide du ministère de l’Economie et des Finances. Nous souhaitons inscrire cette première opération dans une coopération durable avec la BERD et pour- suivre ensemble la mobilisation de financements au service du développement du Maroc », affirme Said Jabrani, Directeur général de Tamwilcom. ■
ECONOMIE
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ceptibles de générer des effets d’en- traînement sur l’ensemble de l’éco- nomie nationale. Effina précise que «la Charte de l’in- vestissement a été conçue en adé- quation avec les besoins du NMD. Mais elle n’a pas encore renversé la tendance. L’investissement public poursuit sa dynamique de crois- sance. Il est passé de 230 milliards de DH en 2021 à 380 milliards de DH en 2026. À cet égard, les projets portés par l’État demeurent le prin- cipal moteur de nombreux secteurs, notamment la santé, l’enseignement, le transport, les infrastructures de base, l’eau ainsi que les préparatifs liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030». Le paradoxe est là. Alors que le gouvernement souhaite insuffler une nouvelle dynamique à l’investisse- ment privé, l’investissement public demeure le principal moteur du développement. Cette situation n’est pas pour autant une anomalie, le Maroc a besoin à la fois d’un inves- tissement public fort et d’un inves- tissement privé puissant, appelés à évoluer dans une logique de complé- mentarité. Le véritable enjeu réside davantage dans la forte dépendance de l’investissement privé aux projets de l’État. En plus du nombre de pro- jets annoncés, il convient désormais de s’interroger sur leur valeur ajou- tée réelle. Combien sont effective- ment entrés en phase d’exécution? Quel est leur impact sur la produc- tion locale ? Dans quelle mesure favorisent-ils l’intégration des PME? Combien d’emplois permanents créent-ils ? Si le gouvernement Akhannouch a mis en place un cadre législatif et institutionnel favorable à l’investissement privé, ces réformes n’ont pas encore produit le change- ment structurel attendu. Le taux de chômage demeure le principal indicateur permettant d’évaluer l’impact de l’investisse- ment privé sur l’emploi. Il reste à un niveau préoccupant. Il a atteint 13% en 2025, dépassant 37% chez les jeunes, 20,5% chez les femmes et 19% chez les diplômés. Certes, un léger recul a été observé en 2026 grâce à une bonne campagne agri- cole, favorisée par une pluviométrie abondante, qui a soutenu l’emploi en milieu rural, mais cette amélioration demeure toutefois conjoncturelle. ◆
L’investissement public représente encore près des deux tiers de l’investisse- ment total au Maroc.
Investissement Les entreprises tributaires des projets de l’État
P L’investissement public demeure le principal moteur de l’économie nationale. En dépit des efforts déployés par le gouvernement pour stimuler l’investissement privé, le rééquilibrage entre les deux composantes tarde à se concrétiser, le secteur privé étant largement tributaire des projets portés par l’État. Par C. Jaid ni
armi les orientations stratégiques du Nouveau modèle de développement (NMD), figure l’augmentation du volume global de l’investissement, accompagnée d’une évolution de sa structure. Au Maroc, la problé- matique ne réside pas tant dans le niveau de l’investissement que dans la prédominance de l’investissement public par rapport à l’investissement privé. Selon le ministère de l’Inves- tissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques (MICEPP), le secteur public repré- sente encore près des deux tiers de l’investissement total, tandis que l’investissement privé n’en constitue qu’un tiers. Le NMD fixe pour objectif de porter la part de l’investissement privé à 65% de l’investissement total à l’horizon 2035. «L’investissement public joue un rôle déterminant dans le développement, notamment à tra-
vers la réalisation des infrastructures de base. En revanche, il ne peut, à lui seul, créer un tissu économique suf- fisamment diversifié, générer assez d’emplois pour les jeunes, élargir durablement la base productive des entreprises ou renforcer en continu la compétitivité. Faire de l’investis- sement privé la locomotive de la croissance n’est pas un simple choix technique, mais un véritable tour- nant stratégique dans la philoso- phie de développement», souligne Driss Effina, professeur universi- taire d’économie et président du Directoire du Centre indépendant des analyses stratégiques (CIAS). Il note par ailleurs que «l’actuel gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch a enregistré des réa- lisations remarquables dans ce domaine, notamment avec la mise en œuvre de la nouvelle Charte de
l’investissement, qui constitue un levier essentiel pour encourager l’investissement, améliorer l’envi- ronnement des affaires et mieux cibler le système des subventions publiques. Il faut également souli- gner la création d’un département chargé de l’investissement, dont la mission consiste aussi à évaluer les politiques publiques» . En effet, les indicateurs témoignent d’une évolution ces dernières années. La Commission nationale des investissements (CNI) a approu- vé, en huit ans, 237 projets repré- sentant un montant de 369 milliards de DH, avec à la clé la création de 166.000 emplois directs, sans compter les emplois indirects répar- tis dans l’ensemble des régions du Royaume. L’État mobilise désormais l’investissement autour de projets stratégiques plus productifs, sus-
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STELLANTIS SALAF MAROC Société Anonyme au Capital de 261.916.300,00 Dirhams Siège social : 120 – 122, Avenue Hassan II – CASABLANCA RC de Casablanca n° 22829 (la " Société ")
AVIS DE CONVOCATION
Les actionnaires de la société STELLANTIS SALAF MAROC sont convoqués à l’ Assemblée Générale Ordinaire qui se tiendra au siège social de la Société le : LUNDI 7 SEPTEMBRE 2026 A 10 HEURES A l’effet de délibérer sur l’ordre du jour suivant : • prendre acte de l'arrivée du terme initialement prévu pour la réalisation de l'émission obligataire précédemment décidée par l'assemblée générale du 14 juillet 2025, proposer de proroger ledit délai en vue de réaliser l'émission obligataire et ratifier l'ensemble des actes effectués dans le cadre de l'émission obligataire ; • délégation par l'assemblée générale ordinaire au conseil d'administration de la Société (avec faculté de subdélégation au Président) en vue de préciser les modalités de l'émission obligataire et effectuer tout acte en vue de sa réalisation ; • questions diverses ; et • pouvoirs pour accomplir les formalités légales. La Société tient à la disposition des actionnaires, à son siège social, les formulaires de vote par correspondance. Les formulaires de vote par correspondance devront être réceptionnés par la Société au moins quarante-huit (48) heures avant la tenue de l’Assemblée par lettre au porteur contre récépissé, ou par lettre recommandée avec demande d’avis de réception au siège social. Les documents requis par la loi seront tenus à la disposition des actionnaires au siège social quinze (15) jours avant la date de la réunion.
TEXTE DES RESOLUTIONS PROPOSEES A L’ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE DU 7 SEPTEMBRE 2026
PREMIERE RESOLUTION (Prise d'acte de l'arrivée du terme initialement prévu pour la réalisation de l'émission obligataire précédemment décidée par l'assemblée géné- rale du 14 juillet 2025, proposition de prorogation dudit délai en vue de réaliser l'émission obligataire et ratification de l'ensemble des actes effectués dans le cadre de l'émission obligataire) L'Assemblée, après avoir (i) entendu l'exposé du Président (qui a notam- ment rappelé le contenu des décisions prises par l'Assemblée tenue le 14 juillet 2025 relativement à l'émission obligataire (l'" Emission Obligataire ")) et (ii) pris connaissance des délibérations du conseil d'administration en date du 28 juillet 2026 : • prend acte de l’expiration, le 14 juillet 2026, du terme initialement fixé pour la réalisation de l'Emission Obligataire initialement décidée par l'assemblée générale ordinaire du 14 juillet 2025 ; • décide de proroger de six (6) mois - à compter de la date de la présente Assemblée - le délai initialement imparti pour la réalisation défini - tive de l’Émission Obligataire (soit jusqu'au 7 mars 2027), les autres termes et conditions de l’autorisation accordée par l’assemblée géné- rale ordinaire du 14 juillet 2025 demeurant inchangés ; et • prend acte et ratifie, en tant que de besoin, l’ensemble des actes, démarches, négociations, travaux et formalités déjà accomplis dans le cadre de la préparation et de la réalisation de l’Émission Obligataire. DEUXIEME RESOLUTION (Délégation par l'assemblée générale ordinaire au conseil d'administra- tion de la Société (avec faculté de subdélégation au Président) en vue de préciser les modalités de l'émission obligataire et effectuer tout acte en vue de sa réalisation) L'Assemblée délègue, en vertu de l'article 294 de la loi n°17-95 relative aux sociétés anonymes, telle que modifiée et complétée, au Conseil d'Administration, avec faculté de subdéléguer au Président du Conseil
d'Administration de la Société, ou à toute personne désignée par lui, les pouvoirs nécessaires à l'effet de : • procéder, sur ses seules décisions, aux époques, conditions et selon les modalités qu'il jugera convenables, aux émissions obligataires telles que autorisées par la présente Assemblée (dont l'Emission Obligataire objet de la Première Résolution) ; • arrêter la nature et l'ensemble des modalités et caractéristiques de chacune de ces émissions (dont l'Emission Obligataire objet de la Première Résolution) et notamment déterminer les dates d'émission des obligations, décliner l'emprunt obligataire en plusieurs tranches et sous-tâches, arrêter le montant du nominal individuel des obligations, fixer la date de souscription, fixer la date de règlement et signer le contrat d'émission, limiter le montant de l'émission aux souscriptions effectivement reçues, fixer la date de souscription et de jouissance des titres à émettre, fixer le taux d'intérêt des obligations et les modalités de paiement des intérêts, fixer le prix et les modalités de rembourse - ment des obligations et fixer les modalités dans lesquelles sera assurée la préservation des droits des obligataires et ce en conformité avec les dispositions légales et réglementaires applicables et notamment désigner le mandataire provisoire en qualité de représentant la masse des obligataires ; et • d'une manière générale, conclure toutes les conventions, prendre toutes les dispositions et remplir toutes les formalités requises, et générale- ment, faire tout ce qui sera nécessaire à la réalisation des opérations autorisées ci-dessus. TROIXIEME RESOLUTION (Pouvoirs pour accomplir les formalités légales) L’Assemblée donne tous pouvoirs au porteur d'un original, d'une expédition, d'une copie ou d'un extrait du procès-verbal de la présente Assemblée en vue de l’accomplissement de toutes formalités légales et/ ou administratives et tous dépôts et formalités de publicité prévus par la législation en vigueur.
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FINANCES NEWS HEBDO JEUDI 30 JUILLET 2026
L’intelligence artificielle, le cloud et la multiplication des fuites de données placent la protection de la vie privée au cœur de la transformation numérique du Maroc. Dans cet entretien, Omar Seghrouchni, président de la CNDP, défend une innovation encadrée par le droit, l’éthique et le respect de la dignité du citoyen. Protection des données La confiance, moteur de l'économie numérique
F. N. H. : Pour vous, comment le Maroc peut-il accélérer l'adoption de l'intelligence artificielle tout en garantissant une protection efficace des données personnelles ? O. S. : Accélérer l’application de l’intel- ligence artificielle ne doit pas oublier le respect des droits des citoyens pour les- quels ce déploiement se fait. La dignité du citoyen doit être préservée. Ainsi, il s’agit de parler d’intelligence artificielle éthique et de respecter les textes convenus en conséquence. Textes qui ne sont pas du tout contradictoires avec l’innovation et le progrès. Quand vous êtes dans une voiture, roulez-vous à tombeau ouvert devant une école ? A quoi servirait une innovation si elle n’était pas éthique ? F. N. H. : Avec Idarati X.0, le Maroc pose les bases d'une identité numé- rique reposant sur un wallet natio- nal. Quels sont les principaux défis à relever pour concilier innovation, simplicité d'usage et protection des données personnelles ? O. S. : C’est un projet porté par le MTNRA (ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration). Nous n’y sommes que contributeurs parmi d’autres. Je préfère que vous demandiez au minis- tère. F. N. H. : À travers le programme Data-Tika, la CNDP accompagne les organisations dans l'intégration de la protection des données à leur gouvernance. Après plusieurs adhé- sions d'institutions publiques et d'entreprises, quel bilan tirez-vous aujourd'hui de cette initiative ? O. S. : Le programme Data-Tika nous a permis d’aller vers les responsables de trai- tement, dans le privé et dans le public, pour mieux protéger les citoyens. C’est toujours mieux d’aller vers les autres que d’attendre qu’ils viennent vers vous. Le programme Data-Tika a réussi dans cette optique, mais plus on avance, plus on découvre et plus on apprend. Et donc, plus on a besoin de s’améliorer. Data-tika est un programme d’amélioration continue. Nous allons, bientôt, mettre en place des indicateurs qui nous permettront de mesurer et de rendre publique, en toute transparence, l’implication des partenaires. Ce sera une source de motivation sup- plémentaire qui donnera plus de visibilité aux citoyens. Notre bilan est relativement positif, mais comme beaucoup de choses, «peut mieux faire» et donc nous ferons mieux.
Propos recueillis par K. A.
pects de la vie privée. Elle a commencé, il y a quinze ans, par une approche très péda- gogique. Aujourd’hui, elle continue avec la même approche tout en renforçant son dis- positif d’alerte pouvant aller jusqu’à des sanctions. Elle s’adapte à la maturité de notre société. F. N. H. : Plus de quinze ans après son entrée en vigueur, la loi 09-08 est confrontée aux bouleversements de l'intelligence artificielle et des nouveaux usages numériques. Ce texte offre-t-il encore les garanties nécessaires ou estimez-vous qu'il est temps de le faire évoluer ? O. S. : Vous savez, les usages et contextes évoluent, mais beaucoup de principes restent applicables même quand les situa- tions évolutives méritent des précisions. Vous avez l’exemple, sur un autre plan, des religions. Vous ne changez pas de texte à chaque décennie, mais vous précisez les exégèses. Montesquieu insistait sur l’esprit de la loi. L’esprit de la loi 09-08 est toujours valable, même s’il est important de préciser certaines situations. Ces précisions néces- saires ont fait l’objet d’une proposition de refonte de la loi, travaillée avec le ministère de la Justice. Ce ministère a mis ce projet de refonte de la loi dans le circuit législatif en l’envoyant au Secrétariat général du gouver- nement. L’intelligence artificielle, lorsqu’elle s’applique aux données à caractère person- nel, reste un traitement parmi d’autres. Les paradigmes de la loi 09-08, qui est à l’égard des traitements des données à caractère personnel, restent donc applicables. Ils le seront encore plus grâce aux précisions qui sont proposées.
Finances News Hebdo : En quelques années, la CNDP est passée d'une autorité de contrôle à un acteur qui participe aux grands projets de trans- formation numérique du Royaume. Comment définissez-vous aujourd'hui la mission de la CNDP dans ce nouvel écosystème ? Omar Seghrouchni : Son rôle n’a pas changé. La CNDP constitue une espèce de conscience morale qui doit alerter contre tout mauvais usage des données à caractère personnel collectées ou contre les non-res-
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F. N. H. : Le développement du numé- rique ne repose pas uniquement sur les infrastructures, mais aussi sur la confiance. Dans quelle mesure la protection des données peut-elle renforcer l'attractivité économique du Maroc ? O. S. : Il a été amusant, pour ne pas dire désolant, d’entendre certains dire, il y a quelques années, que la protection des données est incompatible avec l’attractivité économique. Heureusement, cette vision aberrante est en voie de disparition. Les acteurs comprennent, de plus en plus, que l’équité, la justice et le respect de la dignité humaine sont des leviers qui aident à développer et à stabiliser les marchés. L’existence d’une vraie protection des données à caractère personnel rassure et conforte les investisseurs, qu’ils soient nationaux ou internationaux. F. N. H. : Le Royaume attire de plus en plus de projets liés au cloud et aux data centers. Comment concilier cette dynamique d'investissement avec les exigences de souveraineté numérique et de protection des don- nées ? O. S. : Il est important que l’on clarifie ce que signifie souveraineté dans le monde d’aujourd’hui. Est-ce que souveraineté signifie de ne pas aller voir un médecin spé- cialiste allemand en mesure de nous guérir et de ne pas pouvoir organiser des contre- visites. Ou souveraineté veut dire que nous devons pouvoir rester marocain après avoir pris le traitement prescrit ? Comme déposer tout l’argent du pays dans des banques étrangères peut être gênant; déposer toutes les données du pays à l’étranger dans du cloud et des data centers qui se considèrent au-dessus des lois natio- nales peut s’avérer également gênant. Malheureusement, la donnée est encore souvent comprise comme une simple res- source technique, elle n’est pas encore perçue comme une richesse pouvant avoir un caractère géopolitique : les données comportementales, véritable traçabilité de notre «moi» dans le monde moderne, consti- tuent de véritables données stratégiques et peuvent servir pour alimenter des décisions automatiques nous concernant, par des gens qui ne sont pas parmi nous. La souveraineté est d’abord de pouvoir rester décideur ou, au moins, de pouvoir influencer la prise de décision nous concer- nant. C’est la seule équation. Les autres questions sont des paramètres utiles pour appréhender et résoudre cette première équation. Comme il existe un code bancaire
Pour la CNDP, la confiance numérique passe d’abord par le respect du droit.
international, nous devons travailler pour un code de la donnée international.
d’écosystème. Tout le monde est respon- sable, en premier lieu, les «conducteurs», responsables de traitements de données à caractère personnel, qui ne respectent pas les lois qui encadrent le «code du digital». Les lacunes sont aujourd’hui encore impor- tantes. F. N. H. : Le Maroc se prépare à accueillir plusieurs grands rendez- vous internationaux. Quelles seront les priorités de la CNDP dans les prochaines années pour renforcer la confiance numérique ? O. S. : Nous sommes appelés à travailler sur tous les fronts : médecins, méde- cins dentistes, laboratoires d’analyse, avo- cats, notaires, adouls, huissiers, presse, hôtels, restaurants, agences de voyages, agences de locations de voiture, taxis, livreurs, experts-comptables, systèmes de santé, agriculture, banques et finances, assurances, secteur privé, secteur public, administrations, écoles, lycées, universi- tés, secteur des sports, partis politiques, syndicats, associations, cabinets de recru- tements, startups, agences de commu- nication, collectivités territoriales, … tout secteur et toute région. Nous devons être aidés, en particulier, par le gouvernement qui doit nous inclure et demander notre avis avant d’adopter des lois impliquant le traitement des données à caractère personnel. Pour nous préparer aux grands rendez-vous internationaux, nous devons aller au-delà de la communication. Comme c’est le cas, nous devons travailler sur les infrastructures et renforcer notre res- pect du droit. C’est l’esprit incarné par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste. ◆
F. N. H. : Les cyberattaques et les fuites de données se multiplient, y compris au Maroc. Cette évolution révèle-t-elle encore des lacunes importantes dans la manière dont les entreprises et les administrations protègent les données personnelles ? O. S. : Les fuites que vous évoquez ne concernent pas que les données à caractère personnel. Elles concernent toutes les don- nées et illustrent plusieurs choses : • D’abord, tout le monde ne prend pas au sérieux l’engagement juridique de respecter les données. Cet engagement juridique est matérialisé, quand il s’agit de données à caractère personnel, par les notifications préalables qui doivent être faites auprès de la CNDP. Il faut éviter, à tort, de conduire un véhicule sans permis. • Ensuite, tout le monde ne respecte pas, quand il est pris, cet engagement juridique pour cadrer le traitement des données à caractère personnel. C’est comme si vous ne respectiez pas le code de la route malgré votre permis de conduire. • Après cela, il faut voir l’état mécanique, électrique et pneumatique de la voiture. Ce n’est pas le policier ou le gendarme qui intervient dans la réparation du véhicule. Pour le traitement des données, d’autres institutions interviennent quand la sécurité est altérée. Il faut comprendre que c’est une question
L’intelligence artificielle, lorsqu’elle s’applique aux don- nées à caractère personnel, reste un traitement parmi d’autres.
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tement dépendante des conditions climatiques et des marchés interna- tionaux. À l’inverse, une croissance fondée sur une industrie diversifiée et des services à forte valeur ajoutée est davantage susceptible de créer des emplois stables, d’améliorer la productivité et de développer un tissu économique durable. «Il convient donc de distinguer entre la vitesse de la croissance, sa quali- té et sa capacité à créer de l’emploi, à se diffuser sur l’ensemble du terri- toire et à se convertir en revenus, en consommation et en épargne pour les ménages» , explique-t-il. Il ajoute que «la croissance d’une grande région affichant un taux moyen peut générer une valeur absolue supérieure à celle d’une petite région enregistrant un taux plus élevé. Ainsi, la croissance de Casablanca-Settat, établie à 4,3%, produit un impact économique supérieur à celle d’une région du Sud affichant 7%. Mais cette concentration crée une vulnérabi- lité structurelle. Ainsi, l’économie nationale devient fortement dépen- dante d’un nombre limité de pôles. Tout choc affectant l’industrie de Casablanca, les services de l’axe Rabat-Kénitra ou la logistique de Tanger se répercute rapidement sur l’ensemble de la croissance natio- nale». La note indique également que le secteur tertiaire représente 52,9% du PIB national, contre 25,6% pour le secteur secondaire et 10,7% pour les activités primaires, les impôts nets sur les produits représentant les 10,8% restants. «La progression de la part des ser- vices ne signifie pas automatique- ment une transition vers une écono- mie de la connaissance. Il existe une différence fondamentale entre les services à forte productivité, comme la finance, le numérique, l’ingénierie ou la recherche-développement, les services à faible productivité, tels que le petit commerce et les activi- tés informelles, et les services non marchands comme l’administration, l’éducation ou la santé publique. Le véritable défi consiste donc moins à accroître la part des services qu’à en améliorer le contenu technolo- gique et la productivité» , affirme-t-il. Selon la même note, le PIB natio- nal par habitant a atteint environ
À Laâyoune, la production par habitant s’élève à 73.718 DH, alors que la consommation ne dépasse pas 25.696 DH.
Vie quotidienne des ménages Pourquoi les familles ressentent-elles si peu les effets de la croissance économique ? E Une grande partie des familles marocaines estime que la dynamique de croissance ne se traduit pas concrètement dans leur vie quotidienne. Une note d’information publiée par le Centre Omega des recherches économiques et géostratégiques met en lumière les principaux facteurs à l’origine de ce décalage. Par C. Jaidani
n croisant les comptes régionaux de 2024 avec les résultats de l’enquête de conjoncture du HCP auprès des ménages du deuxième trimestre 2026, une réalité plus complexe apparaît que celle d’une simple croissance économique accompa- gnée d’un recul de la confiance des ménages. Le Maroc produit davan- tage de richesse, mais sa transmis- sion vers la sécurité économique des ménages demeure inégale sur les plans sectoriel, territorial et social. A cet effet, le Centre Omega des recherches économiques et géos- tratégiques a publié une note d’in- formation intitulée : «Pourquoi la dynamique des indicateurs écono- miques ne se reflète-t-elle pas au même rythme dans la vie quoti- dienne des ménages ?» Le document souligne que malgré la
progression du PIB et les fortes per- formances enregistrées dans plu- sieurs régions, les ménages conti- nuent de ressentir une dégradation de leur niveau de vie, une faible capacité d’épargne et des difficul- tés à acquérir des biens durables. Autrement dit, le problème réside principalement dans la répartition géographique, la composition sec- torielle, les mécanismes de redis- tribution et la capacité à se trans- former en revenus stables pour les familles. « On peut affirmer que l’économie marocaine a enregistré en 2024 une croissance réelle de 4,4%, le PIB à prix courants atteignant envi- ron 1.614,6 milliards de dirhams. Toutefois, cette croissance s’est caractérisée par de fortes disparités régionales liées à la structure des activités, au degré de diversification
économique et à la capacité de chaque région à contribuer à l’éco- nomie nationale. 8 régions ont ainsi dépassé la moyenne nationale, en tête des- quelles Laâyoune-Sakia El Hamra avec 7,6% et Dakhla-Oued Eddahab avec 7%, tandis que Fès-Meknès est restée à 1,6% et Béni Mellal- Khénifra à 2,1%» , souligne Sami Amine, membre du Centre Omega et expert en planification straté- gique et conduite du changement. La note précise également que toute croissance régionale n’est pas équi- valente en termes de qualité ou de durabilité. Une croissance tirée par le bâtiment et les travaux publics peut être élevée, mais rester conjonc- turelle si elle ne débouche pas sur un système productif durable. De même, une croissance portée par la pêche ou l’agriculture demeure for-
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43.891 dirhams en 2024. Cinq régions dépassent cette moyenne, en tête desquelles Dakhla-Oued Eddahab avec 92.904 dirhams et Laâyoune-Sakia El Hamra avec 73.718 dirhams, tandis que les autres régions affichent des niveaux compris entre 28.692 dirhams à Marrakech-Safi et 42.761 dirhams à Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. «Il faut toutefois éviter d’interpréter ces chiffres comme un revenu réel- lement perçu par les habitants. Le PIB par habitant mesure la valeur de la production rapportée à la popula- tion. Il peut être élevé en raison d’ac- tivités fortement capitalistiques, de la présence de grandes entreprises, de l’exploitation des ressources naturelles ou d’activités exporta- trices dont les profits ne restent Les contradictions qui expliquent le décalage entre croissance et niveau de vie Selon Sami Amine, le faible impact ressenti de la croissance sur le quotidien des ménages s’ex- plique par sept contradictions majeures. • Le PIB ne correspond pas au revenu disponible des ménages : une partie de la richesse est absor- bée par les profits, les impôts, l’amortissement du capital ou les transferts entre régions. • Une croissance de plus en plus capitalistique : l’investissement progresse mais ne génère pas suf- fisamment d’emplois. • L’effet de l’inflation : le PIB à prix courants a augmenté de 8,7%, contre une croissance réelle de 4,4%, ce qui réduit les gains per- çus par les ménages. • Des dépenses en hausse qui ne traduisent pas forcément une consommation plus élevée, mais reflètent souvent l’augmentation des prix. • Les moyennes régionales masquent d’importantes dispa- rités entre catégories sociales, entre villes et campagnes, ainsi qu’entre centres et périphéries. • Le coût du logement, du trans- port et des services progresse dans les grandes agglomérations à mesure que les revenus aug- mentent. • L’épuisement de l’épargne et le recours à l’endettement per- mettent temporairement de maintenir le niveau de consom- mation, mais fragilisent durable- ment la sécurité financière des ménages.
une consommation individuelle de seulement 34.515 dirhams. À Laâyoune, la production par habi- tant s’élève à 73.718 dirhams, alors que la consommation ne dépasse pas 25.696 dirhams. Une part importante de la valeur ajoutée est captée par les bénéfices des entre- prises, les activités exportatrices ou les investissements, sans ali- menter directement le revenu des ménages. ◆
pas intégralement dans la région. Une région peut ainsi afficher un PIB par habitant élevé sans que ses ménages bénéficient d’un niveau de vie comparable. Cela explique en partie le paradoxe entre l’améliora- tion des indicateurs économiques et la dégradation des indicateurs de confiance et d’épargne», souligne Sami Amine. La note du centre Omega révèle également que la comparaison
Le véritable enjeu reste la capacité de l’économie à créer des revenus durables, des emplois de qualité et un meilleur pouvoir d’achat.
entre le PIB régional par habitant et la consommation finale indivi- duelle met en évidence un impor- tant décalage dans les régions du Sud. À Dakhla, le PIB par habi- tant atteint 92.904 dirhams, contre
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